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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 16:12

L autre chemin des damesCie Ecart Théâtre (63), Avignon Off, Espace Roseau, 26 Juil. 2014, 10h55

 

D'après Marcelle Capy ( "Des Hommes passèrent", 1930) et des documents d'époque

Création et interprétation : Pascale Siméon, Anne Gaydier, Marielle Coubaillon, Jean-Louis Bettarel

Direction artistique : Pascale Siméon

Musique : Jean-Louis Bettarel (arrangements et piano)
Collaboration : Marc Siemiatycki

 

vivant-3-toiles-4Genre : théâtre et chansons

Public : à partir de 12 ans

Durée : 1h10

Création fin 2013

 

 

Créée en 1995, la compagnie Ecart Théâtre est installée à Clermont-Ferrand.

 

La vie des femmes des villages pendant les quatre années de la Grande Guerre a rarement été évoquée dans la littérature. C'est toute l'originalité de l'ouvrage de Marcelle Capy, journaliste pacifiste et féministe, que de décrire de manière détaillée les difficultés quotidiennes des paysannes et la méconnaissance du courage dont elles ont fait preuve. Les hommes partis en Août 1914 pensaient être de retour pour Noël. C'est donc d'abord dans l'urgence d'une vendange ou d'une récolte à rentrer, que les femmes de la campagne se sont mises au travail des champs. Puis, le temps passant, l'espoir s'est progressivement éteint et les femmes ont appris à faire les plus durs travaux au fil des saisons et ont pris des responsabilités autrefois réservées aux hommes. Les lettres du front se faisaient de plus en plus douloureuses, les pertes étaient très lourdes et certains soldats rentraient gravement diminués. Les mères, les épouses, les fiancées s'endurcissaient et les permissionnaires ne retrouvaient plus leur monde. Une société changeait...

 

Créé collectivement, le spectacle associe des textes de Capy, des lettres de poilus et des chansons. C'est sobre, sans pathos, mais rythmé et chargé d'émotions. Les costumes mélangent les époques et donc les guerres, ce qui donne une terrible universalité au spectacle. Avec ces trois comédiennes, rigoureuses et économes en gestuelles, tout nous atteint: la profondeur des sentiments, l'injustice faite aux femmes "de l'arrière", l'horreur de la guerre sous le masque de la gloire. Maniant de simples gros blocs de bois modulables elles créent une vie scénique, rythmée par les lumières. Se faisant écho ou se rassemblant elles disent ou chantent le courage, les étonnements, les déceptions, la douleur, l'horreur, sur fond de cynisme des gouvernants. Les paroles vont droit au but : je ressens l'épuisement des femmes maniant la charrue, semant, bêchant, j'imagine les transformations de leur aspect physique et j'éprouve l'attente qui les tenaille. Les saisons passent. Des évènements rompent le cycle des travaux :  les "permissions agricoles" qui permettent de repeupler le pays ou provoquent des ruptures, un "train de noirs" qui passe, des prisonniers allemands "bien comme il faut"  qui arrivent pour aider...  Mais ce sont surtout les lettres, attendues et terribles, qui apportent souffrance ou espoir et cimentent la solidarité. Lues par les trois comédiennes debout face au public, elles nous disent avec force les vermines, la boue, le froid, les cadavres, l'abattoir, et aussi les inquiétudes au sujet de la famille, des copains, des travaux agricoles, en résumé la souffrance et la vulnérabilité de ces hommes traités comme chair à canon ... Les obus claquent dans la nuit, des bruits sourds nous environnent. Jean-Louis Bettarel a réalisé de beaux arrangements sonores et musicaux, d'une grande sensibilité. Les chansons choisies, judicieusement "intemporelles", disent toute la sottise et la cruauté de toutes les guerres ; Anne Gaydier et Marielle Coubaillon alternent en solos et duos  "Quand un soldat" (F.Lemarque), "Tu n'en reviendras pas" (Aragon), "La femme du soldat inconnu" (M. Cherfi), "Le Verger de Lorraine" (Barbara). Voix magnifiques, frissons des émotions, tristesse et mélancolie. Le spectacle se termine sur la joie de l'armistice et nous savons que ce n'était pas "la Der des Ders".

