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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 22:53
Retours et le père de l'enfant de la mère

 

Pascal Victor

Un spectacle produit par le Quai (CDN Angers pays de la Loire) vu le 15 juin 2019 au Théâtre du Rond Point (Paris, VIII°)

 

Texte : Fredrik Brattberg

Mise en scène : Frédéric Bélier-Garcia

Comédiens : Jean-Charles Clichet, Camille Chamoux, Dimitri Doré

Genre : théâtre

Public : adulte

Durée : 1H30

 

 

Le mois de juin est décidément propice aux jolies découvertes ! Ce soir deux petites pièces inédites en France : « Retours » et « le père de l’enfant de la mère » du norvégien Frédrik Brattberg.

 

Les deux pièces ont en commun le thème de la parentalité. « Retours » est un conte cruel et absurde. Un couple fait le deuil de son fils disparu, Gustav. Mais Gustav réapparait. Les parents reprennent « leur vie de tous les jours ».Puis Gustav disparaît  à nouveau et  à nouveau réapparaît. Et ainsi de suite jusqu’à ce que les parents, toujours plus froids et indifférents devant cet éternel retour, finissent par faire disparaître l’ado une bonne fois pour toute. « Le père de l’enfant de la mère », plus ancré dans la réalité, n’en n’est pas moins acerbe. La pièce raconte la compétition sournoise que se livrent les parents pour obtenir l’amour exclusif de leur bébé.

Le dispositif scénique est simple et ingénieux. Dans « Retours », des cloisons dessinent un intérieur des années 70. Côté cours, la cuisine en formica ; côté jardin, le salon avec baie vitrée et canapé. Le téléphone à fil est l’accessoire central. Pour passer au second opus, la baie vitrée devient support photo d’un cliché réunissant papa, maman et bébé au lit. Pendant ce temps, les techniciens déchassent les cloisons et dessinent avec les cadres munis de néons oranges un nouvel intérieur, ouvert sur l’extérieur. Le poupon, le vélo et le vase constitueront les trois nouveaux accessoires de jeu.

Dans les deux pièces, la langue de Fredrik Brattberg use à l’envie de répétitions. Cette mélopée étrange, faite de répliques et de scènes qui se rejouent  avec d’infimes variations, augmente l’intensité dramatique, inverse les points de vue, et fait terriblement rire. Dans « retours », les vacheries s’enchaînent et vont crescendo ; dans « le père de l’enfant de la mère », les petites phrases du quotidien répétées à la nausée génèrent un malaise insoutenable. C’est une partition en or pour trois comédiens d’excellence. D’une intonation ou d’une gestuelle discrète, ils soulignent toute la nuance du non-dit de la répétition. Dans le non-dit, Dimitri Doré qui manipule la marionnette de la petite Frida (l’enfant du deuxième couple) est stupéfiant.

« Retours » et « le père de l’enfant de la mère » ont été réunis avec bonheur. Les deux pièces, merveilleusement interprétées et mises en scène, résonnent au plus profond de notre propre expérience de parent.

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18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 22:43
Sacré, sucré, salé

Un spectacle produit par la compagnie L’oubli des cerisiers (95 L’Isle Adam) vu le 14 juin 2019 au Théâtre de la Reine Blanche (Paris, XVIII°)

 

Texte : Stéphanie Schwartzbrod

Mise en scène : Stéphanie Schwartzbrod et Nicolas Struve

Comédien : Stéphanie Schwartzbrod

Genre : théâtre

Public : tout public

Durée : 1H20

 

 

Les théâtres nationaux que j’ai coutume de fréquenter ont la fâcheuse manie de condenser leur saison entre octobre et mai. A mauvaise fortune, bon cœur : c’est l’occasion d’aller découvrir ce qui se passe dans des  salles plus modestes, notamment celles de mon quartier. Le théâtre de la Reine Blanche est de celles-là. Elle proposait « sacré, sucré, salé ». L

a note d’intention m’a séduite. Et ce n’était pas qu’un charme factice.

