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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
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Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 13:45

blog image aigueSpectacle de la compagnie "Image Aiguë" (69), vu le 7 mars 2014 à l’Espace Culturel Folard à Morières-les-Avignon (84), dans le cadre du Festival de danse "les Hivernales".


De: Christiane Véricelernales

Avec: Fréderic Périgaud, Habibur Rahaman, Burhan Taskiran, Armand M’Passi et quatre enfants comédiens.


vivant-3-toiles-4Genre: théâtre/danse

Durée: 60 min

Public: jeune public

 

 

Dans une salle polyvalente aménagée en salle de spectacle et devant un public très parsemé, je venais découvrir un peu par hasard, ce spectacle de danse au titre surprenant. Le directeur du festival lui-même, Emmanuel Serafini, présente le spectacle comme un spectacle accessible et ne prenant pas les enfants pour des imbéciles. Il s’agit d’une forme portée davantage par le théâtre que par la danse, qui présente plusieurs scénettes plutôt qu’un seul récit narratif.

 

Quatre comédiens-circassiens adultes - dont un nain -, aux nationalités variées, et quatre enfants comédiens, tous remarquables ! Ne me demandez pas de vous expliquer l’histoire, j’aurais du mal à vous la raconter ! Ce spectacle nous est présenté comme un jeu d'enfant. On se laisse simplement porter par la gestuelle impeccable des comédiens. Ils nous parlent de la faim, de la quête de la nourriture, de l’abri, des frontières, par des personnages qui semblent inquiets, sur le qui-vive, aux aguets. On ressent cette peur qui colle au ventre des exclus, sans que cela ne soit présenté avec des gros sabots. On y voit l’idée de la frontière, de la maison fragile mais rassurante et rassembleuse. On reconnaît ce racisme inquiétant, cette exclusion qui touche les plus fragiles. Cette « morale de la faim » est jouée avec légèreté, teintée d’une élégance magique.

 

Ce spectacle, qui n’est pas forcément facile à présenter sur le papier, nous offre un moment de grâce, jouant avec de nombreuses formes (théâtre, danse, cirque, ombres) en nous proposant un théâtre visuel, riche et sensible. Tout est soigné, et malgré quelques petites longueurs, dues aussi aux effets de répétition (d’innombrables pommes suspendues, symboles de nourriture, descendent vers les comédiens de façon un peu trop systématique), il nous offre ce que peut proposer le théâtre dans ses meilleurs jours. Une proposition ambitieuse qui est portée par des comédiens complets et des enfants comédiens talentueux et prometteurs, formés par Christiane Vericel qui développe un travail très pointu avec eux.

 

Bravo !

 

Eric Jalabert

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 09:17

Methode-Urbain.jpgSpectacle  de la compagnie "Les Décatalogués" (26), vu au Kiosque à coulisses, à Eurre (26), le 22 Février 2014.

 

Auteur et comédien: Gibé QB

Mise en scène: Fred Radix

Trickerie: Patrice Arnaud.

 

VIVANT-3-COEURS-5

 

Durée: 1h

Public: tout public

Création 2014

 

 

 

A peine assise, j'ai droit comme chacun des spectateurs installés sur les gradins à une "mise en bouche" très réussie qui nous plonge dans une ambiance fort conviviale : avec l'accent chaleureux de nos lointains "cousins" du Québec, le comédien sur scène interpelle ça et là des membres du public.

Le spectacle proprement dit commence : le comédien ne "jase" plus (parler au Québec) et parle comme chez nous !

Marc André Urbain se présente, il sera notre coach pour un "one man show" d'une heure où, avec un talent et une énergie constants, il explicitera "La Méthode Urbain" en 5 tableaux successifs.

 

Profondément contemporain de par sa forme et son contenu, ce spectacle nous embarque sans aucun temps mort. Le comédien, coach animateur surdoué, excelle dans la prise en charge du public qu'il tient en haleine d'une démonstration à la suivante. Sous une forme légère, cette comédie interpelle sur des faits sociétaux : notamment sur la protection des données privées dans notre société "clonisée par le numérique".

Grâce à un décor épuré, une mise en scène qui par l'habileté des enchaînements sert la qualité du propos, l'attention des spectateurs est maintenue constamment. Réalisée par l'artiste et metteur en scène ardéchois Fred Radix, elle sert magistralement le propos délirant et incisif du comédien. Spectacle participatif, à chaque étape des spectateurs sont appelés comme "cobayes" à venir sur la scène. Le public s'amuse, rit,  "bluffé" par les tours de magie que le comédien réalise.