 

"Comment expliquer que des gens qui ne se veulent aucun mal puissent s'entretuer ?" demande Marcelle Capy... Si ce magnifique spectacle ne peut répondre à cette question éternelle, il fait toutefois réfléchir au-delà des commémorations et parle de la gloire dédiée à ceux "qui ne sont plus que pour avoir péri" (Ferré). L'ensemble ménage des petites notres humoristiques au milieu des souffrances et dégage une grande poésie. A conseiller autant aux enfants, qu'aux adultes qui ont vécu les guerres eux-mêmes ou par leurs parents, et aux historiens qui découvriront des textes précieux. Cet "autre Chemin des Dames" devrait être très largement diffusé.

Léger et modulable, le spectacle peut être proposé à tous types d'accueil.

 

Catherine Polge

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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 14:54

l-homme-aux-loups.jpgCompagnie du Chameau (93), Avignon Off, La tâche d'encre, 14h, 23/07/2014

 

D'après le conte d'Anne Jonas

Avec : Xavier Clion et Benoît Piel (en alternance)

Béatrice Vincent

Elisabeth Urlic qui passe de l'interprétation musicale au violoncelle au jeu théatral

Scénographie: Sophie Piegelin 

 

vivant-3-toiles-4Genre: Conte musical et Théatre d'ombres

Public: Tout public dès 7 ans

Durée: 55 min

 

 

Conte musical envoûtant, peuplé d'ombres et de mystères. Dans son royaume de vents de nuages et d'herbes, le roi Irawen vit heureux jusqu'au jour où sa femme June, belle comme le jour, est empoisonnée avec son enfant. Irawen devient fou de douleur et, une nuit, un loup se glisse dans le château. Irawen a beau le chasser, il revient toujours.

 

Deux comédiens et une violoncelliste avec peu d'accessoires, un simple voile ou une cape, deux couronnes, mêlent scènes jouées et théâtre d'ombres. Trois interprètes dans une mise en scène astucieuse, délicate, qui sert parfaitement ce conte poétique sur la douleur qui peut transformer l'homme en loup.

 

La Compagnie du Chameau aborde pour la première fois le théâtre d'ombres. Ingénieux choix scénographique, il donne force aux mots car l'alliance de musique, d'ombres et de jeu théatral sert ce texte puissant.

Des actions culturelles associées au spectacle sont proposées par la Compagnie (dossier pédagogique, échange avec les comédiens, ateliers de pratique artistique, rencontre avec l'auteur Anne Jonas).

 

Un conte pour les enfants à partir de 7 ans et les plus grands jusqu'aux adultes, conquis. Un beau texte illuminé par la magie théâtrale, bravo.

 

Lydie-Gisèle Brogi

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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 13:37

vagabond-ages.jpgCompagnie Humaine (47), Avignon Off 2014, Théâtre l’Etincelle, le 23 juillet, à 11h45

 

De et avec : Rémy Boiron et Sébastien Le Borgne

 

vivant-3-toiles-4Genre : Théâtre musical

Durée : 1h20

Tout public à partir de 10 ans

 

J’avais beaucoup apprécié « la Danse des Mythes » mais la thématique du nouveau spectacle de Rémy Boiron n’avait pas vraiment retenue mon attention, au moins dans un premier temps. La curiosité l’a finalement emporté !

 

L’auteur et interprète a initié un travail autour du vieillissement, des maisons de retraite, au sein desquelles il a recueilli de nombreux témoignages, de résidents mais aussi de soignants. On pouvait craindre que le rendu ne soit misérabiliste. Mais c’était sans compter sur le talent de Rémy Boiron. Il donne vie à ces témoignages, se glisse dans les souvenirs évoqués, raconte d’abord la rencontre avec chacun de ses interlocuteurs, leur surprise qu’un comédien et un musicien s’intéressent à eux. Puis, bien vite, il « incarne ». Et pas seulement des êtres humains, il est capable aussi rendre un vieux meuble vivant ! Magique, Louis, Mme Ziehl, Abdel, le vieux buffet, sont là, devant nous. Fatalistes, mais drôles, qui parlent d’eux, de leur vie, d’hier et d’aujourd’hui, de demain peut être… Les souvenirs d’autrui le ramènent à ses propres souvenirs, ses « vieux » à lui, ses grands-parents, qui l’ont soutenu lors de ses débuts au théâtre, « tu y arriveras Rémy, tu y arriveras », alors qu’il comptait les spectateurs sur les doigts d’une main !

