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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 13:08

pars-de-la.jpgSpectacle de la compagnie Tara Théâtre (31), vu au Collège de la Salle lors du festival Off d'Avignon 2013.

 

Marionnettes animées par Sarah Darnault et Jean Paul Béalu.

Paroles et musique : Claire Gimatt


vivant-3-toiles-4Durée 55 mn

Tout public à partir de 5 ans

 

 

 

 

 

Démarrage en trombe avec une tempête… puis l’on retrouve la verte Argil, petit personnage ressemblant à l’humain, seule sur son île. Elle rêve d’un autre monde qu’elle cherche à apercevoir, perchée sur un arbre, au moyen de sa lunette télescopique. N’y tenant plus, elle construit un radeau et part à l’aventure, emportant son indispensable lunette. Elle accoste sur une autre île, rouge, comme Kali qui l’habite. Mais bien que Kali soit semblable en bien des points à Argil, il n’en reste pas moins que, se satisfaisant d’elle-même, elle ne supporte pas les intrus ! Elle finit par accepter la présence d'Argil, mais isolée derrière un mur au bout de son île... Elles s’apprivoisent pourtant (peut être parce que la lunette d’Argil sert de miroir à Kali qui aime tant sa propre personne) et finissent par partir ensemble. Elles investissent l’île d’Uriel la bleue qui vit heureuse, s’émerveillant de tout ce qui l’entoure, et qui  prend peur à cette invasion. De loin en loin, un oiseau blanc traverse le ciel, témoin de la présence des terres… Je vous laisse la surprise d’aller découvrir la suite.

 

C’est avec un réel plaisir que j’ai retrouvé le Tara Théâtre et sa parfaite maitrise de la technique dite du "théâtre noir", dans laquelle la lumière délimite l’espèce scénique et dont les manipulateurs, habillés intégralement de noir, sont totalement invisibles. Inutile de dire qu’il est indispensable d’accueillir un tel spectacle dans une salle où l’on peut faire le noir total ! Cette technique permet de faire évoluer les personnages et les objets en apesanteur, rendant l’ensemble aérien. Comme il s’agit d’un spectacle sans paroles (plus accessible, de fait, que d'autres spectacles de la compagnie) accompagné seulement du piano et de la douce voix de Claire Gimatt, on se laisse bercer par la magie et par le  bruit des vagues (qui pourrait sans problème être plus perceptible). On goûte alors toute la philosophie qui se dégage de cette histoire : il faut apprendre à sortir de son monde, aller à la rencontre des autres, s’enrichir les uns des autres… Magique je vous dis !

 

Photo : Tara Théâtre 

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16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 12:28

La-Parpaillole-Souricette.jpeg

Spectacle de la compagnie Actuel Parmain Théâtre

d’après Dario Fo

vu au théâtre du Chapeau Rouge dans le cadre du festival Off d'Avignon 2013


Jeu et mise en scène : Gyl Morand

 

VIVANT2-toiles-3Genre : Théâtre

Durée : 50 mn

Tout public à partir de 11 ans

 

 

 

Gyl Morand se propose de nous raconter l’histoire de Giavan Petro, gentil pâtre un peu couillon et bien sûr puceau, chez qui son patron a entretenu la peur des femmes… Devenu riche à la mort de ce dernier dont il hérite,  il songe malgré tout à prendre femme. Il se fait alors abuser par un prêtre lubrique et peu scrupuleux, qui lui fait épouser sa maîtresse pour servir ses desseins. Celle-ci, à son tour, manipule le pauvre garçon, lui faisant croire qu’elle a égaré sa parpaillole… Mais rassurons-nous, tout rentrera dans l’ordre et Giavan finira par l’attraper cette parpaillole souricette !!

Cette fable moyennageuse traditionnelle, adaptée par Dario Fo, est un conte initiatique un peu coquin qui met en scène les fantasmes de tout jeune garçon face au mystère féminin, et les balivernes que sa naïveté lui permet d’avaler.