 

Stéphanie Schwartzbrod nous propose un étonnant voyage culinaire et spirituel. Pourtant, elle nous explique d’entrée de jeu, après avoir accueilli le public derrière ses fourneaux, qu’à priori, il n’est rien de plus antinomique que nourriture et pensée. Tout le spectacle consiste à montrer, au contraire, combien les plats sont intimement liés aux religions et combien ils en révèlent la saveur.

« Sacré, sucré, salé » égrène donc le calendrier des fêtes des trois religions monothéistes, depuis l’Epiphanie en janvier jusqu’au Noël suivant. Pour chacune des « grandes fêtes », la comédienne endosse le rôle d’un personnage différent (souvent la maîtresse de maison à ses fourneaux mais aussi un rabbin, une bigote catholique, une simple fidèle), raconte le sens de la fête,  en redonne le contexte historique et convoque l’étymologie pour mieux montrer qu’aucun des plats rituels n’est servi au hasard.

Le dispositif scénique est très simple : une grande table centrale qui fait office aussi bien de plan de travail que de grande tablée ; côté cour, une malle en osier qui servira de castelet aux différents ingrédients autorisés ou proscrits durant Pessah ; côté jardin, une autre table jonchée d’ingrédients et une cuisinière ; en fond de scène, un cyclo. Le tout est agrémenté d’un joli travail lumière et de musiques discrètement connotées religieusement.

Stéphanie Schwartzbrod est d’abord une excellente conteuse. Son verbe et sa gestuelle savent nous faire voyager. Son chant participe du dépaysement. L’érudition qu’elle porte sur scène n’empêche pas l’humour. Ainsi de cette scène où elle regarde, hypnotisée, le public en mangeant une galette de pain azyme comme si elle regardait vraiment  le péplum « des dix commandements » qu’elle nous offre en fait à voir sur le cyclo. Le régisseur son/lumière participe aussi de cette mise en abyme : son récurrent « et qu’est ce qu’on mange ? » rythme le spectacle et opère un  comique de répétition bien venu. Le public rit et, à la demande de la comédienne, participe régulièrement.  La fête de Pourim pousse au paroxysme ce principe puisqu’il est demandé au public d’en jouer le rituel, avec force crécelles et exclamations. C’est enfin un spectacle d’une grande tolérance qui sait mettre en exergue, très finement, les liens entre les trois monothéismes.

 

 

« Sacré, sucré, salé » est un très joli spectacle, complet dans sa forme, intelligent dans son écriture, sensible dans son jeu. Il en appelle à une forme de communion.  Le partage de la chorba en fin de spectacle en est l’expression concrète.

 

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19 mai 2019 7 19 /05 /mai /2019 23:25
Fauves

 

Un spectacle produit par le Théâtre de la Colline (75 Paris) et vu le 13 mai 2019 au Théâtre de la Colline (Paris XIX°)

Mise en scène : Wajdi Mouawad

Texte : Wajdi Mouawad

Comédiens : Ralph Amassou, Lubna Azabal, Jade Fortineau, Hugues Frenette, Julie Julien, Reina Kakydate, Jérôme Kirchner, Norah Krief, Maxime Le Gac-Olanié, Gilles Renaud, Yuriy Zavalnyouk.

Genre : théâtre

Public : adulte

Durée : 4H .

 

Ce joli mois de mai est le mois de la nouvelle proposition théâtrale de Wajdi Mouawad. Inconditionnelle depuis toujours, je suis donc allée découvrir « Fauves ». La scénographie, époustouflante comme de coutume, n’est pas parvenue à combler les faiblesses du récit.

 

Le spectacle s’ouvre sur une dispute conjugale qui se termine en homicide. On découvre bientôt que c’est une scène du film d’Hippolyte, le héros de la pièce. Perdu dans un montage qu’il ne parvient pas à achever, il ne sait pas encore que son film est la métaphore du drame familial et transgénérationnel  qu’il porte en lui. Car comme dans « Incendie », c’est le décès de la mère et le passage obligé chez le notaire qui vont ouvrir la boîte de Pandore des origines. Mais cette fois, le scénario part trop loin et le tragique, à force de rebondissements à outrance, frise le ridicule.

