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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 00:15

l'emule du papeCie Les Zémules (75)

Avignon Off, Théâtre l’Etincelle 16 h 50, du 20 au 31 juillet 2013

 Présents sur Avignon Off 2014 

Texte de Michel Heim

Avec Jérôme Cuvilliez, Franck  Isoart, Cécile Billand,  Laurent Plesi, Xavier Sibuet


vivant-3-toiles-4Tout public à partir de 12 ans

Durée  1 h 20

 

 

 

Après le succès de la Nuit des Reines et de la Nuit des Dupes, Michel Heim s’est inspiré une nouvelle fois de faits historiques et  a ressorti de ses cartons un texte écrit au lendemain des attentats du 11 septembre 2001,  et qu’il avait renoncé alors  à mettre en scène.

Encore une fois, Michel Heim aborde des faits historiques qu’il nous livre en alexandrins et s’intéresse au  pape Alexandre VI, dépravé, libertin, issu de la célèbre lignée des Borgia,  et  à son ennemi Savonarole, frère dominicain fondateur à Florence d’une dictature théocratique très dure,  qui s’est donné pour mission de lutter contre la corruption du clergé catholique.

Sur une scène  dépouillée, dont le seul décor est un trône papal perché en haut de trois marches  et surmonté d’un dais, 5 comédiens en très beaux costumes très quinzième siècle (dessiné même par Michel Ange  pour certain !) vont s’affronter.  Il y a donc  là le Pape Alexandre VI, deux de ses enfants, César et Lucrèce, et Tazzio, personnage fictif, amant et émule du Pape.

Le Pape fait venir Savonarole au Vatican sous prétexte de lever l’excommunication qui le frappe, car il  projette de  le décrédibiliser et pour le compromettre, il  demande successivement à sa fille, puis son fils, puis son gigolo, de le séduire…  Mais c’est finalement Tazzio qui va se laisser embobiner  par Savonarole, qui l’enrôle dans sa communauté à Florence, en lui assurant seulement le « gîte et le couvert » !

C’est une attaque même pas voilée (si j’ose dire..) contre toute forme de  religion qui porte en elle les germes de  la corruption et du fanatisme. Ce texte de plus de 10 ans est hélas toujours d’actualité,   et l’on doit aujourd’hui  à certains intégristes des exactions et autodafés similaires à ceux perpétrés par  Savonarole.

La forme d’écriture en alexandrins permet de faire passer bien des propos osés, voire scabreux, et peut être irrévérencieux pour certains. De nombreux clins d’œil à des œuvres du répertoire classique, mais aussi au répertoire de la chanson populaire, émaillent le texte. C’est franchement bien déclamé, par des comédiens tous excellents, et à un rythme extrêmement soutenu.

J’ai ne connaissais pas Michel Heim et n’avais jusqu’à maintenant ni lu ni vu aucune de ses pièces. C’est donc une révélation, et même si j’étais inquiète dans les premières minutes de la représentation, je me suis laissé porter par l’atmosphère ambiante d’une salle comble, qui n’a pas boudé son plaisir…

 

 

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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 23:15

blond-blond-and-blond.jpg

Présent sur le Off 2015

Compagnie : Blønd and Blȫnd and Blŏnd (75)

Vu au Pitchoun Théâtre le 24 juillet 2013 à 17h30 dans le cadre du festival Off d’Avignon.

De et avec : Marie Combeau, Sellier Edo et Claire Mechin

 

VIVANT-3-COEURS-5Durée : 60 mn

Chonzons françaises à la sauce suédoise.

Tout public

 

 

Tø, Mår et Glär sont frères et sœurs et viennent de leur Suède natale pour nous présenter leur répertoire d'hommage à la chanson française, qu’ils vénèrent.

Avec leur look de la paroisse sainte Catherine, leur casque viking et leur accent à couper au couteau, on savait bien que cela allait être décalé.

En commençant avec « Allumez le feu » en intro, en version douce, et en feuilletant tel une bible, le catalogue Ikéa, on se dit que c’est vraiment décalé. Et vraiment bon.

Portés par des personnages originaux et des voix féminines de qualité,  ils nous offrent un spectacle frais, franchement drôle et surprenant.

