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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Mode d'emploi...

Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 09:29

detournement-delles_lechelle-a-2-temps.jpgSpectacle de la compagnie Détournement d'Elles, vu au festival Font'arts 2012 à Pernes les Fontaines (84).

 

Avec : Julia Guillaud et Sophie Berger

Direction artistique: Julia Guillaud

Mise en scène: Carole Tallec

Directeur d'acteur: Nikola Martin

Création musicale: Damien Delpiroux et Benoît Black

Regard aérien: Véronique Gougat

Regard chorégraphique: Lise Casazza 

Régisseuse: Marianne Pibault

Réalisation du portique: Lucile Emmer et Florent Seffar

Réalisation Vidéo: Mélissa OttavianO et Mélina Sendra

 

Durée : 45 min

Tout public

 VIVANT2-toiles-3.jpg

Une échelle suspendue à l'horizontale par deux cordes sur un portique, et deux femmes.

 

L'une (Jackie) est habillée de rouge, plutôt ronde. Elle est extravertie mais rêve de devenir une autre femme. L'autre (Simonée) est habillée de noir, mince. Elle est réservée et incarne un idéal féminin. 

Le public est captivé dès le début lorsque Simonée s'épanouit dans les airs et nous donne à voir de belles figures à la corde lisse. Elle monte sur le portique et se suspend dans le vide sans aucune sécurité. Le public lâche des "Aaaah" de stupeur et les enfants demandent à leur maman si "la dame ne va pas tomber". Elle nous donne le vertige et joue avec notre peur du vide. Jackie fait ensuite retomber la pression : beaucoup moins gracieuse, elle nous fait rire de ses clowneries.

 

Ici, l'échelle est une métaphore, à la fois ligne de vie et "cases" dans lesquelles les intervenantes cherchent leur place. Tout le spectacle n'est pas forcément à la hauteur du début. De nombreuses et bonnes idées sont amorcées mais pas toujours complètement exploitées. Peu importe, on se laisse aller à voir ces femmes se démener pour comprendre la place qu'elles doivent occuper. La féminité est multiple et elles nous le prouvent. Un bon moment pour les femmes comme pour les hommes. 

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 09:18

le-mouton-a-5-pattes_cirque-dattractions.jpgSpectacle de la compagnie du Mouton à 5 Pattes, vu au festival Font'arts 2012 à Pernes les Fontaines (84).

 

Circassien(ne)s : Thibaud de Premorel, Johann Candoré, Magali Bilbao

Musicien(ne)s : Kamel Dembri, Jeremie Wagner, Claire Guillet, Lucienne magnan

Mise en piste : Sabine Chalaguier

Création et Régie lumière : Zélie Abadie

Régie son : Maxime Leneyle

Scénographie et Régie plateau : Philippe Lewlord

Régie générale : Ada Broers

 

Durée : 60 min

Genre : cirque musical Tout public

  vivant-3-toiles-4.jpgCe spectacle mêle musique, acrobatie, jonglerie, tricycle et monocycle, corde lisse…

 

En rentrant sous le chapiteau qui fait office de sauna (dehors, il fait au moins 40°C !), on se demande si l'on va rester jusqu'au bout. Et, pendant que tout le monde cherche un moyen de se rafraichir, un étrange "clown" observe la foule haut perché... Puis ses compagnons de scène entrent, chacun avec sa personnalité propre. Leurs costumes et la musique nous plongent tout de suite dans une ambiance joyeuse et lugubre à la fois. Ils font appel à nos souvenirs d'enfants, nos peurs et nos émerveillements. On se laisse plonger dans une ambiance oscillant entre "Freaks" de Tod Browning et "Big Fish" de Tim Burton, et on n'en sort pas avant la fin tant la folie délicieuse de ce monde nous envoûte. On ne voit plus les acteurs mais bien de curieux personnages qui semblent être nés sous ce chapiteau. Leurs prouesses techniques sont dissimulées derrière poésie et humour. Ici, on communique en "latino-charabia", on jongle avec des bébés, on mange des oiseaux et on n'hésite pas, pour son public, à se mettre en danger en utilisant un trampoline défectueux…

 

La magie opère jusqu'au bout et le retour à la réalité se fera en douceur car l'on se sent bien chez eux : ils nous ont captivés.