 

Amusement garanti et ce (chose rare et notable!) à partir d'un texte subtilement écrit à partir d'une observation fine et décapante du fonctionnement de notre société. Une aventure légère à vivre, accessible à tous et fort originale. Bravo pour ce beau travail d'écriture et de composition!

 

Embarqué en salle, le public devrait l'être également dans la rue (ce spectacle est aussi annoncé comme spectacle de rue) bien que, me semble-t-il, la qualité du contenu devrait s'avérer plus audible en salle de spectacle.

 

Le texte du spectacle "La Méthode Urbain", édité, est en vente à la sortie.

 

Lydie Brogi

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 09:15

7-ZoomSpectacle de "La compagnie du Loup" (38) et "Les gens de Passage" vu le 10 mars 2014 au théâtre des Clochards Célestes (69)

 

Auteur : Gilles Granouillet

Comédienne : Sophie Assante

Mise en scène : Jean-Marc Galéra.

  vivant-3-toiles-4

Durée : environ 1h

Genre : théâtre

Public : tous à partir de 12 ans

 

 

 

Avant même que les éclairages ne s’abaissent, nous ne sommes plus un public passif, mais des parents d’élèves participant au décor de la pièce. En effet, une fois installés dans la salle, la personne chargée de la billetterie annonce que le professeur principal est en retard et que nous devrons donc attendre un instant pour commencer la réunion.

 

Une femme se lève parmi le public et se met à nous parler, nerveusement, un sac de course en guise de sac à main. La pièce est lancée. Cette femme nous raconte sa vie depuis son enfance jusqu’à aujourd’hui et surtout celle de son fils qui était autrefois dans ce collège. On ne peut pas l’avoir oublié, son fils, c’était une légende dans le genre garçon difficile.

Les assistantes sociales et les réunions chez le directeur, puis surtout cette "boîte" dans laquelle elle ne veut pas voir son fils enfermé, ont été son quotidien pendant des années. Elle prend progressivement possession de la scène, de la place que le professeur principal n’occupe toujours pas. Puis elle nous raconte, comment elle a voulu prendre les choses en main, offrir un destin à son fils autre que celui d’"enfant difficile". Il sera comédien, puisqu’il a été conçu dans un cinéma. S’enchaînent alors les castings jusqu’à celui qui bouleversera leur vie et qui explique pourquoi elle est ici maintenant, quatre ans après la déscolarisation de son fils.

 

Sophie Assante, seule comédienne sur scène, s’approprie parfaitement la langue particulière que manie Gilles Granouillet. Une écriture à la fois familière et travaillée. Un vocabulaire simple énoncé dans une syntaxe originale qui s’adapte parfaitement à la mission que l’auteur donne à son personnage : faire sortir les mots de sa gorge une bonne fois pour toutes et tant pis s’ils sont à l’envers ou qu’ils se répètent, ils sortent et touchent juste. Sophie Assante interprète avec brio une panoplie d’émotions collant à un personnage lunatique, habitée par une rage de vivre qui la fait passer du rire aux pleurs en quelques secondes. Un brin de folie parfois qui explose sur scène et qui est loin de déplaire car enfin, c’est dans sa folie que l’homme est le plus vrai.

 

Enfin quelqu’un qui parle d’un sujet  "sensible" sans verser dans le mélodramatique ! Et c’est tellement plus efficace… Cependant je pense qu’il s’agit d’une pièce qui développerait tout son potentiel en visant un public précis déjà sensibilisé à des questions telles que celle d’être une jeune mère célibataire. Elle mériterait d’être jouée dans des structures pédagogiques par exemple, plus que dans des théâtres, même si la configuration des Clochards Célestes permettait d’entretenir une proximité avec le public (peu de sièges et scène étroite) nécessaire à la mise en scène.

 

Doriane Thiéry

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 09:10

unlionderrierelavitre-copie-1Spectacle de la compagnie "La Morena" (34), vu le 24 Février, 18h, à la Chapelle Gély, Montpellier.


Conception, mise en scène, voix : Emmanuelle Bunel

Photos : Eric Le Brun

Création vidéo : Corentin Berger

Textes : Anouar Benmalek

Arrangements et clavier : Vincent Lafont.