Reprenant dans un mélange osé les chansons merdiques du répertoire français (Johny, Ophélie Winter, Mylène Farmer,…) et en y mêlant NTM, Barbara ou Gainsbourg, ils nous amusent et dynamitent les bornes des limites.

On peut se moquer de Mylène Farmer, mais moins de Gainsbourg ou Barbara d’habitude.

L’exercice pourrait lasser, mais c’est drôle et sans temps mort du début à la fin.

Accompagnées à la guitare par un un peu halluciné (c’est lui), les deux filles ont de superbes voix et jouent sans retenue leurs personnages de catho coincées mais néanmoins délurées.

Ils déclinent bien sûr les chansons dans des registres à contre-pied, faisant une chorégraphie très contemporaine sur La Compagnie Créole ou l’Aigle Noir de Barbara en version pour enfants. Ils piétinent avec un certain plaisir les bonnes manières et les convenances dans ce domaine et c’est vraiment jubilatoire.

Je me disais même qu’il n’y avait que des étrangers pour oser faire de tels sacrilèges. Pourtant, ils ont l’air en grande partie de par ici.

Bravo…

A programmer rapidement avant qu’ils ne soient plus accessibles.

 

 

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31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 14:36

Escampe-trastet.jpgSpectacle de "ART Compagnie" (34), vu le 31 Mai 2014, au Marché, à Carnon (34).

 

Création et jeu : Myriam François (Georges Clounet)  et Anne Thouzellier (Hervé)

Mise en formet et en scène : Capucine Mandeau.

 

VIVANT2-toiles-3Genre : spectacle de rue

Public : tous à partir de 6 ans

Durée : en cours d’élaboration

Jauge : 100 max.

Répétition publique, sortie de chantier

 

Créée en 1985, ART Cie se présente comme "un théâtre actuel, un théâtre pour tous, un théâtre d’expression méditerranéenne".  Après une résidence d’une semaine à la Médiathèque de l’Ancre de Carnon, voici une première sortie de chantier pour "Escampe Trastet".


Une bonne cinquantaine de spectateurs se rassemblent sur une placette entre la médiathèque et le marché, où un vide-grenier ("Escampe trastet") va s'installer. Georges et Hervé déballent des objets hétéroclites et lient connaissance en attendant le client. Leur accent et leurs expressions sont d’ici, du Midi, en français avec quelques envolées en occitan. La conversation roule sur les femmes, car toute occasion est bonne pour en parler! Ils se posent sincèrement des questions sur leur aspect, leur rôle, la place de la biologie et celle de la société, mais finissent toujours, de manière extrêmement comique, par énoncer avec conviction des explications à leur convenance. C'est ainsi qu'au fil d'évocations de la vie quotidienne - avec de véritables moments d'anthologie! - émergent des problématiques féministes, avec drôlerie, humour et finesse.


Ancrés dans le quotidien et offrant suffisamment de complexité pour être vraisemblables, Georges et Hervé ne portent pas le même regard sur la féminité. Le spectacle utilise habilement cette différence pour transformer en situations comiques quelques injonctions contradictoires qui pèsent sur les femmes. "Sois séduisante!" "sois libérée!" "sois mince!" "fais de bons petits plats!" etc., apparaissent ainsi dans toute leur absurdité! Les actrices, Myriam et Anne, en jouent astucieusement et, avec une gestuelle bien trempée, elles donnent du poids à leurs personnages. Ni leur grimage masculin, réussi, ni leurs costumes ne créent d'impression de décalage. La plupart des objets déballés, très vintage (talons aiguille, bouquet de mariée, etc.), illustrent quelques stéréotypes de ce que l'on appelle "la vie féminine" et déclenchent des scènes souvent hilarantes. Le spectacle laisse libre cours à l'improvisation, excellente, et ambitionne d'établir une bonne interaction avec le public. Ce dernier aspect est actuellement travaillé par la compagnie.

Le texte emploie les mots de tous les jours avec des dialogues très drôles, criants de vérité et souvent chargés d'émotion et de tendresse. Bien qu'émaillé de nombreuses expressions méridionales fleuries, il échappe au régionalisme artificiel ou bon enfant et, lorsque surgissent par moments des phrases en occitan, elles sont intégrées avec fluidité à l'ensemble et donc accessibles à tous. J'ai découvert la musique et l'harmonie de l'association des deux langues. 