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 08:25

macompagnie_le-tps-des-mensonges.gifSpectacle de la compagnie "Macompagnie", vu au théâtre de l'Alizé lors du festival Off d'Avignon.

 

Interprète(s) : Jeanne Béziers, Isabelle Desmero, Stéphane Dunan Battandier
Mise en scène : Jeanne Béziers assistée de Nancy Madiou
Musique : Martin Béziers
Décors : Stéphanie Mathieu
Costumes : Christian Burle
Lumières : Jean-Bastien Nehr
Son : Cédric Cartaut

  vivant-3-toiles-4.jpg

Bien qu'annoncé comme un spectacle musical à partir de 7 ans j'ai, en tant qu'adulte, beaucoup aimé ce spectacle !

Si les tout petits devraient éviter certains tableaux magnifiques mais pouvant être effrayants (la forêt profonde et ses bruits...), les plus grands seront conquis par ces atmosphères magiques. Grâce à des échelles et à un jeu de lumière et d'ombre, l'ambiance quelque peu effrayante de la forêt où Poucet et ses frères sont perdus est réussie. Les artistes jouent plusieurs personnages, passant de l'un à l'autre sans que le spectateur ne s'en doute et, au final, on s'étonne qu'il n'y ai que trois comédiens !

Les personnages de l'Ogre et de l'Ogresse, hauts en couleurs, sont réellement splendides. L'imagination et la créativité des costumes, alliées à celle des décors, illustrent superbement le conte qui s'en trouve étoffé et enrichi. La musique signée Martin Béziers accorde le tout .

 

Certains comédiens de Macompagnie sont échappés du Théatre du Maquis (Aix en Provence). On s'étonne donc moins de la qualité de ce spectacle d'une grande beauté. Merci pour ce riche moment de théatre accessible à partir de 7-8 ans !

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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 14:04

vertigo monsieur ibrahim et les fleurs du coranSpectacle de la compagnie Vertigo à partir de la pièce d'Eric-Emmanuel Schmitt, vu au théâtre de l'Adresse lors du festival Off d'Avignon 2012.

 

Interprète : Didier Lagana
Metteur en scène : Fred Tournaire
Création Lumière : Hervé Lavit

 

vivant-3-toiles-4.jpg

 

 

C'est l'histoire de Momo, petit garçon juif de douze ans qui rencontre Ibrahim l'épicier qui n'est pas arabe. L'enfant lui-même n'est peut-être pas juif...

 

Il s'agit d'une comédie philosophico-dramatique sur la tolérance, la famille, la filiation et la paternité. Ce texte sensible, souvent joué au théatre, est magistralement interprété en toute légèreté et intelligence par un Didier Lagana talentueux et discret. Le décor est épuré : un fauteuil, une pile haute de vieux bouquins, quelques marches d'escalier, de grandes boites de conserves vides. La mise en scène, sobre, accompagne admirablement le comédien dans son interprétation pleine d'humilité et de réserve. Il incarne si bien son personnage que le pubic est embarqué dans l'aventure avec Momo, dans son voyage initiatique dur et sensible. Merci à Didier Lagana pour ce Momo là !

 

Si vous aimez ce beau roman, vous devriez apprécier cette interprétation. Les émotions émaillant le roman d'Eric-Emmanuel Schmitt restent intactes, justesse de ton et finesse du jeu nous ont conquis. Si vous méconnaissez ce texte, profitez-en amener les jeunes (dès 10 ans) au théatre et leur faire découvrir l'histoire de Momo.  