Le spectacle se découpe en deux parties. La première, de 2H35, riche d’une inventivité scénographique inouïe, est celle de l’intensité dramatique. La seconde, celle du surgissement de la vérité, est donnée à voir de façon si frontale et si statique qu’elle révèle toutes les faiblesses de la construction narrative. Je me suis fermement ennuyée, au point de vouloir partir. Certains dans la salle ont franchi le pas.

Le jeu est à l’image de la pièce, inégal. Ils sont 11 comédiens et 5 techniciens plateau  à porter ce spectacle-fleuve. Il faut saluer l’endurance de chacun et en particulier celle de Jérôme Kirchner dans le rôle titre. Lubna Azabal compose une incroyable figure de vieille femme. J’ai particulièrement apprécié la prestation de Reina Kadukate et de Gilles Renaud. Ils forment le couple du film d’Hippolyte et jouent les arrêts sur image et le rembobinage de la pellicule. Ils participent de ce que le spectacle a de meilleur, la scénographie.

Je ne parlerais donc que de la première partie. La scénographie se compose de 9 panneaux à roulettes. Certains sont de simples cloisons de bois, d’autres sont munis de portes, d’autres enfin sont ajourés comme des baies-vitrées. Concrètement, les techniciens les déplacent pour composer différents espaces –la scène du crime, un bar, l’office notarial etc… D’un point de vue dramaturgique, ils donnent à voir, selon leur configuration, différents points de vue. C’est le principe cinématographique du champs/contre-champs et c’est ainsi qu’il nous est donné à voir, plusieurs fois, le crime originel. Plus le drame avance, plus l’agencement des panneaux dessinent une sorte de labyrinthe de la psyché d’Hippolyte. Les flashbacks récurrents, tellement drôles au début dans leur comique de répétition, finissent par révéler le grand désordre intérieur qui s’empare d’Hippolyte à mesure que les révélations s’enchaînent.

 

La première partie de « Fauves » est magistrale. L’intensité est telle qu’elle délie les langues à l’entracte. J’ai rencontré plusieurs spectateurs qui avaient besoin de partager leur expérience, leurs doutes et leurs interrogations. La seconde partie est malheureusement  retombée comme un soufflé.

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8 avril 2019 1 08 /04 /avril /2019 20:29
Un Démocrate
Un Démocrate

Spectacle produit par l’Idiomécanic Théâtre (Paris) et vu le 2 avril 2019 au Théâtre de l’Olivier à Istres.

 

Texte : Julie Timmerman

Mise en scène : Julie Timmerman

Comédiens : Anne Cantineau, Mathieu Desfemmes, Jean-Baptiste Verquin et Julie Timmerman

Genre : Théâtre

Public : tout public à partir de 16 ans

Durée : 1h25

 

 

Comment la propagande politique et publicitaire est-elle née?

Après avoir vu cette pièce, vous en saurez bien plus. Elle raconte l’histoire d’Edward Bernays, neveu de Sigmund Freud, qui vit aux Etats-Unis dans les années 20. Bernays invente alors les premières techniques de manipulation des foules. Il est chargé, par exemple, de développer la consommation de cigarettes par les femmes. Comment faire en sorte qu’elles fument en public ?

La mise en scène est très dynamique, rythmée et innovante. Se mélangent théâtre, musique, chant, effets spéciaux, …. Les acteurs interprètent une vingtaine de personnages ; le rôle principal étant joué par tous et à tour de rôle.

En fond de scène une fresque gigantesque : les acteurs y affichent des informations au fur et à mesure que la pièce se déroule.

Une pièce instructive et intéressante à tout point de vue.