Les dialogues laissent filtrer adroitement la nature des rages féminines et féministes qui ont abouti à la création du spectacle. "Escampe trastet" ne tombe pas dans la satire mais, en posant des questions d'une logique imparable il tord le cou avec humour à certaines idées reçues sur les femmes. L'absence de militantisme explicite permet aux spectateurs des deux sexes de rire de bon coeur, sans éluder les débats très actuels sur les "identités" féminines et masculines. 

 

Le public a manifestement apprécié cette représentation-test. Reflet de l'originalité créative et du professionnalisme d'ART Cie, ce spectacle est en effet déjà très prometteur. En cours d'élaboration il se cherche encore un peu, en particulier pour trouver... une durée et une fin... ! Sortie prévue en Octobre. Ce spectacle s'adresse à tous et est adaptable dans des espaces très divers.

Crédit photo : Frédéric Jaulmes


Catherine Polge

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30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 16:55

UNPEUDESEXE.jpgSpectacle de la "Compagnie Miso 74" (30), vu au Théâtre Télémac, à Nîmes (30), le 6 octobre 2012.

 

Texte: Dario Fo, Franca Rame, Jacopo Fo

Avec: Béatrice Laout

Mise en scène: Sophie Millot.

 

vivant-3-toiles-4Genre: solo théâtral

Tout public à partir de 14/16 ans

Durée: 1h15

 

 

Avec beaucoup de tendresse et pas mal d’humour, sans tabous ni vulgarité, Béatrice Laout se glisse dans la peau de Franca Rame, pour nous servir cette conférence à caractère autobiographique écrite au début des années 90, mais qui est loin d’être passée de mode. 

 

Avec désolation, l’auteur dresse le constat qu’aujourd’hui les individus n’en savent guère plus qu’hier sur l’amour et la sexualité. L’information et la communication sur le sujet se sont développées, mais probablement mal, car bien de fausses idées et tabous demeurent. Aussi, quel meilleur moyen pouvait trouver Franca Rame pour sa démonstration que de se référer à sa propre histoire? Elle dénonce ainsi les travers de l’éducation des enfants et des adolescents, les questions sans réponses, les idées reçues que la société, les parents et les institutions véhiculent. Tous les sujets liés à la sexualité sont abordés, parfois crûment: l’enfance, les premiers émois, l’adolescence, la masturbation, les complexes liés au physique, tant pour les filles que pour les garçons, la rencontre des deux sexes, la sensualité, l’amour physique, l’avortement... sans oublier une indispensable leçon d’anatomie nous dévoilant les mystères du sexe féminin, évoqué par une orchidée, la coupe anatomique du sexe masculin projetée en rétroprojection, et même, accrochez-vous mesdames (et messieurs), un cours d’orgasme…! 

 

Derrière cette agressivité verbale, beaucoup de tendresse et de sincérité, beaucoup d’humour et de fantaisie... ce spectacle parle de sexe, mais encore et surtout d’amour et de sentiments. Ce monologue peut être proposé en appartement, en bibliothèque/médiathèque, dans toute configuration intimiste, au plus près du public!

 

Cathy de Toledo

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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 13:17

Les Voix d el'ogresseSpectacle de la Compagnie Les Ebruiteurs (34), vu le 28 Mai 2014 au théâtre La Vista, Montpellier (34), dans le cadre des "Jours de Friche"

 

Ecrit, mis en scène et interprété par Lucie Dessiaumes

Marionnettes, scénographie, accessoires : Alain-Claude Dessiaumes et Lucie Dessiaumes

Réalisation des costumes : Maryline Dessiaumes

Lumière, régie : Vincent Woolley

Regard dramaturgique, direction d'acteur : Eric Chatalin

 

VIVANT2-toiles-3Genre : théâtre et marionnettes

Tout public à partir de 8 ans

Durée : 50 min.

 

Première (coproduction avec La Friche de Mimi)

 

Décor : un fourneau, un porte-manteau perroquet et au fond un tableau où sont accrochés grands couteaux et hachoirs de cuisine. Une demi-pénombre, ou demi-lumière met en valeur les teintes brun-orangé de l'ogresse.

