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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 21:23

Ada

Ada
Ada

Spectacle de la compagnie  les filles de Simone  (93) vu le 19 septembre 2020 au Théâtre du Rond-Point.

 

Texte : d’après « Ada ou la beauté du nombre » de Catherine Dufour

Collaboration artistique : Claire Frétel

Interprétation : Tiphaine Gentilleau

Genre : Lecture-performance

Public : Tout public à partir de 14 ans

Durée : 1H environ

 

Il est rare que j’assiste à une lecture. Mais covid aidant, il est fort difficile de réserver une place, les jauges étant extrêmement limitées. Après trois refus, c’est donc tout naturellement que je me suis tournée vers le Théâtre du Rond Point. Pour conjurer une hypothétique baisse de fréquentation, JM Ribes a organisé cet automne un festival de lectures au jardin. Pas de réservation. Juste attendre, donner ses coordonnées pour remonter un éventuel cluster, lavage de main, injonctions sanitaires par haut-parleur et le tour est joué !

Au programme du jour, la compagnie « les filles de Simone » dont je suis une inconditionnelle. Forte de leur notoriété, la jauge était pleine d’une majorité écrasante de femmes, plutôt d’âges mures mais pas que. Un public friand mais retoqué s’est groupé au-delà des grilles de la scène ouverte.

 

En guise de lecture, et sur la base du livre éponyme, Thiphaine Gentilleau  a entrepris de redonner ses lettres de noblesse à Ada Lovelace Byron, mathématicienne de talent, pionnière, à l’âge de 28 ans, en 1843, du premier code informatique et que  le système patriarcal, poussé à son paroxysme sous l’ère victorienne, a allégrement poussée aux oubliettes.

On retrouve dans la lecture ce qui fait le succès du collectif. Une dénonciation en règle du patriarcat et une déconstruction systématique de ses stéréotypes par un humour ravageur et toujours d’actualité. Ainsi, Ada est fille de Lord Byron. Et Tiphaine de nous expliquer que s’il n’est pas question ici de savoir s’il faut séparer l’homme de l’œuvre (car il faudrait des volumes entiers) il est néanmoins sûr que :

-« Si Byron est un poète de génie, en tant qu’homme, c’est un beau connard ».

La lecture est sonorisée. Elle est rythmée par quelques menus objets scéniques dont on connaît par ailleurs les ressorts (le post-il sur le front pour désigner un personnage, un paper-board baladeur, une petite boîte à musique). Le tout est fort enlevé malgré quelques accrocs. Thiphaine assume parfaitement sa nullité en sciences. De mon point de vue, cette incapacité à vulgariser le concept affaiblit un peu le propos et tend à le délayer dans une sorte de catalogue de découvertes.

 

Il n’empêche, à l’heure où la pandémie nous a tous révélés hyper dépendants de l’informatique, c’est tout à l’honneur « des filles de Simone » d’avoir voulu extirper de nos machines la légende masculiniste et de redonner à Ada ce qui revient à Ada.

 

 

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8 mars 2020 7 08 /03 /mars /2020 23:55
Toute l'histoire de la peinture
Toute l'histoire de la peinture

Spectacle vu au Théâtre de l’Atelier le 7 mars 2020

 

Auteur : Hector OBALK

Mise en scène : Hector OBALK

Comédiens : Hector OBALK

Musiciens : Raphaël PERRAUD au violoncelle, en alternance avec Florent CARRIÈRE

Avec Pablo SCHATZMAN au violon, en alternance avec You-Jung HAN  

Genre : entre conférence et stand up

Public : Tout public

Durée : 2h

 

Hector Obalk  est un critique d'art habitué des scènes et du petit écran. Il a notamment réalisé une série d'initiation à la peinture, « Grand Art », diffusée en 2018 sur Arte. 