VIVANT-3-COEURS-5Genre : chant, images et musiques

Durée : 1h20

Public : tous à partir de 7 ans

Sortie de chantier


 

La compagnie "La Morena", créée à Lille, vient de s'installer à Montpellier. Emmanuelle Bunel qui a travaillé sa voix en se formant à des sources plurielles, chante la Méditerranée depuis 2004. Séduite par le travail d’Eric Le Brun qui a photographié en noir et blanc plusieurs villes méditerranéennes, elle a conçu ce spectacle où les images, la voix et la musique s'associent dans un équilibre harmonieux pour nous "emmener autour de la mer blanche du milieu".

 

Une cinquantaine de spectateurs pour cette première à La Chapelle Gély. En fond de scène un écran, qui sera tantôt large, tantôt réduit. Les 3 musiciens sont installés sur le côté : clavier, guitares et batterie.

Un lion de pierre apparaît et, énigmatique, il nous observe derrière une vitre zébrée de pluie ou de larmes. Il prend figure humaine et son regard est attentif, triste, interrogateur, comme une image de la puissance solitaire de la Méditerranée et de ces six villes nées sur son pourtour. Cordoue, Venise, Sarajevo, Istanbul, Jérusalem, Alexandrie. Parfois déclenchées par la voix de la chanteuse, les photos défilent sur l'écran grâce à un excellent et toujours surprenant montage vidéo qui crée des mouvements. Souvent énigmatiques, les images révèlent brusquement une vérité. Emmanuelle Bsuunel les interroge ou s’y plonge, en chants, en poèmes, ou en silence. Sa longue silhouette noire longe un bout de mur, se penche sur des entassements de maisons, contemple des rues, un flou de no man’s land, des ruines, un manège fou, une lagune... Les images basculent, s’éloignent, se divisent, se transforment, un oiseau passe de l'une à l'autre. Les visions secrètes et fugitives de ces villes sont bien loin des clichés touristiques et leurs multiples nuances de blanc et de gris m'ont fait voyager dans leur intimité mieux que ne l'auraient fait des couleurs chatoyantes.

 

D'une voix profonde aux tonalités variées, Emmanuelle Bunel chante dans la langue de chacun de ces chants anciens arrangés par Vincent Lafont ou déclame des poèmes d'Anouar Benmalek. Elle berce ou elle transperce avec une mélodie italienne, une berceuse et des cris pour Jérusalem, "ville de beauté et de chaos", des enfants morts sur les cailloux de Naplouse, ou une courte incantation pour les apatrides. Fascinée, je l'ai suivi jusqu'au bout de ce voyage où elle chante une tragédie amoureuse au rythme du coeur et du sang, avant d'être absorbée par la pénombre. Avec un jeu de scène sobre mais expressif, elle bouge, s'immobilise, s'agenouille, entre dans les images. Une réussite totale.

 

Les beaux arrangements musicaux sont originaux, sans exotisme ni orientalisme. La musique s'empare parfois des images pour en tirer des émotions, des sourires, de la tendresse, des larmes ou des cris. Elle emporte les chants d'Emmanuelle Bunel ou crée des pauses mélodiques où par exemple quelques notes de piano pour le petit oiseau du Tassili indiquent le sens de la vie.

 

Alexandrie m'évoque encore un grand visage de pierre à demi immergé dans l'eau et le mur des lamentations me rappelle les quelques plantes poussant dans ses interstices, tant ce spectacle résonne fortement. Après une telle représentation où passé lointain, présent et rêves se côtoient entre douceur et violence alors que les paysages et les chants reflètent la complexité des histoires humaines, je ne pouvais que rêver de la paix qui s'en dégage en arrière-plan.

 

La Chapelle Gély offre une grande scène adaptée au déploiement des images et à la présence de 3 musiciens. La compagnie de la Morena prépare la sortie d'une version plus légère du spectacle, adaptée aux espaces plus intimes, et accessible à un public plus diversifié, Maisons pour tous, petits plateaux.

 

Catherine Polge

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 11:52

entre les cordes

Spectacle de la compagnie "Espace Nomade" (34), vu le 6 mars 2

De: Corinne Aden au Théâtre de la Rotonde à Avignon.

Avec: Magali Deleuze et Florian Brinker

Mise en scène: Charo Beltran-Nunez.

 

VIVANT2-toiles-3

Durée : 1 h 15

Public : Tout public- adolescents

Jauge : 200 personnes

 

Dans une très belle salle gérée par le CE des cheminots d’Avignon  et devant un public fort nombreux, presque de 7 à 77 ans, je venais découvrir un spectacle traitant de l’identité, sujet tout à fait d’actualité, dans le cadre des journées des droits de la femme.

