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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 17:13
Le Dernier Ogre
Site 11 Gilgamesh Belleville

Site 11 Gilgamesh Belleville

Spectacle « Le Dernier Ogre » de la compagnie le Cri de l’armoire (92 Fontenay-aux –Roses), vu le 04 juillet à 14h45 au théâtre  11. Gilgamesh. Belleville à Avignon.

Texte et Mise en scène : Marien Tillet                                                        Comédiens : Marien Tillet, Samuel Poncet, Mathias Castagné, Simon Denis
Public : Tout public, à partir de 13 ans
Genre(s) : Théâtre, Live-painting, Slam 

Durée : 1h                                                                                                                           

 

       J'ai eu l'occasion d'assister à la générale du « Dernier Ogre ». C'est une création qui m'a enchantée. La Compagnie s'attaque à un tabou : le cannibalisme, le prix de la faim. Tour à tour et par ellipse, un homme et un ogre nous dévoilent leur rapport à la nourriture et à leur famille. Face A, se trouve l'Ogre, au slam entraînant. Il se cache dans la semi-pénombre d'une douche de lumière froide. Face B, l'Homme, éclairé pleinement, nous parle avec sincérité de ce qu'il considère éthique de cuisiner et de manger. A cela s'ajoutent, en filigrane, leurs histoires de famille respective.


           Cette pièce est la première que j'ai l'occasion de voir, au Festival OFF d'Avignon. Je n'ai pas d'attente particulière. Nous nous asseyons dans l'obscurité totale, cela rend la pièce très immersive. Un homme rentre en scène et prend sa guitare, il se met à jouer avec délectation. Je l'écoute avec tant d'attention que je me fais surprendre par la voix de l'Ogre. Il était là lui aussi, dans le noir. Ce dernier slame avec talent  l'histoire de ses 7 filles et de sa faim de chair fraîche. Dans son dos, comme en écho, se dessine alors un paysage, sur une toile tendue : une petite maison dans un champ. Ce paysage se transformera au gré de l'histoire.


           La pièce se joue dans une salle noire et étanche à la lumière, au fond de laquelle est tendue une toile très claire. Un comédien peint le derrière de celle-ci, on ne le voit pas, mais ses tracés apparaissent de notre côté. Côté cour, se trouve le guitariste, qui occupe du début à la fin un petit espace, en fond de scène. Il est équipé de huit platines et produit au fur et à mesure une bande-son et des morceaux. Au centre de la scène et côté jardin se trouvent, en alternance, l'ogre et l'homme, incarnés par un même comédien. Il y a 3 comédiens, dont 2 visibles.

           C'est comme un conte, assorti à la résonance moderne du slam. Une harmonie se crée entre les trois dispositifs : la guitare donne un tempo au slameur et s'apaise (ou disparaît) lorsque c'est l'homme qui parle. Le spectacle est ainsi fait que chaque acteur a l'occasion de s'estomper, pour que le public puisse se concentrer sur l'art de l'autre. C'est ainsi, que chaque art est mis en valeur. De plus, le dispositif du live-painting  (qui m'était peu familier) permet une construction progressive et parfaitement adaptée  de l'illustration. Cette dernière s'apparente à une animation. En effet, il ne s'agit pas de parvenir à un résultat fixe. Il s'agît d'une performance vivante et éphémère.


           L'âge minimum conseillé pour voir le spectacle est de 13 ans : Il est à mon avis pertinent, dans la mesure, où celui-ci aborde le cannibalisme et évoque la mort, la chair humaine, le sang, les crochets de boucher... En revanche, un.e pré-ado averti.e (et à l'aise dans le noir) peut s'y essayer : Le sujet de l'anthropophagie reste traité artistiquement et aucun visuel n'est choquant : seule la peinture illustre les dires des deux personnages et ce, de manière tacite.


