Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Profil

  • www.vivantmag.fr
  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr

Bienvenue

Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
Si vous souhaitez prendre contact avec l'une des compagnies présentées, adressez nous un mail à blog@vivantmag.fr, nous vous adresserons rapidement leur coordonnées.
Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
Le Catalogue Vivant 2013/2014 des Spectacles repérés est disponible...
> Commande en ligne sur le site.

Rechercher

Mode d'emploi...

Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

21 juillet 2018 6 21 /07 /juillet /2018 15:05

Spectacle de la compagnie des aléas (75), vu le 19 juillet 2018 au théâtre du Train Bleu à 11h45, dans le cadre du festival d’Avignon Off 2018 (jours impairs).

 

Auteur : Neil Labutte

Mise en scène : Léa Marie-Saint Germain et Adrienne Ollé

Interprètes : Kévin Chamotte, Aurélien Gouas, Léa Marie-Saint Germain, Pierre Yvon

 

Genre : Théâtre contemporain
Public : tout public à partir de 12 ans
Durée : 1h15

 

Sur la scène du grand et beau multiplexe théâtral du Train Bleu et devant un large public, voici le cauchemar américain présenté par un Donald Trump au mieux de sa forme. Le spectacle commence par un extrait du discours du président américain devant les adhérents de la NRA (National Rifle Association) le 4 mai dernier, où il défend le droit à la liberté de se défendre, armes au poing, pour lutter contre le terrorisme en faisant référence explicitement à l’attentat du Bataclan. Glaçant ! ça c’est la réalité.

 

« Made In America » propose de déplacer un poil le curseur, sur le mode de la cultissime série « Black Miror » et nous offre quatre scènes traitant de sujets d’actualité : l’immigration, la discrimination raciale, l’épuisement des ressources naturelles et l’homophobie. Quatre sujets d’une actualité pressente et qui débordent largement la question de la politique américaine, mais qui permettent, via le filtre américain, un effet de loupe intéressant pour montrer les dysfonctionnements de nos sociétés. Ces quatre scènes sont entrecoupées de projections sur grand écran mettant en avant le rêve américain confronté à la réalité. Moins violent, mais tout aussi représentatif.

 

La mise en scène, plutôt classique, est entrecoupée de moments musicaux et dansés, pour reposer le spectateur devant tant d’horreurs entendues. Et il en a bien besoin !

Les quatre comédiens sont tous impeccables et nous montrent la façon insidieuse avec laquelle les esprits se façonnent sur des idées prônant le repli sur soi, la peur de l’autre et la naturelle revendication à s’occuper de soi, faisant ainsi le lit de l’intolérance et du racisme. Nous sommes dans un proche avenir qui nous pend au nez si nous n’y sommes pas attentifs.

 

Clichés, préjugés, bourrage de crâne et arguments fallacieux sont le décor dans lequel nous baignons. Cupidité électorale, enjeux de pouvoir et décomptes statistiques sont les éléments permettant de construire leurs tableaux. Le propos est piquant, insupportable, intolérable, et c’est ce qui fait la spécificité du spectacle et des textes de l’auteur américain Neil Labutte, dont sont tirées ces pièces courtes. Il nous invite ainsi à nous interroger sur nos propres comportements et notre position au quotidien face à ces montées de protectionnisme et de pensée unique, ou face à notre individualisme forcené. Cela concerne la plupart des pays occidentaux et ne se limite pas uniquement aux Etats-Unis, même si l’effet Trump ne trompe personne.

On n’y croyait pas, et puis... c’est arrivé ! Restons vigilants.

 

Eric Jalabert

Partager cet article
Repost0
21 juillet 2018 6 21 /07 /juillet /2018 14:33

Spectacle de la compagnie Innisfree (93), vu le 18 juillet 2018 à l’Artéphile à 21h20, dans le cadre du festival d’Avignon Off 2018.

 

Auteure et interprète : Kelly Rivière

Sous les regards de : Jalie Barcilon, David Jungman, Suzanne Marrot et Sarah Siré

 

Genre : Théâtre
Public : tout public à partir de 14 ans
Durée : 1h15

 

Encore une salle pleine, et cela fait plaisir à voir. Décidément, l'Artéphile sait choisir ses spectacles !

