Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Profil

  • www.vivantmag.fr
  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr

Bienvenue

Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
Si vous souhaitez prendre contact avec l'une des compagnies présentées, adressez nous un mail à blog@vivantmag.fr, nous vous adresserons rapidement leur coordonnées.
Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
Le Catalogue Vivant 2013/2014 des Spectacles repérés est disponible...
> Commande en ligne sur le site.

Rechercher

Mode d'emploi...

Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

5 décembre 2021 7 05 /12 /décembre /2021 21:25
La Villette.

La Villette.

Age of rage

Un spectacle produit par  l’internationaal Theater Amsterdam vu le 1 décembre 2021 à la Grande Halle de la Villette.

 

Texte : d’après Euripide et Eschyle

Mise en scène : Ivo Von Hove

Chorégraphie : Wim Vanderkeybus

Scénographie et Lumières : Jan Versweyveld

Musique : Eric Sleichim

Comédiens : Achraf Koutet, Aus Greidanus jr., Chris Nietvelt, Gijs Scholten van Aschat, Hans Kesting, Hélène Devos, Ilke Paddenburg, Janni Goslinga, Jesse Mensah, Maarten Heijmans, Majd Mardo, Maria Kraakman, Birgit Boer.

Danseuses : Bai Li Wiegmans, Flory Curescu, Emma Hanekroot

Musiciens : Bl !ndman, Hannes Niewlaet, Yves Goemaere, Ward Deketelaere

Genre : Théâtre, danse et musique

Public : adulte

Durée : 4 H

 

 

« Age of rage » avait doublement retenu mon attention dans la programmation de la Villette : l’histoire des Atrides monté par Ivo Von Hove que je croyais, à tord, issu du TG-Stan laissait présager une belle aventure théâtrale. Mon ressenti est plus mitigé mais il est sujet à caution dans la mesure où il ne porte que sur la première partie.

 

Ivo Von Hove a réalisé un montage de six pièces d’Euripide et d’une d’Eschyle. En quatre heures, il synthétise l’histoire, la retranscrit surtout du point de vue des femmes et en facilite l’intelligence par la projection récurrente de la généalogie.

A l’ambition narrative répond l’ambition scénographique. C’est une très grosse machine : quinze comédiens-danseurs, quatre musiciens, un plateau immense que sépare en deux dans la longueur une cloison en métal ajouré qui dissocie l’extérieur de l’intérieur et fait office de support pour les projections. En avant-scène, on compte encore deux tours ainsi que les cintres, également mis à contribution. A ces éléments fixes, s’ajoutent force lumières, fumigènes, braseros et sang. Le ton de la fureur est donné.

Le spectacle abonde en belles trouvailles : c’est d’abord le bruit lancinant du sang qui coule, c’est l’ironie de 3 meuleuses qui servent à aiguiser les couteaux des sacrifices. C’est aussi la bitte d’amarrage de la première scène qui symbolise, à elle seule, l’armada en partance pour Troie mais qui devient, dans ce but, autel sacrificiel d’Iphigénie. Une fois immolée, l’image de la comédienne qui danse en robe rouge dans l’Ether est projetée. Et l’image se démultiplie à mesure que les enfants des héros, grecs ou troyens, sont sacrifiés. C’est encore cette image de Tantale qui traverse le plateau en rappelant sa malédiction, à contre-jour et dans un nuage de fumée. C’est enfin ces chorégraphies sauvages qui ponctuent les différents épisodes.

Mais à titre personnel, j’ai du mal avec ce type de grosses machineries. Elles sont plastiquement superbes mais tendent à écraser le jeu. Et à part la comédienne qui interprète Hécube, l’émotion n’est pas au rendez-vous. A décharge du projet, c’est peut-être un problème de langue. En principe, j’évite les spectacles sur-titrés. En l’occurrence, ma confusion sur le parcours d’Ivo Von Hove m’avait induite en erreur. Pis, le sur-titrage est ici si mal placé et la police si petite qu’on s’épuise à lire. L’effort était tel que la migraine est venue et que j’ai quitté les lieux à l’entracte.