Le format présenté au théâtre de l'atelier est à mi-chemin entre la conférence et le stand up. Hector Obalk est le plus souvent seul sur la scène. Derrière lui, sur un écran géant, est projetée une sélection de quelques 300 tableaux retraçant l'histoire de la peinture du 13ème siècle aux années 1960. Durant les deux heures du spectacle, nous nous arrêterons sur une vingtaine de tableaux. Certains arrêts seront conclus par un voyage à l'intérieur même du tableau, en musique, avec des extraits de Bach ou de Haydn joués sur scène par un violoncelliste et/ou une violoniste.

Qu'est ce que la peinture ? Qu'est ce qu'un bon tableau ? Que peut-on regarder ? Qu'il y a-t-il à voir que justement nous n'avions pas vu ? Hector Obalk s'amuse d'un détail, dit tout haut ce que nous n'osons parfois même pas formuler en dedans, trop révérencieux que nous sommes face au "grand art". Ses avis sont tranchés, passionnés, parfois iconoclastes, l'intention est pédagogique sans être trop technique. Le parti pris est assumé, le plus souvent argumenté. Balayer toute l'histoire de la peinture en 2 heures et 20 tableaux n'est évidemment pas un objectif réaliste… D'autres tableaux seront d'ailleurs choisis pour les spectacles du mois d'avril. La partie "stand-up" est volontiers provocatrice et fonctionne bien pour la majorité du public qui rit et applaudit avec entrain. Elle vise aussi à désamorcer à l'avance d'éventuelles critiques, ce qui peut être agaçant… 

On peut ressortir frustré d'être allé si vite. On peut être dérangé par des énoncés taillés à la serpe ou encore par le sort réservé à l'art contemporain. Je suis ressortie avec une furieuse envie d'aller au musée, regarder d'un oeil nouveau des périodes, des détails, chercher "l'épaisseur de l'air" dans le petit cadre d'une toile…

 

Le spectacle est réputé tout public. Il comprend des passages assez ludiques et l'approche n'est pas trop conceptuelle. Il faudrait vérifier auprès du jeune public, mais je me suis demandée si les nombreux apartés pour adultes permettaient d'atteindre une réelle polyvalence.

 

Hélène Lambert

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27 janvier 2020 1 27 /01 /janvier /2020 12:00
Et si vous y croyez assez, peut-être il y aura un poney
Et si vous y croyez assez, peut-être il y aura un poney

Spectacle produit par le Détachement International du Muerto Coco c/o Lo Bol (13) et vu au Théâtre des Halles à Avignon le vendredi 24 janvier.

 

Mise en scène : Maxime Potard

Comédiens : Raphaëlle Bouvier et Roman Gigoi-Gary

Genre : théâtre

Durée : 1 h

Public : tout public

 

Ces deux là nous parlent de magie mais avec une écriture personnelle et décalée, une voix amplifiée et des extensions électroniques spectaculaires qui témoignent des questions de nos « magiciens » d’un soir sur les conventions théâtrales. Ils nous feront découvrir un univers bien à eux avec du slam rempli d’humour, des blagues potaches, passant du grand sérieux à la fantaisie pure. Nous sommes happés dans leur filet poétique : c’est un moment jubilatoire de gouaille, de magie, de lecture bourrée de poésie, gai et très léger. Dans un univers surréaliste, drôle, voire perché, le duo nous réserve quelques tours et pas mal de surprises. 

Nous n’avons pas vu le poney, mais le lapin y était…

 

 

 

 

 

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30 novembre 2019 6 30 /11 /novembre /2019 20:31
Tout le monde ne peut pas être orphelin
Tout le monde ne peut pas être orphelin

Un spectacle produit par les Chiens de Navarre (Paris XII°) et vu le 29 novembre 2019 à La Villette.