 

 

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29 mars 2019 5 29 /03 /mars /2019 19:47
Dans les jardins de Carlos et Nestor
Dans les jardins de Carlos et Nestor

Spectacle produit par You know What Prodution (Paris XX°) et vu le 19 mars 2019 au Théâtre de Nesle (Paris VI°)

 

 

Texte : Bertrand Carnebuse

Metteur en scène : Pascal Hintablian

Comédiens : Pascal Hénault, Marc Bertin

Genre : Comédie

Durée : 1h

 

 

Nous étions installées dans une salle plutôt agréable, chauffée, aux bancs confortables. Les murs en pierre de taille nous présentaient une atmosphère différente des salles de théâtre traditionnelles et nous avons  beaucoup apprécié le fait qu'ils sachent transformer, avec leur décor, cet espace atypique et nous faire voyager d'une petite salle en pierres à un vaste jardin fleuri.

 

Même si nous avons senti quelques longueurs au début de la pièce, l'écriture a su se diversifier en nous proposant de nombreuses réflexions sur des sujets philosophiques. Le tout en utilisant un humour burlesque et un vocabulaire botanique très varié. Les deux personnages, complètement opposés, ont surmonté la haine qu'ils auraient dû avoir l'un pour l'autre pour trouver ce qui les unissait et se compléter.

 

Mais l'écriture fine et légère n'est pas la seule chose qui a fait vivre le spectacle. Les comédiens très énergiques et captivants semblaient très complices et nous faisaient voyager à travers l'histoire personnelle de leur personnage et dans l'univers fleuri qui était le leur. La régie était également assez présente avec notamment des variations de lumière, une projection vidéo et de nombreuses interventions musicales ajoutant une touche finale à l'ambiance de la pièce.

 

Malgré un démarrage un peu lent, cette pièce a su nous offrir de belles surprises et nous faire réfléchir tout en nous divertissant à travers des personnages attachants et un humour simple mais efficace : un très bon moment dans les jardins de Carlos et Nestor.

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 mars 2019 4 14 /03 /mars /2019 14:43
Mange tes ronces
Mange tes ronces

Spectacle produit par Moquette Production (Belgique) et vu le 13 mars 2019 au Théâtre La Colonne (Miramas).

 

Mise en scène : Manah Depauw

Comédiens : Christelle Debrouck, Elfie Dirand et Luc Evens (musicien)

Genre : Théâtre d’ombre

Public : à partir de 6 ans

Durée : 50’

 

 

Léopold, 6 ans, doit passer deux jours chez Mamie Ronce. Il n’en a pas très envie …. Mamie Ronce est, comme son nom le suggère, un peu piquante et pas très accueillante. Elle vit avec son chien Moquette qui n’aime pas les enfants.

 

L’histoire décrit ces deux journées et nous fait passer par toutes les émotions : parfois drôles, parfois tristes, autant émouvantes qu’effrayantes. On suit les aventures de Léopold : leur coloration s’étend dans une gamme qui va de la peur à la tendresse.

La mise en scène est réalisée avec des rétroprojecteurs qui projettent des images animées sur fond de draps cousus. C’est magnifique et totalement maîtrisé. Le tout est accompagné par les voix de Léopold, de Mamie Ronce et de Moquette, mais aussi par d’excellents bruitages. Ils sont réalisés avec des instruments, des objets divers et variés ou bien à la voix. Effet garanti mais qui parfois rend le texte peu audible.

 

Tout au long du spectacle, il y a beaucoup de réactions dans la salle, les enfants sont pris dans l’histoire et se régalent.

 

 

Maren Scapol

 

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11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 10:44
George Sand. Confidences de la Dame de Nohant
George Sand. Confidences de la Dame de Nohant

Spectacle création produit par la Compagnie Confidences (75) vu le dimanche 24 février 2019 à la Comédie Nation.

Deux versions sont possibles pour ce spectacle :

- La version théâtre-concert avec pianiste (1H20)

- La version théâtre seul avec bande sonore pour les extraits musicaux (1H 05) 

Texte : Rosa Ruiz

Interprétation : Rosa Ruiz

Mise en scène : Enrique Fietas

Interprétation au piano des morceaux de Chopin : Nicolas Reulier

Théâtre pour adultes

Durée : 1H20 ou 1H05 selon la version.

