Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Profil

  • www.vivantmag.fr
  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr

Bienvenue

Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
Si vous souhaitez prendre contact avec l'une des compagnies présentées, adressez nous un mail à blog@vivantmag.fr, nous vous adresserons rapidement leur coordonnées.
Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
Le Catalogue Vivant 2013/2014 des Spectacles repérés est disponible...
> Commande en ligne sur le site.

Rechercher

Mode d'emploi...

Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 13:00

Le Magic Sporting Club2Spectacle de la compagnie "Kerozen et Gazoline" (34), vu le 4 Oct. 2014, 18h, dans le cadre de "La Fête à Michel", St Jean de Vedas (34).


Création : Kerozen et Gazoline

Distribution : Stéphane Fiévet, Nicolas Jankowski, Guillaume Panis, Vincent Roques.


VIVANT2-toiles-3Genre : Spectacle de rue burlesque

Durée : 40 min.

Tout public

Création 2014  

 

Pour la troisième représentation de l’après-midi de "la Fête à Michel", voici une création de Kerozen et Gazoline. Quatre énergumènes acrobates ou jongleurs, perchés sur échasses ou monocycles, ou évoluant plus sagement au sol, se livrent à un feu d’artifice ininterrompu d’exploits acrobatiques dans une parodie burlesque et spectaculaire des spectacles sportifs.

 

Tout le cérémonial est là, mais complètement décalé : les sponsors sont inconnus, les sportifs évoluent en jogging, les sports sont extravagants ! Comme au stade, il y a du suspense, des surprises, des disputes acharnées, et même un podium, mais d'un beau comique. Le rythme très rapide donne une bonne cohésion à ce spectacle aux performances diversifiées : exploits spectaculaires (aux échasses), jonglages humoristiques, courses et jeu burlesque.

 

Original, plein d'humour et d'autodérision, avec d'excellents moments sportifs, ce spectacle de rue plaira à tous publics, amateurs d'acrobaties et de burlesque.

 

Catherine Polge

Partager cet article
Repost0
20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 15:13

Aragon-et-Castille.JPGSpectacle musical, vu à Rodez (12), "Les terrasses en fête", le 22/08/2014.

 

Les multi instrumentistes : Martin Garcia, Rodolphe Giraldi.

 

VIVANT-3-COEURS-5Genre : Duo chanson française

Public : Tout public

Durée : Deux parties de 45 minutes

 

 

Concert en extérieur au "Gaby bar" à Rodez par deux musiciens aveyronnais ,des ruthénois (habitants de Rodez). Un soupçon de guitare sommaire et puis quelques ustensiles de percussions...


J'étais de passage dans cette ville et en ce mois d'août, dans le cadre des "Terrasses de café en fête", j'ai eu le grand plaisir de savourer un concert talentueux d'un duo de musiciens amoureux de la bonne chanson française. Des reprises de Boby Lapointe surtout mais aussi de "Cire tes souliers", des Rita Mitsouko... Des morceaux  célèbres, superbement interprétés, génèrent une ambiance chaleureuse propice à danser, bouger... Du Nino Ferrer, du Vian, une sélection pertinente de morceaux revisités "à leur sauce"...


Ces artistes, qui n'utilisent que des moyens légers (sono, ampli portatifs) ont néammoins permis au public présent, nombreux, de fredonner des airs connus, de rire, voire de sourire lors de l'introduction des morceaux par des présentations caustiques et drôles.Un bon moment passé avec ces deux musiciens créatifs et passionnés, entourés d'une pluralité d'instruments : l'orgue de barbarie côtoie la planche à laver, la batterie, le banjo, la guitare et l'accordéon.Ces deux joyeux artistes doués parviennent on ne peut mieux à nous faire partager en qualité leurs reprises  ainsi que des titres d'anthologie (J'veux du soleil, la java de la bombe atomique...).

 

Un spectacle de forme légère, prompt à animer soirées privées, fêtes locales, apéritifs, fêtes de village, premières parties... et ce à l'extérieur comme à l'intérieur, en créant une ambiance très sympatique et conviviale, invitant à danser si le coeur vous en dit ! Que du bonheur ! Pensez à eux, pour vos programmations festives ! Ambiance assurée !

 

Lydie-Gisèle Brogi

(photo : http://www.aragonetcastille.fr)

Partager cet article
Repost0
16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 12:19

lola.jpgSpectacle du collectif Lacavale, vu et entendu le 10 novembre 2014, au théâtre de Belleville, Paris.