Sur la scène, un cercle fait de gants de boxe, tout en rouge et noir, une lumière très étudiée dans laquelle, sous des riffs de guitares en direct, Leila se raconte par petites touches. Plutôt "garçon manqué", elle choisit la boxe pour canaliser son énergie et sa vitalité, et nous confie la difficulté à sortir du moule, puisque la boxe, c’est bien connu, ça n’est pas un sport de fille… Elle nous raconte par bribes ses premiers pas sur le ring, le regard des autres, ses combats et ses défaites, sans en faire un récit construit, mais plutôt en nous offrant une mosaïque de sensations.

Car il ne s’agit pas d’une démonstration ou d’un récit rectiligne, mais davantage d’un regard sur l’énergie de l’adolescence, ses questionnements et ses certitudes : un spectacle d’émotions plus que de récit. Et le parti pris très esthétique de la mise en scène nous donne à voir tout autant qu’à entendre et nous offre ainsi de superbes images, ponctuées par un musicien-comédien en direct, mêlant guitare rock, souffles et textes. J’y ai vu avant tout un double de Leila, fonctionnant comme un miroir inversé de l’identité masculine de Leila, l’invitant à se laisser aller aussi à la tendresse et à la douceur… mais comme il joue également le Coach et le confident de la jeune fille, je dois dire que je m’y suis un peu perdu.

Néanmoins, malgré la jeunesse du spectacle (il s’agissait là de sa troisième représentation), c’est une très belle proposition qui nous a été offerte. La comédienne reste encore fragile dans son jeu mais il est évident qu’elle saura maîtriser davantage son personnage et le rendre moins inégal au fil des représentations.

A suivre…

 

Eric Jalabert

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 11:15

jazzon.jpg

Spectacle de la Compagnie "Bakhus", vu au Thêatre Golovine, dans le cadre des « Hivernales » en Avignon, le 28 janvier 2014.


Chorégraphe et metteur en scène : Six Mickaël
Danseurs : Six Mickaël, Georges-Marie Sautron, Yamina Benallal, Jérémy Alié
Musiciens : Sébastien Chaumont, Olivier Slama, Max Miguel, Sébastien Lamine
Régisseur lumière : Wilfrid Houssin.

 

VIVANT-3-COEURS-5

Durée: 60 min

Public: tout public dès 5 ans

Depuis 2011, cette troupe assure la promotion de la danse et sensibilise les publics autour d'ateliers chorégraphiques et de projets pédagogiques. Un travail innovant, riche en créativité, où la danse se mêle à d'autres expressions artistiques comme la musique, le théâtre, l'art contemporain... "La quête de Jazzon" en est une création de haute qualité artistique.

 

Dans ce spectacle, dès le premier tableau, l'ambiance est posée : des cannes à sucre sur la droite, les danseurs avancent courbés, les musiciens debouts derrière leurs instruments scandent le rythme de leurs pieds, un chant s'élève. Le public est transporté dans les champs de coton, parmi les esclaves afro-américains. Pour les esclaves la vie est rude, théatral le déplacement des danseurs évoque leur terrible condition.

La mise en scène innovante est sous-tendue par une présence forte des danseurs et, en live sur la scène, du quartet du Jazzman Seb Chaumont. Talentueux ces danseurs et ces musiciens nous embarquent dans l'histoire musicale afro-américaine : s'enchaînent le blues, le jazz, le bibop, le rock, la soul, le swing. Le registre hip hop s'élargit avec cet accompagnement musical de qualité : large évocation de la culture noire américaine à travers le temps, on assiste à une fresque dansée et interprétée magistralement par trois danseurs et une danseuse.

Et, au-delà des performances acrobatiques des danseurs, les compositions musicales originales nous transportent dans un voyage qualitatif surprenant de force créatrice. Un grand moment de musique acoustique (notamment les solos du saxophoniste Chaumont) et de danse majeur.

 

Lydie Brogi 

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 11:10

stephane-atlas2-WEB

Spectacle vu le 12 février 2014 à l'Instinct Théâtre,

Paris (75).