Seul en scène, Gyl Morand interprète tour à tour avec talent chacun les cinq protagonistes de ce conte. Les intermèdes musicaux qui accompagnent les changements de personnages et le mariage de Giavan sont de qualité, et fort à propos. Le préambule, récapitulant un certain nombre de petits noms dont le sexe féminin est affublé (la liste n’est d’ailleurs pas exhaustive et l’on peut se replonger dans le répertoire de Colette Renard pour la compléter !), ainsi que l’épilogue sont de Gyl Morand. La représentation se termine autour d’un verre et d’un échange avec le comédien. J’ai juste regretté que cette prestation soit bien courte…  

 

Photo : Jean-Pierre Faurie

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 17:53

http://www.avignonleoff.com/Ressources/OFF/Visuels/2013/Spectacle/web/spectacle_10169.jpg

Spectacle de Yann Terrien (Agence D), vu à l'Attila Théâtre lors du festival d'Avignon Off 2013

 

vivant-3-toiles-4

 

 

 

 

 

 

Essayez de dire le nom de ce spectacle : « Tatadadatatatatatataaaa ». C’est déjà une blague… et c’est quitte ou double pendant un festival comme Avignon où la communication reste le nerf de la guerre. J’espère que ce sera plutôt double pour Yann Terrien, le clown de ce spectacle, car j’ai été réellement surprise par la qualité de sa prestation !

Point de passage en force du rire chez cet artiste, il est attachant par sa simplicité et son naturel. Il s’amuse avec trois fois rien : du papier journal, un requin en plastique, un ballon de baudruche... Démonstration est faite qu’il n’y a pas besoin de beaucoup de matériel pour tenir les spectateurs en haleine. On plonge avec lui de bon cœur dans un monde enfantin mais pas nunuche, un monde où la poésie de l’image n’est jamais loin, l’absurde non plus d’ailleurs. L’imagination est aux commandes, les objets les plus banals deviennent les héros d’une histoire loufoque. Yann Terrien s’amuse, il joue avec le public, nous met à contribution... "rien de très nouveau", me direz vous sous le soleil de l’interactivité. Mais même si les ficelles sont connues, elles n’en sont pas moins bien développées. L’artiste connaît son affaire, et tient l’attention des parents et des enfants durant 45 minutes, sans souci de rythme.

 

Yann Terrien, c’est un clown à suivre, un pierrot lunaire et poétique qui a une grande qualité : il est drôle !!

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 17:40

accord-parfait_le-new-lyrique-boys-band.jpgSpectacle de la compagnie Accord Parfait  (69)

vu au Théâtre Notre Dame lors du festival d'Avignon Off 2013

 

Avec : Fabrice Maitre et Olivier Hernandez (ténors), Christophe de Biase et Olivier Naveau (barytons).


VIVANT-3-COEURS-5

Genre : spectacle musical

Durée 1 h 15

Tout public

 

 

 

Chemise blanche, nœud papillon et queue de pie, les quatre chanteurs lyriques sont magnifiques, en grande tenue de concert. Dans cette belle grande salle (ancienne église, semble-t-il) le chef s’installe au piano, seul élément de décor, pendant que les trois autres (un italien, un russe et un anglais) apparaissent… un balai collé dans le dos ! Le ton est donné et, après seulement quelques notes,  ils décident de ficher en l’air balais et « concert coincé »…

Il est alors question d’aborder l’histoire de la musique, en principe en suivant un ordre chronologique... mais les choses partent rapidement dans tous les sens. Ils nous servent pêle-mêle des airs d’opéra ou d’opérettes, des grands airs russes, anglais ou italiens, du jazz, du Lulli, du Bach ou du Mozart, en passant par  les Beatles, Michael Jackson, Elton John et, en vrac, de la pop, du rock, du rap, pour finir avec Starwars et Claude François !!

Fumigènes, effets lumière, boule à tango, jusqu’aux perruques et déguisements : tous les moyens sont bons pour servir la musique et le chant à la sauce humour déjanté ! Finalement on aime, on adore... parce qu’en plus d’être bons comédiens, figurez vous que ce sont aussi excellents chanteurs. Bref, un truc de OUF, dans le genre spectacle pour toute la famille... et programmé à 11 h du matin, histoire de vous donner la pêche pour toute la journée. Alors courez-y vite !