 

Texte : Léonie Casthel

Mise en scène : Chloé Simoneau

Avec : Lola Roskis Gingembre, Julie Ménard, Benoït di Marco, Mehdi Harad, Blandine Pélissier, Leïla Tabaï et Ignacio Plaza Ponce.


Musique : Ignacio Plaza Ponce

Lumières : Laurent Béal

Scénographie : Edouard Laug

Chorégraphie : MArie Hubert

Création vidéo : Antoine d'Heygere et Martin Claude

Création sonore : Erwan Marion

 

VIVANT-3-COEURS-5Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée : env. 1h30 (?)


 

Paris. Nuit sur les boulevards. Une ado erre la tête pleine de questions, le coeur serré d'angoisses. Les hommes lui font peur. Les femmes aux toilettes aguicheuses lui paraissent superficielles, soumises aux désirs masculins, dignes de mépris.

 

Fugue en L mineure est une pièce drôle et sincère, émouvante et intelligente. Elle nous fait partager les questionnements intimes d'une adolescente devenue femme, d'une femme qui relit son adolescence avec son indulgence et le besoin de rassurer la fille en elle. Un aperçu sur ce que peut signifier être une fille, une femme. Une évocation de sa propre enfance pour ma voisine, un regard émouvant sur les femmes, sur les rapports entre femmes et hommes pour moi.

 

Est-ce que je peux aussi me permettre d'écrire que c'est un beau texte ?

 

C'est un beau texte, servi par une mise en scène soignée et inventive, pleine d'énergie et d'émotion. La danse, la musique, les vidéos défilant en arrière-plan nous mènent dans la légéreté. Elle se ponctue de moments poignants, quand la vie vient cogner à la porte de l'âge de femme, celle qui y entre et celle qui, déjà, regarde derrière elle avec amertume.

 

Derrière Elle, défilent des images, reviennent en mémoire des rencontres, les heurts avec son père, sa mère, sa soeur, avec ses camarades de classe dans la jungle du collège. Les femmes sur le boulevard : des putes ? Pourtant tellement belles, y-compris celle au menton carré.

 

Elle se voit double. Ce sont deux comédiennes qui tiennent ces deux rôles.

 

Elle est cette adolescente fine et sensible, heurtée par ces autres tellement plus superficiels, qui lui demandent de se socialiser, de se conformer. Elle s'y refuse, ce monde la déçoit d'avance. Le sexe surtout l'effraie. Le regard afuté, perspicace, elle se réfugie dans son intelligence, mais les petites phrases obsédantes tournent sous son crâne. Vite, les évacuer.

 

Trois fois douze ?”

 

Elle est aussi cette jeune femme qui réécrit ses souvenirs avec sa compréhension d'aujourd'hui, son acceptation de son corps, de la vie sensuelle et sexuelle. Elle chante, danse en jupe courte et décolletée et accompagne la fille qu'elle était alors, quand elle revit encore et encore ces quelques scènes marquantes qui l'ont troublée. La copine méprisante, le copain que papa refuse de voir à la maison, la jupe interdite.

 

Papa, c'est quoi un viol ?”

 

Et cette mère effacée, absente. Pourquoi ?

 

Autant fuir alors, pas seulement pour une fugue mais pour un voyage initiatique énergique, léger et intelligent à la fois, émouvant à coup sûr.

 

 

(*) Elle est donc jouée à la fois par Lola Roskis Gingembre (bousculée et épatante) et Julie Ménard (assurée et chantante). Et aussi au passage, Blandine Pélissier nous a pincé un peu le coeur dans le rôle de la mère (fatiguée et chancelante).

 

Loic D.

Partager cet article
Repost0
15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 12:25

Quel-cirque2.JPGSpectacle de la Cie "Fabulous Bazar Palace" (34), vu à Saint-Drézéry (34), le 9 Nov. 2014, à 17h et le 22 à St Just (34), 21h

 

Création collective mise en scène par Pascal Cuny

Jeu : Marianne Blondel, Marie Cuny, Laurent Joly, Bertrand Loire.


vivant-3-toiles-4Genre : Théâtre burlesque

Durée : 1h30

Public : tous à partir de 8 ans

Jauge max.: 400 à 500

 Sortie de création le 8 Nov. 2014

 

La Cie Fabulous Bazar Palace, née en 2009 à Saint-Drézéry, se consacre à la création de théâtre, de préférence en intérieur. Aujourd'hui la salle est comble : plus de 150 spectateurs dont une trentaine d'enfants assis au sol devant. En fond de scène, le décor créé par la compagnie montre une façade aimablement naïve et fantaisiste avec quatre fenêtres fermées de rideaux et encadrant une porte. C'est la caravane d'une troupe de quatre artistes de cirque que nous suivons du saut du lit jusqu'au terme de la représentation qu'ils donnent le soir.