 

Il m’est impossible de ne pas assister à une pièce évoquant Georges Sand ! De toute évidence, cela remonte à des souvenirs d’adolescence mêlés à des coups de coeur littéraires, plus tard sur les bancs de la l’université : la fascination pour une femme révolutionnaire et intrépide comme j’aurais sans doute aimée l'être. Alors quand j’ai découvert par hasard l’affiche d’un nouveau spectacle sur cette grande dame, je m'y suis precipitée. Forcément !

Une belle affiche avec un beau visage d’actrice, celui de Rosa Ruiz. Une cigarette qu’elle s’apprête à allumer à l’aide d’une bougie, un bureau et des livres. Nécessairement. J’ai déjà eu la chance de voir jouer cette actrice il y a quelques années dans une pièce traitant du thème du genre "Bleu pour les filles. Rose pour les garçons". Une actrice charismatique privilégiant toujours une mise en scène soignée et un texte taillé au cordeau. C’est le cas aussi pour cette nouvelle pièce.

Rosa Ruiz a conçu l’écriture de sa pièce en s’inspirant des ouvrages suivants : "Histoires de ma vie", la "Lettre au peuple", la biographie de Francine Mallet ainsi que des très nombreuses lettres écrites par la célèbre Dame de Nohant tout au long de sa vie, tantôt à Chopin, tantôt à Alfred de Musset , tantôt à d’autres destinataires moins illustres.

Nous sommes en mai 1848. George Sand est désenchantée : la Révolution a avorté et sa relation avec "Chop.", comme elle le surnomme elle-même, la déstabilise encore davantage. Elle porte un regard lucide et attendrissant sur son passé, sur cet amour indélébile qu’elle gardera toute sa vie au plus profond de son être, jusqu’à sa mort.

A ce titre, les préludes interprétés par le pianiste Nicolas Reulier apportent au spectacle une force toute particulière à travers lesquels le spectateur se sent totalement immergé et qui exacerbent encore davantage la sensibilité du texte et des confidences de la romancière. Je l’ai du moins vécu ainsi, à titre personnel, mais à en juger par les commentaires du public, à la sortie, je n’ai pas été la seule à avoir ce ressenti!

Rosa Ruiz virevolte entre les notes de musique et des paroles finement sélectionnées, revêtant tour à tour une superbe robe rouge sur laquelle elle glisse parfois un long manteau et une tenue d’homme qui lui sied à merveille. L’humour de la romancière et son esprit aiguisé sur les choses et les gens ne sont pas oubliés. Ils ponctuent ainsi la pièce avec brio et nous font prendre conscience de la modernité de Georges Sand. A son enterrement en 1876, Victor Hugo déclara :

- "Dans ce siècle qui a pour loi d’achever la révolution française et de commencer la révolution humaine, l’égalité des sexes faisant partie de l’égalité des hommes, une grande femme était nécessaire ".

Ce qui émane de cette superbe pièce, c’est avant tout l’aspect passionné et idéaliste de cette femme hors du commun. On le ressent particulièrement dans l’amour-tendresse qu’elle a porté à Chopin : un côté maternel dans lequel, probablement, de nombreuses femmes pourront se reconnaître. La mise en scène sobre et raffinée d’Enriqué Fiestas parachève un très joli spectacle et l’on en sort apaisé, confiant, rassuré en nous demandant :

-"A quand une autre George Sand ?" Quand bien même n’y en aurait-il pas d’autre, qu'elle, au moins, aura existé !

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3 décembre 2018 1 03 /12 /décembre /2018 18:11
Les 12 travaux d'Hercule (ou presque)
Les 12 travaux d'Hercule (ou presque)

Une production de la Cie du théâtre Mordoré, spectacle vu le 17 novembre 2018 au Lucernaire, et représenté jusqu'au 6 janvier 2019, puis du 27 mars au 14 avril 2019 à l'Espace Paris Plaine.

 

Interprètes : Joëlle Lüthi, Alexis Consolato, Jacques Courtès, Alexandre Levasseur ou Yan Richard
Metteuse en scène et voix off : Sarah Gabrielle

 

Genre : Théâtre jeune public

Public : À partir de 6 ans
Durée : 1h

 

Une petite salle aux sièges très confortables nous a accueillies pour cette représentation des "12 travaux d'Hercule (ou presque)". Le très jeune public était plutôt agité et bruyant mais les comédiens ont très bien su gérer le fond sonore et garder leur concentration.