 

Nous sommes dans le monde du merveilleux. Une énorme ogresse joufflue et rebondie, plus "brave femme" que "méchant monstre", s'entraîne à se présenter face au public, en vue d'un concours de cuisine à la télévision. Hélas malgré plusieurs répétitions à la fois drôles et pathétiques elle n'arrive pas à décliner son identité. Aussi sort-elle le tout petit Pouche de son sein car il va l'aider. Il est à la fois son enfant imaginaire et le révélateur de son âme profonde. Avec des dialogues savoureux, Lucie Dessiaumes fait cheminer le spectateur entre le comique et le tragique, la tendresse et la peur, dans un univers où les relations mère-enfant et monstre-petit Poucet s'interpénètrent. Une première fin tragique, car l'ogresse ne résistera pas à ses instincts, permet de démarrer une autre histoire : celle des tourments intérieurs de cette pauvre femme qui ne se reconnaît plus tout à fait dans sa vie d'ogresse. Une nouvelle histoire pourrait naître ...

Les deux marionnettes forment un duo contrasté. La structure du petit Pouche est simple : un morceau de torchon, une balle. Par contre l'ogresse dans laquelle s'abrite Lucie impressionne par sa stature, mais ses rondeurs maternelles et ses couleurs chaudes rassurent et elle semble même belle dans ses excès. Elle affiche sa complexité. Ainsi revêtue, Lucie réussit un tour de force professionnel à la fois physique et psychologique : elle anime Pouche de la main droite pendant que le reste de son corps joue l'ogresse, donnant simultanément une autonomie de jeu à chacun des personnages. Pendant que l'ogresse parle, Pouche prend les poses de l'écoute active, s'occupe, etc. Lorsqu'il prend la parole l'ogresse réagit avec une gestuelle spontanée. Jouant beaucoup sur les nuances, la voix de Lucie est travaillée dans ses moindres inflexions, ce qui confère une justesse de ton à chaque intervention. 

 

J'ai été impressionnée par l'habileté avec laquelle les dialogues mêlent à la relation mère-enfant une sourde menace, et jouent sur l'équivoque d'un monstre très humain. L'ambiguïté cruelle des échanges s'accentue au fil du temps, créant un vrai suspens, car l'ogresse a avoué à Pouche la nature de ses festins ... Pendant qu'elle cuisine, Pouche la harcelle de questions comme le font les enfants. Comme le font les mamans, elle répond, berce, chantonne ou s'agace. Situation hallucinante car l'excitation de l'ogresse croît au même rythme que l'inquiétude de Pouche. Le dénouement très dur est précédé d'un dialogue très sobre et tranchant comme un rasoir, où chacun semble accepter son destin : être dévoré pour l'un / dévorer chez l'autre. Il ne reste alors plus à l'ogresse qu'une voix pour exprimer son ambivalence. Ayant apprécié la qualité du travail sur le texte et le jeu théâtral, j'en ai d'autant plus regretté de sentir quelques longueurs lorsque Pouche raconte ses rêves ou à la toute fin du spectacle.

 

C'est un spectacle chargé d'émotions et de qualités esthétiques où le rire, la tendresse et la peur se mêlent. Le merveilleux du personnage de l'ogresse rend la dureté de la situation supportable en lui donnant du sens. Complexe, tout à la fois rude, cruel et tendre, comme dans la vie, "Les Voix de l'ogresse" pose des questions sur l'identité, la relation mère-enfant, la différence, l'humain dans le monstre et le monstre dans l'humain, le poids des traditions et la liberté.

La légèreté de sa scénographie et son autonomie technique permettent à ce spectacle d'être joué dans une grande diversité de salles.

 

Catherine Polge

 

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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 14:25

ISIADOR.jpgSpectacle de la "Cie Flamenca Temperamento Andaluz" (34), séance scolaire le 30 janvier 2014, salle Bassaget à Mauguio (34).

 

Conte: Josette Codina Oto

Danse: Natalia et Pedro Verdu.


