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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Mode d'emploi...

Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 19:18

une-de-plus_theatre-de-la-greluche.jpgSpectacle de la compagnie "Une de Plus", vu à la 26eme édition du festival "Chalon dans la rue" (2012). 


Auteurs, comédiens, marionnettistes, scénographes : Eric Hervé, Guillaume Chave et Jean-Sebastien Richard.

 

 

VIVANT2-toiles-3.jpg

Durée : 50 min

Jauge : 300 personnes

Genre : marionnettes, théâtre (et chant ?)

Public : en famille (si, si)

Création 2012 - Version longue

 

 

Bienvenue au Théâtre de la Greluche qui présente ce soir, spécialement pour vous, son nouveau spectacle ! Sauf que ce spectacle a été préparé la veille par trois malfrats fraichements évadés de prison, et uniquement dans le but de récupérer l'argent d'un contrat de cession. En effet il se trouve que, pendant leur évasion, les compères ont subtilisé le combi wolkswagen d'une compagnie de marionnettistes avec, à l'intérieur, ce fameux contrat de cession pour venir jouer à Châlon, et tout le matériel nécessaire au spectacle...

 

Nous voilà donc face à un spectacle de marionnettes en castelet tout ce qu'il y aurait pu être d'ordinaire, sauf que les trois affreux n'ont pas du tout la fibre, tant artistique que relationnelle. Par contre, ils savent vendre de la drogue ou voler des sacs à mains ! D'ailleurs, on est vite fixés lorsque celui qui semble être la tête pensante de cet échantillon de Daltons passe entre les rangs pour vendre des barres chocolatées. Essayez donc d'en acheter une... c'est l'embrouille assurée ! Et si vous n'êtes pas intéressés, il vaudrait mieux que votre enfant ne soit pas assis au premier rang car il se pourrait bien que l'escroc tente de l'appâter. Outre ces apartés cocasses qui ponctuent sans cesse le spectacle, nos anti-héros s'attachent tout de même à nous présenter des interprétations toutes personnelles de contes pour enfants ou de films grand public, avec un incontestable manque de professionnalisme.

 

Un bon spectacle, largement subversif, qui rappelle les films de gangsters français où les personnages perdent toute sorte de crédibilité et en deviennent attachants. Cependant, j'ai eu parfois du mal à faire le lien entre les scènes (particulièrement lorsque le chef de la bande, dont c'est le rôle, s'évade...) et certains ressorts comiques sont un peu "gros", ou trops longs à mon goût... mais je n'en doute pas, ces trois gus sauront faire évoluer leur spectacle et affirmer sa mauvaise nature !

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 15:38

antoine-dumont_le-mur-du-son.jpgPerformance sonore et visuelle, vue et entendue lors de la 26eme édition du festival Chalon dans la Rue (2012).

 

Création et interpretation: Antoine Dumont et Baptiste Chatel 

Création technique : Nosoco

 

vivant-3-toiles-4.jpg

De nombreux objets ont atteri à Chalon par les voies du ciel cette année. En même temps que la météorite Jackie Star s'écrasait tous les soirs dans la cour du Carmel, un OVNI sonore s'était posé pour la semaine dans la cour de l'Ancienne Prison, diffusant des sonorités étranges. Invariablement attiré par les curiosités, le Mur du Son est le seul spectacle du programme officiel que je suis allé voir ou, du moins, que je n'ai pas râté... mais comment aurais-je pu râter ça ? Cette proposition pour le moins atypique fait directement référence, de part son esthétique post-apocalyptique et colorée, aux murs de sons que l'on peut trouver en free-parties : véritables totems-technos capables d'entrainer des centaines de personnes dans une seule et même transe...

 

Antoine Dumont et Baptiste Chatel nous proposent un peu le même concept, mais vont beaucoup plus loin dans l'expérimentation : ici point de piste de danse, mais plutôt des transats et des coussins... si on arrive assez tôt.

