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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

4 juillet 2021 7 04 /07 /juillet /2021 23:21
Théâtre du Rond-Point

Théâtre du Rond-Point

Le cirque invisible

 

Un spectacle produit par Karavane Productions (75) revu le 3 juillet 2021  au Théâtre du Rond-Point.

 

Création: Victoria Chaplin, Jean-Baptiste Thierrée

Comédiens : Victoria Chaplin, Jean-Baptiste Thierrée

Genre : cirque, danse, magie

Public : tout public

Durée : officiellement 1H15

 

 

Le pire, c’est que je ne l’ai jamais chroniqué ! Pourtant, en 12 ans, c’est bien la cinquième ou la sixième fois que je le vois. Mais quel est donc ce spectacle qui peut se prévaloir d’une telle pérennité et d’un tel pouvoir d’attraction : L’inénarrable  « cirque invisible »de Jean-Baptiste Thierrée et de Victoria Chaplin ?

Depuis la dernière fois que je l’ai vu (5 ou 6 ans), le spectacle a beaucoup évolué même si la structure reste inchangée. Sur une vague piste de cirque, les numéros de clown  de monsieur alternent avec les tableaux de transformisme de Madame. Monsieur multiplie les facéties et brille dans l’art de l’absurde pour nous suggérer un cirque qui n’est pas. Madame époustoufle par la poésie de son imaginaire qui fait naître des animaux féériques. Monsieur prend à témoin le public. Madame danse avec grâce et se pare en silence.

Avec le temps, certains numéros ont disparu (Madame en fildefériste ; Monsieur et sa ribambelle de poissons) tandis que de nouveaux s’insèrent naturellement tel l’émeu rouge qui picore les reliefs des bêtises de monsieur.

Le « cirque invisible », nouvelle mouture, est toujours aussi beau et toujours aussi drôle. Le public ovationne. A chaque salve d’applaudissements répondent des bis qui prolongent encore un peu la magie. Assurément, le « cirque invisible » est une anthologie du cirque.

 

Catherine Wolff

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26 juin 2021 6 26 /06 /juin /2021 15:25

 

Produit par la Compagnie des 100 têtes (30), vu au Théâtre de l'Optimist, 50 rue Guillaume Puy à Avignon le 24 juin 2021 à 14h. Avant-première dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet.

Texte : d’après Molière

Mise en scène : Grégoire Aubert

Comédiennes : Anaïs Khaizourane , Sophie Millon , Théodora Carla

Public : tout public

Genre : Théâtre

Durée : 1h20

Adapté pour 3 comédiennes (exceptionnelles), le Tartuffe de Molière mis en scène par Grégoire Aubert n'a rien perdu de sa critique sociétale, ô combien actuelle, et y gagne en humour et en trouvailles musicales.

Avez-vous déjà entendu Tartuffe conter fleurette à la femme d'Orgon alors que celle-ci lui chante « Paroles, paroles, paroles... » de Dalida ?  L'entreprise, périlleuse s'il en est, est terriblement convaincante, tant le ton est enjoué, tonique et dans le plus pur respect du texte intégral de Jean-Baptiste Poquelin...Dans une foison de ruptures de ton et de style, la pièce insiste sur le jeu de femmes féministes avant l'heure.

C'est souvent drôle, bien adapté musicalement et remarquablement interprété par 3 comédiennes de talent. N'hésitez pas à revoir vos classiques !

Evelyne Karam

 

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26 juin 2021 6 26 /06 /juin /2021 14:02

Spectacle de la Compagnie Imagistoires / Pépito Matéo, production déléguée du Centre de Production des Paroles Contemporaines (35) vu au théâtre L'Artéphile à Avignon le vendredi 18 juin 2021.

Texte : Pépito Matéo

Comédien : Pépito Matéo

Public: tout public

Genre : Conte solo théâtral

Durée : 1h15

L’univers de Pépito Matéo est un grand chaudron dans lequel mijotent les difficultés de la grammaire française, l'ambigüité des mots et les malentendus, mais aussi les à-priori sur la peur de l'étranger, née de l'incompréhension du langage de l'autre. Sa conférence-leçon de choses est aussi un témoignage sensible sur l’humanité et ses différences. Pépito nous embarque sur une piste de ski où un imbroglio va nous faire découvrir...un lieu de rétention administrative, propre à toutes les découvertes linguistiques ! Et confronter Pépito à ses souvenirs d'enfance.