VIVANT2-toiles-3Genre: conte chorégraphique et musical

 Durée: 1h

 Tout public à partir de 6 ans

 Création 2014

 

 

A l’invitation du Service culturel de la ville de Mauguio, je suis venue assister à cette représentation en sortie de résidence. C’était l’occasion de découvrir la "Compagnie Flamenca Temperamento Andaluz", que je ne connaissais pas.

 

Le spectacle propose une alternance de passages contés, à la fois en français et en espagnol, et d’instants chorégraphiques musicaux. Josette Codino Oto nous livre l’histoire d’Isiador, jeune fille qui vit heureuse en famille avec son frère et ses parents dans un petit village espagnol. Jusqu’au jour où sa mère meurt et son père se remarie. La belle-mère va rapidement vouloir se débarrasser des enfants de son mari au profit de sa propre progéniture. Isiador et son frère décident donc de s’enfuir. Grâce à leur courage et à l’amour qui les unit, ils vont triompher des multiples épreuves auxquelles ils seront confrontés...

 

Natalia et Pedro Verdu, eux-mêmes frère et sœur, nous proposent cinq danses flamencas accompagnées d’un joli travail lumière, certaines sont très traditionnelles, comme la danse du marteau. Loin d’être experte dans le domaine de la danse, qui plus est flamenca, j’ai malgré tout particulièrement apprécié le solo de Natalia sur un accompagnement piano/guitare, qui m’a semblé apporter une certaine modernité dans la tradition. Pour ce qui est de la conteuse, je dois dire que j’ai été très étonnée de l’utilisation d’un micro HF, particulièrement mal réglé de surcroît, dispositif qui nuit beaucoup à la connivence entre le conteur et son auditoire. Il m’a semblé que la conteuse n’avait pas l’habitude de ce genre de prestation, ayant du mal à trouver ses marques sur un espace scénique trop vaste pour elle, sur lequel ses déplacements n’étaient pas naturels. Pourquoi d’ailleurs ne pas rester assise au même endroit pendant tout le déroulement du spectacle? Mais s’agissant d’une création, on peut imaginer que les enchaînements trouveront leur rythme au cours des représentations à venir. Il s’agit là d’un projet visant à faire connaître la danse flamenca  à un public plus large, en s’appuyant sur le conte, bien que ce conte m’ait paru extrêmement dur à certains moments. Le spectacle peut donc être proposé à un public scolaire, ou dans le cadre de manifestations visant à promouvoir la culture espagnole. A suivre donc…

 

Cathy de Toledo

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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 12:09

Frères Panini 2Spectacle de la compagnie "Cirque ILYA" (21), vu à Saturargues (34), le 14 mai 2014, salle Galabru, dans le cadre de « Saperlipopette en Voyage dans l’Hérault ».


Avec: Alexandra Martenot, Benny Martin, Laurent Volken.


vivant-3-toiles-4

Genre: cirque

Tout public dès 4 ans

Durée: 55 minutes

 

 

Le spectacle débute par un numéro de bonneteau géant orchestré par Benito, qui permettra ensuite l’entrée en scène peu conventionnelle de son frère Giovanni…  Bien vite, Benito cherche dans le public une spectatrice sachant jouer du piano (en effet, un piano trône au milieu de l’espace scénique), bien vite embarquée dans un jeu d’argent perdu d’avance… et dépouillée de son sac à main jeté subrepticement dans les coulisses!

Les numéros  se succèdent, magie, lévitation, jongleries diverses, acrobaties cyclistes et autres portés, livrant une palette assez large de différentes techniques circassiennes, jusqu’au numéro final d’assiettes chinoises qui nécessite l’intervention des services de nettoyage dès la fin du spectacle! Vous l’aurez compris, les deux compères sont vraiment très maladroits… 

Deux nouveautés sont à noter dans ce spectacle. L’apparition d’un invité surprise, Lully, cochon noir, pas franchement décidé ce jour-là à obéir aux injonctions de Benito, mais gourmand cependant de récompenses! Et aussi la participation de Bianca (la spectatrice « lambda » n’était pas si innocente !), qui s’avère experte à jouer du piano dans toutes les positions, y compris debout, et qui accompagne de sa belle voix de chanteuse lyrique les numéros de ses deux partenaires, y compris pour une ou deux prestations en trio chorégraphiées.