Lorsque commence le concert, on se demande pourquoi ce monsieur reste planté en haut de son escabeau, devant ce formidable bric-à-brac... puis on comprend. Cette performance n'est pas uniquement numérique (ou analogique ?), elle est aussi acoustique et visuelle. Car, au fur et à mesure que le son se développe, l'un des deux artiste (Antoine Dumont) s'emploi périodiquement à coller différents objets sur les membranes des enceintes avec du gaffeur (gros scotch très costaud), tandis que son acolyte active, ou non, chaque enceinte indépendamment des autres. Ainsi, le son prend une tout autre dimension. Il prend presque vie. Tout tremble, certains objets tombent, le son s'amplifie, se module, les enfants devant se bouchent les oreilles en rigolant. Puis ça redescend, Antoine revient fixer des cymbales avec du fil de fer de part et d'autre du mur, et c'est repartit pour un nouveau bouillonement de sons. Des micros déjà accrochés près des enceintes fournissent des saturations aléatoires. Nous sommes devant un laboratoire d'expérimentations dirigé par deux mécanos-fous du son. 

 

On peu regretter une légère impression de brouhaha certaines fois. Peut-être serait-il bon de pousser plus loin le travail sur le son que produit chaque objet posé sur chaque enceinte, afin de distinguer plus nettement chaque sonorité et donc jouer plus précisément avec celles-ci. Mais peut-être les artistes laissent-ils volontairement la place au hasard....

 

Une expérience singulière et tout à fait insolite pour un festival comme Chalon dans la Rue, qui titille chez nous de nouvelles perceptions et de nouvelles émotions. A voir et à entendre...

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 15:38

eric-soulard_la-contrebasse.jpgSpectacle de la compagnie Eric Soulard (73), vu au centre d'expression artistique La Salamandre lors du festival Off d'Avignon 2012.

 

Ecriture : Patrick Süskind

Adaptation musicale et interprétation : Eric Soulard

Mise en scène : Christelle Carlier

Durée : 1h30 

Tout public à partir de 10 ans

 

VIVANT-3-COEURS-5.jpgCe texte est le seul écrit par Süskind pour le théâtre.

J’en avais déjà  vu une adaptation avec un comédien seul en scène et sa contrebasse. Dans l’adaptation que nous propose Eric Soulard, le décor est plus fourni. Nous sommes dans la chambre d’un musicien, contrebassiste de « l’Orchestre National », un type  entre deux âges, solitaire. Il y a certes une contrebasse, mais aussi un piano, un lit, des chemises blanches suspendues le long du mur en fond de scène, un tourne disque avec sa pile de disques, un verre et une bouteille que le comédien se charge allègrement de vider  tout au long de la représentation. Le personnage s’adresse directement au public et entreprend un véritable cours sur la contrebasse, l’instrument le plus gros, le plus puissant de  ’orchestre, indispensable selon lui. Progressivement, nous découvrons la personnalité de cet individu qui vit à la fois une relation de passion et de haine avec son instrument de taille « envahissante » qui, lors des concerts, est géographiquement relégué en fond de scène, derrière tous les autres instruments. Malgré ce, il ne peut  passer inaperçu mais, paradoxalement, l'instrument cache l’instrumentiste aux yeux des autres… Il est ainsi lui-même invisible aux yeux de Sarah, jeune soprano qui vient d’intégrer l’orchestre, et dont il est secrètement amoureux.

 

C’est le  long monologue d’un homme introverti et névrosé, dont la vie est une succession de frustrations et d’échecs. Le propos, non dénué d’humour, dérive insensiblement, et toute  son amertume se concentre sur cet instrument responsable de tous ses maux. De l’instrument au compositeur, il n’y a qu’un pas… et le musicien se livre alors à la critique acerbe de plusieurs compositeurs des plus (re)connus et, pour étayer son argumentation, nous propose d’écouter quelques extraits d’œuvres classiques célèbres de Brahms, Wagner, Mozart, Schubert et autres…  De plus en plus vindicatif, il envisage de créer le scandale le soir même à l’opéra, en hurlant le nom de Sarah dès le début de la représentation de l’Or du Rhin.