Nous revisitons avec lui notre façon de convoquer le quotidien de façon poético-politique en découvrant, grâce à ceux que nous nommons « les étrangers », des choses auxquelles nous ne faisons plus attention.

En toute complicité avec son public, Pépito nous régale de paroles saisies sur le vif, de petits contes à brûle-pourpoint et de récits de vie aussi drôles qu'émouvants.

C'est toujours drôle, même quand ça pique un peu, c'est une belle leçon d'humanité.

 

Evelyne Karam

 

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15 juin 2021 2 15 /06 /juin /2021 22:30
Points communs

Points communs

Olympicorama, le handball

 

Un spectacle produit par la Compagnie Vertical Détour (93) vu le 14 juin 2021  à la Villette.

 

Texte : Frédéric Ferrer

Comédiens : Frédéric Ferrer

Genre : Conférence gesticulée

Public : tout public

Durée : officiellement 1H30 (mais 2H ce soir)

 

 

Et de trois ! 3 sur 5 : pas mal pour une non-adepte revendiquée du sport mais qui peu à peu convertit ses amis à cette extraordinaire discipline. Et finalement grâce au Covid, je vais finir par participer à l’intégrale. Mais de quoi s’agit-il, diantre ? D’ « Olympicorama » de Frédéric Ferrer et de son projet un peu fou de présenter en vue des JO de 2024, 4 disciplines olympiques par saison théâtrale (une date unique à chaque fois) jusqu’au début de l’évènement sportif. Après « le 100m » et le « marathon » (chroniqués), Frédéric Ferrer nous invite ce soir à découvrir les subtilités du handball.

 

-Le dispositif de base est le même, le décor itou. A cour, un pupitre avec ordinateur pour la conférence gesticulée. A jardin, un coin interviewe pour l’accueil, en seconde partie, d’un sportif de haut niveau, spécialiste de la discipline. En fond de scène, un écran.

- Sonorisé, Frédéric Ferrer entreprend sa conférence. La crise sanitaire ayant fortement perturbé le planning du projet, il commence par rappeler aux néophytes (une moitié de salle) le cadre de sa démarche. Un historique de l’Olympisme annonce la couleur. « L’Olympisme comme miroir du monde », cette jolie formule pourrait être la marque de fabrique de Frédéric Ferrer : une alliance magique d’érudition, de pensées sur le monde et d’absurde.

En 45 minutes chrono, Frédéric Ferrer nous raconte la genèse du handball, sa compromission avec le nazisme, ses règles revisitées pour en tourner la page, sa complexité. Voilà pour le côté docte. Mais Frédéric Ferrer est un vulgarisateur hors pair et un homme de théâtre. La partie scientifique est donc « enrobée » de tout un dispositif : le fameux powerpoint d’abord sans lequel notre professeur tournesol ne saurait étayer sa démonstration ! Chaque propos est illustré de façon obsessionnelle au cas où, par exemple, nous ne saurions à quoi ressemble un chat ou une vache. Tiens d’ailleurs, le saviez-vous : « un ballon, c’est un chat dans une vache ». Je vous laisse résoudre l’énigme démêlée par Frédéric Ferrer au gré d’une de ses innombrables digressions.

Les digressions sont le deuxième procédé théâtral. Plus drôles les unes que les autres, elles ne sont jamais gratuites mais permettent au contraire de faire le tour de la question jusque dans ses ramifications les plus politiquement incorrectes. C’est ainsi que Pierre de Coubertin en prend sérieusement pour son grade : à défaut de concurrent, Monsieur s’est auto-médaillé d’or dans la catégorie littérature, sous pseudo allemand (en 1912), et par la plume négrière de sa femme. Bonjour l’esprit olympique !

Il n’en n’est pas de même pour les invités du soir, Bertrand Gille et Laurent Meunier, au palmarès impressionnant. Très posés et très pédagogues, ils explicitent, images d’archives à l’appui, les subtilités d’un sport de feinte que je n’aurais jamais imaginé si stratégique. Frédéric Ferrer se prête courageusement au jeu en qualité de goal ; on rit de bonne grâce à ses dépens mais la démonstration est imparable.

 

-Après les 100 m et le marathon, je m’étais promis de revenir combler mes lacunes dans le domaine sportif. Une fois encore, le spectacle était à la hauteur de mes attentes. Mieux, mes amis m’ont décerné les lauriers du meilleur choix de spectacle. Le sport en salle ( !), avec Frédéric Ferrer, c’est facile !