Mise en scène : Jean-Christophe Meurisse

Comédiens : Lorella Cravotta, Charlotte Maemmel, Olivier Saladin, Vincent Lécuyer, Hector Manuel, Judith Sibon, Alexandre Steiger

Genre : Théâtre

Public : Adulte

Durée : 1H

En 2018, le spectacle « jusque dans vos bras » m’a rendue inconditionnelle des Chiens de Navarre (chroniqué). Je me suis donc précipitée pour découvrir leur dernière création, « tout le monde ne peut pas être orphelin ». Pour m’accompagner dans cette nouvelle aventure, j’étais accompagnée de ma fille aînée et de trois amis. Leurs réactions ont été d’une précieuse aide pour la rédaction de cette chronique.

Ils sont huit sur scènes, quatre hommes et quatre femmes, tous sonorisés. Quatre techniciens apportent leur concours aux sept tableaux qui vont se succéder. Le fil directeur ? Les réunions de famille et la première d’entre toutes, de circonstance et qui ouvre le bal, le repas de Noël. Dans un décor qui représente à jardin un salon bourgeois et à cour une cuisine moderne modulable en petits coins, on assiste à un règlement de compte granguignolesque du cher cocon. Les gradins, disposés en double frontale, permet au public de compter les points. La table familiale qui trône en plein centre de la scène est la table d’opération de ce microcosme résolument dysfonctionnel, quelque soit les étapes traversées et racontées : l’éducation, l’annonce d’une grossesse, la naissance, les Noëls, les goûters du dimanche, le grand âge.

Il m’est impossible d’être exhaustive tant le spectacle est riche, drôle,  surprenant et … dérangeant. Je me contenterais donc de mettre en lumière les traits essentiels de la mise en scène et quelques passages emblématiques. Ce qui frappe d’abord, c’est le verbe, d’une vacherie sans commune mesure et politiquement tout à fait incorrect. Madame la mère, dans la première scène se prend un « ta gueule, toi Eva Braun ». Faut dire qu’elle l’avait bien cherché, à balancer à son fils un « et toi, quand t’es né, tu crois que ce n’était pas violent quand tu m’as déchiré la chatte ». Le tout est à l’avenant, tellement rythmé que la salle applaudit de rire à ce battle générationnel. A l’énormité des propos répond l’outrance des situations depuis une réminiscence jouissive de « massacre à la tronçonneuse », jusqu’aux chiottes qui aspirent dans leur merde la pauvre bru aux intestins dérangés par la vacuité de la conversation autour de l’apéro. A l’hyperbole des situations répond un jeu d’acteur hors norme. L’un se laisse emporter par une colère homérique tandis que l’autre, fesse à l’air et pas que, joue les bébés que l’on va langer. Pour généraliser la problématique de la sociabilité sanguine forcée, les figures de Médée et d’Œdipe sont convoquées. Belle occasion, sous couvert de l’honorer, de mettre en boîte la représentation classique de la tragédie : les mots sont certes beaux mais ne servent-ils pas à enrober la réalité des maux. C’est donc à une enfance massacrée « pour de vrai », sur la table transformée en autel, que l’on va assister. Ce moment du spectacle interpelle. Des spectateurs sont partis. D’autres, comme moi et ma fille, sans vraiment regarder, avons rigolé nerveusement. L’exercice atteint-il la limite ou fallait-il précisément montrer les situations limites qui, nous le savons tous, existent, mais que l’on se refuse de voir. Toujours est-il que notre charmant bambin au cul nul va jouer une scène d’inceste avant que d’être émasculé par sa génitrice. Ces deux scènes extrêmes sont heureusement compensées par les jolies images qui les encadrent : l’accouchement du bambin d’abord puis le bain donné au vieil homme. La famille sapin de Noël, guère plus douée en matière de parentalité, vient clore l’ensemble dans un joli final absurde.