 

La mise en scène de Christelle Carlier propose des « respirations » grâce aux intermèdes de « réhydratation » (!) du musicien, et ses compositions originales jouées au piano, de style plus jazzy, allègent le côté oppressant (d'ailleurs accentué par la toute petite salle au plafond bas dans laquelle nous nous trouvions) de cette inéluctable dérive vers la folie à laquelle nous assistons.

 

Eric Soulard, multi-instrumentiste, se révèle un excellent comédien qui a tenu son auditoire en haleine sans aucun temps mort, pendant ce long monologue de 90 minutes.

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 15:19

jackie-star_eliane.jpgSpectacle proposé par "Jackie Star & compagnie", vu lors de la 26eme édition du festival Chalon dans la Rue (2012).

 

Distribution : Diane Bonnot, Laurence Cools, Lula Hugot, Charlotte Saliou, Claire Vergos

 

Durée : 1h20

Public : Adultes et ados

Genre : Spectacle burlesque

VIVANT2-toiles-3.jpg

Une météorite s'est écrasée à Chalon tous les soirs du festival à 21h45. Qu'il vente ou qu'il pleuve (comme ce soir-là), il en sortait à chaque fois 5 créatures explosives, bourrées d'une énergie contenue si longtemps pendant leur voyage à travers l'espace...

 

Endossant à une vitesse folle les costumes de différents personnages tous plus excentriques les uns que les autres, ces demoiselles déchainées revisitent les différentes images de ce qu'on réunit à tord sous un seul sobriquet : La Femme. Elles ont assuré un five-woman show original et déluré... et parfois extrêmement bordélique. On rigole souvent mais, de temps en temps, on décroche devant cette joyeuse pagaille un peu destructurée. C'est dommage, car les innombrables références culturelles sur les personnages féminins (qui m'ont parfois fait défaut) et leurs confrontations mutuelles sont désopilantes, et souvent complètement absurdes. 

 

Un spectacle surprenant, qu'il vaut mieux venir voir sans a priori, mais aussi un bon moment du festival au regard du succès qu'il a rencontré.

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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 16:03

la-pepiniere_un-couple-presque-parfait.jpgSpectacle de la compagnie de la Pépinière (92), vu au Bourg Neuf lors du festival Off d'Avignon 2012.

Textes de Ribes, Tardieu, Obaldia, Courteline, Feydeau,…

Avec : Camille Bardery et David Bottet

Durée : 1h15

Tout public à partir de 10 ans

 

vivant-3-toiles-4.jpgJean arrrive sur scène en pleine conversation téléphonique avec  Jeanne, sa maîtresse, qui lui apprend que leurs bans de mariage sont publiés  dans le Figaro... Or, Jean vit avec Sophie qui est également sa partenaire de théâtre, et avec laquelle il présente une exploration de la vie du couple au long du XXème siècle, à travers des scènes issues de quelques écrivains de renom ayant traité du sujet. Jean doit absolument trouver le moyen d’annoncer à Sophie qu’il la quitte. Pour ce faire, il compte bien s’appuyer sur l’une des situations évoquées sur scène. La confrontation entre la réalité de la situation du couple et les bassesses, tromperies, cabotinages et autres lâchetés évoqués dans les scènes jouées témoigne de la difficulté de l’homme et de la femme à vivre ensemble !

 

Ce spectacle alliant théâtre et chant se déroule sur une scène nue, avec seulement deux chaises et un combiné téléphonique dans un coin. Les acteurs changent de costumes en fond de scène derrière des pendrillons, à cour et à jardin. Quelques trouvailles de mise en scène (l’épisode dans le pré) apportent une note burlesque au jeu impeccable des acteurs. Les scènes jouées du répertoire alternent avec les scènes « réelles » entre Jean et Sophie, et les intermèdes chantées (chansons de Jeanne Moreau, Yvette Guilbert, etc.) amènent de la fluidité et de la légèreté à un ensemble gai, divertissant et agrémenté d’une complicité réelle avec le public. Il est à souligner toutefois qu’il s’agit d’un spectacle qui tourne depuis 2009. Les comédiens le possèdent donc bien.