 

Catherine Wolff

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13 juin 2021 7 13 /06 /juin /2021 11:05

Avignon OFF 2021 : Théâtre de l'Adresse à Avignon à 11h15 ! (Antigone tous les jours et Relâches les Lundis avec Oedipe).

Spectacle "Rhapsode" en deux épisodes (Oedipe et Antigone) produit par la Cie TDP (34) vu à la Butte du Château de Pézenas le 10 juin 2021.

Mise en scène : Eglantine Jouve et Patrice Cuvelier

Comédiens :

épisode 1 : Sébastien Portier (récit) et Matia Levrero (guitare) puis épisode 2 : Eglantine Jouve (récit) et Elisa Vellia (harpe)

Régie : Nicolas Durand, Gabriel Bosc (en alternance)

Genre : Récit vivant et Musique

Public : Tout public, à partir de 11 ans

Durée : 1H05 et 1H15

J'ai assisté aux représentations en plein air. C'était le cadre parfait pour revivre les aventures incroyables de la famille des Labdacides. Oedipe, fils de Laïos et  de Jocaste, père d'Antigone, incarné ici par Sébastien Portier.

Episode 1 : Oedipe

https://image.over-blog.com/Ew96P3wa9x9KQTL5ZWqhy4c25JM=/filters:no_upscale()/image%2F1435974%2F20210618%2Fob_4dec2d_oedipe.jpg

Il est grand temps de redécouvrir l'histoire de l'homme qui "tuera son père et enfantera sa mère" écrite par l'un des trois grands hommes de Théâtre Antique, Sophocle. Bien que je connaisse le mythe, le redécouvrir ainsi m'a enchantée.  La guitare de Matia Levrero donne du rythme au récit et rend même la fatalité plus douce. J'ai vraiment apprécié l'incarnation d'Oedipe par Sebastien Portier. Il allie naturel et spontanéité et se donne totalement pour porter haut l'histoire d'un Oedipe qui parvient à se frayer sa voie dans une vie toute tracée. On est transporté pendant 1H grâce à sa belle énergie qui reste assurée du début à la fin.

Episode 2 : Antigone 

https://image.over-blog.com/UCLx51aUANHSnNSX7_hzrNJYh28=/filters:no_upscale()/image%2F1435974%2F20210618%2Fob_0b0d4b_antigone-1-171.jpg

L'arrivée d'Antigone apporte un nouvel élan à la pièce. Elle est une flamme allumée par son père. C'est une femme vaillante que l'on voit danser, chanter, se battre et tenter d'apaiser l'impossible : la rancœur que ses deux frères nourrissent l'un pour l'autre. On reconnaît l'Antigone de Jean Anouilh dans sa détermination et sa bravoure toutes modernes. Mais elle tient aussi de la Grèce Antique grâce à des éléments plus telluriques comme le sable qu'elle sème, à ses danses en apesanteur et aux chants accompagnés de harpe. C'est une femme à la fois en lutte contre la fatalité et en acceptation totale des événements qui vit devant nos yeux, et c'est ici qu'est tout l'enjeu de la pièce pour moi.

Aussi bien pour Oedipe que pour Antigone, le décor est simple : 2 chaises, un peu de matériel musical, un sac et une gamelle ; pas plus. La pièce peut être jouée en extérieur comme en intérieur.

Ce fut un plaisir de découvrir ces comédien.ne.s et musicien.ne.s en cette belle matinée et je vous recommande d'en faire autant pour vous remémorer les grands mythes grecs avec douceur !

 Anouk F.

 

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10 juin 2021 4 10 /06 /juin /2021 23:03
Le Souper

Spectacle produit par la Cie "Miroir et Métaphore"(75), vu au Théâtre de Verdure à Pézenas le 10 juin 2021.

 

Texte : Jean Claude Brisville

Mise en scène et comédiens : Daniel Mesguich et William Mesguich 

Genre : Historique,

Public : Tout public 

Durée : 1h15

 

C'est le retour de la chaleur estivale. Nous sommes en plein air et un coq ne manquera pas de nous le rappeler. A cause de la Covid, le théâtre me paraît loin. Qu'importe, il faut s'y replonger !

C'est un face à face entre Mr. Fouché - le Duc et Sénateur qui souhaite une République - et Mr. Talleyrand - Seigneur à la jambe en fer - qui veut la Restauration. A l'entrée du château : le peuple qui gronde. Un orage tonitruant intervient par moments pour saccader le Souper et nous rappeler la présence du peuple. A table : deux ennemis dépendants l'un de l'autre qui ont "deux heures pour trouver un Régime à la France".