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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 14:24

machine-theatre-les-candidats.jpgMachine théâtre (34)

Théâtre – tout public à partir de 12 ans – durée : 1h20 mn

Vu au Théâtre de l’Adresse le 17 juillet dans le cadre du festival Off d’Avignon 2012

Texte : Sarah Fourage

Mise en scène : Brice Carayol et Nicolas Oton

Avec : Cyril Amiot, Ludivine Bluche, Lise Boucon, Laurent Dupuy, Franck Ferrara, Christelle Glize, Patrick Mollo

VIVANT-1-toile-2.jpg 

Les candidats, dispersés sur le plateau de la belle salle de l’Adresse, (un lieu mutualisé de façon tout a fait exemplaire dans la jungle du Off), attendent sans bouger pendant que le public très nombreux s’installe…

On y découvre cinq candidats très catalogués Pole emploi (rebaptisé pour l’occasion Plot emploi, waouw !) qui attendent vraisemblablement un formateur. On se sent dans une ambiance un peu tendue ou chacun regarde l’autre légèrement de travers, y voyant plus un rival  qu’un ami. Chacun a pu connaître cela un jour ou l’autre de sa vie.

  Quand Bernard Muguet, le formateur, leur explique qu’ils vont participer à un stage de développement personnel express, c’est l’occasion pour les candidats de s’interroger à haute voix sur leur condition, leur présence ici… chacun ayant ses propres aspirations ou ses propres contraintes.

Nous sommes effectivement tous des candidats à tout, et l’idée de départ m’avait séduit.

 

On y trouve de belles questions ou de drôles d’affirmations : « d’où vient l’idée qu’il faut avancer, progresser… ? » ou « la formation est une arnaque poussant chacun à la concurrence et à l’affrontement. ».  

 

Tout semble posé ici comme un atelier d’amateur (qui est la base du travail de cette création) et avec pour but de faire avancer le shmilblik (entendre : favoriser le lien social). Malheureusement, cela manque de rythme, c’est flou (que vient faire ce spectre rouge qui hante notre formateur), le jeu des comédiens n’est pas particulièrement remarquable, voire très en dessous pour Tania, et le texte dit tout et son contraire, reprenant ainsi la parole donnée lors des ateliers. Quand à la mise en scène, où est elle ?

Alors ce huis clos ou chacun se lache un peu, se découvre, mais traîne toujours ses démons m’a fortement déçu ce soir là. Plutôt qu’un spectacle, un bon essai sur le sujet aurait été bien plus efficace.

 

Je dois avouer que j’attendais autre chose d’une compagnie conventionnée Drac (et tout ce qui va avec) et qui travaille sur ce projet depuis 2009. Mauvaise pioche !

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 14:54

VIVANT2-toiles-3.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Burlesque Associés (91)

Théâtre – tout public – durée : 1h15 mn

Vu au Théâtre du Cabestan  à 12h dans le cadre du festival Off d’Avignon 2012

De et avec : Guillaume Collignon et Jean Hervé Appéré.

 

Burlesque-et-associes-1929.jpgMoustic et Mastoc, tel un clin d’œil appuyé à Laurel et Hardy et plus généralement au cinéma muet, forment un couple très réglé et nous offrent ainsi un duo particulièrement efficace.

Ils incarnent avec une belle générosité ces deux personnages burlesques enfermés dans une prison yankee au moment de la grande crise de 29 et dont ils s’échappent afin de réaliser leur grand rêve : faire du cinéma.

Intercalés de passages musicaux, avec de superbes cuivres, ils veulent concevoir leur film de vampires avec l’aide du public.

Les deux comédiens sont plutôt bons et s’amusent bien avec leurs personnages qu’ils ont créé déjà depuis plusieurs années..

Pourtant, parfois ça crie un peu fort, et leur énergie déborde souvent du plateau.

C’est propre, même si c’est fait de bric et de broc, c’est rythmé mais il y a quelques longueurs, notamment dans les passages musicaux, nous faisant ainsi perdre le fil –ténu- de leur histoire.

 

Malgré le travail de qualité qui est proposé, malgré l’univers visuel qui est proposé et qui frappe l’œil, malgré l’engagement des comédiens, je n’ai pas pu « rentrer » dans leurs personnages et dans leur histoire qui restait un peu trop inaccessible pour moi.

Un manque de sensibilité de leur part ou de la mienne ce jour là…

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 19:29

label-Z_Chorale-public.jpgSpectacle de la compagnie Label Z, vu le 27 Juillet 2012 dans le cadre de la 15e édition des Transes Cévenoles (Sumène - 30).