Tout au long de la journée l'action monte en puissance et le jeu évolue, de la mise en train matinale jusqu'au spectacle. A l'aube les personnages vacillent entre silence et onomatopées et au matin leurs visages comiquement encadrés dans les fenêtres ont l'air ahuris et leurs propos sont vaseux. Le groupe s’anime au petit déjeuner dans un très bel épisode burlesque. Et, le moment venu de jouer leur spectacle, c'est une apothéose comique. Les voici magiciens, chanteurs, danseuse, écuyère, jongleur, avec des numéros traditionnels détournés, tous plus fous les uns que les autres, et accompagnés par le "Lac des Cygnes", "Que Sas" ou "Stabat Mater".

 

En compagnie de ces quatre saltimbanques sympathiques, j'ai passé un excellent moment, entre les grands moments burlesques, les gags, et les instants de réelle émotion. Par son maintien empreint d'autorité et ses regards directs B.Loire est un Basile sérieux, mais qui d'un simple geste peut exprimer un chagrin profond. A l'opposé, L.Joly (Raoul) incarne un genre de Pierrot lunaire fascinant, avec des regards en coin et des pantomimes parfois simplement esquissées qui en disent long. Par la simple contemplation prolongée de son reflet sur la cafetière, M.Blondel arrive à transmettre le coeur du personnage de Pamela et de ses rêves. Enfin par ses intonations et la richesse de son jeu, en particulier dans un brillant face à face avec elle-même, M.Cuny est une Pépita tendre et pétillante. Exercice périlleux, tous quatre jouent à plusieurs reprises alignés face au public et c'est admirablement réussi, grâce à la précision tranquille et efficace de leurs pantomimes. Et lorsqu'au cirque tous quatre jouent alors leurs rêves les plus fous ... peut-être qu'à ce moment-là les comédiens réalisent les leurs en élargissant leur registre comique ? Tous très bons, ils bénéficient d'une mise en scène orchestrée avec rigueur. L'expressivité des maquillages de clowns et la fantaisie débridée des costumes de récupération participent à la réussite du spectacle. 

 

Beau succès pour cette "presque première" qui a enthousiasmé la salle et bravé quelques débordements chez les enfants ! Le spectacle a été revu pour sa 3è représentation à Saint-Just, (un succès auprès du public malgré des conditions matérielles difficiles) : il nous a été confirmé que les ralentissements de rythme qui m'avaient gênée étaient en cours de réaménagement. Plein de fraîcheur, "Quel cirque!"  est à recommander à tous ceux qui sont intéressés par le jeu du "spectacle dans le spectacle" et à tous publics aimant rire sans retenue devant un burlesque de qualité. Une compagnie qui mérite d'être encourragée. (Spectacle autonome dans sa mise en œuvre)

 

Catherine Polge 

Partager cet article
Repost0
9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 15:52

Spectacle de la Cie Zerafa (34), vu le 4 Oct. 2014, 17h, dans le cadre de "la Fête à Michel", chez Kerozen et Gazoline, St Jean de Vedas (34) 

Murielle et Myriam2

Mise en scène : Philippe Vorhinger

Jeu : Murielle Blandio et Myriam Gourdin

Dir. Artistique : Véronique Varin

VIVANT2-toiles-3Genre : duo humoristique en déambulation et spectacle fixe 

Durée : 20 à 40 min

Public : Tous à partir de 12 ans

 

Sortie de chantier

 

Le second spectacle de cet après-midi de fête chez Kerozen et Gazoline est proposé par la compagnie Zerafa. Ouverte à une création très diversifiée (pyrotechnie, échasses, etc.) Zerafa présente ici un duo burlesque en déambulation puis spectacle fixe.