Avec sa mise en scène et ses costumes d'époque (1800), "Le Souper" s'annonce historique : chandeliers, plats luxueux couverts d'un dôme, tableaux dans leur cadre doré, maquillage, flanelle blanche pour Talleyrand et veste noire à queue pour Fouché.

Petit à petit, le « Souper » se politise : On parle de l'insolence du peuple à l'égard du pouvoir, de ce peuple qu'on n'écoute pas, qu'on jette en prison. Cela me rappelle le débat ouvert ces derniers jours sur la violence politique après la gifle reçue par Macron*.

Le ton est "théâtral", les mots se répandent en suspens dans l'atmosphère, c'est doux et ça nous ferait presque oublier la politique. Je me prends au jeu lentement mais sûrement et la pièce agit sur moi. Je finis par m'identifier à cette histoire d'une autre époque, à me sentir concernée et touchée par la tournure de l'Histoire, décidée par deux hommes blancs, au sortir d'un Souper.

Un très beau retour au théâtre ! 

 

Vous trouverez un savoureux avant-goût ici : (Bande Annonce du Souper)  https://youtu.be/kdv8i3WjEnw

 

*Note : Condamnation de Damien Tarel : 18 mois de prison (dont 4 fermes) pour avoir giflé Macron, Juin 2021. 

 

Anouk F.

 

 

 

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23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 23:55
Plexus Polaire

 

Moby Dick

 

 

Un spectacle produit par la compagnie « Plexus Polaire » (89) et vu au Montfort le 21 mai 2021.

 

Mise en scène : Yngvild Aspeli

Comédiens et marionnettistes : Pierre Déverine (en alternance avec Alexandre Pallu), Sarah Lascar, Daniel Collados, Alice Chéné, Victor Lukawski, Maja Kunsic et Andreu Martinez Costa.

Musique : Guro Skumsnes Moe, Ane Marthe Sørlien Holen et Havard Skaset

Fabrication marionnettes : Polina Borisova, Yngvild Aspeli, Manon Dublanc, Sébastien Puech, Elise Nicod

Scénographie : Elisabeth Holager Lund

Genre : marionnettes

Public : tout public à partir de 14 ans

Durée : 1H30

 

 

Le retour en salle n’a fait que confirmer le manque cruel de spectacles pendant un an. Le public était à l’unisson de ce ressenti. Avec les mesures sanitaires, les places sont chères. Aussi, j’accepte quasiment toutes les invitations, même pour de la marionnette. Pourtant, à priori, ce n’est pas ma tasse de thé. Le « Moby Dick » de la compagnie Plexus Polaire aura changé durablement mon regard sur cet art.

Porter « Moby Dick » sur les planches, c’est s’attaquer à du lourd et pourtant, la compagnie du Plexus Polaire a su relever tous les défis :

-Défi de résumer en 1H30 un pavé de plus de mille pages.

-Défi de faire entendre la portée philosophique et écologique avant l’heure du roman.

-Défi de représenter un univers marin et de rendre compte, sur scène de la démesure entre l’homme et l’océan ; entre l’homme et le cachalot.

-Défi, enfin, de relever cette gageure par la marionnette.

 

-Cette réussite tient d’abord à la scénographie qui sait transformer un antre de cachalot en nef de vaisseau modulable. En fond de scène, ce praticable est entouré, à cour et à jardin, par trois musiciens (basse et chant, contrebasse et chant, percutions, bruitages et chant) tandis qu’une projection de lumière dessinent les flots. C’est dans cet univers qu’évoluent les marionnettes d’échelles différentes. Quand certaines sont géantes et d’autres minuscules, la plupart sont à taille humaine et d’un réalisme si troublant qu’il est difficile de distinguer l’homme  de la créature. L’articulation des mâchoires contribue largement à cette ambiguïté tant la marionnette mime le langage parlé mieux qu’en VOST.FR. La manipulation est virtuose et la lumière, admirablement dosée, estompe la plupart du temps les 6 manipulateurs. La musique live, les bruitages, les fumigènes et parfois une allemande ondulante parachèvent l’illusion.

-Ma seule réserve concerne le récitant qui ne m’a pas convaincu et dont on regrette qu’il s’exprime en français alors que les autres comédiens-manipulateurs parlent un très bel anglais (sur-titré).