Ces deux invités inattendus apportent une note facétieuse et poétique à un spectacle de cirque que j’ai trouvé plutôt conventionnel dans ses propositions, souffrant parfois de quelques longueurs. Mais le spectacle est dans l’ensemble de bonne tenue, très distrayant, largement applaudi par un public composé majoritairement d’enfants. Il peut être joué également sous chapiteau, ou en extérieur, ce pour quoi il a été initialement créé.

 

Cathy de Toledo

(crédit photo: Jean Marie Huriot) 

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 12:35

l'ogreletSpectacle de la "Compagnie Provisoire" (34), séance pour scolaires et professionnels, dans le cadre d’"Ourcéanie", le 17 avril 2014, au Théâtre de Villeneuve-lès-Maguelone (34).

 

Adaptation du livre de Suzanne Lebeau

Jeu : Claude Maurice, Sébastien Portier

Mise en scène : Julien Guill.

 

vivant-3-toiles-4Durée : 1h

Genre : théâtre

Jauge : 60/80

Tout public à partir de 8 ans

 

Dans la grande salle du théâtre, le public est installé en cercle, sur des chaises et des gradins, laissant au centre un espace libre. Pas de décor, la lumière crue des plafonniers, une mise en espace au plus près du public. Martine Combréas, directrice du lieu, annonce en préambule qu’elle accueille une mère et son fils, venus 30 ans après, nous raconter leur histoire…

Un homme jeune, une femme plus âgée, que rien ne différencie du public, installés sur des chaises, prennent la parole. La femme s’adresse à nous, entreprend de nous raconter cet épisode de sa vie, il y a 30 ans, le jour où son fils a quitté la maison pour la première fois, pour aller à l’école. Ce fils qui est physiquement très développé pour ses 6 ans, elle l'a élevé seule dans une maison au cœur de la forêt, le nourrissant de légumes et évitant qu’il soit mis en présence de la couleur rouge... Mais à l’école, bien qu’il soit appliqué, attentif, sa différence et ses comportements finissent par poser problème, jusqu’à ce que la maîtresse décide de l’exclure. Confronté à ses différences, il interpelle sa mère, qui est bien obligée alors de livrer des explications. Il est le fils d’un ogre, que son père a abandonné à la garde de sa mère, pour tout simplement préserver sa vie, après que ses sœurs, nées avant lui, aient disparu chacune leur tour avant d’avoir deux ans. Sa mère voudrait encore et toujours fuir la civilisation et le protéger. Mais Simon, l’ogrelet, refuse la fatalité, décide d’affronter la réalité et de réussir les trois épreuves, que son père n’a pas réussies, et qui doivent le délivrer de son "ogreté".

La mise en scène dépouillée et originale fait la part belle au jeu des comédiens, et permet de mettre en lumière la tendresse et même l’optimisme qui se dégagent de ce texte à priori plutôt sombre. L’utilisation d’objets-témoins accrédite la véracité des dires. Ainsi, Simon fait circuler sous les yeux des spectateurs son (vrai) cahier d’écolier, et chacun peut apprécier la qualité de ses lignes d’écriture. Il mime aussi de manière saisissante les moments où son animalité reprend le dessus, lorsqu’il est confronté au loup par exemple. Le fait que les protagonistes racontent leur histoire, comme dans une réunion entre amis, avec prise à partie des spectateurs, permet une mise à distance de l’écriture. On fait référence au vécu, on ne joue pas, on témoigne. Comme dans un cercle (précisément) familial ou amical, le public est plus que spectateur, il est témoin. Plusieurs thématiques m’ont semblé se dégager: celle de la différence et de la tolérance, celle de l’hérédité et du déterminisme. L’enfant du monstre n’est pas un monstre, même s’il doit se battre pour le prouver. Et, au-delà, comment grandir, s’affranchir de la (sur)protection de la mère, des parents, affronter les difficultés, devenir adulte et autonome?