Mise en scène : Fabien Olicard

Avec : Stéphane Atlas.

vivant-3-toiles-4

Catégorie : Théâtre / Magie
Durée : 1h
Public : à partir de 12 ans

Création 2014

 

L’Extraordinaire Histoire de monsieur tout le monde est le nouveau spectacle de Stéphane Atlas. On a du mal à le mettre dans une case : on ne peut pas le résumer à de la magie, ni à un spectacle comique, différents genres s'entremêlent et en résulte un spectacle original.

La petite salle de l'Instinct Théâtre permet de créer une ambiance conviviale vacillant de l'impression d'être avec un pote bavard dans un bar à celle d'être assis au coin du feu à écouter une histoire d'antan.

L'artiste est à la fois conteur, magicien, poète, humoriste et même philosophe. Tout commence par une histoire, un mystérieux ami qui a quelques problèmes. Alors cet ami, comme moi, comme vous, doit réagir. Une action en entraîne une autre, qui elle-même entraîne des rencontres et des changements. Comme le dit le titre, c'est l'histoire de tout le monde. Mais tout le monde ne fait pas les mêmes choix, et les réactions en chaîne diffèrent. Stéphane Atlas en profite pour se réapproprier les classiques littéraires avec une rencontre démoniaque et des questionnements sur les choix faits : ceux qui sont faciles, ceux qui nous mènent vers nous, ceux qui coûtent cher.

Les enfants comme les adultes seront ravis par ce spectacle aux lectures multiples. Il est empreint d'une poésie humaine qui, même si elle aborde des questions sérieuses, véhicule un message positif.

On sent que l'artiste est un peu tendu, ce qui finalement contribue à cette touche de sincérité rafraîchissante qui entoure le spectacle. Nous sommes sorties de bonne humeur, emportant un morceau du spectacle au sens propre comme au sens figuré.

 

Aurélie Bordenave et Sophia Zandotti

Crédit photo : Lylyange photographe

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 11:00

blog-alice.jpg

Spectacle de la compagnie "Les Fourmis rousses" (34), vu le 6 Février 2014, au Chai du Terral, Montpellier.

 

Texte : Sylvain Levey

Direction artistique : Marielle Baus, Aurélie Turlet

Mise en scène : Marielle Baus

Avec : Aurélie Turlet (Alice), Charo Beltran-Nuñez (la mère), Leonardo Montecchia (le père), Matthieu Beaudin, Didier Lagana.
 

vivant-3-toiles-4

Genre : théâtre

Public: tout public à partir de 12 ans

Durée : 1h15

Sortie de résidence 2014

Alice, au seuil de l'adolescence, raconte une tranche de sa vie. Alice, c'est son nom "pour le moment"; juste pour traverser la France. Fille d’immigrés, elle suit ses parents partout où le père trouve de petits emplois saisonniers. Les départs se font dans l'enthousiasme et la précipitation. L’ambiance familiale est gaie, mais les tentatives d’enracinement d’Alice sont toujours coupées net par la course folle de ses parents. Lorsqu'un jour la famille trouve sa place, Alice s'appelle alors "Alice" - tout court. La pièce repose sur une alchimie entre deux éléments liés comme chaîne et trame d'un tissu. Le texte et le jeu d'Aurélie Turlet tiennent et structurent l'intrigue, dans laquelle les parents prennent une place de plus en plus importante. Des scènes fortes extérieures au tissu familial ancrent l'héroïne dans la société : une agression d'une grande violence et les premières relations amoureuses. Le résultat est une réussite.

En marchant "dans le sens contraire au sens du vent du matin", Alice suit une diagonale qui longe un écran translucide. Elle pense tout haut, tout en changeant de vêtements. Au-delà de la paroi, on devine la silhouette de la mère qui agace Alice en l'appelant "Ma chérie !". La pièce entière s'annonce dans cette progression en équilibre rythmée par des appels de la mère "à contre-courant". Aurélie Turlet nous fait vibrer avec son personnage solitaire et lucide, mais qui sait aussi rire, plaire et danser. Alice évolue de la petite fille à la jeune fille, traversant des moments d'émotion, de rêve, d'érotisme et de violence. La rencontre amoureuse avec un garçon, Gabin, est superbe de finesse et la scène de violence dans la rue, véritable agression chorégraphiée, est hallucinante de réalisme! Narrative et théâtrale, la  performance de la comédienne m’a tenue en haleine du début à la fin de la pièce.