 

Rémy Boiron a l’art de rendre cohérente une mosaïque de témoignages, de textes, de souvenirs personnels… Quelques petits intermèdes au steel drum, les interventions musicales et échanges complices avec le musicien Sébastien le Borgne, qui a construit le spectacle avec Rémy Boiron, nous permettent de respirer un peu… Une incursion du côté de Gabin ou Maurice Chevalier, un petit tour dans le public pour distribuer quelques « poutous »… On avance doucement dans ce moment de partage. C’est parfois poignant, très poignant même, d’autant plus lorsqu’on a ses propres racines en Ardèche, comme Rémy Boiron…

 

Je crois que tous, nous aurions bien aimé poursuivre ce moment d’intimité, ce cheminement comme dans une « soirée contes », au coin du feu… ces flammes que l’on retrouve dans les petites bougies du souvenir disposées sur l’espace scénique en fin de spectacle. Quel magnifique vagabondage dans l’émotion !

 

Cathy de Toledo

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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 17:23

enfablees.jpgCarabistouilles et Cie (75), Avignon Off 2014, théâtre l’Etincelle, 10h15, le 23 juillet


Avec : Pauline Klein et Héloïse Martin

 

vivant-3-toiles-4Genre : Théâtre

Tout public à partir de 4 ans

Durée 50 min

 

 

Les deux comédiennes manipulatrices, tout de noir vêtues, sont installées dans la salle à notre entrée. Le rideau de scène est fermé et devant, côté jardin, un gros livre est installé sur un lutrin, d’où s’échappent bientôt un corbeau et un renard !

 

Pas forcément simple de mettre en scène les "Fables de la Fontaine", pour les rendre attractives. Beaucoup s’y sont essayés avec plus ou moins de bonheur. Mais, ici, grâce à une scénographie simple, mais évolutive et pleine de trouvailles intelligentes, grâce à un  écran en fond de scène sur lequel des lumières changeantes colorées sont projetées, délivrant une ambiance particulière pour chaque fable, grâce à un arbre stylisé, qui se couvre à l’envi de frondaisons/parapluies... la magie opère !


Impossible de s’ennuyer tant les techniques utilisées sont variées. "Simple" jeu, marionnettes et masques (magnifiques), costumes amusants (comme la carapace de la tortue), théâtre d’ombres, musiques d’accompagnement ad hoc, les fables s’enchaînent en un spectacle dynamique et joyeux, intelligemment mené. Le choix de fables proposé est judicieux, car il nous permet de découvrir ou redécouvrir certains textes peu ou pas connus des adultes, et probablement inconnus des enfants !

 

C’est une création, mais déjà bien ficelée. Souhaitons donc longue vie aux Enfablées !

 

Cathy de Toledo

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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 17:18

tout-petit-homme.jpg"L’Enelle, Théâtre métisse, musical et urbain", Avignon Off 2014, maison du Théâtre pour Enfants Monclar, 16h30, le 22 juillet


Avec : Lamine Diagne (conte, flûte traversière, doudouk), Aïssa Mallouk (jeu et slam), Wim Welker (guitare)


vivant-3-toiles-4Genre : Théâtre musical

Tout public à partir de 7/8 ans

Durée : 55 min

 

C’est Lamine Diagne qui raconte…  Il fait chaud, l’homme ne peut dormir. Il sort dans les rues de la ville, un chien (un loup peut-être ?) le poursuit. Il court, se perd dans un quartier inconnu, à la limite des faubourgs… Il se retrouve au cœur d’une fête foraine, où il rencontre un tout petit homme, qui lui demande à lui, « le raconteur », de parler de sa vie à lui, « le petit homme », pour le faire exister. Le « raconteur » lui confie alors un cahier dans lequel il lui demande de consigner les évènements de sa vie. Ensuite seulement, il pourra dire ce que Tout Petit Homme aura écrit…


Et Lamine commence alors la lecture du cahier. Petit homme, non conforme à la norme, a été (re)jeté enfant par sa mère, impératrice de la cité « lisse » parfaite, jeté carrément aux ordures, il atterrit dans les bas fonds du village d'ordures. Recueilli successivement par Pompon, sorte de bouilleur de cru simplet, puis par un boucher au cœur tendre, il s’enfuit de cet univers décadent qui lui fait peur, et manque mourir de soif dans le désert. Sauvé et adopté par la femme à barbe, il s’installe au milieu des gens du cirque, comme lui différents, hors normes pour la plupart, mais accueillants. Néanmoins, il doit participer, travailler pour « gagner son pain ». A la fin de sa lecture, le « raconteur » retourne au cirque revoir tout petit homme, pour un épilogue qui m’a curieusement fait penser aux
« Ailes du désir » de Wim Wenders…