 

En fond de scène, des photos accrochées sur des fils. Voilà pour le décor. Kelly, jeune fille d’origine irlandaise, fantasme la vie de son grand-père Peter, parti de son Irlande natale pour s’installer à Londres avec sa grand-mère Margaret. Et puis, un jour il a disparu... sans que personne n’ait pu lui en dire davantage. Jeune, elle y puise son inspiration pour rendre sa vie plus folichonne, mais adulte elle se lance dans la recherche de ce grand-père, parti en laissant une femme seule avec ses six enfants, isolée dans une Angleterre hostile.

 

Kelly nous conte sa quête, presque un thriller familial, drôle et plein de rebondissements, où elle nous fait vivre ses rencontres avec une foultitude de personnages croquignolesques. Kelly Rivière incarne avec brio chacun d’entre eux - plus de 25 personnages -, et prend un vrai plaisir à nous emmener dans cette histoire - son histoire ? -, avec une maîtrise incomparable des accents. Quelques échanges en anglais - souvent traduits - pourraient donner un petit sentiment d’exclusion à ceux qui ne maîtrisent pas la langue, mais rien de dissuasif.

 

C’est, pour la comédienne, l’occasion de dresser des portraits familiaux, des personnages hauts en couleur, et d’évoquer les secrets familiaux, les non-dits qui font boule de neige, et deviennent de vrais histoires universelles sur l’exil et les racines de chacun. 

 

On la suit avec délice dans son périple, rythmé, drôle, émouvant et sans temps morts. Une comédienne de grand talent à découvrir au plus vite.

 

Eric Jalabert

Partager cet article
Repost0
21 juillet 2018 6 21 /07 /juillet /2018 14:18

Spectacle de la Farouche compagnie (11), vu le 18 juillet 2018 à l’Artéphile à 10h, dans le cadre du festival d’Avignon Off 2018.

Auteur  et interprète : Sabrina Chézeau

Mise en scène : Luigi Rignanèse

 

Genre : Arts du récit
Public : tout public à partir de 10 ans
Durée : 1h10

 

Une salle presque complète pour un horaire matinal, c’est plutôt bon signe pour ce spectacle que j’avais sélectionné et que l’on m’avait, de plus, recommandé. Je n’avais pas été rebuté par l’intitulé « Arts du récit », qui en Avignon pourtant, fait un peu office de parent pauvre. Il pourrait être classé « seul en scène » ou « théâtre ». En tout cas, ne passez pas à côté !

 

L’ histoire est celle d’une petite fille de 13 ans, Sabrina, qui se voit contrainte d’accompagner son père, René, en vacances dans un bled paumé pour aller voir mémé Louise, enfermée en maison de retraite, version unité Alzheimer. C’est ce dernier point qui sûrement avait suscité ma curiosité, puisque ma mère y séjourne également. Dans ce village isolé, vit au fond de la forêt et près du lac, une dame dont tout le monde se méfie et sur laquelle court d'insensées légendes : la sauvage.

 

Sabrina Chézeau, auteure et interprète, nous emmène immédiatement dans son histoire. Elle nous fait ressentir tout ce qu’elle traverse : l’insouciance de l’adolescente, la fraîcheur de la forêt, le regard des adultes, l’inquiétude qui monte. Elle a une grande maîtrise de ses personnages et nous offre un récit fluide, très construit, mêlant humour et émotion, et entrecoupé de « refrains » qui rythment les scènes, comme seuls les conteurs savent le faire. Son bâton, seul accessoire sur scène, est utilisé avec intelligence et originalité pour apporter quelques éléments visuels à son récit.

 

Elle nous fait vivre avec élégance des allers-retours permanents entre la réalité et ses rencontres de contes de fées avec « la sauvage ». Elle nous invite avec humour au cœur de ces maisons de retraite (que je connais un peu, du coup), où on pourrait laisser vagabonder la folie, si on ne normalisait pas tout, et où on pourrait laisser entrer le bonheur et la joie de vivre.

Elle maîtrise parfaitement tous les personnages avec un amour profond pour chacun d’eux - ou presque -, et nous entraîne dans une très belle histoire onirique sur la différence et l’acceptation de l’autre. Qui est fou ? qui ne l’est pas ? Quel regard porte-t-on sur les autres ?

Vous l’aurez compris, « la sauvage » n’est pas si sauvage que cela. Et elle a beaucoup de choses à nous apprendre !

 

Courrez voir ce beau spectacle, à l’Artéphile Théâtre dont la programmation est vraiment superbe cette année.