La première chose que nous vîmes sur scène fut le décor, très représentatif du contexte historique mais très simple. Les comédiens jouaient avec, l'utilisant à des fins comiques. Les costumes étaient également très complets et efficaces ; enfin, un jeu de lumière très bien maîtrisé accompagnait la pièce (une scène de bataille nous a notamment marquées dans laquelle la metteuse en scène avait choisi d'utiliser un effet de lumière stroboscopique qui rendait la scène particulièrement exaltante).

Les comédiens nous ont spécialement plu : ils étaient très impliqués et ils interagissaient beaucoup entre eux mais également avec le public. De plus, certains se travestissaient pour pouvoir incarner des personnages supplémentaires, tous plus délirants les uns que les autres. Quelques interventions musicales et dansantes ponctuaient le spectacle et rythmaient l'histoire.

L'histoire, elle, n'a pas été complètement modifiée, tout en étant adaptée pour la compréhension des plus jeunes. Aucun élément, à notre connaissance, n'a été omis et l'insertion d'une voix off qui narrait les événements faisait avancer le déroulé de l'action.

Nous avons beaucoup apprécié voir cette pièce dans laquelle l'histoire des 12 travaux d'Hercule est adaptée pour un jeune public mais dont l'humour est accessible à tous, petits et grands. Cette pièce est à voir pour les enfants, les adultes qui veulent retourner en enfance, ou tout simplement ceux qui veulent passer du bon temps !

 

Gabriette

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23 novembre 2018 5 23 /11 /novembre /2018 11:44
Variations énigmatiques
Variations énigmatiques

La Compagnie Cocotte de Genève nous présente, pour la première fois en France, dans la salle des fêtes de Mérindol (Vaucluse) une belle interprétation de la pièce d’Eric-Emmanuel Schmitt par deux jeunes et talentueux comédiens, création 2016. 

Comédiens : Bastien Blanchard et Antoine Courvoisier
Mise en scène : Charlotte Filou

Genre : Théâtre
Public : Adulte
Durée : 1h20

Eric Larsen, reporter un peu maladroit, vient rendre visite à Abel Znorko, Prix Nobel. Hautain, imbu de sa personne et vivant en solitaire, celui-ci refuse normalement tout interview.

Pourquoi a-t-il accepté cette fois-ci ? Pourquoi la relation entre les deux hommes s’inverse petit à petit ? Nous assistons à une joute verbale, qui se transforme en un jeu de la vérité cruel, avec un glissement progressif des rôles de chacun.

La mise en scène est simple et, malgré le lieu de représentation (scène d’une salle des fêtes), efficace, basée sur le rythme et les déplacements des deux comédiens. Sans artifices, les comédiens nous captivent, on découvre pas à pas l’histoire à rebondissements, on y croit, on y est.

Le texte, magnifique, profond, drôle parfois, interroge la relation amoureuse : Qui aime-t-on quand on aime ?

Maren Scapol

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22 novembre 2018 4 22 /11 /novembre /2018 19:31
Un instant Proust

 

photo de Pascal Victor

Un spectacle produit par Le TGP (93, Saint-Denis) vu le 16 novembre 2018 à TGP (93, Saint-Denis).

Mise en scène : Jean Bellorini
Comédiens : Hélène Patarot, Camille de la Guillonnière

Genre : Théâtre
Public : Adulte
Durée : 1h45

Jean Bellorini s’est fait une spécialité de porter au théâtre des monuments littéraires qui par leur forme et leur taille ne sont pas, à priori, des textes théâtraux. C’est le seul metteur en scène, à mon sens, qui sache le faire avec brio. Après Rabelais, « Les Misérables » et « Les Frères Karamazov », voilà venu le tour de Proust. L’expérience m’a cette fois moyennement convaincue.