 

La première partie d’« Age of rage » est spectaculaire au sens littéral. C’est plaisant mais ce n’est pas uniquement cela que je viens chercher au théâtre.

 

 

 

 

 Catherine Wolff

 

Partager cet article
Repost0
24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 19:07
Battre encore
Battre encore

Spectacle produit par Cie La mue/tte (54) et vu au théâtre Mouffetard le 16 novembre 2021.

Mise en scène : Delphine Bardot et Pierre Tual

Interprètes : Delphine Bardot, Bernadette Ladener et Amélie Patard

Genre: Théâtre et marionnettes

Public : à partir de 12 ans

Durée : 1 h

Au tout début de ce spectacle, la poésie des marionnettes, la musique sud-américaine, le violoncelle et le jeu subtil des 3 comédiennes pourraient nous transporter dans un monde imaginaire et bucolique : il n'en est cependant pas question dans la mise en scène de ce conte qui s'inspire d'un drame qui s'est vraiment déroulé  : l'assassinat de 3 sœurs « Mariposas », surnom des soeurs MirabaI, dominicaines assassinées par le dictateur Trujillo en 1960. Le spectacle interpelle aussi sur la lutte des femmes et des peuples qui refusent toute forme de dictature.

Dans ce conte, trois jeunes filles sont invitées à un bal donné par un oppresseur avide de s'emparer des plus belles filles du royaume. Dans un tango aussi langoureux qu'inquiétant, les trois comédiennes mènent le bal magistralement, en compagnie de marionnettes grandeur nature, (magnifique moment) mais elles ne se soumettent pas et tentent de résister au monarque et à ses hommes de main. Elles n'y parviendront pas mais la révolte grondera et redonnera voix au peuple d'opprimés et de laissés pour compte.

Le message reste clair : la lutte n'est pas terminée. Tous les peuples opprimés peuvent et doivent relever la tête et ne pas se soumettre à la dictature, même si la mort en est souvent le prix à payer.

Dans tout le spectacle, il n'y a pas besoin de mots pour invoquer la domination et le refus de se soumettre aux dictateurs, tant le langage corporel est « parlant »... Le masculin devient un « corps-objet » dans ce duo dansé qui renverse les clichés traditionnels.

Chaque tableau du spectacle présente une spécificité et une réelle poésie. La musique y tient un rôle prépondérant, Les marionnettes sont stupéfiantes et les comédiennes, parfaites, nous embarquent dans un monde qu'on aimerait juste imaginaire...

 

Evelyne Karam

 

 

Partager cet article
Repost0
16 novembre 2021 2 16 /11 /novembre /2021 23:49
Prenez garde à son petit couteau
Prenez garde à son petit couteau

Un spectacle produit par la compagnie l’heure avant l’aube (60) vu le 13 novembre 2021 au Théâtre Monfort.

Texte : D’après Lorenzaccio de Musset

Mise en scène : collective

Comédiens : Céline Fuhrer, Gaëtan Peau, Matthieu Poulet, Jean-Luc Vincent

Genre : Théâtre

Public : adulte

Durée : 1H30

C’est en lisant le programme du Monfort que j’ai vu que « prenez garde à son petit couteau »était monté par des transfuges des Chiens de Navarre. Cette seule information m’a donné envie de découvrir leur création.

Le spectacle s’ouvre sur une tentative de suicide. Laurent, trentenaire brillant, gay, est directeur de cabinet du Ministre de l’économie, Leduc. Ses anciens  rêves d’œuvrer pour un monde meilleur se heurtent à la réalité des coulisses de la politique et le mènent à cette extrémité. La suite de la pièce opère donc comme une sorte de flashback. Dans l’huis-clos du cabinet de Leduc se dévoile le marigot cynique du pouvoir.