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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 11:10

les-nouveaux-nez---adroite-gauche_petouchok.jpgSpectacle de la compagnie "Les Nouveaux Nez" et "Adroite gauche" (07)

 

Avec Isabelle Quinette, Nathalie Cornevin, et Chris Hayward

 

Collège de la Salle, Avignon, festival off, du 8 au 28 juillet 2013, 10 h 40

 

VIVANT-3-COEURS-5

 

 

 

 

 

 

Genre : Fantaisie burlesque pour harpe, danse et flûte

Durée : 55 mn

Tout public à partir de 5 ans

Nouvelle création

 

Nous retrouvons le duo clownesque Plume et Paille en compagnie d’un troisième personnage, Cookie. Plume tente de maitriser l’organisation du concert dans lequel intervient « il maestro » Cookie, le flûtiste, adorable personnage tout en rondeurs, un peu nigaud, et qu’un rien déstabilise… Alors Paille, vous imaginez ! Ce lutin facétieux qui saute partout, danse, s’amuse de tout et de tous, apparaît, disparait, agace, mais qui est en même temps tellement charmant et attachant !

 

Le décor est épuré…  Un banc, une harpe, une pompe à eau, et quelques objets supplémentaires (et ingénieux) au hasard des situations.  Des instruments de musique, mais qui ne servent pas qu’à faire de la musique ! Celle de Monsieur Mozart tout de même !! Le langage mêlant l’anglais, l’allemand, une sorte de grommelo et peut être même un peu de français, est finalement universel et compréhensible de tous. Ajoutez à cela une grande finesse et une infini subtilité, et vous obtenez un univers onirique dans lequel toutes les générations se laisseront embarquer avec joie. Hélas, ça ne dure que 55 minutes …  mais que de bonheur !                                                                                                                    

 

 

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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 14:44

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Spectacle de la compagnie Zygomatic et Art et Evolution (79)vu le lundi 8 juillet 2013 à 13h45 à l'espace Alya, dans le cadre du festival d'Avignon OFF.

 

Comédien : Ludovic Pitorin

Auteurs : Patrick Belland, Ludovic Pitorin

Mise en scène : Patrick Belland

Son et lumière : Xavier PierreVIVANT2-toiles-3

 

Genre : Théâtre

Durée : 1h05

 

 

Un homme en costume jaune comme le soleil est sur scène, avec pour seule compagnie sa glacière et son chien de plage arrière de voiture. Visage lunaire, regard pétillant et cheveux ébouriffés, il part pour un voyage verbal... ébouriffant, justement. Absurdité et poésie sont au rendez-vous.

 

Ludovic Pitorin (formé au clown avec, entre autres, Norman Taylor, Paul André Sagel et Allan Boon) campe effectivement un beau clown naïf au sourire tendre, qui mêle la candeur et le désintéressement d'un Monsieur Hulot avec l'acuité et l'aisance verbale d'un Raymond Devos. Son physique-même en est un subtil mélange. Mais l'homme en jaune est aussi une voix, maîtrisée et utilisée à bon escient. Son spectacle s'apparente souvent à une comédie musicale. Ce comédien a visiblement de nombreuses cordes à son banjo...

On le suit au fil des mots et des jeux avec lesquels il nous convie. Homonymies, mots-valises, jeux de sons et lettres avalées surpennent et font soudain sens, dans toute leur belle absurdité. On côtoie souvent le surréalisme. Les situations les plus banales, telles que les petites annonces du journal ou l'envoi d'une lettre, acquièrent une dimension inattendue, font sourire ou rêver. Un chien se scinde soudain, et une tête fait micro. Une glacière fait corps. Une fausse sceptique cherche un vrai croyant et une lettre a des pieds pour arriver seule à destination. C'est cela prendre le bon côté des choses : toujours s'émerveiller, toujours s'étonner, toujours s'amuser et ne rester au premier degré que pour mieux l'élever.

 

Voilà une jolie recherche textuelle, prétexte à un jeu de ping-pong verbal souvent surprenant. Le texte a été coécrit par Ludovic Pitorin et Patrick Belland, initialement artiste de rue, ce qui a sans doute contribué à porter ce regard bohème sur la vie. Je suis sortie de ce spectacle avec le sourire. J'ai regretté juste une chose : le manque de lien entre chaque scène, et le manque de cohérence globale. Un fil directeur, ou le fil d'une histoire, m'aurait aidée à garder davantage de scènes en tête, deux jours plus tard. 