Je sors de la salle, avec l'envie de me replonger dans les contes et avec des questions sur ce que notre culture nous permet (ou non) de manger : En quoi l'homme est-il différent des bêtes, quand il s'agît de se nourrir ? Est-il acceptable de goûter au placenta ? Jusqu'où la faim peut-elle nous permettre d'aller ?

 

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 16:48
Natasha ou le lapin de Gerd
Natasha ou le lapin de Gerd

«Natasha ou le lapin de Gerd» par le Théâtre de l’Accalmie  (58 Saint-Seine), vu  au Lila’s Théâtre le 5 juillet au Festival d’Avignon à 18h05.

 

Mise en scène : Jean-Marc Galéra

Comédiens : Jean-Marc Galéra, Delmiro Iglesias

Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée : 1h25

 

Le Lila’s Théâtre, juste derrière la rue des Teinturiers, sis dans une maison, est intimiste avec sa cinquantaine de places. La scène est toute petite aussi, nous sommes proches des deux acteurs.

Ça se passe à la guerre.

Et pourtant, ça parle de paix, d’amour …..

Deux hommes, seuls au milieu de rien. Tout les oppose. Gerd, plutôt simplet, croit tout ce que l’on lui a toujours dit. Il croit surtout sa sœur qui, par ailleurs, tricote des bonnets pour chiens. Hans, au contraire, questionne systématiquement ce qui justifie la guerre et les actes que l’on lui demande de commettre.

Natacha, c’est la fille de Hans. Elle lui manque.

Le lapin, c’est ce que Gerd aurait aimé manger ce soir-là, surtout la cervelle.

Ils parlent de tout, de Dieu, de l’obéissance des foules, du théâtre que Hans fera découvrir à Gerd après la guerre, de leurs femmes, de la vie et de la mort. Nous sommes invités dans leur intimité de fond de tranchée.

Leurs échanges sont forts et simples à la fois. Vous pouvez y aller avec vos enfants, chacun prendra et comprendra à son niveau les beaux messages.

 

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6 juillet 2019 6 06 /07 /juillet /2019 17:01
Persona

Spectacle du collectif « Les Parvenus » (75) vu le 20 juin 2019 à 19h au Théâtre Improvidence (Avignon) en avant première pour le Off d’Avignon, du 05 au 28 juillet 2019 à 17h15 et 20h15

 

D'après une idée originale d’ Anaelle Tribout Dubois

Création : Les Parvenus

Distribution (en alternance) : Laetitia Bisch, Bruno Coulon, Laurent Franchi, Mattias de Gail, Mélodie Le Blay, Lisa Perrio, Maxime Robert, Anaelle Tribout Dubois et Serguei Verseil

Genre : Théâtre d’improvisation
Public : Tout public à partir de 12 ans
Durée : 60 mn

J’ai découvert l’Improvidence (ancien théâtre des vents), nouveau théâtre avignonnais dédié à l’improvisation. l'équie de l'Improvidence gère trois théâtres (Avignon, Bordeaux et Lyon) et souhaite faire découvrir les différentes facettes de l’improvisation que le grand public connaît davantage à travers les matchs d’improvisation. Ici, point de match, mais de l’impro sous toutes ses formes.

Dans les spectacles d’improvisation, le public participe le plus souvent en définissant des contraintes (mots, sujets, formes, ...). Ici, et c’est la particularité du travail du collectif "Les Parvenus", ils s’appuient sur l’Ennéagramme, système d’étude de la personnalité fondé sur 9 comportements de la nature humaine : le perfectionniste, l'altruiste, le battant, le romantique, l'observateur, le loyal, l'épicurien, le chef et le médiateur.

Le public choisit pour chacun des quatre comédiens l’un des types de profil. Chacun devra  jouer avec le masque social qui lui a été attribué. Puis le public, dans un échange ouvert, choisit la situation qui doit expliquer  pourquoi le personnage a invité les trois autres.