 

Voilà que deux amies Murielle et Myriam, vieilles filles encore un peu jeunes et très éloignées des canons de l’esthétique et de la mode, décident de transmettre des leçons de bonheur à leurs contemporains. Et quoi de mieux pour cela que la fabrication de fleurs en papier crépon ?  Elles se livrent à une démonstration désopilante de leur savoir-faire dans un duo associant l’imperturbable optimisme de Myriam et les débordements imprévus de Muriel. Toutes deux enthousiastes, souriantes et naïves livrent avec conviction leur vision du bonheur.

 

Ces deux étonnantes silhouettes kitch, au sourire éclatant sur une dentition très fournie, se fraient un chemin dans la foule des spectateurs : Myriam se charge de la communication, Murielle tire le chariot du "stand du bonheur". Mimiques et gestuelles expriment leur conviction enthousiaste et naïve et grimages et costumes les rendent aussi démodées l’une que l’autre : effet comique garanti ! L’association fantasque de personnalités opposées crée un duo burlesque très réussi. Par sa posture, sa gestuelle, ses regards et sa voix Myriam, incarne aisance et sérieux mais le décalage avec la futilité de l'activité florale est désopilant. A l’inverse, dans un rôle burlesque muet, Murielle s'embrouille sans cesse et apparaît plus préoccupée par son érotisme bouillonnant que par les fleurs en papier ! Courtes  pauses réprobatrices chez Myriam, confusion teintée de regrets chez Murielle, et la démonstration repart jusqu'à s'emballer dans d'incroyables chorégraphies décalées avec strip-tease à la clef ! Toutes deux sont parfaites dans leur extravagance et procurent d’excellents moments comiques.


Ce spectacle prometteur a été bien reçu par le public. Si sa construction me semble encore en cours de mise au point, il faut saluer la qualité de l’interprétation et des ressorts comiques. A suivre absolument. (Spectacle autonome, en déambulation et/ou fixe, intérieur ou extérieur)

 

Catherine Polge


Contacts :

Cie de Montpellier http://zerafa.fr/ Chargée de prod. Alexia Jolivet: zerafa.diffusion@gmail.com  06 22 24 55 99

Lieu du spectacle  : Kerozen et Gazoline    kerozen.gazoline@yahoo.fr

Partager cet article
Repost0
9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 15:47

Spectacle de la compagnie "Kerozen et Gazoline" (34), vue le 4 Oct. 2014, 16h30, dans le cadre de "La Fête à Michel", St  Jean de Vedas (34).Abus de souffle

 

Création : Kerozen et Gazoline

Jeu : Elise Zinguarelli

 

vivant-3-toiles-4Genre : Solo burlesque

Durée : 40 min

Public : Tous à partir de 5 ans

Jauge : 500 max.

Création 2014


Aujourd'hui c'est la fête chez Kerozen et Gazoline, compagnie et école de cirque : tous les artistes s'appellent Michel et nous accueillent revêtus de  tenue de chantier. De 16h à 21h, nous assistons à quatre spectacles joués dans des espaces scéniques différents : « Abus de souffle » et « Le Magic Sporting Club », de la Cie Kerozen et Gazoline, « Murielle et Myriam » de la Cie Zerafa et « « Les The Closh » du Collectihihihif. Aux entractes, tout le monde se désaltère à la buvette. L’ambiance est à la bonne humeur. Premier spectacle de l'après-midi,  "Abus de souffle" nous emmène à l'intérieur, devant une scène décorée de nombreux ballons de baudruche. Tout est blanc et orange, ce qui produit une belle luminosité.  

 

Sur un mode burlesque et poétique, Elise Zinguarelli danse sa vie rêvée, jonglant avec ballons de baudruche et hula-hoop : séduction, rencontre, vie à deux... Elle oscille entre euphorie et déprime et tout semble finir comme dans les contes par un mariage avec marche nuptiale, mais dans un bel éclat de rire car l'humour est au rendez-vous de ce spectacle. 