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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 13:15

Spectacle de la Compagnia Dell'Improvviso (34)etre ou ne pas etre

vu au théâtre la Luna, dans le cadre du festival d'Avignon Off 2013

 

Ecriture et interprétation : Luca Franceschi 

Oeil extérieur : May Laporte

Accompagnement jeu d'acteur : Gérard Santi

Costume : Rosalba Magini

Décor : Stefano Perocco

Création lumière :  Loredana Oddone

vivant-3-toiles-4 

 

Genre : théâtre

Durée : 1h20

 

 

"Être, ou ne pas être, telle est la question"... de l’acteur. Pour une néophyte, comme moi, du théâtre Shakespearien, me sensibiliser à son œuvre à travers le prisme de la comedia dell‘arte de Luca Franceschi fut un pur moment de bonheur. Loin de s’adresser a des spécialistes du « théâââtre »,  l’acteur, seul en scène, développe un jeu ludique où interactivité avec le public et  goût de la farce mènent le jeu.

 

Un réveil sur scène impose le tempo : "1h10, pas une minute de plus, pas une minute de moins". Voilà qui donne une notion du temps fort structurante autour de laquelle Luca Franceschi brode avec brio. Il navigue entre rigueur du texte et improvisation avec le public, et s’applique à nous donner, il me semble, les clefs d’une réflexion sur  les conditions de son métier, sa précarité, ses doutes et ses angoisses. Shakespeare est un prétexte, bien sûr, quoique des extraits dudit auteur viennent ponctuer le propos et attisent la curiosité à découvrir plus amplement  l’oeuvre.

Ici, l’originalité est dans l’angle de jeu. Les rôles s'inversent lorsque l’acteur construit le personnage qui kidnappe alors l’acteur. Il parle à travers son corps et sa voix. Cette "prise de pouvoir" du personnage décale le propos et nous plonge dans une schizophrénie jubilatoire. Nous même, public, sommes là ou pas, selon qui est sur scène ou pas… et ce, dans un spectacle éternel d’une 1h et 10 minutes précisément. C’est très fort !

 

Je suis sortie de ce spectacle bouleversée par la prestation de Luca Franscheschi. "Être ou ne pas être" ? Je ne sais toujours pas, mais allez donc voir l’acteur se poser la question. C'est extraordinaire !  

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 09:36

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Spectacle de la compagnie "Trois... six... neuf"

d'après Virginia Woolf

vu le lundi 8 juillet 2013 à 11h10 à l'Espace Roseau dans le cadre du Festival Off d'Avignon

 

Mise en scène, traduction, adaptation : Marie-Paule Ramo

Interprétation, co-adaptation : Nathalie Prokhoris

Lumière : Véronique Lorin 

vivant-3-toiles-4

 

Genre : Théâtre

Durée : 1h10

 

 

C'est un grand bonheur de retrouver sur scène une Virginia Woolf, malheureusement si méconnue bien que constamment présente dans chacun de ses écrits : riante, curieuse, ironique, d'une grande acuité et d'une immense honnêteté d'esprit. Toutes ces qualités ne pouvaient en faire qu'une féministe des plus pertinentes, et une essayiste précise à la recherche constante de "pures pépites de vérité". C'est certainement cette quête, et l'allure so british de Virginia, qui ont donné l'idée à Marie-Paule Ramo de camper Mme Woolf en une sorte de Sherlock Holmes au regard pénétrant et à l'allure fureteuse. Munie d'un parapluie et d'une malle, notre enquêtrice va et vient, dynamique et droite, du campus d'Oxbridge (contraction d'Oxford et de Cambridge, souvent utilisée par l'auteure dans ses nouvelles et essais) à la métropole de Londres, ne lâchant jamais le fil de sa pensée et la profondeur de sa réflexion. Elle explore différents sentiments, de la colère au dégout, de l'incompréhension au mépris mais jamais jusqu'à la résignation ou la facilité de pensée. Est toujours présent son désir de comprendre et de disséquer us et coutumes, histoires, destins rêvés, destins brisés, âmes courageuses, précurseurs et, a contrario, lâchetées et peurs de perdre une position confortable.