Reste qu’on peut se demander franchement "pourquoi ce brave Jean a eu besoin d’aller chercher une autre femme ?", compte tenu des avantages physiques de Sophie… Vous me direz que nous ne l’avons pas vue cette Jeanne et que, de toutes façons, la beauté ne fait pas tout… Ou alors était-ce parce-qu'elle était décidemment trop grande pour lui ??? Ah, ces hommes… ! 

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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 15:58

la-lune-dans-les-pieds_a-quoi-revent-les-fees.jpgSpectacle de la compagnie La Lune dans les Pieds (87) vu à la "Maison du théâtre pour enfants" lors du festival Off d'Avignon 2012. 

 

Ecriture et récit : Nathalie Thomas

Musique : Stracho Temelkovski

Durée  50 mn

Jeune public à partir de 6 ans

vivant-3-toiles-4.jpg 

La surprise ? Eh bien c’est  qu’il n’y avait pas de fée ! Encore que… 

 

Après l’installation du musicien sur l’espace scénique, la charmante Nathalie Thomas fait son apparition, tout de blanc vêtue, silhouette menue, la tête auréolée de cheveux méchés blonds. Le spectacle commence alors par une chanson, avant  qu’elle ne pose la question-titre du spectacle qui restera d’ailleurs sans réponse jusqu’à la fin…

 

A partir de contes traditionnels dont nous avons tous le souvenir, Nathalie Thomas créer ses propres versions en scène, accompagnée à la guitare par Stratcho qui crée l’ambiance avec ses musiques à consonance slave ou orientale, envoûtantes. 

Toutes les histoires de Nathalie naissent du ventre ou du cœur des femmes. Femme en mal d’enfant, qui pétrit la pâte et en fait un gâteau/enfant qui grandit à la cuisson dans le four. Mère du Petit Poucet qui demande à son mari de perdre ses enfants dans la forêt, et femme de l’ogre qui accueille Poucet et ses frères, les nourrit et les abrite en tentant de les soustraire à la voracité de son mari. Mère du Petit Chaperon rouge qui, étant malade,  envoie sa fille à sa place, porter des provisions à sa grand-mère. Belle mère de Blanche Neige qui veut la tuer pour être la plus belle… Certes, on retrouve des éléments de contes originaux (enfin... ceux qu’on nous a racontés et qu’on continue de raconter aux enfants), mais ces contes issus de traditions orales sont sujets à mutations... et croyez moi, Nathalie Thomas ne se prive pas d’y apporter sa contribution. C’est même parfois tendance « gore » ! Du coup, voilà le genre renouvelé, je dirais même « boosté ». Cela a semblé beaucoup plaire aux enfants présents. Ce n'était plus une conteuse que nous avions en face de nous, mais une magicienne (ou une fée ?) qui nous offrait un spectacle complet, alliant chant, musique, récit, et qui jouait avec un public conquis (et pas seulement les plus jeunes) mais frustré que le spectacle cesse déjà… 

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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 15:57

Collectif A.I.A.A. (31)

Théâtre – tout public – durée : 1h10 mn

  

Vu aux théâtre Notre dame à 21 h dans le cadre du festival Off d’Avignon 2012.

de et avec : Romain Louvet, Vincent Lahens 

VIVANT2-toiles-3.jpg

 

 

 

 

 

 