Sur ces simples bases, les comédiens se lancent et nous entraînent pendant une heure dans une histoire qu’ils composent peu à peu…

C’est rythmé, les personnages jouent  tantôt ensemble, tantôt en avant scène pour des apartés personnelles. Tantôt, leurs pensées sont illustrées par une lumière bleue ou rouge ; tantôt, elles s’accordent à la musique.

Car le cinquième improvisateur est le régisseur qui alimente lui aussi l’histoire avec ses lumières et ses ambiances sonores. Et il prend parfaitement sa place.

Pour la petite histoire, nous avions choisi 4 profils : romantique, perfectionniste, altruiste et loyal. Et le sujet : la jeune femme invite ses amis pour leur annoncer qu’elle est  « platiste » (ceux  qui croient dur comme fer que la terre est plate ...et que l’on nous ment ! C’est 9,5 % de la population tout de même ;  et bien plus sont ceux qui pensent que l’on nous ment ! ). Au-delà du sujet qui a permis de parler complotisme, démocratie, liberté de pensée, c’était l’occasion de découvrir la façon dont cette jeune équipe s’approprie un outil pour en faire un objet théâtral. Et c’est réussi.

Allez découvrir cette proposition sans tarder.

 

 

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1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 18:57
J'entrerai dans ton silence

Présent sur le festival Off d'Avignon 2019

Spectacle de la Compagnie Serge Barbuscia, vu le 19 juillet, Avignon OFF 2018, 17h20 au Théâtre du Balcon. Du 6 au 28 juillet à 17h20, relâche les 10, 17 et 24 juillet.

De : Hugo Horiot, Françoise Lefèvre
Avec : Camille Carraz, Fabrice Lebert, Serge Barbuscia
Mise en scène (adaptation) : Serge Barbuscia

Genre : Théâtre
Public : Tout public
Durée : 1h10

La pièce se joue dans une des belles salles du Théâtre du Balcon. Fauteuils capitonnés et climatisation assurent un confort certain.

Silence.
Ça dure... Silence, encore.

Une mère, un enfant. Un enfant « différent ». Comment entrer dans son silence ?

Nous assistons au point de vue de la mère avec ses ressentis à elle. Au vécu de l’enfant avec ses ressentis à lui. A leurs souffrances… A l’incapacité de nos institutions à apporter une réponse satisfaisante, que ce soit en milieu de soins ou en milieu scolaire.

Explications, dialogues, monologues et ressentis que la mise en scène très épurée et le décor minimaliste permettent de faire fonctionner.

Françoise Lefèvre nous offre son témoignage sur « Le petit prince cannibale ». L’absence du mot « autisme » permet de transférer facilement la situation représentée sur scène sur d’autres « différences » que nos enfants peuvent avoir.

Et la morale de l’histoire ? Une analogie avec les fruits et légumes ! Nous avons longtemps été à la recherche de fruits et légumes parfaits, tous identiques, sans le moindre défaut extérieur. Le tout, au détriment du goût et de la santé. Aujourd’hui, on revient aux légumes « moches », naturels, sains. Et si on portait le même regard sur les gens ? Pourquoi l’uniformisation à outrance ? Acceptons les différences des uns et des autres, ils sont la garantie de l’authenticité. C’est le point de départ pour entrer dans un système qui n’exclut plus personne.

Maren Scapol

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1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 15:04

Présent sur le Off d'Avignon 2019

Spectacle de la compagnie Théâtre Organic (93), vu le 19 juillet 2018 au théâtre des Lucioles à 18h50, dans le cadre du festival d’Avignon Off 2018.

 

Auteurs : Daniel Dalmaroni & Sophie Gazel

Mise en scène : Sophie Gazel

Interprètes : P. Contestabile, M.V. Monedero, C. Lucero, D. Dall’Agnola, T. Reyes

 

Genre : Théâtre
Public : tout public à partir de 10 ans
Durée : 1h15

 

La trame est simple : trois frères et sœurs ont placé leur mère, qui perd la tête, en maison de retraite. On lui donnait six mois à vivre. Dix ans après, dans l’impossibilité de régler les mensualités extravagantes de ce type d’établissement, ils envisagent de la tuer. Qui va s'y coller ?