 

Genre : spectacle de rue

Interprétation : Babeth Joinet 

Durée : 50 minutes environ

Tout public à partir de 6 ans

Création 2010 

 

vivant-3-toiles-4.jpgLa compagnie Label Z a été fondée en 2000 par Babeth Joinet  qui a une formation de clown, de comédienne, de cascadeuse et ... qui dirige aussi une chorale ! 

 

Assis en rangs serrés sous les platanes, nous sommes un peu intrigués par l'arrivée d'une dame, jeune et démodée façon « vieille fille de bonne maison »,  jupe froncée et veste tailleur. Elle se présente, Annabelle Froment, "notre" chef de choeur... et nous réalisons que "la chorale" c'est le public, c'est nous ! Trop tard pour se défiler, il fallait lire attentivement le titre du spectacle : "Public" ! 

Annabelle se déchaîne aussitôt dans les préparatifs : micro, étiquettes, trépied ... Dans un tourbillon de mouvements et de feuillets, et dans un concert de sifflements acoustiques et de paroles, elle nous rabâche qu'une chorale est « un espace d'échange », et demande avec autorité  notre participation. Enfin, scène et public sont prêts. Après avoir écouté une leçon décalée sur la respiration, nous voilà debout pour échauffer notre voix avec quelques cris syncopés… Ensuite Annabelle nous montre ses talents de rapeuse pour nous faire répéter une petite chorégraphie avec une chanson de son cru. Enfin nous allons donner un concert ! Les badauds sont priés de faire le public et de nous encourager. Un triomphe. Repos. Nous atterrissons. Nous venons d'assister à la mise en scène d'une pièce et d'y jouer, en 3 actes : préparation, répétition, représentation.


Pendant près d'une heure nous avons vécu dans une petite bulle, enchantés et conquis par cette Annabelle Froment fagotée "années 50",  généreuse et naïve, bavarde et agitée, pédagogue consciencieuse mais qui dérape facilement : situations incongrues, double-sens verbaux, effets vocaux contrastés (le micro doit s'y prêter !), décalages, gestuelle appuyée, changements rapides de mimiques. Nous n'avions pas un instant de répit. Soucieuse de partager, Annabelle sollicite avec sérieux un responsable des étiquettes, un responsable du trépied, un responsable du « trou » (sic : voir le spectacle !), et même un responsable des vêtements, car elle a très chaud… et enlève quelques épaisseurs. Attentive à l'épanouissement corporel de ses élèves, elle nous livre ses expériences d'ouverture de chakras, sans y voir malice. Directive et idéaliste, elle nous fait "pousser des mains" au bout de la voix en nous faisant chanter « si toutes les voix du monde pouvaient se donner la main... ». Sans craindre le ridicule, elle empoigne une guitare électrique et nous fait une démonstration déjantée hilarante. Toute à ce qu'elle dit, elle ne cesse de remonter sa culotte en pinçant sa jupe, ce qui remonte et coince la dite jupe toujours un peu plus, dévoilant un « panty » du plus bel effet. De sa tenue de scène, seules les boucles savamment agencées restent stables sous la laque. 

 Le visage d'Annabelle Froment est totalement composé pour le rôle, et s'efface une fois le public dispersé. Babeth Joinet a un autre visage. Est-ce le jeu du regard, d'une tension musculaire particulière, le jeu du clown sans maquillage ?

 

Babeth Joinet a l'œil à tout, l'oreille aux aguets, toujours en interaction avec son public et intégrant dans son jeu des évènements fortuits. Dans un style complètement déjanté, elle réussit ici à mobiliser des gens qui sont juste là pour « assister » à un spectacle et elle les amène à se donner eux-mêmes en spectacle. Ce mélange provoque un drôle d'effet de "jeu dans le jeu". Il arrive même que certains spectateurs prolongent le spectacle en demandant les lieux et dates de la seconde répétition !

 

Cette chorale est à conseiller à tous ceux qui, dans les  villages et les villes, sont soucieux de maintenir une juste concentration d'humour et de bonne humeur... et puis aussi pour les chakras ! 