 

Aïssa Mallouk interprète les personnages de ce conte (n’aurait-il pas puisé l’inspiration pour les costumes dans l’univers parfois étrange et effrayant de Caro et Jeunet ?) et nous livre des textes d’une douce poésie, doucement accompagné alors par Lamine Diagne à la flûte traversière ou au doudouk. L’environnement musical de ce voyage est assuré en direct par Wim Welker, avec l’aide de sa guitare et de toute une batterie de samplers et loop stations disposée à ses pieds. Il nous transporte dans l’univers onirique de Tout Petit Homme, et met en valeur les prestations de ses deux partenaires.

 

Je me suis laissée emporter dans cette belle histoire, servie par des interprètes manifestement passionnés, et j’ai découvert le genre slam que, par a priori, j’avais un peu négligé. Un moment intense et poétique à partager en famille.

 

Cathy de Toledo

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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 16:59

le-saadikh---grand-fakir-mondial.jpgSpectacle de la compagnie Le Bazar Savant / Monsieur Pif, vu le samedi 26 juillet 2014 à 19h55, place Saint Vincent (sur le parvis de la cathédrale), dans le cadre du festival Off de Chalon dans la Rue.

 

De et avec : Monsieur Pif

Regards complices : Emmanuel "Mimi" Liadouze, André Riot-Sarcey, Nathalie Tarlet

 

VIVANT2-toiles-3

Genre : Clown et fakirisme désespéré

Création : 2012

Durée : 50 min.

Jauge : 300 pers.

À partir de 7 ans

 

Intéressant de voir que certaines personnes s’attendent encore à voir du vrai fakirisme programmé dans le Off de Chalon dans la Rue…ou comment choisir ses spectacles en ne lisant que le titre ! En effet, le Grand Fakir Mondial arrive, à travers la foule contrainte de se lever pour le laisser passer, vêtu d’une veste blanche et d’un nez rouge. Pas classique le Fakir. Après le départ prématuré de ceux qui espéraient voir un ascète soufi un poil masochiste se faire souffrir, on peut enfin goûter le spectacle. Et il en a ! Si toutefois l’on ne s’abime pas la langue avec une longue aiguille comme le fait notre Fakir Mondial. L’effet est saisissant, jusqu’à ce qu’il pose l’aiguille en omettant de la retirer de sa langue, embarquant avec lui le faux appendice. Ainsi, Le Saâdikh démonte-t-il avec humour tous les « petits trucs » des pseudos fakirs, de l’épée enfoncée dans la gorge à la pomme que l’on tranche sur la tête d’un spectateur.

 

Sur une musique orientalisante d’Ananda Shankar et autres (musiques parfois trop fortes ou produisant des vibrations désagréables), notre clown désespéré ponctue ses numéros d’une petite danse sautillante géniale, et annonce les suivants d’une voix nasillarde incompréhensible. L’effet est cocasse lorsqu’il invite quelques personnes du public à l’assister et que ceux-ci ne comprennent rien à ce qu’il faut faire. Attachant, Le Saâdikh l’est aussi lorsqu’il se repose sur les deux malheureux choisis pour l’assister et que celui-ci ne veut absolument pas se laisser allonger sur la planche à clou ! On avance ainsi dans le spectacle avec le sourire et même si les numéros s’enchainent sans trop de lien (en même temps, c’est un fakir…) on attend à chaque fois le suivant avec intérêt.

 

En somme, un bref voyage famillial en Ainde (pas loin du Vercors) distrayant et rafraichissant.

 

François Polge

 

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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 15:59

mousses.jpg

Spectacle de la compagnie ResNonVerba (49), vu le samedi 26 juillet 2014, parking Lapray, dans le cadre du festival Off de Chalon dans la Rue.

 

Conception générale, chorégraphie, interprétation : Sophie Couineau

Scénographie, interprétation : Nelly Biard

Musique live, claquettes, interprétation : Mathilde Risse

 

décevantGenre : burlesque

Création : 2012

Durée : 30 min.

Jauge : 250 pers.