 

-« Moby Dick » de la compagnie Plexus Polaire est une fête des sens et de l’intelligence. C’est la magie d’un spectacle total. A ne manquer sous aucun prétexte.

 

Catherine Wolff

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17 avril 2021 6 17 /04 /avril /2021 09:50
Albatros
Albatros

Spectacle du collectif « Or Normes » (86),  vu au Théâtre de Nîmes le 15 avril 2021. Présentation réservée aux professionnels

 

Texte : Fabrice Melquiot

Mise en scène : Christelle Derré

Comédiens : Bertrand Farge/Eric Bergeonneau, Stéphane Godefroy, Camille Leriche, Anatole Decouvoux Du Buysson, des pigeons.

Genre : Théâtre tout public

Public : tout public à partir de 9 ans

Durée : 1H20

 

 

Je me sens à nouveau privilégiée d’entrer dans un théâtre et de quitter mon quotidien pour me laisser entraîner dans l’univers qui va m’être proposé. C’est le matin, la salle est presque vide puisque seuls les professionnels sont invités, mais dès le lever de rideau, je plonge !

 

 

Le décor est magique : des écrans rigides et transparents, sur plusieurs niveaux,  vont permettre tout au long du spectacle de projeter les univers graphiques des différentes scènes : immeubles, affiches publicitaires comme dans nos villes,  intérieurs des maisons, jardins, étangs, animaux….

L’univers sonore est aussi très présent et accompagnera les protagonistes, le récit et les émotions que nous allons vivre.

Tite Pièce et Casper, les deux héros d’Albatros, sont deux enfants de la rue. Ils ne se sentent bien ni dans leur famille, ni à l’école. Alors assis sur les trois marches d’un immeuble, ils observent les voitures noires et parient sur les costumes noirs qui en sortent : gangster, star ou homme politique ?

Puis l’histoire se construit autour des rencontres que vont faire les deux protagonistes. Notamment Casper qui va faire surgir le « Génie de l’huile de coude », génie de fin du monde puisqu’annonciateur d’un déluge et qui va intimer à Casper de sauver sur une barque sept personnes, pas une de plus.

Casper doit donc trouver sept grands hommes qui pourront perpétuer l’espèce, mais alors qui : des basketteurs ? Des scientifiques ? Ou bien son père et la mère de Tite Pièce qu’ils aiment malgré la violence qu’ils leur infligent ?

Et si tout le monde méritait d’être sauvé, parce qu’on est tous un jour quelqu’un de bien ? N’est-il pas finalement impossible de choisir ?

L’écriture  est finement ciselée, chaque phrase est une réplique que l’on voudrait retenir pour sa profondeur, sa justesse ou sa drôlerie.

L’univers surréaliste apporté par la dilatation des espaces et du temps, par les irruptions de personnages et de situations burlesques et cartoonesques très réussies, ne laisse aucun moment de vide au spectateur.

Les personnages sont attachants, émouvants avec  leurs faiblesses… et leurs forces qui se révéleront au gré des rencontres.

Pour moi, le tour de force se trouve dans d’intenses moments où le rire se mêle aux larmes. Texte, mise en scène, décors, costumes, musique se renforcent mutuellement pour amener ce bouillonnement d’émotions que je viens chercher au théâtre.

Les thèmes abordés sont forts : la violence des parents, la mort, la solitude, l’abandon, la misère, l’alcool, la futilité de la vie…

Bien sûr l’espoir est présent et le traitement burlesque aide à supporter.

Mais au bout du compte Tite Pièce se retrouve seule et ses larmes nous emportent, la violence faite aux enfants n’est pas édulcorée. La souffrance de Tite Pièce nous arrive en pleine face notamment par sa propension à se frapper la tête quand elle est triste et cela arrive plus d’une fois.

Je me suis donc questionnée sur l’âge minimum annoncé. L’auteur et la metteuse en scène font bien sûr le pari de l’intelligence des enfants, sur leur capacité à se questionner, à chercher des réponses et à  trouver les ressources en eux-mêmes pour y répondre, mais ce spectacle doit être accompagné par les adultes. Ils doivent se sentir prêts à répondre aux questions qui ne manqueront pas à la sortie de la salle par un échange avec les acteurs/metteuse en scène, les enseignants ou simplement parents/enfants.

Le collectif propose aussi de nombreux ateliers en amont.

Il ne faut pas hésiter à les contacter pour en parler avec eux, le spectacle a déjà été joué plusieurs fois et le retour d’expérience est donc intéressant avant de programmer.