Impossible avec Proust de monter l’intégrale en 1h45. C’est d’ailleurs ce qu’annonce le titre du spectacle. Il a donc fallu opérer des choix. Judicieux dans l’ensemble. Avant tout faire ressortir la substantifique moelle de l’œuvre : le temps, « le calendrier des faits [qui] ne coïncide pas avec le calendrier des émotions », le surgissement du souvenir, la finitude de l’homme. Pour faire entendre ces problématiques existentielles, Jean Bellorini et son équipe ont eu recours à différents procédés. Un choix de quelques textes anthologiques, une certaine lenteur de jeu et beaucoup de silences, un décor sublime d’église désaffectée qui tel un confessionnal recueille la parole, la création d’un personnage « contemporain ». C’est une vielle femme, d’origine vietnamienne, réfugiée en France dans sa prime enfance et devenue, avec l’âge, plus ou moins amnésique. C’est à un exercice de maïeutique que le jeune Proust invite la vieille femme à partir du texte « Le premier bouton de ma bottine » extrait de Sodome et Gomorrhe. Cet extrait reviendra à trois reprises pour relancer le dialogue.

Ce nouveau personnage permet l’entrée théâtrale dans le texte. La confrontation des deux mémoires, la contemporaine et celle de Proust, est intéressante. Le problème c’est que l’on s’aperçoit rapidement du stratagème : la vieille femme n’est que prétexte théâtral et « disparaît » dans son identité propre à maintes reprises, ce qui donne au spectacle une certaine incohérence. Le jeu est lent, très lent, pour donner certes la mesure du temps qui passe… mais voilà qui d’un point de vue théâtral est passablement ennuyeux. D’autant que malgré la sonorisation des deux acteurs, le texte n’est pas toujours audible. Et pour finir dans ce registre, texte introspectif oblige, ça ne joue pas ou peu. J’ai donc décroché plusieurs fois ce qui a eu pour fâcheux effet de me faire remarquer des faiblesses que j’aurais sans doute oubliées sans cet ennui. Le décor et l’éclairage, réellement sublimes, sont finalement fort peu mis à contribution. La moitié du spectacle au moins se tient en avant-scène sur deux bancs, laissant en arrière-plan et vide, le décor d’église et son empilement de chaises. Surtout la bande son, parfois augmentée d’un très bon jeu de guitare en live, est insupportable. La dernière scène dans laquelle Proust raconte, par la voix de la vieille femme, la prise de conscience de l’irrémédiabilité de la mort de la grand-mère frise - entre la musique, les chaises assemblées en forme d’autel baroque et la grandiloquence de la diction - le ridicule.

Mais Jean Bellorini est un metteur en scène suffisamment aguerri pour rattraper par ailleurs son spectacle. Il débute avec un joli décalage temporel : alors que le jour s’éveille, on entend intégralement « Avec le temps » de Léo Ferré qui nous met en fort bon appétit d’écoute. Quand les deux comédiens jouent vraiment, le texte résonne avec bonheur et c’est heureux que beaucoup de lycéens de banlieues, ce soir, aient pu le découvrir sous cette forme. Quand Proust raconte le baiser maternel du soir, extrait de « Du côté de chez Swann », on rit à gorge déployée du stratagème et des angoisses conçues avec. Le spectacle n’est pas dénué d’humour. Ainsi quand la vieille femme imite l’accent de sa grand-mère vietnamienne ou celui de sa famille d’accueil berrichonne, l’effet comique est immédiat. Enfin, pour un public plus averti, les allusions aux différents tomes et épisodes de la « Recherche du Temps perdu » font sourire tant ils sont délicatement amenés. La madeleine à la sauce vietnamienne est géniale!

« Un instant Proust » m’aura donc laissé une impression mitigée. La mise en scène est, comme toujours, brillante. Le décor, superbe, est polysémique. La capacité des comédiens à restituer des textes denses et riches est admirable. Je ne peux que saluer l’ambition de Jean Bellorini de vouloir vulgariser ces monuments littéraires. Je crains seulement, cette fois, que Proust ne résiste à l’exercice.

 Catherine Wolff

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