Au début les personnages des parents font irruption dans le récit d’Alice. Le jeu burlesque et poétique de Charo Beltran et de Leonardo Montecchia donnent un peu l'impression d'images quasi-cinématographiques et c’est très fort. Je vois encore une scène qui concentre un aspect de la vie du trio : Charo rayonnante et Leonardo concentré, entassés dans une extraordinaire voiture (décor léger très expressif), et secouée au milieu des paquets, l’adolescente... qui commente, en narratrice bienveillante. Progressivement, le couple s'incarne un peu plus : dans un tango, dans des chicaneries ou des discussions sur l'école "obligatoire", et toujours avec un humour magnifique. Enfin, le trio se solidarise et les parents écoutent Alice. "Tout droit jusqu'à la dernière goutte d'essence" elle les mènera dans la bonne direction. La conclusion un peu "happy end" rassure et boucle le cycle de la vie avec humour, comme dans un conte. Mais après tout, c'est bien un conte ?

Cette pièce est drôle, triste, tragique et hilarante. J'ai senti tous les comédiens investis dans leurs rôles. Le texte de Sylvain Levey est un vrai plaisir. Poétique, il peut aussi couper dans la chair comme un fil de rasoir. Plein d'humour et de tendresse cachée, il fait exploser des moments de bonheur. Le rire et la danse éclairent la vie de ces personnages, qui suivent la diagonale toute droite d'Alice, au lieu de se briser. La scénographie est créative sans sophistication, souvent symbolique (la diagonale des immigrés), parfois en style BD (la voiture), exploitant au mieux l'usage de tissus et la lumière. Elle intègre des projections vidéo qui organisent l'espace et construisent des décors.

Toute nouvelle création, ce spectacle s'annonce comme une belle réussite. J'en suis sortie émue mais le sourire aux lèvres et de nombreuses questions en tête. Cette pièce pose bien sûr la problématique des enfants d’immigrés avec les difficultés qu’ils rencontrent, tout en abordant aussi les bouleversements de l’enfance à l’adolescence. "Alice pour le moment" pourrait introduire de nombreux débats sur des thèmes d’actualité, y compris comment devenir "Alice définitivement"...  

 

Catherine Polge

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 19:44

La jeune femme 2Spectacle des compagnies "La Bulle Bleue" (34) et "La Remise" (34), le 29 Janvier 2014, 20h,  théâtre d'O (Montpellier-34).

Adaptation libre de "La Ménagerie de verre", de Tennessee Williams (1944).

Mise en scène : Marion Coutarel

Dramaturgie : Laurent Berger

Créé avec et interprété par : Mélaine Blot (le prétendant), Laura Deleaz (Violetta), Mireille Dejean (la mère), Arnaud Gélis (narrateur et Tom), Sarah Lemaire (Nina), Philippe Poll (le père).

 

vivant-3-toiles-4

Genre : théâtre

Public : à partir de 15 ans

Durée : 1h

Sortie de création 

"La Bulle bleue", est un ESAT (Etablissement et Service d'Aide par le Travail) qui permet à des personnes en situation de handicap de se professionnaliser dans les métiers du théâtre. Les spectacles sont actuellement produits sous la direction artistique de Marion Coutarel et en partenariat avec le théâtre de la Remise.

Ce huis-clos de Tennessee Williams met en scène dans le sud des Etats-Unis une femme et ses deux enfants, jeunes adultes. Tous trois vivent dans une ambiance pesante et orageuse traversée par leurs rêves et leurs désirs. Tom le fils, chargé de faire vivre le trio, étouffe. La fille Laura, timide et déclarée fragile, s'absorbe dans sa collection d'animaux en verre, dont le plus précieux est une licorne. La mère, rêvant d'un passé idéalisé et obnubilée par le désir de marier sa fille, la jette un jour étourdiment dans les bras d'un ami de Tom. Piégée par les rêves d'une mère abusive, Laura sort humiliée de ce malentendu et Tom s'en va.

Marion Coutarel s'inspire librement de la pièce de Tennessee Williams, conservant la trame de l'intrigue et l'ambiance étouffante de ce huis-clos axé prioritairement sur la relation entre la mère et la fille (nommée ici Nina). L'adaptation a été réalisée avec la participation des comédiens et en intégrant leurs improvisations. Deux personnages supplémentaires, le père et Violetta une amie de Nina élargissent l'action de manière intéressante.