« Tout le monde ne peut pas être orphelin » opère une véritable catharsis. Le public est d’ailleurs maintes fois convié à participer, tantôt en chantant, tantôt en se recevant une couche pleine d’excréments…. On s’esclaffe et on s’exclame devant un spectacle qui est, à tout point de vue, une performance

 

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6 novembre 2019 3 06 /11 /novembre /2019 01:17
Olympicorama
Olympicorama

 

 

Un spectacle produit par la Compagnie Vertical Detour (93 Montreuil) vu le 04 novembre 2019 à la Villette  (Paris XIX°)

 

Texte : Frédéric Ferrer

Comédiens : Frédéric Ferrer

Genre : Conférence gesticulée

Public : tout public

Durée : officiellement 1H30 (mais 2H ce soir)

 

 

J’ai découvert Frédéric Ferrer un peu par hasard dans l’excellent « borderline(s) investigation # 1 » (chroniqué). C’est donc tout naturellement que je me suis démenée pour voir ce nouvel opus ; démenée car « Olympicorama » est programmé sur 4 dates uniques dispatchées dans l’année.

 

« Olympicorama » se propose, dans l’optique des JO de 2024, de présenter une discipline olympique par spectacle. Il y aura donc 4 conférences par saison et ce jusqu’au début de l’évènement sportif. J’ai assisté à la dernière conférence de la seconde saison et qui portait sur la reine des épreuves : le 100 m. Forte de ma précédente expérience, je pensais entendre une satire en règle. J’ai découvert un sport et reçu une superbe leçon d’humanité.

 

Dans sa forme et son propos, « Olympicorama » est à la fois proche du précédent spectacle et totalement inédit. Le plateau est nu et cette fois, le restera. Il est juste habillé, à cour, d’un pupitre avec ordinateur, d’un écran en fond de scène et d’un coin interviewe à jardin. Frédéric Ferrer, est seul en scène pour 45 minutes chrono. Sonorisé, il se poste derrière le pupitre et entame sa conférence gesticulée. Il est docte tel l’ancien prof de géo qu’il a été : le plan est annoncé (mais aussitôt démenti), les termes sont définis de sorte que nous ayons tous, en jargon prof, « un socle commun de connaissances » et la géo ne peut s’empêcher de s’immiscer là où on ne l’attendait pas….Il est d’une érudition époustouflante et le powerpoint, omniprésent sous forme de diapos ou de retransmissions d’épreuves sportives, finit par nous prouver qu’il ne nous mène pas en bateau : ainsi le tir au cerf courant est bien une discipline olympique disparue ! Car Frédéric Ferrer sait, plus qu’aucun autre, accorder la rigueur scientifique et le rire. Ainsi, chacun sait que la vitesse de pointe d’un être humain, tout Usain Bolt qu’il soit, est toute relative par rapport au règne animal. La salle s’attendait à la sempiternelle comparaison avec le guépard. Mais quand en guise de félin un charmant minou roux apparait à l’écran, assurément victorieux d’Usain Bolt (44,72 km/h) avec ses 50 km/h, c’est l’éclat de rire généralisé. Et tout est l’avenant. De digressions en digressions loufoques, on comprend que rien n’est gratuit et qu’il s’agit pour Frédéric Ferrer tantôt de faire découvrir cette discipline admirable, tantôt de faire surgir l’envers du décor. Ainsi, Frédéric Ferrer entreprend de déconstruire les stéréotypes et si les jamaïcains sont les rois de cette épreuve, c’est au même titre que les Français en ce qui concerne la pétanque : tout est question de culture ! Frédéric Ferrer dénonce aussi à travers la figure emblématique d’Avery Brundage, à la tête du sport américain en 1936 puis président du CIO, l’assujettissement du sport au politique et aux considérations morales contestables. C’est à lui que l’on doit les certificats de féminité toujours en vigueur aujourd’hui. Le terrain est prêt pour la seconde partie !

La seconde partie est une conférence-débat avec des invités, experts de la discipline. Ce soir Frédéric Ferrer a convié Christine Aaron, championne du monde de relai et détentrice depuis 1998 du record d’Europe du 100m et Pierre-Jean Vazel, dernier entraîneur de Christine Aaron et inlassable détracteur des certificats de féminité et autres aberrations liées au genre. Nous ne sommes plus dans le spectacle mais dans un moment d’échanges authentique et de grande qualité.