C’est le titre et le visuel qui m’ont donné envie de découvrir ce spectacle... Sur une petite scène nue, deux jeunes hommes viennent nous remercier de faire partie des 2% de français qui vont au théâtre au moins une fois par an. Chiffre un peu bas, mais l’idée est là. Aussi, après une petite escapade dans quelques tirades de classiques nous montrant toute la fragilité de l’artiste dramatique, sensible à une petite quinte de toux d’un spectateur, ils nous emmènent tous les deux au temple de la consommation urbaine : Ikéa. Ils nous ont prévenus, il y aura de la casse... et ils seront les "morceaux" et nous (le public) "la colle".  Car dans ce two-men-show surprenant, ces deux jeunes comédiens nous racontent avec humour (et une bonne dose de folie) les péripéties d’un bol Ikea (symbole de notre société de consommation et des travers de notre société) qui, dans un blues de mal-aimé, se suicide dans la cuisine, comme moults de ses semblables... 

 

Avec deux autres séquences tout aussi décalées (le triste destin d’un moustique amateur d’œuvres d’art, et le clan des souris braqueuses de frigo retranchées dans un monde hostile aux airs de celui imaginé par Art Spiegelman dans "Maus"), Romain Louvet et Vincent Lahens nous embarquent dans leur imaginaire avec un vrai talent de comédien, et ne nous lâchent plus. Ils sont tout à la fois : les hommes, les femmes, les objets, les morceaux… On y retrouve la fraîcheur du théâtre d’impro, travail à partir duquel ils ont construit ce spectacle. On y découvre une trame originale et de belles idées dans la construction et la narration, avec des apartés au public qui peuvent être parfois déconcertants... mais c’est rythmé et plein de vie, et il est certain que l’on ne regardera plus sa tasse à café de la même manière.

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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 08:52

sauce-aux-clowns_cabaret-dpapier.pngSpectacle de la compagnie "La Sauce aux Clowns", vu à l'Ecole du Spectateur (tous les jours à 10h10) lors du festival Off d'Avignon.

 

Interprète(s) : Ivan Ferré, Véronique Bourdon
Conseiller artistique : Stéphane Dupré
Régisseur : Pierre Azaïs

 

durée : 45min

Jeune public (dès 4 ans) et en famille

 

vivant-3-toiles-4.jpgUn clown Gaston et un autre Vénus évoluent dans un décor épuré. Un castelet noir occupe le centre du plateau...

 

Ces deux clowns plieurs de papier, marionnettistes, dompteurs d'origamis et magiciens (entre autres) m’ont émue par leur professionalisme, la qualité et la sincérité de leur travail. Leurs histoires, malicieuses et simples, sont accessibles aux plus petits, et leur grâce ne peut laisser les adultes indifférents. Ils embarquent donc petits et grands dans un univers gracieux, où poésie et beauté se confondent. Tout le monde est bouleversé par ce spectacle d'une esthétique rare, et leur jeu contemporain, d'une grande sensibilité, fait renaître le cirque traditionnel avec une priorité essentielle : faire rire ! Tous les enfants présents à cette scéance n'ont eu de cesse de s'esclaffer, d'applaudir et de participer.

 

Véronique Bourdon et Ivan ferré sont de grands professionnels, emplis d'amour pour leur métier de saltimbanque. Leur travail est porté à la perfection par la mise en scène de Stéphane Dupré (artiste, formateur et sculpeur formé chez Fratellini et qui a également participé à l'aventure "Archaos"), et par les décors, accessoires et la création lumière de Pierre Azaïs (musicien et comédien, mais aussi magicien par son rôle de technicien "trouve-tout"). Ces quatre talents alliés contribuent à l'excellence du spectacle !

 

Un pur moment de poésie et de créativité comme l'on en croise peu !

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 14:56

Spectacle de la compagnie Singulière, vu au square Chabas lors de la 26eme édition du festival Chalon dans la Rue (2012).

Mise en scène : Ch. Coumin

Avec : Th. Bodinier, M. Vienot et Ch. Boiveau.