 

La mise en scène allie sur un rythme soutenu le charme, burlesque et humour. Et quels talents chez Elise ! Une voix off lui donne quelques bons conseils pour mener sa vie de femme. Mais Elle préfère s'échapper dans la fantaisie et nous faire entrer au royaume de l’illusion en gonflant d'aériennes et lumineuses baudruches orange ou blanches : que va-t-il en sortir ? un aspirateur, un oiseau, un homme... suspenses...surprises... !. Enfants et adultes sont fascinés. Dansante et souple elle jongle par contact avec ses ballons, et son cerceau prend vie autour de sa taille. Rapide et vive, elle scande ses déplacements avec des gestes comme suspendus. C'est brillant, varié, toujours surprenant et souvent très drôle, comme ces danses burlesques au cerceau sur l'air de "Hava Naguila", ou en play-back sur "Give me your love". Humour et poésie associés donnent de très beaux instants et ouvrent toutes les éventualités, du domaine prosaïque de l'épilation, jusqu’au plus existentiel de l'orientation sexuelle. Si les conseils off accentuent astucieusement le décalage humoristique entre rêve et réalité, j'ai cependant regretté que le (bon) texte sur "les questions obscures" concernant la femme, ait ralenti le rythme. Mais « Abus de souffle »  est bien sûr voué à évoluer. Bruitages et musique font totalement corps avec le poétique et le burlesque et les couleurs blanc et orange dégagent de la bonne humeur. 

 

Ce très beau spectacle, élégant et plein de finesse, est riche en émotions et en performances artistiques de qualité. Il apporte un souffle à la fois poétique et humoristique aux discours sur les femmes. A conseiller à tous ceux qui aiment à la fois rire et rêver. (Spectacle autonome qui peut se jouer aussi en extérieur ombragé)

 

Catherine Polge 

Partager cet article
Repost0
9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 13:19

Spectacle de la Cie de l’Illustre théâtre (34), vu à l'Illustre Théâtre, Pézenas (34), le 25 Août 2014, 21h.malade2

 

Comédie-ballet de Molière (1673)

 Mise en scène : Gérard Mascot

Avec : Emily Moroney, Flore Padiglione, Delphine Sire, Héloïse Mascot, Pierre-Luc Scotto, Jean-Benoit Aissaoui et Gérard Mascot

 Décorateurs : Agnes Canuto et Guy Sahuc

Costumes : Stéphanie Sanchez.

 

vivant-3-toiles-4Genre : comédie

Durée : 1h15

Public : tous à partir de 8 ans

Jauge : selon le lieu, extérieur ou intérieur

Création : 2013 

 

L'Illustre Théâtre de Pézenas est une ancienne propriété viticole que ses propriétaires ont dédiée au théâtre, avec deux salles et un extérieur. Il fait beau et c'est le jardin qui accueille aujourd'hui quelques 200 spectateurs. Devant nous, un beau tréteau à l'ancienne, décoré de belles toiles peintes aux couleurs estompées.

On sait que Molière est mort après la 4è représentation de cette pièce dont l'intrigue tourne autour du thème de la maladie. Argan, riche bourgeois hypocondriaque, vit sous la coupe de sa seconde femme Béline, hypocrite et cupide. Potions, purges et lavements rythment les journées du « malade » totalement dépendant de son charlatan de médecin M.Burgon. Et le jour où Argan décide de contraindre sa fille Angélique à épouser un jeune et stupide médecin, c'est la panique dans la maison ! La servante Toinette échafaude alors les plans les plus invraisemblables pour défendre tant les intérêts d'Angélique que ceux d'Argan. Tous deux trouveront leur compte dans un dénouement rocambolesque. 


Original, ce "Malade" ! Tout en restant fidèle à Molière la pièce est rendue très accessible aux spectateurs de notre temps grâce à des libertés de mise en scène et de jeu bienvenues et à un texte habilement allégé par quelques coupures. Dès le départ nous sommes immergés avec réalisme et humour dans le quotidien d'une troupe de théâtre sous l'Ancien Régime : il faut tirer le chariot des accessoires, les installer, penser au repas et faire quelques réparations. Et soudain les comédiens deviennent personnages, et nous spectateurs de l'intimité du foyer d'Argan ! Le tourbillon des allées et venues autour de cet homme rappelle la comédie-ballet conçue par Molière, et la musique de Michel Legrand choisie par G.Mascot se prête admirablement à ce propos. Je me suis laissée prendre avec plaisir au jeu des comédiens, tous excellents. La détermination, la souplesse d'intelligence, l'entrain et la vivacité de D. Sire, brillante Toinette, mènent l'action et créent de nombreux ressorts comiques. Et quelle créativité, avec de délicieux moments d'anthologie dans le duo maître-servante ! G.Mascot est un Argan à dimension humaine, complexe, et par là vraisemblable et très actuel. Il se montre anxieux et crédule, mais sait aussi réagir vivement, ruser, montrer son affection avec spontanéité. Et quel brio chez P-L Scotto lorsqu'il campe l'effroyable pédantisme de M.Burgon ou la dessiccation physique et mentale du notaire, ou quand il se statufie ou improvise... Un régal. Ajoutons que chacun des personnages porte un costume "ancien régime" très approprié à son rôle, de belle facture et sans falbalas superflus. Le public s'est montré enthousiaste.