 

Eric Jalabert

Partager cet article
Repost0
19 juillet 2018 4 19 /07 /juillet /2018 17:37

 

Spectacle de la compagnie Aigle Noir Production / LNC, vu le 17 juillet 2018 au Théâtre des Corps Saints à 19h25, dans le cadre du festival d’Avignon Off 2018.

 

Auteur : Lionel Cecilio

Avec : Lionel Cécilio

Musique : Lucien Pesnot

Création lumière : Johanna Boyer-Dilolo

Chorégraphies : Sylviane Bauer-Motti

 

Genre : Seul en scène
Public : Tout public
Durée : 1h20

 

Mon premier spectacle d’Avignon cette année, et je me fais un vrai plaisir à me poser un peu. La salle est complète et sur scène, une porte, un lit et une table... Nous sommes chez un jeune homme qui tente d’écrire ses mémoires.

Il nous parle de ses souffrances, de sa maladie qui lui inflige des douleurs ininterrompues et qu’il tente de partager avec nous. De ses souvenirs d’enfance, de la relation paternelle, de ses moments de vie, de ses difficultés à rentrer dans le moule, dans « la fabrique à uniformisation » qu’est l’école. Mon oreille se tend malgré la difficulté à rentrer dans un texte un peu trop en bouche.

 

Et puis, il nous fait dialoguer Dieu avec Albert Einstein sur la relativité de l’existence de Dieu, et on monte d’un cran. Il me semble que le comédien se détend et son texte est plus fluide. C’est indéniablement un bon moment et il nous entraîne dans son apprentissage du théâtre où il découvre la possibilité d’être enfin lui-même.

Il nous emmène alors avec beaucoup de drôlerie et de sensibilité vers l’acceptation de la différence. Est-il fou ? Certainement pas ! Mais pourquoi opposer les gens ?

Sa mise en scène est ponctuée de moments chorégraphiés, discrets, et son jeu, passant d’un personnage à l’autre, reste assez académique, même si la seconde partie du spectacle le libère un peu.

 

Un spectacle « à message », un peu trop affiché à mon goût, mais plus sensible qu’il n’y paraît.

 

Eric Jalabert

Partager cet article
Repost0
17 juillet 2018 2 17 /07 /juillet /2018 17:37
Les Amants de Vérone

Spectacle "Les Amants de Vérone", vu le 16 juillet, Avignon OFF 2017, à 16h15 à la Cour du Barouf. Du 6 au 29 juillet, relâche les 10, 17 et 22 juillet.

De : Compagnie des Almendra et Compagnie
Avec : Laura Fievet, Clarisse Gourmaud ou Simona di Maio, Christine Lacombe, Sebastien Labate, Thomas Lemaître ou Clément Joubert
Mise en scène : Christine Lacombe

    Genre : Contemporain
    Public : Tout public
    Durée : 1h

    La Cour du Barouf, valeur sûre si vous souhaitez voir de la Commedia dell’arte. En plein centre-ville l’accueil se fait dans la cour fermée, sous les platanes.

    "Les Amants de Vérone", version populaire du grand classique "Roméo et Juliette", Commedia dell’arte oblige, se jouent dehors dans la cour, derrière un épais rideau noir et sous des voiles blancs qui nous abritent de la météo. Les cigales chantent... Arrive alors brusquement un personnage masqué, un peu sorcière sur les bords, qui s’adresse au public et c’est parti pour une heure de rires et de bonne humeur.

    Les cinq acteurs jouent de nombreux rôles avec une qualité d’interprétation exceptionnelle. Gestes, mimiques, intonations, tout y est. Les masques sont magnifiques, on retrouve tous les ingrédients de la Commedia dell’arte.

    La compagnie rajoute sa touche personnelle en jouant avec les mots, en manipulant l’humour avec beaucoup d’adresse et en intégrant tout au long du récit à partir de mots clés des extraits de paroles de chansons françaises. C’est étonnant, mais ces paroles qui nous sont si familières, s’intègrent parfaitement dans un Shakespeare !

    Bref : enfants, parents et grands-parents se régalent, on rit aux larmes et on n’a pas envie que ça se termine !

    Maren Scapol

    Partager cet article
    Repost0
    17 juillet 2018 2 17 /07 /juillet /2018 17:04
    Le Réveil des Serpents

    Spectacle « Le Réveil des Serpents » (coréalisation avec le Théâtre des Barriques), vu le 14 juillet, Avignon OFF 2017, à 15h30 au Théâtre des Barriques, salle rouge. Du 6 au 29 juillet à 11h et 14h, relâche les 10, 17 et 24.