Genre : Danse, Cirque, Théâtre

Durée : 1h30

Public : dès 10 ans

 

VIVANT-3-COEURS-5.jpg

Rares sont les spectacles qui vous transportent dès le début. Non seulement celui-ci y parvient, mais il vous tient également en haleine jusqu'à la fin grâce à une mise en scène audacieuse, à des danseurs et des artistes de cirque talentueux, et à beaucoup d'humour. Un vent de jeunesse salvateur souffle sur l'assistance et, à la fin du show, standing ovation ! Tout le monde est conquis. On a le sourire scotché.

 

On aimerait en dire plus mais ce serait comme raconter la fin d'un film que de parler des multiples rebondissements qui jalonnent ce spectacle. Quel fabuleux paradoxe, pour un journaliste, que de ne pouvoir trop en parler !

 

A conseiller à tous ceux qui ont des a priori sur la danse mais... chut ! Le plus simple est encore d'aller le voir.

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 14:55

Cie : Un pas de côté (75)

Théâtre – tout public – durée : 2 h.

Vu au Théâtre du Chêne Noir, à 11h30 dans le cadre du festival Off d’Avignon 2012

 

De et par : Nicolas Lambert

Création Musicale : Eric Chalon

Interprétation musical : Eric Chalon (Contrebasse) en alternance ave Hélène Billard (Violoncelle)

 

VIVANT-3-COEURS-5.jpg

 

Nicolas Lambert fait du théâtre d’utilité publique et propose une forme originale de théâtre documentaire qui fait son succès depuis 2004.

Après Elf la pompe Afrique, où il traite de l’implication de l’industrie pétrolière française en Afrique et de ses conséquences, il nous propose deux heures de spectacle autour du nucléaire.

Cela pourrait être austère mais c’est un grand bonheur.

 

Il commente, en préambule, les publicités pour EDF qu’il a entendu à la radio avec son équipe avant le spectacle. Cinquante millions par an, pour nous faire consommer de l’électricité nucléaire ? Et pareil pour AREVA, premier fournisseur français de centrales nucléaires... Pour consommer de l’uranium enrichi ?

C’est drôle, pertinent, informel et informatif.

Alors, pour nous, il nous raconte les réunions organisées par la commission nationale du débat public sur l’utilité et les modalités de la construction d’une seconde centrale nucléaire de type EPR. C’était il n’y a pas longtemps, en 2010. Il convoque sur la scène les protagonistes de ces réunions d’hier, et rebondit dans le temps, faisant ressurgir devant nous plus de 30 personnages retraçant la mise en place de ce fleuron français qu’est le nucléaire. C’est rythmé, drôle et mordant, et l’on y découvre, sidéré, comment l’engagement dans cette voie depuis les années cinquante, et toutes les décisions qui ont suivi, se sont faits en dehors de tout débat démocratique. Comment les attentats de 1985/1986 à Paris sont, en fait, les effets collatéraux du financement, par le Shah d'Iran, de la construction de la centrale de Tricastin qui produit 25% de l’uranium enrichi dans le monde. Des attentats qui se sont arrêtés dés lors qu’un premier remboursement de 300.000 dollars a été versé à l’Iran… de Khomeiny.

 

C'est bourré d’informations, traitées à partir de faits réels de notre histoire publique. On reste bouche bée et un peu sonné, alors même que l’on ne se faisait pas trop d’idées sur les compromissions possibles de nos gouvernants ,… on est groggy ! Heureusement c’est (aussi) drôle, permettant ainsi de nous libérer de cette fatale inquiétude qui nous envahit. Et les respirations proposées par la violoncelliste qui l’accompagne, tantôt visible, tantôt invisible, sont autant de pauses qui nous permettent de digérer tout cela. De souffler après avoir encaissé. Bref, c’est aussi un VRAI spectacle vivant réussi !

Du coup, ces deux heures passent très vite et nous enrichissent tellement que je ne peux que vous recommander de découvrir de toute urgence cet univers radieux qui nous attend.

 

A noter que ce spectacle fait écho à « la démocratie expliquée à mon député », un spectacle qui n’atteint pas la forme proposée par Nicolas Lambert mais qui, sur le fond, mérite qu’on le découvre et qu’on le soutienne particulièrement.

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