À partir de 3 ans

 

"Que dire, que dalle, Claude Mc s’installe…". Non, franchement, que dire ! Ok c’est du burlesque. C’est donc décalé, exagéré, souvent gras et il ne faut pas toujours y chercher trop de sens. Mais enfin... quand même…

 

François Polge

 

Photo : Dominique Hogard

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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 15:35

le-journal-de-grosse-patate.jpgSpectacle vu à Avignon OFF 2014, maison du Théâtre pour Enfants Monclar, 14 h. De la Compagnie Gorgomar (06)

D’après Dominique Richard

Avec Aurélie Péglion et Emma Laurent


VIVANT2-toiles-3Durée 1 h 05

Tout public à partir de 6 ans

 


 

Comme le titre l’indique, il s’agit du journal intime d’une fillette de 10 ans, qui adore manger, est donc toute ronde et que ses camarades d’école ont surnommée Grosse Patate… Elle  confie à son journal ses rêves, ses envies, ses états d’âme, ses moments de joie ou de tristesse, son quotidien avec ses amis de classe, Rosemarie la timide, Rémi l’introverti, qui est son souffre douleur, et Hubert, le beau gosse que tout le monde aime.

 

La compagnie a choisi une scénographie inventive et colorée qui s’appuie sur une sorte de parallélépipède rectangle, formé d’éléments gigognes, chaque élément proposant caches et tiroirs qui abritent de nombreux accessoires.  Ces éléments mobiles se transforment à l’envi en bureau, chaise, tableau d’école, camps de jeux, escaliers, la partie haute restant toujours la chambre/lit de Grosse Patate, son refuge. Les costumes de Grosse Patate sont « matelassés » pour figurer ses rondeurs. Quant à Rosemarie et Hubert, ils  sont  représentés par des marionnettes, ou plutôt des poupées. Le rôle de Rémi est assuré par une comédienne.

 

Grosse Patate, seule en scène,  s’adresse directement au public pour raconter son quotidien. Rémi apparaît plus tard dans quelques scènes, sans jamais prononcer un mot, pour prendre des baffes ou des coups de pied dans un premier temps, pour jouer ensuite « normalement » avec Grosse Patate. Quant à Rosemarie et Hubert, c’est Grosse Patate qui les « manipule ».  Lorsqu’elle s’endort, ses rêves sont hantés  par un homme en noir qui apparait  en fond de scène et vient la tourmenter…. La musique de Thomas Garcia vient rythmer l’enchaînement des séquences qui s’étalent sur une année scolaire, en fonction des états d’âme de la narratrice. La vidéo et les ombres chinoises sont utilisées pour compléter la scénographie.


Par certains côtés très drôles, Grosse Patate a une façon directe et naturelle, celle d’une enfant de 10 ans qui « semble » bien dans sa peau, de s’exprimer et de raconter son quotidien. Mais  cette histoire n’en est pas moins triste car elle révèle aussi la difficulté de vivre d’une fillette qui a perdu sa maman (qui comble un vide en mangeant ?), les questions identitaires que les enfants se posent (qui perdurent bien souvent à l’âge adulte !) suivant qu’ils sont grands, gros, introvertis, qu’ils se trouvent beaux ou laids, que leurs attirances sexuelles ne sont pas bien  affirmées (n’oublions pas que ce texte a été écrit en 1998, et que les choses ont beaucoup évolué depuis). Et on réalise seulement à la fin qu’on ne connaît même pas le prénom de Grosse Patate…

 

Cathy De Toledo

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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 15:32

melle-frankenstein.jpgSpectacle de la compagnie Objet Sensible (38), vu le samedi 26 juillet 2014, terrain Vannier, dans le cadre du "Off du Off" de "Chalon dans la Rue".

 

Direction artistique et jeu : Nathalie Della Vedova

Direction musicale et jeu : Marie-Caroline Conin

Régie et jeu : Daniel Lawless

 

vivant-3-toiles-4

Création 2013

Genre : théâtre de marionnettes à échelle humaine et bidouilles vidéo à échelle virtuelle

Public : adolescent, adulte, tout public à partir de 10 ans

Durée du spectacle : 1 heure 15

Jauge : 200-250 personnes

 

Commençons par le résumé : originalité, ingéniosité et une technique au millimètre carré. Voilà ce qui, pour moi, pourrait le mieux définir ce spectacle surprenant et captivant. L’esthétique, très soignée, nous emmène dans un univers bien particulier, où tous les sons et toutes les voix sont le fait d’un seul homme à la « régie » (sur scène), parfaitement synchronisés avec les marionnettes à taille humaine pilotées par deux comédiennes tout de noir vêtu, le tout sur fond noir (un rideau en fond de scène). L’effet est saisissant. L’ordinateur de Melle Frankenstein, un « simple » rétroprojecteur également contrôlé par le régisseur, parait étonnamment futuriste. Quant au décor, sans fioriture, il suffit à nous faire rentrer dans le labo.