 

Avec « Olympicorama », Frédéric Ferrer entreprend un véritable marathon théâtral. Le projet est inouï, le propos est d’une grande intelligence, la forme est drôle. Il va sans dire qu’à l’instar de plus de la moitié de la salle ce soir, je reviendrais, d’ici 2024, m’ouvrir à cet univers qui m’est pourtant totalement étranger, le sport.

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26 juillet 2019 5 26 /07 /juillet /2019 17:11
Crédit photo : DR site du parvis d'Avignon

Crédit photo : DR site du parvis d'Avignon

Spectacle du théâtre Amstramgram Genève, vu le 8 Juillet à 17h au Parvis d'Avignon dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 16 Juillet 2019 (Relâche le 7, 10, 13 et 14 juillet)

Conception, texte et interprétation : Emmanuelle Destremau, Samuel Gallet, Fabrice Melquiot, David Marchetto, Caroline Gonin
Musique : Eric Linder/polar
Genre : Théâtre tout public, performance Electro rock-band
Durée : 1h


        Le mot "performance" convoque l'idée d'un spectacle créé sur place et pour l'occasion par des artistes-interprètes. On utilise fréquemment l'expression "véritable performance" pour évoquer une prouesse scénique exigeante et remarquable. Ce qu'accomplit tous les jours au Parvis d'Avignon le rock-band des Electronucléistes, c'est une "véritable performance", et pas des moindres : trouver en une journée la matière du texte, l'écrire, le mettre en scène et le jouer en lecture théâtrale le soir même.
      L'idée est audacieuse et la réalisation force le respect. C'est une réussite théâtrale, pas seulement un essai expérimental. Sur un plateau large comme le chemin que la mariée doit parcourir de l'entrée de l'église jusqu'à l'autel (magistralement occupé par Eric Linder à la guitare et au chant), quatre pupitres. Derrière les quatre pupitres, quatre acteurs-auteurs et une myriade de personnages qui jaillissent, s'entrecroisent, occupent l'espace de notre imaginaire.
      Mais où nous emmènent-ils, ces artistes ? Ça dépend du jour ! Trois modèles de spectacle sont proposés : "Fenêtre avec vue", construit autour de la presse du jour-même ; "Mon chef d'oeuvre", issu de la rencontre avec des festivaliers ordinaires et hors du commun, et enfin "Radio souvenirs", une vraie fausse radio libre qui fait la part belle à l'auditeur (toi!).
      J'ai assisté à une représentation (une présentation plutôt) de "Mon chef d'oeuvre". Cinq portraits de festivaliers comme cinq actes d'une grande pièce,  indépendants tout en faisant partie d'un tout indivisible. Ils possèdent chacun leur poésie, leurs rêves, leur façon singulière d'envisager le monde. Loin de se réduire à une série de témoignages, le texte raconte chaque personne dans sa complexité. Ce sont des dialogues rapportés, des scènes de film, des chansons, des premiers jets de nouveaux textes. Je suis surpris de voir foisonner autant de directions différentes. Le spectacle est vif et dynamique, il s'est créé dans l'urgence mais l'urgence n'est plus sur scène. Ici, dans cette église, tout jaillit avec calme et respect.
        Je me sens curieusement apaisé par le spectacle, et ce n'est pas seulement grâce aux tonalités suaves d'Emmanuelle Destremau ou aux lumières douces et bleues. Ces artistes approchent un rapport à l'autre dénué de voyeurisme ou de glorification. Ce n'est pas non plus un regard condescendant posé sur l'ordinaire et le banal quotidien, ni le regard du créateur qui serait le seul à pouvoir faire exister ce qu'il évoque. En prenant cette posture simple et bienveillante, les artistes nous invitent à regarder l'autre à côté de nous et à penser "Cette personne est un chef d'oeuvre et un univers", ce qui n'est pas simple. Je recommande vivement cette merveilleuse performance dans laquelle éthique et esthétique se prennent par la main.