 

Marie-Pierre HUSSON

 

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22 février 2021 1 22 /02 /février /2021 21:57

 

https://image.over-blog.com/Xz1X5KmMbPqaUQM_FeUbSB3Wm3Y=/filters:no_upscale()/image%2F1435974%2F20210222%2Fob_b5e722_vivant-2-etoiles.jpg

Présent au Festival OFF 2021, à l'Atypik Théâtre du 6 au 31 juillet 2021 à 13h.

Spectacle de la compagnie « Petit Déj» (13) vu le 25 octobre 2020 à 19h00 à L’Atypik Théâtre , dans le cadre de la première édition d’Indépendance(s), à l’occasion de la semaine d’art en Avignon.

Auteur : Michel Ycardent et Odile Husson

Comédiens : Michel Ycardent et Odile Husson

Musique : Gilbert Bécaud

Genre : Chanson 
Public : Tout public à partir de 14 ans 
Durée : 1H

Dans le cadre de la semaine de l’Art d’Avignon, j’avais promis d’aller voir un duo de chansons que j’avais rencontré via le net pendant le confinement. Curieuse idée de reprendre du Gilbert Becaud. Je me suis laissé tenter et j’ai assisté à un petit spectacle très humain.

Dans une salle quasiment vide (nous étions trois… pas facile pour eux), j’ai pu redécouvrir la version concoctée par Petit Déj du Monsieur 100.000 volts de la chanson. Sur scène, Michel Ycardent, au chant, à la guitare et au Yukulélé, accompagné d’Odile Husson, au piano et au chant, nous ont présenté un petit spectacle très touchant.

Mêlant grand tubes (« Mé qué mé qué », « Et maintenant, Nathalie »…) et chansons moins connues du répertoire, j’y ai trouvé un couple très complice, qui ne cherche pas à imiter, mais à jouer avec leurs personnages, lui plutôt rentre-dedans, façon poète bonimenteur ; elle effacée mais sans se faire oublier. A eux deux, ils nous transmettent de jolies émotions et jouent de leurs voix aux tessitures différentes : parfois grave et rocailleuse, parfois claire et volant dans les aiguës. Ils commentent et jouent avec ces textes multiples, joyeux, légers et forts (l’actualité toujours présente à travers la figure du bouc-émissaire du « gitan qui rie tout le temps » m'a particulièrement touchée). L'ensemble est porté par un swing musical simple et efficace qu’ils réinterprètent avec une belle énergie.

Un joli moment passé.

 

Eric Jalabert

 

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15 février 2021 1 15 /02 /février /2021 19:46
Le Puits
Le Puits

Spectacle de la Compagnie les Acolytes (31) vu au Théâtre la Colonne à Miramas en avant-première dans le cadre des rencontres professionnelles du festival les Elancées, le 13 février.

 

Ecriture et Mise en scène : Julien Scholl

Dramaturgie : Julien Scholl, Laurent Ziserman et Anne Vaglio

Jeu : Colline Caen (cadre aérien, comédienne), Nelson Caillard (acrobate), Serge Lazar (cadre aérien, comédien), Florence Peyrard (contorsionniste).

Genre : Cirque

Public : Tout public à partir de 10 ans

Durée : 1h

 

 

« C’est comme la vie : si on accepte notre puits, on arrive à avancer », dit  Julien Scholl.

Le puits, lieu du vide et de la chute, de l’enfermement et de l’envol, de la peur et de l’espoir, de la solitude, mais aussi celui des rencontres.

Un lieu hors du temps et de l’espace. Un mur de cinq mètres de haut aux parois infranchissables. Il fait sombre. Quatre personnages. On ne sait comment ils sont arrivés dans ce lieu symbolique. Ni comment ils vont en sortir. Au fond de ce puits, lieu de prise de conscience de soi et des autres, les acrobates inventent des solutions pour s'échapper, seuls ou à plusieurs.

Entre jeux de lumières et ambiances sonores, les quatre personnages se rencontrent et se séparent, au gré de leur solitude et de leurs rêves. Tous à la recherche d’un autre monde, du chemin de retour vers un chez- soi, ils vont se chercher et s’organiser face à l’espace, face à eux-mêmes, face aux autres.

Quelques rares paroles. Ce sont les corps qui s’expriment à travers les acrobaties et sondent les murailles personnelles et collectives, les rêves, les peurs et  les illusions.

 

Maren Scapol

 

 

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