Le thème de la vieillesse et du sort réservé à nos anciens est un sujet d’actualité qui me parle particulièrement (je vous ai déjà parlé de ma mère ?). C’est pourquoi, ce spectacle avait retenu mon attention. Bien m’en a pris.

 

Le traitement proposé par le Théâtre Organic, compagnie franco-argentine, est de haut vol. J’aime cet humour noir et féroce sur des sujets d’une réalité pourtant peu reluisante, dont les Argentins sont friands. Ils nous offrent un grand moment de théâtre avec cette fratrie cynique et pourtant si humaine.

 

Les comédiens sont tous remarquables dans leurs personnages d’affreux, sales et méchants. Ernesto, calculateur et froid, Mario, gentil et influençable, et Ana, perdue et un peu niaise, forment une famille à failles finalement très réaliste, même si le trait est forcément un peu marqué ; c’est du théâtre. C’est donc déjà un grand bonheur de les voir évoluer entre eux, et d'échanger de façon froide et pragmatique sur un sujet aussi tabou. C'est drôle, mordant, et ça balance pas mal sur la réalité de cette situation à laquelle chacun d'entre nous risque d'être confronté un jour ou l'autre (la maison de retraite, pas le matricide).

 

Mais la scénographie, s’appuyant sur deux espaces scéniques, est particulièrement remarquable et rend l'ensemble jubilatoire. C’est ingénieux, bourré d’idées et très efficace. Elle permet, notamment dans la fenêtre d’arrière-plan, d’évoquer des moments passés, des pensées fulgurantes ou des cauchemars meurtriers qui apportent à cette comédie dramatique, ce caractère onirique propre à nos amis Argentins. Le travail avec une circassienne complète un dispositif dont je vous garde la surprise.

 

C’est drôle et provocant, juste et intelligent, sensible et surprenant. Vous l’aurez compris, j’ai adoré. Courrez-y !

 

Eric Jalabert

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30 juin 2019 7 30 /06 /juin /2019 22:37
Les femmes savantes
Les femmes savantes

Spectacle  de "Comédiens et Compagnie" (Versailles), vu le 1er juillet au Festival des Roquilles à Lançon de Provence (Bouche-du-Rhône).

 

Texte : Molière

Mise en scène (adaptation) : Jean Hervé Appéré

Comédiens : Fred Barthoumeyrou, , Valérie Français, Anna Isoux, Mélanie Le Duc, Boris Bénzit, Pauline Paolini, André Fauquenoy, Guillaume Collignon, Jonathan Jolin

Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée : 1h30

 

Vous avez déjà vu du Molière dans les années folles ? La pièce se joue au théâtre de verdure de Lançon de Provence et la fraicheur du soir après une journée caniculaire est très agréable. Le site est beau et donne un décor naturel de roches, de végétaux méditerranéens et  de chants des cigales.

 

La scène, à ras du sol, sans rideau, nous laisse voir quelques chaises, une radio sur une vieille malle de voyage, des instruments de musique.

Après un début de spectacle mimé et bruité, la pièce commence réellement. Elle oppose deux images de femme : femme d’esprit et à fort caractère versus femme d’intérieur plutôt naïve … Un sujet étonnamment actuel !

Le texte de Molière en alexandrins est beau, mais pas toujours facile à suivre. Il est rendu très accessible par une mise en scène qui mêle beaucoup d’humour et de jolis moments musicaux (multitude d’instruments, chants).

La plupart des acteurs interprètent leurs rôles en les surjouant très légèrement mais avec finesse. Les personnages n’en sont que plus drôles. Mimiques, gestes, mouvements …. L’interprétation est excellente.

Le rythme va crescendo et la pièce se termine dans une ambiance de comédie musicale très jazzy.

 

Le public est conquis, les gens rient et applaudissent longuement à la fin de la pièce.