J'ai été séduite par ce spectacle vif, enlevé et très drôle qui communique chaleur et émotions. Le langage de Molière, rendu sans affectation, donne une sensation de spontanéité et de proximité et les critiques des travers de la société et de l'âme humaine prennent un relief contemporain. Molière, ici, c'est vivant, c'est actuel, c'est drôle. Un spectacle à conseiller à tous publics. Une compagnie et un lieu à suivre.

A noter que la compagnie, qui réside à l'Illustre Théâtre, se déplace également à l'extérieur.

 

Catherine Polge

 

Partager cet article
Repost0
6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 19:05

Attifa.jpgSpectacle de la Compagnie «26000 couverts» (21), vu le 10 octobre 2014, au centre social Anne Franck, à Echirolles.


De et avec : Valérie Véril

Mise en scène : Philippe Nicolle.


 

vivant-3-toiles-4Genre : Théâtre humour

Public : Tout public

Durée :  1h10 environ

 

Ce soir-là, le spectacle a lieu au sein d’un centre social reconverti pour l’occasion en salle de spectacle. Un petit espace donc, qui se prête parfaitement à la nécessaire complicité que va installer la comédienne avec son public. Le décor est minimaliste, une petite table sur laquelle sont disposés quelques objets « made in Afrique » dont une poupée en bois (la fameuse Attifa), un tabouret, un radio cassette pour diffuser de la musique, et le tour est joué. Pas de lumière spécifique, la comédienne voit la salle et les premiers spectateurs sont à ses pieds. 

D’emblée, elle nous met sur une fausse piste ce qui a pour effet de jeter un léger trouble dans le public, presque un malentendu qui, pour certains, va perdurer tout au long du spectacle et contribue à l’effet comique... on n’en dira pas plus... 

 

Face à nous la grande dame prénommée Anne Sybille « déguisée » en africaine avec un boubou qui laisse apparaître le col de son chemisier rose, bon chic bon genre. Elle en battrait des mains tellement elle est contente d’être là, pour nous narrer ce conte africain qu’elle a inventé toute seule (enfin avec l’aide du célèbre conteur Michoko). L’histoire qu’elle nous conte dans la plus pure tradition africaine, c’est celle de la petite Attifa qui veut retrouver sa maman. Pour cela, elle va à la fois danser, chanter, jouer d'un instrument, parler, faire participer le public pour mieux le capter. Mais ce conte est aussi le prétexte à de nombreuses digressions qui pourraient s'intituler « impressions d'Afrique » au cours desquelles Anne Sybille nous fait part de son vécu africain.

 Elle est enthousiaste Anne Sybille, tellement contente de ce voyage en Afrique d'une dizaine de jours, où elle s'est entichée de ce continent (quelle prouesse en 10 jours !), de ses habitants, de ses coutumes et nous en sert un florilège pendant plus d'une heure. Tous les clichés y passent, la nourriture, la religion, les odeurs, les couleurs... Elle ne nous épargne rien et nous ramène forcement à des scènes que l'on a déjà vécues, des propos que l'on a entendus ou même parfois tenus. C'est là me semble-t'il que réside une bonne part de l'intérêt de ce spectacle, nous rions de bon cœur parfois aux éclats confronté à notre propre bêtise et aux clichés que nous véhiculons sur ce qui est étranger à notre culture.

Elle est aussi touchante Anne Sybille, on la sent un peu seule au monde, essayant de s'accrocher à des relations humaines même éphémères, envieuse de cette chaleur qu’elle ne trouve pas dans son quotidien. Et par instants, lorsque ses « maracas » se délitent sur le public, le doute voile son regard, le geste se fait hésitant… Les bras s’affolent sous l’effet d’un moment de panique, lorsqu’elle essaie de rattraper désespérément le rythme de la musique qui lui échappe, comme cette histoire, comme cette culture...