 

Nathalie Prokhorsis est excellente dans le rôle. Sa diction est parfaite, son regard pétillant et malicieux ainsi que son jeu subtil et élégant nous captent. Le texte, qui n'a pas été écrit pour être joué, a été retraduit et adapté pour la scène par Marie-Paule Ramo. Il trouve ainsi un nouveau souffle et une vie palpitante. Virginia, ou ses différents avatars, nous livre de ces arguments qui nous ont souvent manqués avant qu'on la découvre. Elle leur donne une existence imbattable. On se laisse embarquer par les vagues de sa réflexion, comme dans l'un de ces romans. Nous naviguons avec elle, emportés par une démonstration aux failles qu'elle tente de combler, toujours, malgré l'absurdité de l'âme humaine et la difficulté faite au génie d'éclore dans la pauvreté et l'enfermement.

Dans ce spectacle, on ouvre les fenêtres, les malles, mais surtout les esprits. Toutes les chances seront données aux destins, tous les destins, mais surtout ceux qui ont du génie pour la littérature ; ceci grâce à la force de pensée, à l'énergie et à la pugnacité extraordinaire de Virginia, brillamment rendus dans ce jeu, cette mise en scène et cette mise en lumière.

 

Merci à La compagnie "Trois... six...neuf ", qui "oriente ses choix vers des écrivains femmes, avec le souci d'offrir à chaque parole un espace où se déployer", de nous donner à (re)découvrir avec tant de justesse et de cohérence un texte fondamental dans l'histoire du féminisme. Un texte malheureusement si peu lu, tout comme la production entière de Virginia Woolf. Venez au moins l'écouter à l'Espace Roseau ! Vous ne serez ni déçus, ni ennuyés, bien au contraire...

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 09:33

Photo-PLAKKA-THEATRE-POUR-UN-OUI-OU-POUR-UN-NON-1-800x531.jpg

Spectacle de la compagnie Plakka Théâtre

vu le 9 juillet 2013 à 16h30 à l'Espace Roseau, dans le cadre du festival d'Avignon

 

Texte : Nathalie Sarraute

Avec : Jean-Marie Russo (H1) et Paddy Sherlock (H2) 

VIVANT-3-COEURS-5 

 

Genre : théâtre

Durée : 1h10

 

 

 

Pour commencer, le choix d'un texte d'une telle qualité est à souligner. Nathalie Sarraute, comme à son habitude, y effectue son "travail de sorcier" afin de traquer ce qui se joue en nous d'invisible, souvent indicible, et qui est d'ailleurs rarement dit. Enorme challenge que de ne jamais trahir la force, la finesse et l'intelligence d'un tel texte. Je peux le dire d'emblée : le défi semble réussi, et même haut la main ! Mise en scène, lumière et comédiens s'accordent à merveille pour nous tenir en haleine avec ce texte exigeant.

 

L'auteure ne tourne pas autour du pot. Dès les premières répliques, le problème est posé :

« H1 : Ecoute, je voulais te demander… c’est un peu pour ça que je suis venu… je voudrais savoir… Que s’est-il passé ? Qu’est-ce que tu as contre moi ?

H2 : Mais rien… Pourquoi ?

H1: Oh, je ne sais pas. Il me semble que tu t’éloignes. Tu ne fais plus jamais signe. Il faut toujours que ce soit moi… »

Deux amis s'affrontent et s'expliquent. Il est dit ici ce qui d'ordinaire reste tu. Tout est disséqué, et surtout une phrase qui aura tout déclenché, et le ton sur lequel elle aura été prononcée. A partir de celle-ci se révèlent deux personnalités entières aux valeurs presque antagonistes. L'un au bonheur social bien défini, où tout peut être nommé, où tout paraît solide, l'autre hors des clous, plus orienté vers le bonheur intime, profond, et qui n'a pas de reconnaissance sociale. Chacun tente de paraître sûr de soi dans ces choix, mais une fascination envers l'autre les déroute eux-mêmes, crée l'amitié puis l'incompréhension, le malaise voire le rejet et, pour finir, l'éloignement. C'est que chacun porte l'autre. Chacun ne peut exister que par opposition à l'autre. C'est que l'un est le oui, l'autre le non.

 

H2, l'homme qui rompt "pour un oui ou pour un non", est joué par Paddy Sherlock dont l'accent irlandais renforce le sentiment d'étrangeté flottante par rapport à "nos" normes. L'idée de lui faire jouer du trombone est excellente car c'est une autre forme d'expression encore, sans mot, mais d'autant plus forte. Elle illustre sa volonté de faire comprendre quelque chose sans le dire, d'exister autrement que communément admis. Mais, pour cela, il faut qu'il y ait du "communément admis".