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 16:35

hilaretto_mon-violon-sapelle-raymond.jpgSpectacle de la compagnie Hilaretto (62), vu au Palace lors du festival Off d'Avignon 2012.

 

Interprètes : Kordian Heretynski, Pierre-Damien Fitzner
Mise en scène : Bernard Debreyne

Durée : 1h15 

Tout public à partir de 7 ans

 

VIVANT2-toiles-3.jpg

Le titre, déjà, interpelle… mais, lorsqu’on entre en salle on est surpris de trouver sur scène, outre le violon annoncé, un piano et une guitare. Arrivent les deux musiciens, Kordian (le violoniste) et Jean-Claude (le pianiste) qui s’installent et commencent à jouer. Tout cela a l’air sérieux, bien que la tenue du violoniste…. outre sa coiffure « en pétard », il est habillé tout de noir, sauf la cravate et les boots style "Doc Martens" jaunes.

 

Rapidement les choses vont déraper. Le très sérieux pianiste va se retrouver, sans que l’on sache vraiment pourquoi et comment, en slip rouge, bas résille et porte jarretelles. Le violoniste arbore successivement des déguisements plus extravagants les uns que les autres (en cotte de maille, en chimiste déjanté, en bonne sœur…) suivant les registres musicaux abordés. De la musique classique aux reprises revisitées, de façon plus ou moins incongrue, de succès du répertoire français (Julien Clerc, Richard Claydermann, Serge Gainsbourg, Nicoletta, etc.) ou américain (Ben E.King, Michael Jackson), les tableaux se succèdent, tous genres confondus. Evidemment, le sketch le  plus improbable est celui où Kordian (en soutane) marie Raymond (le violon personnifié) avec Monique (la guitare) sur un pastiche de la chanson Mamy Blue !

 

Qualifié de déliro-surréaliste, ce spectacle est, en effet, totalement dézingué, et il est parfois difficile de suivre le fil conducteur. Amener les publics vers la musique (au sens large) par l’humour et la dérision est un objectif louable, mais je trouve dommage que l’on n’ait que trop peu l’occasion d’apprécier le talent de l’artiste (formé tout de même au CNSM de Paris) qui s’égare un peu dans ce délire…  Quant au violon, il a parlé certes, mais semble ne plus parler, et on attend  en vain des précisions sur ce phénomène. Enfin, est il indispensable que le spectacle s’achève avec l’incursion dans le public  d’un Kordian en maillot de bain (féminin) rouge, genre Alerte à Malibu, qui tente un massage cardiaque sur Raymond moribond ? Certains spectateurs, désorientés et sceptiques, ne garderont malheureusement que ce souvenir. Jusque là, j’avais personnellement trouvé la prestation déconcertante certes, mais plutôt intéressante, même si l’impression générale est celle d’une pantalonnade qui, j’en conviens, peut ne pas plaire, voire franchement déplaire. C’est tout ou rien !           

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 12:08

Les-desaxes_sea-sax---fun.jpgSpectacle de la compagnie Les Désaxés (93), vu au Collège de la Salle lors du festival Off d'Avignon 2012.

 

Conception et interprétation : Samuel Maingaud, Michel Oberli, Guy Rebreyend, Frédéric Saumagne

Mise en scène et conception Philippe Martz

 

Genre : humour musical

Durée : 1h20

Tout public à partir de 6 ans

 

VIVANT-3-COEURS-5.jpgLa salle est comble et, depuis plusieurs jours déjà, il est difficile d’avoir des places. Il faut dire que l’équipe des Désaxés, ce n’est pas n’importe qui !! Les quatre saxophonistes sont tous des médaillés d’or et/ou premiers prix de conservatoires, lauréats de concours internationaux, etc, etc. Mais ils sont aussi d’excellents chanteurs, mimes, clowns et comédiens. Quant à leur metteur en scène, il suffit de savoir qu’il a été formé initialement à l’Actors Studio, puis avec Jacques Lecoq, Michel Dallaire, qu’il a fondé BP Zoom, qu’il a travaillé avec les clowns russes de Licedei, qu’il accompagne nombre d’acteurs ou danseurs de renom, et l’on comprend ainsi d’où vient le style de ce spectacle créé en 2011 qui, comme les autres spectacles de la compagnie, tourne dans le monde entier.