    De : Compagnie Arts et Cendres
    Avec : Lucie Jousse, Paul Luneau, Sascha Guitton, Mise en scène : Victor Quezada-Perez

    Genre : Théâtre
    Public : Tout public
    Durée : 1h15

    Après l’accueil chaleureux par le metteur en scène, on nous regroupe 5 minutes avant le début du spectacle pour partir tous ensemble dans une ruelle voisine où se trouve l’entrée de la petite salle. Une petite randonnée urbaine, c’est là, tout le charme du Festival d’Avignon !

    Petite salle avec des fauteuils confortables et une température agréable. Les lumières s’éteignent, la pièce va donc commencer. Mais ça ne se passe pas du tout comme on s’y attend, pas du tout comme d’habitude. Le public réagit et rentre progressivement dans la pièce, découvre la situation, est décontenancé, puis amusé, parfois interloqué. Deux hommes se retrouvent emprisonnés dans un trou. S’engage un dialogue autour de leur condition et autour de la liberté. Mais pourquoi ont-ils un nez de clown ? L’histoire se prolonge avec l’arrivée d’une voyageuse …

    Le texte de Visniec, fort intéressant, est joué par les trois acteurs qui excellent dans l’interprétation. Le décor et la mise en scène sont très épurés et fonctionnent parfaitement.

    Compagnie écolo, sans dossier de presse papier ni affiche.

    Maren Scapol

    Partager cet article
    Repost0
    14 juillet 2018 6 14 /07 /juillet /2018 12:31
    Le déni d'Anna
    Le déni d'Anna

    Spectacle de la cie Siparka, vu le 7 juillet, Avignon OFF 2018 à 17h15 au théâtre de l’entrepôt.

    Création théatre Lucernaire Paris 2017

    Durée : 1h40

    Ecrit et mis en scène par Isabelle Jeanbrau
    Avec : Thomas Durand, (acteur remplaçant), Mathias Guallarano, Cécile Magnet, Sandra Parra et Daniel Jea (guitare), France Cartigny et/ou Emilie Rambaud (batterie)

    Genre : Tragi-comédie
    Public : Adultes
    Durée : 1h40

    Le thème du spectacle, le déni, est abordé sous tous ses aspects lors de cette représentation. Tout d’abord nous sommes accueillis dans un petit patio où l’on peut se poser à l’ombre, boire un verre, au calme, en attendant l’ouverture des portes, ce qui est fort agréable, d’échapper l’espace d’un instant au tumulte avignonnais festivalesque.

    Une fois rafraichis, nous sommes conviés à entrer dans la salle. J’ai adoré les 3 tableaux du départ : une famille heureuse, une famille bouleversée, une famille triste, mis en scène par un effet de lumière rappelant un flash photo. Cela donne immédiatement la tonalité du spectacle. Les décors sont simples et modulables, ils se suffisent à eux-mêmes, pas besoin de plus. Ici les personnages évitent sans cesse la réalité !  Déni de la mort d'un être aimé, déni de son enfant qui grandit...

    Dans cette famille, on n’a pas le droit d’avoir mal, d’exprimer sa douleur, alors on compose on ne parle pas. On se remplit d’autre chose pour éviter de parler ou d’avoir mal, la nourriture a une part essentielle.

    Il faut savoir que le comédien principal Benjamin Egner n’a pas pu assurer la représentation, à la veille du festival, l’acteur remplaçant a dû jouer texte en main et on ne peut que saluer sa prestation. Pour cela, et pour la première avec ce nouvel acteur, le théâtre a donc offert les places au public. Cette pièce est profonde, émouvante, sensible, l'ambiance est poignante, les deux musiciens amènent un autre dialogue avec une mélodie en parfaite harmonie, la musique est devenu un personnage, un personnage de mort…. Malgré quelques longueurs dues peut-être à cette réadaptation au pied levé, j'ai reçu une vive émotion en plein cœur et mes yeux ont souvent piqué.

    Je n’ai malheureusement pas pu voir la fin de cette représentation, ni dans son interprétation originale, donc sans être dans le déni, je vous propose de vous faire votre idée par vous-même.

    Laurence Malabat

    La compagnie nous informe que le spectacle a été annulé à Avignon après cette couturière.