Le théâtre d'O, 220 places, fait salle pleine pour cette première. Un monologue très émouvant d'Arnaud Gélis ouvre la pièce. Il parle simplement de l'intrusion de la maladie dans une vie et de la place prise par le théâtre. Sans doute nous invite-t-il à partager "la particularité" de la Bulle bleue ? Or cette particularité s'efface derrière le professionnalisme de la compagnie. Avec beaucoup de finesse, les comédiens jouent en équilibre sur des frontières : entre rôles et improvisations, entre dit et non-dit, entre réalité et symbolique. Nina est étouffée par sa mère, mais surprend en déclarant brutalement "je suis une actrice", son amie Violetta nous présente un reflet de l'imaginaire de Nina, le prétendant avance et recule, Tom est déchiré entre sa famille et ses rêves, et le père s'infiltre entre présence et absence. La mère elle-même, stable dans son hypercontrôle anxieux, se perd dans ses illusions. Le spectacle à la fois fascine, émeut et interroge. Ainsi par exemple une conversation entre les deux amies près d'un arbre qui ploie comme Nina, une bagarre familiale drôle mais inquiétante, un flirt basé sur un malentendu cruel, un accouchement réaliste produisant un ballon de baudruche, etc. 


La scénographie très étudiée offre un grand intérêt, car chaque personnage évolue dans un espace scénique correspondant à sa place dans la vie et l'imaginaire du groupe. Ainsi la mère occupe une place centrale à la table familiale, sous un grand ventilateur qui tourne sans cesse au plafond et rythme l'ambiance étouffante qu'elle-même provoque. Cette organisation de l'espace symbolise habilement les relations entre les personnages, leur enfermement et quelques échappées. Des parois semi-translucides et des éclairages subtils dégagent une atmosphère trouble de rêve et de vulnérabilité.

 

L'interprétation, la mise en scène, la dramaturgie et la technique font de cette pièce un spectacle de qualité et d'une grande richesse émotionnelle. Les applaudissements ont été enthousiastes. Les sourires éblouis des comédiens entourés ensuite par la foule des spectateurs m'ont beaucoup émue. A voir la réussite de la première représentation, "La Jeune Femme à la licorne" est promise à un bel avenir.

 

Catherine Polge


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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 14:18

bal des gens qui passentSpectacle de "La Compagnie du capitaine", vu au Théâtre Gérard Philippe, à Montpellier, le samedi 22 mars 2014 à 21h.


Ecrite et interprétée par: Julien Masdoua, Marion Trintignant, Robert Tousseul, Philippe Hassler et Marine Monteiro
Mise en scène: Julien Masdoua
Création Lumière: Jean-Pierre Ronda et Fabien Montagné.

 

VIVANT2-toiles-3Salle pleine: 100 personnes

Public: tout public

Durée: 1h30

Création 2014

 

On connaît le talent de Julien Masdoua pour sa répartie et son aisance verbale. Son goût pour le théâtre et son sens de la mise en scène nous embarquent chaque fois dans son imaginaire. Cette fois-ci, avec sa compagnie, il présente un spectacle mimé, parfois dansé, dans un décor minimaliste, et des costumes réduits à l’essentiel.


Le spectateur incarne lui-même le badaud installé en terrasse qui observe les passants comme s’il faisait partie de la pièce. De la femme enceinte adepte de kungfu, au livreur de pizza en quête de gloire, les acteurs vêtus simplement de justaucorps noirs miment des personnages du quotidien. Ils sont présentés de l’extérieur, puis de l’intérieur grâce au jeu des comédiens et à la musique qui agit parfois comme une narration.


C’est sans un mot que s’expriment les rêves de chacun, leurs espoirs, leurs craintes, leurs joies mais aussi leurs chagrins. Ce spectacle accorde une grande liberté à l’expression corporelle, il gagne en émotion et en richesse grâce à la cohérence des morceaux de musique choisis avec l’histoire que chaque personnage nous livre.

L’ensemble est plaisant même si on assiste plus à une série de tableaux qu’à une réelle pièce. Les personnages mimés par les acteurs ne présentent pas tous le même intérêt émotionnel ou artistique. En effet certains personnages, issus de la vie courante, dégagent une magie et une vraie émotion, tandis que d’autres ne s’éloignent pas de la banalité du quotidien que nous connaissons tous.


Le spectacle aurait mérité une mise en scène plus atypique et une transition plus soignée entre les musiques. L’absence de décor dessert également l’ensemble.

Si ce spectacle original s’adresse davantage à un public adulte, il pourra également plaire aux plus jeunes.

 

Richard Gineste

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