 

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30 juin 2019 7 30 /06 /juin /2019 22:33
Frasques et Frusques
Frasques et Frusques

Spectacle «Frasques et Frusques» par « La Compagnie des Passeurs », vu le 2 juillet aux Estivades des Roquilles à Lançon de Provence.

 

Texte : Charly Labourier et Renaud Gillie

Mise en scène: Charly Labourier et Renaud Gillie

Comédiens : Renaud Gillier, Marine Jardin, Pierre Serra

Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée : 1h

 

La pièce se joue au théâtre de verdure de Lançon de Provence et la fraicheur du soir, après une journée caniculaire, est très agréable. Le site est beau et donne à voir un décor naturel fait de roches, de végétaux méditerranéens et de chants des cigales.

 

L’histoire : Mascarille, homme à tout faire, vient de se faire licencier. Il se voit attribuer une mission d’intérim par Monsieur Bartholo. La mission consiste à protéger Rosaline, la jeune pupille de Bartholo, de tout  prétendant qui oserait l’approcher avant sa majorité. C’est alors qu’arrive en ville un soupirant hors du commun, le comte Almaviva…

La pièce fait régulièrement référence à des éléments d’actualité : intérim, réfugiés, …. ce qui rajoute un certain piment.

Tous les ingrédients de la Commedia dell’Arte sont réunis : costumes, scène, joutes verbales, mimes, masques (juste un), chant (chansons françaises).

 

Les trois acteurs dépensent une énergie folle, le public est ravi, on passe un bon moment.

 

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18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 22:53
Retours et le père de l'enfant de la mère

 

Pascal Victor

Un spectacle produit par le Quai (CDN Angers pays de la Loire) vu le 15 juin 2019 au Théâtre du Rond Point (Paris, VIII°)

 

Texte : Fredrik Brattberg

Mise en scène : Frédéric Bélier-Garcia

Comédiens : Jean-Charles Clichet, Camille Chamoux, Dimitri Doré

Genre : théâtre

Public : adulte

Durée : 1H30

 

 

Le mois de juin est décidément propice aux jolies découvertes ! Ce soir deux petites pièces inédites en France : « Retours » et « le père de l’enfant de la mère » du norvégien Frédrik Brattberg.

 

Les deux pièces ont en commun le thème de la parentalité. « Retours » est un conte cruel et absurde. Un couple fait le deuil de son fils disparu, Gustav. Mais Gustav réapparait. Les parents reprennent « leur vie de tous les jours ».Puis Gustav disparaît  à nouveau et  à nouveau réapparaît. Et ainsi de suite jusqu’à ce que les parents, toujours plus froids et indifférents devant cet éternel retour, finissent par faire disparaître l’ado une bonne fois pour toute. « Le père de l’enfant de la mère », plus ancré dans la réalité, n’en n’est pas moins acerbe. La pièce raconte la compétition sournoise que se livrent les parents pour obtenir l’amour exclusif de leur bébé.

Le dispositif scénique est simple et ingénieux. Dans « Retours », des cloisons dessinent un intérieur des années 70. Côté cours, la cuisine en formica ; côté jardin, le salon avec baie vitrée et canapé. Le téléphone à fil est l’accessoire central. Pour passer au second opus, la baie vitrée devient support photo d’un cliché réunissant papa, maman et bébé au lit. Pendant ce temps, les techniciens déchassent les cloisons et dessinent avec les cadres munis de néons oranges un nouvel intérieur, ouvert sur l’extérieur. Le poupon, le vélo et le vase constitueront les trois nouveaux accessoires de jeu.

Dans les deux pièces, la langue de Fredrik Brattberg use à l’envie de répétitions. Cette mélopée étrange, faite de répliques et de scènes qui se rejouent  avec d’infimes variations, augmente l’intensité dramatique, inverse les points de vue, et fait terriblement rire. Dans « retours », les vacheries s’enchaînent et vont crescendo ; dans « le père de l’enfant de la mère », les petites phrases du quotidien répétées à la nausée génèrent un malaise insoutenable. C’est une partition en or pour trois comédiens d’excellence. D’une intonation ou d’une gestuelle discrète, ils soulignent toute la nuance du non-dit de la répétition. Dans le non-dit, Dimitri Doré qui manipule la marionnette de la petite Frida (l’enfant du deuxième couple) est stupéfiant.