 

Le spectacle se déroule sur le pont d’un bateau, habilement suggéré par un long « bastingage » en fond de scène, quelques coffres, un mat, une voile, des lanternes de brume, hublots, bouées de sauvetage, sacs marins et divers autres objets disséminés… L’ambiance est créée, renforcée par des éclairages et environnements sonore à propos, en fonction des différentes situations.

 Quatre individus qui ne parlent pas la même langue se retrouvent là, mais ils vont devoir trouver le moyen de communiquer. A vrai dire, ils sont embarqués dans la même galère et n’ont pas vraiment le choix. Heureusement, ils ont en commun leur passion pour la musique et leur instrument : le saxophone. Ils apprennent à se supporter et à s’apprivoiser autour des musiques typiques de leurs pays (Allemagne, Russie, Italie, France), et nous embarquent dans un incroyable voyage imaginaire au gré des caps jazz, reggae, classique, chanson française... Tous les styles sont revisités et mis en scène à la sauce « Désaxés », jusqu’à faire de la musique avec tout et n’importe quoi. 

Les déguisements improbables se succèdent, des poissons géants traversent la scène en volant (les saxophones aussi se mettent à voler !), des masques africains sortent d’on ne sait où….  Les saxophones deviennent des cornes de taureaux et font même des bébés saxo ! 

Bref, c’est un spectacle dézingué, une cour de récréation avec de grands enfants qui s’en donnent à cœur joie, et nous communiquent ce simple bonheur de rire et de s’amuser.  Il faut le voir pour le croire... aussi, consultez les dates de tournée sur le site de la compagnie et, s’ils se produisent près de chez vous, n’hésitez pas un instant. Faites vous plaisir en famille, vous ne le regretterez pas ! 

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 20:15

atelier-de-la-pierre-blanche_ubu-roi.jpgPièce d'Alfred Jarry, adaptée par l'Atelier de la Pierre Blanche (Lambesc, 13), vue le 21 Juillet 2012  à l'espace Jean-Baptiste Niel (en plein air) dans le cadre du 47è festival des Nuits de l'Enclave (Valréas - 84).

  

Avec :  Frédéric Richaud, Roland Peyron, Raphaël France-Kullman, Nathalie Nowicki, Michèle Sebastia et Bryce Quétel

Direction artistique : Gilbert Barba

Scénographie: Gilbert Barba, Bryce Quétel, JF Piccardi

Musique : Jean-François Piccardi (création et interprétation) et Elysabeth Meunier (interprétation)

Costumes : Fabienne Varoutsikos

Masques et marionnettes : Judith Dubois

 

Genre : Théâtre et marionnettes

Tout public à partir de 10 ans

Durée : 1h20

 VIVANT-3-COEURS-5.jpg 

Cette satire du pouvoir, écrite par Alfred Jarry en 1898, n'est pas du tout anodine pour un spectateur du XXIè siècle. Mère Ubu, manipulatrice, cruelle et cupide, assistée de l'ambitieux Capitaine Bordure, pousse Père Ubu à assassiner le roi Venceslas, la reine et leurs héritiers pour usurper le trône. Père Ubu, stupide, goinfre et méchant, pourrait alors, une fois roi, réaliser des rêves dérisoires. Affaire faite, Ubu règne en tyran sanguinaire, encouragé par Mère Ubu. Ce couple infernal sera finalement vaincu et fuira en poursuivant ailleurs les mêmes ambitions. Ce vrai drame shakespearien reste malgré tout dans le registre comique : les personnages sont grotesques, les dialogues absurdes et les situations satiriques. Jarry avait conçu la pièce pour des marionnettes, et Gilbert Bara a tenu à relever ce défi de manière magistrale.

 

Comment, sans le trahir, parler de ce spectacle éblouissant, à la fois complexe et épuré ?