De H1 émane au contraire un sentiment d'incompréhension et de vacillement, sur des bases qu'il a toujours jugé plus solides et surtout plus justes. Il y reste d'ailleurs bien posé, ne vacille au final que peu, mais tente de comprendre l'éloignement de son ami ; éloignement ô combien perturbant dans son système. Système qui n'existe que parce que certains (comme son ami H2) restent en marge...

Les deux personnages évoluent sur une sorte de légo géant blanc, noir et rouge, qui bouge, s'encastre, se déploie. Chacun y monte, s'y assoit, y court, y prend les mots aux pieds de la lettre par le contact avec l'autre ou avec l'instrument. Chacun y prend de la hauteur et du pouvoir, avant de redescendre et de se laisser plier ou vaincre, pour à nouveau retourner "chez lui" où il passe plus d'air, où tout est plus rassurant. Les deux comédiens, par leurs corps, leurs regards et leurs intonations, nous saisissent sans nous lâcher une seule seconde. On est convaincu, du début jusqu'à la fin.

Enfin, les jeux de lumière nous guident et nous émeuvent. Durant un instant, nous, le public, sommes éclairés, comme pris à parti. Ne serions-nous pas nous-mêmes les voisins, les passants, les autres, tous ceux qui jugent H2 et adoubent H1 ? A moins que ce ne soit l'inverse ? Pour un oui ou pour un non ?

 

Un excellent spectacle qui questionne et rend heureux par son énergie et sa pertinence.

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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 09:19

la-parade-des-gens-heureux.JPGC’est le spectacle « pas cher » par excellence du festival off d’Avignon : la parade  qui célèbre le début du festival. 800 compagnies sont invitées à déambuler sur l’avenue Jean Jaurès pour  y  défendre leurs spectacles, et célébrer ainsi l’ouverture du festival.

VIVANT2-toiles-3

 

 

 

 

 

 

Assister à l’événement n’est pas une sinécure. Oui, car vivre l’aventure, c’est aussi cela… jouer des coudes, à petit pas, se frayer un chemin au milieu de la foule dense et excédée par la chaleur, se faire une place au soleil du spectacle « gratuit » ; une occasion rêvée d’entrer dans le vif du sujet... voici le off d’Avignon 2O13 qui démarre.

 

Sont-ils heureux  d’être là ces artistes qui paradent  en ce dimanche 7 juillet 2013 ? Certains le sont sûrement, d’autres semblent un peu perdus dans la foule, tous en tout cas sont tendus vers la rencontre du public, « la » denrée rare. Il faut dire que c’est toujours un double enjeu pour l’artiste de faire ce festival. Louer un théâtre, communiquer et vivre sur place pendant 1 mois coûte cher, mais c’est aussi un véritable enjeu artistique tant le off est devenu une vitrine sur le monde du spectacle en salle.

Pour tenter de se distinguer dans cette marée de propositions, le flyers et le costume n’y suffisent pas. Il faut « envoyer du bois » comme on dit dans la profession. Les compagnies tentent la performance et, forcément, celles qui font impression sont souvent les plus visuelles, les plus fortes (en volume sonore), en un mot : les plus spectaculaires. Petites formes     artistiques subtiles, fragiles et intimes s’abstenir... toute tentative de chuchoter une poésie à l’oreille est vouée à l’échec dans cette marée humaine, toute volonté de nuance est sacrifiée sur l’autel de l’immédiateté. Pour se faire une vraie idée des spectacles présents dans le off, il va falloir aller dans les salles et prendre le risque de découvrir, pour le meilleur et hélas parfois pour le pire, c’est ça le spectacle vivant !

 

Des parades, nous en retrouvons tout le long du festival. A tout moment, les artistes sortent de leur théâtre afin de nous attirer, d’attiser notre curiosité alors amateurs de la flânerie. Le spectacle dans la rue ne fait que commencer… Bonne chance à tous ces comédiens, ces chanteurs, ces bateleurs de mots, ces jongleurs d’émotions, et souhaitons leurs de faire leurs métiers avec le plus de sérénité possible et surtout d’être heureux de le faire !

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