A l’issue du spectacle, la discussion s’engage avec les scolaires, qui à plusieurs reprises ont demandé s’il s’agissait d’une histoire vraie, et si les comédiens étaient mère et fils. Preuve que l’entrée en matière de Martine Combréas et la mise en scène ont troublé les esprits! Les partis pris de la compagnie paraissent résolument engagés dans une démarche pédagogique: tant dans un cadre scolaire, pour aborder les thèmes cités plus haut ou étudier simplement le jeu de l’acteur, que dans un cadre familial (après une présentation en médiathèque), pour agrémenter une discussion autour de la parentalité, de la tolérance, de l’éducation en général. En outre, la configuration scénique fait que ce spectacle ne peut être proposé qu’en jauge réduite, idéalement une soixantaine de personnes, même si nous étions lors de cette représentation un peu plus nombreux. Ce fut pour ma part une belle réconciliation avec ce texte dont j’avais déjà vu une adaptation qui ne m’avait pas convaincue.

 

Cathy de Toledo 

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 12:30

TartuffeSpectacle du collectif "Athome" (34), séance scolaire du 25 mars 2014, au théâtre la Vista, à Montpellier (34).

 

Adaptation de la pièce de Molière

Mise en scène : Luca Franceschi

Avec : Guillaume Vérin, Abel Divol, Sylvia Chemoil, Emilie Chevrier, Brice Nicolas, Mickael Viguier, Sylvie Conan.

 

vivant-3-toiles-4Durée : 1h20

Public : familial, préconisé à partir de 8 ans par la Cie (plutôt 10 ans)

Genre : théâtre

Création 2014

 

Comme dans bien des adaptations actuelles de cette pièce de Molière, le choix a été fait d’un décor quasi inexistant, mis à part deux chaises ou une table, et seulement dans les scènes où cela était indispensable. L’espace scénique est par contre habillé de pendrillons de couleur orangée éclairés par le haut, et de pendrillons noirs, ménageant des passages par lesquels entrent et sortent les comédiens. Les costumes relativement intemporels sont d’une belle harmonie, et l’on retrouve trace de violet/pourpre dans l’habillement de chaque comédien, sauf pour Tartuffe, tout de noir vêtu. Mariane, la fille d’Orgon, arbore une petite robe courte de jeune fille tout à fait moderne !


Pour mémoire, rappelons que le gentilhomme Orgon s’est entiché d’un monsieur Tartuffe, manipulateur détestable qui se fait passer pour dévot et s’incruste dans la famille du bourgeois... à un point tel qu’il n’hésite pas à tenter de séduire Elmire, seconde épouse d’Orgon, qu'il vise à faire déshériter le fils et à se faire promettre la fille en mariage. Toute la famille va s’employer, non sans mal, à ouvrir les yeux à Orgon sur la sinistre réalité.

 

A priori, Tartuffe n’est pas une pièce drôle, intégralement en alexandrins, elle use d’un vocabulaire et de tournures de phrases "d’époque", bien évidemment. Le collectif Athome a réadapté la pièce, l’a raccourcie, en a simplifié la fin. La mise en scène de L. Franceschi, toujours proche de la commedia dell’arte, vise à faciliter la compréhension avec des attitudes scéniques et des mimiques évocatrices, l’accentuation des traits de caractère volontairement outranciers, et l’adaptation "olé olé" et rafraîchissante de certaines scènes. C’est une sorte de théâtre de masque, mais sans masque ! Les intermèdes musicaux de G. Vérin, sur lesquels les comédiens se laissent aller à quelques pas de danse ou se livrent à des facéties volontiers "miaulantes", allègent le propos de manière charmante. Finalement le côté comique est largement accentué, et le déroulement de l’action plus facile à suivre.

 

Le public scolaire d’aujourd’hui semble s’être retrouvé dans cette adaptation de ce grand classique. Et les questions adressées aux comédiens à l’issue du spectacle ont souligné leur intérêt. J’ai moi-même retrouvé avec plaisir ce texte rafraichi et dynamisé par le collectif Athome, qui présentait la septième représentation de la pièce, déjà bien enlevée tant les comédiens, partenaires depuis de nombreuses années, trouvent rapidement leurs marques à chaque nouvelle création…

 

Cathy de Toledo

 

autre spectacle commenté : Les Fourberies de Scapin

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 12:08

Nom de Code Popé-copie-1Spectacle de la Cie "Carambole" (34), vu au Centre culturel de Frontignan (34), le 19 Avril 2014, 19h.