    Partager cet article
    Repost0
    11 juillet 2018 3 11 /07 /juillet /2018 10:30
    Chocolat piment
    Chocolat piment

    Une production de la Compagnie Aurore 

    Lieu : Théatre le Cabestan

    Dans le cadre du Festival Off d'Avignon, du 6 au 29 juillet, relâche le 19 juillet.

    Vu le 10 juillet 2018

    Heure de début : 19h25 (1h20)

    Genre : Comédie

    Distribution : Delphine Goasguen, Claude Laucournet, Rida Rachidi, Laure Reutermann

    Mise en scène : Sébastien Bernard

     

    Le premier constat que je vais faire est sur la salle du théâtre Le Cabestan : elle est assez grande, et plutôt confortable. Probablement climatisée, nous n'avons pas trop chaud ni trop froid.

     

    Lorsque les rideaux bleus s'ouvrent, ils nous laissent sur la première image du spectacle : une jeune femme, assise près d'une petite table qui lit un journal. Le décor évoque une maison familiale, une cuisine plus exactement, assez élaboré il nous fait comprendre tout de suite où se passe l'action, et nous projette dans cet univers chaleureux. Ils évoquent dehors l'hiver et la neige, et on s'incruste dans ce climat.

     

    Puis, tour à tour, nous découvrons les personnages un par un : deux sœurs, l'aînée, Stéphanie, étant une éternelle célibataire se mêlant des affaires des autres, agent immobilier assez douée qui réussit à manigancer quelque chose pour son père après avoir découvert un secret sur lui, et la cadette, Caroline, mariée à un homme qui ne pense qu'à son travail et qui ne la voit même plus ; le père, Paul, veuf et grognon qui ne veut pas fêter son anniversaire ; enfin le gendre, Franck, mari de Caroline, qui ne vient chez son beau-père que pour le bon vin et les belles carafes en cristal, et qui passe son temps à régler les problèmes de son entreprise au téléphone, homme égoïste et insupportable.

     

    Le propos de la pièce est assez banal, un secret révélé qui provoque des tensions dans la famille, et les personnages manquent légèrement d'originalité : l'auteur leur a créé une personnalité, et les acteurs jouent selon les répliques et n'ont pas vraiment trouvé de piquant à ajouter à leurs personnages. J'ai trouvé très dommage que l'une des actrices, qui joue deux rôles, ait voulu différencier ses deux personnages plus par le physique, en rajoutant pour le deuxième un chapeau, des lunettes, et en changeant de manteau et de chaussures, que par le jeu, où elle aurait pu trouver un sentiment ou un trait de caractère qui différenciait les deux.

     

    Le titre est intéressant : "Chocolat piment" est la composition du gâteau d'anniversaire de l'aînée de la pièce, qui est un mélange assez étrange entre un aliment assez doux, qui peut être amer (comme certaines relations entre les personnages), et un aliment piquant (ce que va apporter le secret dans l'histoire). Je trouve que c'est une bonne idée d'avoir dans le titre évoqué ce genre de propos dans la pièce sans trop en dévoiler (en faisant une métaphore avec la nourriture, un titre qui d'ailleurs intrigue le public et l'invite à aller voir la pièce), plutôt que d'avoir mis un titre banal avec par exemple un mauvais jeu de mots, pour appuyer la comédie.

     

    Je pense que le plus décevant dans cette pièce, ce fut la fin : dans toute l'histoire, ils évoquent un cinquième personnage, qui est le personnage qui provoque ces tensions. À la fin, ce personnage rend visite au père. Ils auraient pu juste finir sur un coup de klaxon dehors, pour laisser un peu de suspense et d'inconnu sur ce cinquième personnage. Or, ils décident de l'introduire dans la pièce, et de finir sur un dialogue entre le père et elle, qui se finit sur une phrase qui aurait pu avoir de l'effet si elle avait été dite sur un ton plus suggestif. Mais je pense que cette ouverture est de trop, et je trouve ça dommage que cette pièce finisse sur ça.

     

    Je ne suis pas très fan de ce genre de pièces : toujours le même propos, les mêmes personnalités, quelques blagues pour enrober le tout. Cette pièce ne sort pas trop de ces clichés, et je trouve ça dommage, mais ça reste bien dans ce style de spectacle. Je pense que, sans un petit grain d'originalité et de folie, une pièce comme ça mérite une étoile.

     

    Juliette Lartillot-Auteuil

    Partager cet article
    Repost0