Mais ces instants de doute restent fugitifs, les réponses à ses propres questionnements, à son étonnement face aux différences culturelles, se résument à un constat satisfait : « c’est comme ça » et elle balaie sereinement les sujets délicats susceptibles de lui demander une implication, par un catégorique « c’est pas mon truc ». Tant d’application à rester en terrain connu, confortable, à éviter les vraies questions, tant de ferveur à éluder tout ce qui pourrait venir altérer sa bonne conscience et sa bonne humeur, tant de candeur désarme : quand elle finit par s’indigner c’est contre le manque de zèle de certains spectateurs « qui laissent les autres répéter le refrain à leur place » !


La comédienne a un potentiel comique évident, son visage passe par toute une palette d’expressions qui vont de la joie communicative, en passant par le doute, l’angoisse de mal faire et l’extrême candeur. Pas de leçon moralisatrice dans ce spectacle. Juste une femme qui à travers un conte nous parle d’elle, de nous.

 

Pascale Coninx

(photo : Alexis Doré)

Partager cet article
Repost0
1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 16:10

sonate-pour-quatre-chiens.jpgSpectacle de la "Compagnie 100 issues" de Joué-les-tours, vu le 30 octobre 2014, à la Verrerie d'Alès (Pôle national cirque Languedoc-Roussillon), dans le cadre de "Cirque en marche #9".

 

Auteurs et interprètes : Valo Hollenstein, Vincent Maggioni, Cyril Pernot et Lorca Renoux

Composition musicale : Valentin Pointillart et Jérémy Guillermain

Mise en scène : Vladimir Cruells et Hugues Hollenstein.


VIVANT-3-COEURS-5Genre : Cirque

Public : Tout public

Durée : 1h05

Création 2014      

 

Le 30 octobre à la Verrerie d'Alès (Pôle national cirque Languedoc-Roussillon), dans le cadre de Cirque en marche #9, la compagnie interprétait sa création 2014 et la salle pleine lui offrait un accueil très chaleureux, et pour cause, le troisième exercice de la compagnie, après « Idéaux beurre noir » et « Vodka », est une réussite du genre.


Cette composition chorégraphique et musicale très moderne revisite la discipline du mât chinois dans une interprétation toute en surprises et originalités ; la technique des acrobates, bien qu'évidente, laisse la place à la théâtralité et à la mise en scène.

Sur le site de la compagnie, il est indiqué ceci : « Sonate pour quatre chiens est une tentative Chorégraphique: après deux ans de tournée intensive des spectacles précédents. Le groupe questionne son avenir : comment continuer, avec qui, pour dire quoi ? C'est le processus même de la création qui a permis aux artistes de frotter les différences de leurs âges, de leurs origines sociales, politiques, artistiques pour explorer comment et pourquoi on devient groupe. Sonate pour quatre chiens met en jeu leurs relations et c'est là sa performance principale. »

En introduction comique, le quatuor dresse le décor à l'aveugle dans un jeu de colin-maillard : c'est le dernier qui voit qui est perdant. L'ambiance est posée, humour et jeu. Le perdant du jour sera l'élève d'un cours pour acrobate débutant dont les commentaires du professeur serviront de base aux musiciens mixeurs de sons, installés au centre de la scène sur un canapé, qui vont rythmer le spectacle et lui donner cette identité particulière. La scène suivante, un solo de percussions corporelle, continue de poser cette création sonore unique à chaque représentation.

La suite sera du même élan de chorégraphie alternant danses verticales et horizontales, des ambiances de lumières étranges et de musique électro soutenue, passage canin, performances physiques ou délicates, jusqu'au démontage final en règle. Le public est tenu en haleine et en émotion, le temps a paru plus long qu'en réalité, c'est bien le signe de la maîtrise des espaces.


Daniourk 

Partager cet article
Repost0
19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 16:02

le-vide-CW.jpg

Spectacle créé au Théâtre Sylvia Montfort et vu le 23 septembre et le 11 octobre 2014.


Spectacle écrit par :  Fragan Gehlker, Alexis Auffray et Maroussia Diaz Verbèke

Avec : Fragan Gehlker, Alexis Auffray.

 

VIVANT-3-COEURS-5Genre: Cirque

Public: Tout public dès 8 ans

Durée: 1 heure

 

 

Quelle merveilleuse surprise malgré un titre à priori rebutant. Trop peur d’assister une énième fois à un pensum. Vous savez ces formes circassiennes qui honteuses de n’être pas assez nobles enrobent leur discipline de tout un charabia conceptuel et qui au final ne proposent rien. Mais ici, c’est le vide et le vide, ce n’est pas le rien.