Mise en jeu : Ingrid Teygyey

Avec : Thierry Klein, Véronique Merveille et Patrick Vendrin.


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Genre : rythme, poésie, chant, percussions corporelles, théâtre

Durée : 1h

Public : tous à partir de 6 ans

Jauge : jusqu'à 150 - extérieur possible

Création 2011

 

Les trois comédiens unissent leurs talents (chant, percussion, danse et poésie) au sein de la compagnie "Carambole" pour ce spectacle créé en résidence dans un collège.


"PoPé"? C’est "Poésie Percussion corporelle". Nous sommes une vingtaine de spectateurs, dont une majorité d’enfants, devant un décor intrigant: un tableau noir, une table et un banc d’écoliers renversé, des journaux froissés au sol et un ballon de foot. Les comédiens plongent immédiatement les spectateurs dans les joies des retrouvailles. Copains d'enfance, P. Vendrin et Th. Klein en costume-cravate et V. Merveille en robe rouge tournoyante, se retrouvent après 26 années. Mi-adultes et mi-enfants, ils racontent et jouent comme autrefois. Leurs mots viennent tout droit de chez Boris Vian, Raymond Queneau, Andrée Chedid, Jacques Prévert, et d’autres encore. Percussions corporelles, claquements de doigts, mouvements de danse et gestuelle rythmée s’entremêlent à de courts poèmes scandés en ritournelles ou chantés. Chorégraphié et orchestré avec précision, le spectacle est un tourbillon de fantaisie parfois loufoque qui offre aussi bien: un concours de désobéissance, un gargarisme sur un air d'opéra, un déchaînement d'onomatopées, une conjugaison décalée du verbe être, un jeu extravagant avec le papier-journal, etc. Les enfants rient beaucoup et, pour les adultes, ces retrouvailles de trois "gamins" sont aussi émouvantes que drôles.


Le spectacle se déroule de manière ludique mais structurée sur l'argumentaire des poèmes, évoquant les saisons de l’enfance dans la cour de récréation. Ici la poésie "prend corps" dans les rythmes, au moyen de la voix, des claquements et des percussions corporels, de la danse et des gestes. Avec une diction pleine de vie et de fantaisie, les comédiens nous emmènent loin de la "récitation" scolaire ou de la déclamation. Tout est matière à jeux, à blagues de gosses, à rêveries, avec des répétitions scandées et des diversions soudaines. Les phrases éclatent et s'incarnent dans de multiples sonorités. Ainsi lorsque P. Vendrin amorce le poème bien connu de V. Hugo "Demain dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne", voilà que les vers rebondissent et s'éparpillent en rythme dans le bruit du vent et les claquements corporels lancés par V. Merveille et T. Klein. La poésie explose finalement de manière hilarante. Souvent le rythme initié par l'un ou l'autre s’affole, et tous trois s’unissent dans des symphonies de percussions corporelles fascinantes. Parfois les mots se prolongent en bruitages, comme ce bel intermède de cris de bêtes affolées par "le Loup". Submergée d'enthousiasme, V. Merveille pousse de jolis et réjouissants solos, et le trio se lance dans des interprétations joyeuses de jazz ou de gospel. Les déplacements sont chorégraphiés avec précision, la danse prolonge les instants d'émotion, et même les pauses, loin de figer les comédiens, leur donnent au contraire l’occasion de continuer leurs jeux d’enfants avec des pantomimes très cadencées. L'ensemble dégage une belle cohérence dans la fantaisie, et le fil narratif suit le rythme des mots et des jeux des comédiens, dont la complicité est convaincante.


Dans ce spectacle créatif très original, tout est inattendu et rien n'est convenu. La multiplication et la qualité des approches de la poésie donnent un charme particulier et un caractère inclassable. Comment ne pas prendre plaisir à lire ou à apprendre un poème après ça ? Cette démarche ludique conviendra à des spectateurs non initiés à la littérature ou brouillés avec l'école, comme aux amateurs de poésie qu'elle surprendra agréablement, mais aussi bien sûr à un public scolaire. La compagnie propose en addition une intervention pédagogique et poétique autour du rythme et des percussions corporelles.

 

Catherine Polge

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