« Retours » et « le père de l’enfant de la mère » ont été réunis avec bonheur. Les deux pièces, merveilleusement interprétées et mises en scène, résonnent au plus profond de notre propre expérience de parent.

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18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 22:43
Sacré, sucré, salé

Un spectacle produit par la compagnie L’oubli des cerisiers (95 L’Isle Adam) vu le 14 juin 2019 au Théâtre de la Reine Blanche (Paris, XVIII°)

 

Texte : Stéphanie Schwartzbrod

Mise en scène : Stéphanie Schwartzbrod et Nicolas Struve

Comédien : Stéphanie Schwartzbrod

Genre : théâtre

Public : tout public

Durée : 1H20

 

 

Les théâtres nationaux que j’ai coutume de fréquenter ont la fâcheuse manie de condenser leur saison entre octobre et mai. A mauvaise fortune, bon cœur : c’est l’occasion d’aller découvrir ce qui se passe dans des  salles plus modestes, notamment celles de mon quartier. Le théâtre de la Reine Blanche est de celles-là. Elle proposait « sacré, sucré, salé ». L

a note d’intention m’a séduite. Et ce n’était pas qu’un charme factice.

 

Stéphanie Schwartzbrod nous propose un étonnant voyage culinaire et spirituel. Pourtant, elle nous explique d’entrée de jeu, après avoir accueilli le public derrière ses fourneaux, qu’à priori, il n’est rien de plus antinomique que nourriture et pensée. Tout le spectacle consiste à montrer, au contraire, combien les plats sont intimement liés aux religions et combien ils en révèlent la saveur.

« Sacré, sucré, salé » égrène donc le calendrier des fêtes des trois religions monothéistes, depuis l’Epiphanie en janvier jusqu’au Noël suivant. Pour chacune des « grandes fêtes », la comédienne endosse le rôle d’un personnage différent (souvent la maîtresse de maison à ses fourneaux mais aussi un rabbin, une bigote catholique, une simple fidèle), raconte le sens de la fête,  en redonne le contexte historique et convoque l’étymologie pour mieux montrer qu’aucun des plats rituels n’est servi au hasard.

Le dispositif scénique est très simple : une grande table centrale qui fait office aussi bien de plan de travail que de grande tablée ; côté cour, une malle en osier qui servira de castelet aux différents ingrédients autorisés ou proscrits durant Pessah ; côté jardin, une autre table jonchée d’ingrédients et une cuisinière ; en fond de scène, un cyclo. Le tout est agrémenté d’un joli travail lumière et de musiques discrètement connotées religieusement.

Stéphanie Schwartzbrod est d’abord une excellente conteuse. Son verbe et sa gestuelle savent nous faire voyager. Son chant participe du dépaysement. L’érudition qu’elle porte sur scène n’empêche pas l’humour. Ainsi de cette scène où elle regarde, hypnotisée, le public en mangeant une galette de pain azyme comme si elle regardait vraiment  le péplum « des dix commandements » qu’elle nous offre en fait à voir sur le cyclo. Le régisseur son/lumière participe aussi de cette mise en abyme : son récurrent « et qu’est ce qu’on mange ? » rythme le spectacle et opère un  comique de répétition bien venu. Le public rit et, à la demande de la comédienne, participe régulièrement.  La fête de Pourim pousse au paroxysme ce principe puisqu’il est demandé au public d’en jouer le rituel, avec force crécelles et exclamations. C’est enfin un spectacle d’une grande tolérance qui sait mettre en exergue, très finement, les liens entre les trois monothéismes.