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22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 10:24
Source officielle AVIGNON Off

Source officielle AVIGNON Off

On voudrait revivre

Spectacle de la Compagnie Claire Sergent (51) vu le 15 juillet à 11 H au Théâtre « La Caserne » dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 6 au 22 juillet (Relâche les 9 et 16 juillet).

 

Mise en scène : Chloé Brugnon

Distribution : Léopoldine Hummel et Maxime Kerzanet

Genre : Théâtre musical

Public : tout public à partir de 13 ans

Durée : 1H25

 

Ce spectacle, c’est une bulle de poésie pure, « une barre de soufre dans le tiroir d’acajou », un moment de grâce absolue. Tout ce que j’aime y est réuni. Tout ce que j’aurais aimé mettre en scène un jour aussi…. si j’avais su chanter et jouer d’un instrument.

 

- « On voudrait revivre : ça veut dire qu’on voudrait vivre encore la même chose. Toucher du bout des doigts le point de non-retour. Si le ciel nous laisse, on voudrait revivre ».

Ces paroles sont celles de Gérard Manset, figure incontournable de la chanson française, auteur, compositeur, interprète. Personnellement, j'ai tous les albums de Manset, alors quand j’ai découvert qu’un spectacle se jouait à son sujet, j’ai pris mes jambes à mon cou.

Mais de quoi pouvait-il bien s’agir ? D'un spectacle musical ? De théâtre ? Non, pas un spectacle musical comme le précise finement le comédien alors qu’un spectateur applaudit à la fin de la première chanson. Mais bien de théâtre, « un peu  à part » peut-être. Une sorte d’objet sonore conceptuel, façon Manset. Comme la réponse que l’artiste a faite au boss de sa maison de disques quand il lui a demandé quel était le concept  de l’album qu’il venait de lui faire écouter : « il n’y a pas de concept »....

Manset est une énigme. Un solitaire génial qui passe son temps à fuir, un réfractaire généreux qui dit de lui-même qu’il se sent très seul au monde dans son travail. Mais il est libre et c’est cette liberté qu’a choisie de représenter Chloé Brugnon, la metteure en scène. Dans ce spectacle, on décolle dans de splendides sphères de beauté musicale et esthétique, entre la forêt de Brocéliande et nos souvenirs de rêves les plus doux.

Les deux comédiens sont comme des apparitions évanescentes et oniriques qui disent : « Viens…Viens explorer avec nous le mystère Manset, effleurer la beauté de ce qu’il est pour l’appréhender un peu et l’aimer davantage encore ».

Tout dans ce spectacle est poésie organique : la scénographie est un bijou sensoriel qui oscille entre les textures des rideaux argentés que la comédienne déplace avec grâce et légèreté, le sol recouvert d’un velours noir pailleté tout doux et les notes de musiques légères et envoûtantes. Les voix des comédiens sont parfaites et emportent le spectateur dans l’univers mystérieux du compositeur. C’est du théâtre-hommage dans ce qu’il a de plus savoureux et jouissif pour celui qui se laisse emporter et bercer par ce joyau.

Léopoldine Hummel est une pianiste-chanteuse exceptionnelle et Maxime Kerzane est émouvant quand il parle de son père notamment. C’est un grand comédien-musicien au parcours déjà bien scellé.

 

C’est peut-être un spectacle « qui voyage en solitaire » dans Avignon 2019.  Peu importe si vous ne connaissez que très peu les chansons de Gérard Manset, courez-y malgré tout. L’aspect parfois désespéré que Manset porte sur l’Art ne transparaît pas du tout ici. Bien au contraire.

C’est de l’Art à l’état pur...C’est à 11H. Une heure suspendue dans la folie du Festival qui ne vous laissera pas indemne et qui vous fera passer une journée de bonheur absolu. Ce fut mon cas.

 

 

 

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