 

L’accueil du public pose le principe même du spectacle : une réflexion métaphysique et artistique rendue accessible par l’humour, les trouvailles scéniques et la générosité.

Le public pénètre dans une avant-salle plongée dans la pénombre où quelques écriteaux suspendus résument le fil directeur de la pièce : le mythe de Sisyphe revisité par Camus. Le sérieux du propos est aussitôt contredit par un amas de fauteuils ainsi légendé « on a (un peu) dérangé le théâtre ». Passé cette mise en condition, nous voilà au cœur du dispositif : une scène carrée entourée de gradins circulaires ou comment résoudre la quadrature du cercle. Alexis Auffray passe dans les rangs, distribue du pop-corn pendant que le public, au son des indicatifs du cirque, s’installe et que son comparse, mine de rien, travaille déjà à la corde lisse.

C’est donc l’histoire de Sisyphe, ce « mec », dixit une annonce parodiée de Fip, « qui ne fait que monter et descendre » un rocher pour avoir osé défier les dieux. Mythe idoine pour un circassien qui ose défier la pesanteur du haut de sa corde lisse.


Voici donc Fragan Gehlker, notre Sisyphe, qui entreprend de monter son numéro. Il se prépare méticuleusement au point d’ennuyer terriblement son public. Il entame enfin ascension et pirouettes sans compter sur la malignité des cordes qui se rompent les unes après les autres laissant notre artiste, tantôt les 4 fers en l’air, tantôt cloué au sol, tantôt suspendu à 22 mètres de haut.

Ces vaines tentatives d’ascension sont habilement ponctuées d’enregistrements sonores. Une première voix off interpelle l’artiste sur l’étrange choix du cirque comme métier. Et de demander benoîtement : « vous n’avez jamais eu de sentiment de découragement ? »

Une autre laisse entendre Camus disserter sur l’absurde. Notre pauvre cordiste exaspéré, désespéré, leur ferme fissa le clapet et recommence.

Ces cordes qui se rompent et qui lâchent opèrent un comique de répétition. Le numéro de planche à bascule sur un tréteau, pour tenter d’attraper un bout qui se dérobe, le tout sur l’air de l’Amérique de Joe Dassin est mémorable.

Elles lâchent ces cordes mais lui ne lâche rien. Déterminé à réussir son numéro coûte que coûte et alors que toutes les cordes sont à terre, Fragan Gehlker trouve un autre moyen d’ascension : l’architecture du théâtre ! Tout y passe : les grils, les tuyaux, les rampes à projo, jusqu’au toit et aux façades externes du théâtre. Il parvient ainsi, haut perché à 22 mètres du sol, d’une main et sans protection, à raccrocher une corde. Alexis Auffray accompagne la descente de son ami d’une partita pour violon de Bach. Il en étire chaque note jusqu’à ce que rupture de corde s’ensuive, peut-être. Le rire a laissé place à une tension insoutenable.

Cette première corde réinstallée, il faut remettre les 6 autres. Voilà notre artiste s’atteler à la tâche. Mais à chaque fois, à mi-hauteur, par fatigue, par maladresse, par mégarde, la corde à remonter, juchée sur l’épaule, retombe. C’est l’éternel retour, l’histoire sans fin. Nos deux artistes en dessinent conjointement l’espace sur un air lancinant. Tandis que l’un, par ses montées et descentes, trace une impossible verticale vers les cieux ; l’autre entreprend une danse circulaire endiablée à patins à roulettes pour démonter le décor et écrire avec les planches des tréteaux : « Il faut imaginer Sisyphe heureux ».

Il faut un moment au public pour réaliser que le spectacle est fini ou plutôt qu’il n’a pas de fin, pas d’échappatoire, sauf pour lui, le public, à qui Alexis Auffray a désigné, dans sa course folle, la sortie. Les applaudissements fusent et peu à peu le public, gêné, se retire, laissant Sisyphe à son triste sort et l’artiste à son labeur impossible.

 

C’est donc un spectacle de haut vol qui sait allier prouesses techniques, comique, matériaux sonores et visuels. Il s’adapte à chaque configuration du lieu qui l’accueille. Il nous donne à entendre avec légèreté et frissons la dureté de l’humaine condition pour qui ose défier les lois de l’apesanteur.

 

Catherine Wolff

Partager cet article
Repost0