On découvre au premier coup d'oeil une scénographie surprenante. Côté cour, de grandes « marmites » en fer blanc (les « steel drums » de la Cie Courants d'Airs). Rien d'autre. En fond de scène, un rideau noir occupé en son milieu par un rideau rouge à l'italienne. Plus haut, et sans doute en fond de coulisses, un autre rideau noir : on devinera qu'il masque un praticable surélevé qui servira à la fois de balcon solennel pour les acteurs et de castelet pour des marionnettes. Arrivent les musiciens avec costumes et têtes de marionnettes. Le ton est donné.

 

Le spectacle commence et nous surprend en associant comédiens-marionnettes et véritables marionnettes... en effet, chaque comédien a une tête de marionnette que Judith Dubois a façonnée à partir d'une cagoule en lycra sur laquelle elle a fixé des éléments en mousse sculptée. Par l'agencement des volumes chaque masque exprime l'essentiel d'un rôle avec l'étrange fixité des visages de marionnettes : goinfrerie et bêtise pour Père Ubu, dignité pour la reine Rosemonde… Les costumes de Fabienne Varoutsikos, traduisent eux aussi l'essentiel : Mère Ubu, silhouette sèche (jouée par un homme), apparaît d'emblée ambiguë en mégère manipulatrice avec son costume alliant le féminin et le masculin.

Les gestes sont expressifs, un peu rigides, géométriques parfois, et les voix résument chaque personnage (aigre, solennelle, grossière, compassée etc). A eux six, les comédiens de la troupe interprètent pas loin d'une vingtaine de rôles. Impossible de s'en rendre compte et, au début, on s'interroge : le programme ne mentionne pas tant de monde... seuls Frédéric Richaud (Père Ubu) et Roland Peyron (Mère Ubu) se limitent à un personnage. Au rythme où progresse l'intrigue, on imagine un vrai ballet-spectacle dans les coulisses !

 

Plusieurs épisodes mettent en scène de véritables marionnettes (à doigt, silhouettes ou têtes modelées) et produisent des effets surprenants. Ainsi, quand arrivent 4 acteurs  avec chacun une grosse tête de marionnette sur la main droite tendue, on veut bien voir 8 personnages… Quand les magistrats (petites marionnettes avançant en file indienne tout en haut, sur le plan du castelet) se font décapiter par un Ubu énorme, la scène est d'un tragique absolu.

Le rideau rouge aussi est un personnage. Il arrive qu'il prenne vie, agité de soubresauts ou semblant parler, et c'est d'un bel effet comique. Parfois ses deux pans s'écartent, nous laissant deviner un autre espace. Ainsi, pour la scène de guerre, il se découpe comme une fenêtre par laquelle nous voyons défiler Ubu à la tête de soldats martiaux, puis moins fringuants à chaque passage, et finalement battant en retraite complètement lessivés. La salle explose de rire.

 

La musique ponctue le texte et les jeux de scène, évoque émotions, éloquence, plainte, cruauté, protestations ou humour. Elle crée aussi de manière astucieuse des changements de scènes. Jarry avait prévu un grand nombre de scènes et de décors. Ici, Gilbert Barba nous fait passer de manière fluide d'une scène à l'autre en se servant de la musique, de l'éclairage, du rideau rouge, des différents niveaux de plateaux. Quelques éléments de décors mobiles matérialisent certaines scènes, et disparaissent aussi vite qu'ils sont apparus. Ce spectacle donne simultanément une impression de foisonnement intense et d'harmonie, on ressent une véritable cohésion de l'ensemble.

 

Les répétitions ont fonctionné comme un collectif de création au service du projet initial : tous ensemble (metteur en scène et interprètes) ont effectué des coupures dans le texte original afin de resserrer l'action. JF Piccardi a écrit la musique au fur et à mesure des répétitions. Judith Dubois confectionnait les masques et faisait les essayages pendant les répétitions, modifiant et remodelant selon l'effet recherché.

Nous avons été enthousiasmés devant l'aboutissement artistique d'une mise en scène si brillante, et par les diverses interprétations sans failles au service d'un texte resserré. J'ai découvert la puissance d'expression des marionnettes qui, nous privant du jeu nuancé des comédiens, nous emportent dans un monde en apparence schématisé, et  pourtant porteur d'émotions profondes et de réflexions sur la portée de comportements quotidiens. Un spectacle à voir, absolument.

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