Cette farce politique est portée par quatre comédiens dont le plaisir à jouer un texte acide et cru est évident. Mention spéciale à Céline Fuhrer en Mata-Hari de la com. et à Jean-Luc Vincent le bien nommé Cardinal, directeur du Trésor.

Le décor - par les entrées qu’il permet, le rapport entre le monde clos des magouilles et l’espace public qu’il suggère - est judicieux : une grande table ovale de réunion, une porte calfeutrée à jardin, des cloisons de bois parfois ouvertes et habillées de rideaux. Néanmoins, il émane de ces éléments un je ne sais quoi de suranné qui tend à inscrire l’action dans les années soixante alors que les différents objets connectés disent bien la contemporanéité de la satire.

J’ai eu bien du mal à entrer dans la pièce alors que les rires fusaient autour de moi. Il faut dire que je n’étais pas dans le mood. Le simple fait que je sois sortie détendue du spectacle prouve qu’il est de qualité. Et puis c’est si rare et si important de voir un spectacle politique. Nul besoin de savoir que l’ensemble repose sur « Lorenzaccio » de Musset. L’essentiel réside dans le message véhiculé au-delà du rire de l’outrance : un appel désespéré au respect du contrat social. Les applaudissements ont été nourris, preuve que l’appel a été entendu.

 

Catherine Wolff

Partager cet article
Repost0
13 novembre 2021 6 13 /11 /novembre /2021 02:00
Hamlet
Hamlet

 

Un spectacle produit par la compagnie Kobal’t (75) vu le 15 octobre 2021 et le 12 novembre 2021, respectivement au Mac Créteil et au Théâtre des Sources à Fontenay-aux-Roses.

 

Texte : William Shakespear

Traduction, dramarturgie : Clément Camar-Mercier

Mise en scène : Thibault Perrenoud

Comédiens : Mathieu Boisliveau, Pierre-Stefan Montagnier, Guillaume Motte, Aurore Paris, Thibault Perrenoud

Genre : Théâtre

Public : adulte

Durée : 2 H

 

 

Mon ami voulait me faire découvrir la compagnie Kobal’t. Et à travers cet « Hamlet », quelle découverte ! Si exceptionnelle qu’à peine vue, j’ai repris des places en lointaine banlieue pour montrer cette merveille à mes filles et chroniquer.

 

-L’une des grandes forces de la mise en scène tient dans le dispositif scénique : tout est fait pour que le spectateur soit non seulement témoin du drame mais aussi acteur de la farce de la folie qu’Hamlet joue pour piéger son oncle criminel. Aux gradins habituels répondent des volées de gradins en arrière-scène et à cour. Quelques spectateurs sont même invités à prendre place sur le plateau autour de quelques tables disséminées.  A l’angle de l’arrière-scène, côté cour, telle une chaire, une mini-scène qui porte les reliefs du récent mariage fait office de loges pour Horatio et Hamlet. La porte dérobée qui permet l’accès aux coulisses est également mise à contribution. Nulle autre fioriture. Plateau nu, effets de lumière et de sons, costumes plutôt contemporains et place au jeu.

-L’autre réussite du spectacle réside dans le jeu. Les cinq comédiens qui endossent au moins deux rôles (sauf Hamlet) se délectent d’un texte modernisé, cru et qui balance. Tous les registres sont convoqués depuis le fantastique jusqu’à l’outrance vulgaire en passant par l'émotion pure. Il y a une sorte de lâcher-prise hyper-maîtrisé dans un jeu très physique qui sait aussi laisser place au silence. Thibault Perrenoud qui incarne Hamlet mène le jeu dans tous les sens du terme : son interprétation est époustouflante et crée une telle complicité avec le public qu’il  repousse les frontières entre le réel et le théâtral.

- Les mises en abyme qu’affectionne tant Shakespeare sont ici magnifiées. C’est tantôt Hamlet qui exige le silence du public devant le stratagème de sa folie, c’est tantôt un spectateur qui devient « un muet figurant » (la fameuse scène du crâne), c’est encore l’ellipse judicieuse de la fin de la pièce qui offre une dernière occasion de saynète dans la saynète. Traversé d’émotions contradictoires, entre théâtre et réalité, raison et déraison, le spectateur perçoit le monde à l'unisson d' Hamlet.