 

Est-il nécessaire de rappeler l’histoire de Frankenstein, ce savant fou qui a insufflé la vie à un patchwork de chaires mortes ? Je ne pense pas… surtout qu’ici, c’est de sa fille dont-il s’agit (cela n’apparaît malheureusement pas clairement dans le spectacle et il faut lire le synopsis avant pour le savoir). Nous voici donc dans le labo de cette digne héritière de son père qui, (un peu trop) inlassablement, enchaine les expériences sur des lapins qui acceptent de servir de cobayes par manque d’argent. Assistée par l’attendrissant Igor, son assistant aux airs de Bossu de Notre-Dame, mademoiselle ne se sent pas moins seule et son cœur est furieusement en manque d’amour. S’ensuit alors une quête de l’être aimé que Melle Frankenstein résout d’une façon toute personnelle.

 

Il est vrai que la structure assez répétitive de la première partie du spectacle rebute un peu. La deuxième arrive d’ailleurs comme une bouffée d’air, d’autant plus que Melle Frankenstein sort dans la rue et c’est un tout autre dispositif qui est mis en place pour figurer la scène par un savant traveling assez drôle. La troisième partie, elle, est de loin la meilleure car toutes les qualités du spectacle y sont condensées dans une incroyable intensité.

 

Un spectacle tout jeune à surveiller, et qu’il convient de soutenir. Attention, Melle Frankenstein étant anglaise (et oui, comme son père !) elle s’exprime en jonglant de l’anglais au français. Même si son langage est approximatif et que le jeu des marionnettes suffit, je pense, à comprendre l’histoire, il est toutefois souhaitable d’en maîtriser les rudiments pour profiter du spectacle dans son intégralité.

 

François Polge

 

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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 13:12

Le Roi nu

Compagnie Fulguro (75), Avignon Off, Théâtre notre-Dame, 25 Juil. 2014, 18h18

D'après la pièce d'Evgueni Schwartz (1934, rééd. française 2009)

Mise en scène: Alexandre Blazy

Interprétation: P-E Royer, A. Blazy, B. Caillaud, F. Jamey, L. Lévêque / ou: G. Gauthier, E. Orain, P-A Ballande, B. Michel

Collaboration artistique: Camille Blouet

 

décevantGenre: comédie décalée

Durée: 1h25

Public: tous à partir de 7 ou 5 ans (indications Cie)

 à partir de 15 ans d'après moi

Jauge: 100 à 500

 

Création: 2010 (?)

 

Une centaine de spectateurs dans la "salle rouge" pour ce spectacle qui semble remporter un certain succès.

Rappelons en préambule qu’Evgueni Schwartz (1896-1958) associe en une seule histoire 3 contes d'Andersen : "La Princesse et le porcher", La Princesse au petit pois" et "Les Habits neufs de l'empereur". C'est un pamphlet contre la montée du fascisme et du totalitarisme où, sous l’enveloppe du merveilleux, il ridiculise avec humour les rêves de pureté d'origine ainsi que la sottise et la vanité des dictateurs et des tyrans. Interdite en Russie, la pièce ne fut jamais jouée du vivant de l’auteur. Il est d'ailleurs préférable qu’il soit mort avant la représentation d'aujourd'hui.

Je n’ai pas vu de cohérence dans le spectacle de Fulguro. Le fil narratif se dilue dans des longueurs, avec beaucoup de bruit, de vulgarité, et une frénésie d'agitation, de gestes et de paroles que la mise en scène semble confondre avec le rythme et le burlesque. Si le seul fait de se livrer à des pitreries autorise à se comparer aux Monthy Python, aux Marx Brothers ou à Edouard Baer, alors le génie est universel. Quant à la fidélité (annoncée) à l'humour et à la fausse naïveté de Schwartz, elle est tristement noyée dans une bouillie racoleuse prétendument comique. L’inventivité du décor très simple et les efforts de l’actrice princesse ne suffisent pas à sauver l’ensemble du désastre.

A noter que non seulement ce spectacle n’apporte rien aux enfants, mais qu’il leur est contre-indiqué car il leur donne une bien mauvaise image du théâtre… et des adultes.

 

Catherine Polge

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