 

 

« Sacré, sucré, salé » est un très joli spectacle, complet dans sa forme, intelligent dans son écriture, sensible dans son jeu. Il en appelle à une forme de communion.  Le partage de la chorba en fin de spectacle en est l’expression concrète.

 

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19 mai 2019 7 19 /05 /mai /2019 23:25
Fauves

 

Un spectacle produit par le Théâtre de la Colline (75 Paris) et vu le 13 mai 2019 au Théâtre de la Colline (Paris XIX°)

Mise en scène : Wajdi Mouawad

Texte : Wajdi Mouawad

Comédiens : Ralph Amassou, Lubna Azabal, Jade Fortineau, Hugues Frenette, Julie Julien, Reina Kakydate, Jérôme Kirchner, Norah Krief, Maxime Le Gac-Olanié, Gilles Renaud, Yuriy Zavalnyouk.

Genre : théâtre

Public : adulte

Durée : 4H .

 

Ce joli mois de mai est le mois de la nouvelle proposition théâtrale de Wajdi Mouawad. Inconditionnelle depuis toujours, je suis donc allée découvrir « Fauves ». La scénographie, époustouflante comme de coutume, n’est pas parvenue à combler les faiblesses du récit.

 

Le spectacle s’ouvre sur une dispute conjugale qui se termine en homicide. On découvre bientôt que c’est une scène du film d’Hippolyte, le héros de la pièce. Perdu dans un montage qu’il ne parvient pas à achever, il ne sait pas encore que son film est la métaphore du drame familial et transgénérationnel  qu’il porte en lui. Car comme dans « Incendie », c’est le décès de la mère et le passage obligé chez le notaire qui vont ouvrir la boîte de Pandore des origines. Mais cette fois, le scénario part trop loin et le tragique, à force de rebondissements à outrance, frise le ridicule.

Le spectacle se découpe en deux parties. La première, de 2H35, riche d’une inventivité scénographique inouïe, est celle de l’intensité dramatique. La seconde, celle du surgissement de la vérité, est donnée à voir de façon si frontale et si statique qu’elle révèle toutes les faiblesses de la construction narrative. Je me suis fermement ennuyée, au point de vouloir partir. Certains dans la salle ont franchi le pas.

Le jeu est à l’image de la pièce, inégal. Ils sont 11 comédiens et 5 techniciens plateau  à porter ce spectacle-fleuve. Il faut saluer l’endurance de chacun et en particulier celle de Jérôme Kirchner dans le rôle titre. Lubna Azabal compose une incroyable figure de vieille femme. J’ai particulièrement apprécié la prestation de Reina Kadukate et de Gilles Renaud. Ils forment le couple du film d’Hippolyte et jouent les arrêts sur image et le rembobinage de la pellicule. Ils participent de ce que le spectacle a de meilleur, la scénographie.

Je ne parlerais donc que de la première partie. La scénographie se compose de 9 panneaux à roulettes. Certains sont de simples cloisons de bois, d’autres sont munis de portes, d’autres enfin sont ajourés comme des baies-vitrées. Concrètement, les techniciens les déplacent pour composer différents espaces –la scène du crime, un bar, l’office notarial etc… D’un point de vue dramaturgique, ils donnent à voir, selon leur configuration, différents points de vue. C’est le principe cinématographique du champs/contre-champs et c’est ainsi qu’il nous est donné à voir, plusieurs fois, le crime originel. Plus le drame avance, plus l’agencement des panneaux dessinent une sorte de labyrinthe de la psyché d’Hippolyte. Les flashbacks récurrents, tellement drôles au début dans leur comique de répétition, finissent par révéler le grand désordre intérieur qui s’empare d’Hippolyte à mesure que les révélations s’enchaînent.

 

La première partie de « Fauves » est magistrale. L’intensité est telle qu’elle délie les langues à l’entracte. J’ai rencontré plusieurs spectateurs qui avaient besoin de partager leur expérience, leurs doutes et leurs interrogations. La seconde partie est malheureusement  retombée comme un soufflé.

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