 

Le « Hamlet » de la compagnie Kobal’t est un grand spectacle et l’inégalé « Hamlet » de Chéreau est, sous une toute autre forme, égalé.

 

 

 

Catherine Wolff

Partager cet article
Repost0
26 septembre 2021 7 26 /09 /septembre /2021 22:48
Sébastien Marchal

Sébastien Marchal

Madame Fraize

 

 

Un spectacle produit par le TS3prod (75) et vu au Théâtre du Rond-Point le 25 septembre 2021.

 

Texte : librement inspiré de George Langelaan

Mise en scène : Papy

Comédiens : Marc Fraize

Genre : théâtre

Public : adulte

Durée : 1H15

 

 « Madame Fraize »ne faisait pas partie des spectacles que j’avais sélectionnés cette année. Mais mon ami, désirant le voir, je me suis laissé convaincre. Ma chronique est totalement paradoxale : à titre personnel,  je n’ai que moyennement aimé ; mais force est de reconnaître que « Madame Fraize » est un bon spectacle.

 

Madame Fraize est l’épouse de Monsieur Fraize auquel Marc Fraize avait déjà manifestement consacré un épisode. Cette ignorance du background a, nul doute, participé à ma réserve. Marc Fraize est donc travesti : robe longue verte, passe-coudes en latex rose, escarpins à bride rouges, perruque. N’hésitant pas à pousser la chansonnette, Madame Fraize semble être l’originale de son lotissement. Elle ne cache pas une certaine langueur mais c’est une bonne copine. Elle aime à raconter à son interlocutrice imaginaire, à la salle toute entière parfois, les petits riens du quotidien, les aléas de la vie de couple et les leçons qu’on peut en tirer.

Seul en scène, sonorisé, sur un plateau nu à l’exception d’une table haute de bistrot et d’un tabouret, Marc Fraize campe un personnage attachant et tendre, au sourire ravageur. Sa façon d’habiter le silence, de prendre son temps et de l’étirer, ce temps, d’un geste minimaliste jusqu’à l’absurde, est rare au théâtre et drôle. Et lorsque Madame Fraize vante les bienfaits de l’écoute au sein du couple, elle se lâche dans un très joli numéro qui rompt avec une certaine monotonie du timbre.

 

Madame Fraize est spectacle atypique : seul en scène, ce n’est pourtant ni un numéro de cabaret, ni un stand-up. C’est le partage, le temps d’un spectacle, des petits et grands tracas d’une femme de la classe moyenne. Sans mépris de classe, je l’espère, le propos ne m’intéresse pas plus que cela. Mais la salle a été conquise.

 

Catherine Wolff

 

 

Partager cet article
Repost0
22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 15:23
La chienne de ma vie
La chienne de ma vie

Un spectacle créé par A.L.R.I.C production (75) et vu au théâtre-cabaret « Les rendez-vous d'ailleurs » le jeudi 16 septembre 2021.

Mise en scène : Elodie Chanut

Interprétation : Aladin Reibel

Public : tout public à partir de 10 ans

Durée :  : 1h20

L'auteur, Claude Duneton, a grandi dans l'enfer de l'enfance paysanne de l'entre-deux guerres. L'eau du puits gelée en hiver, les bêtes à surveiller et des parents pour le moins rugueux ont appris à cet enfant unique à éviter les coups de sa mère, excédée par nature et méchante par habitude. Le père, lui, est marqué par la guerre de 14 et n'a aucune autorité sur sa femme, son unique enfant ou cette chienne, Rita, qui « ne sert à rien » ; la mère quant à elle est persuadée que l'enfant « finira mal » et que « les maisons de correction ne sont pas faites pour les chiens ». L'enfant et la chienne Rita avec son comportement atypique formeront ce binôme (deux bouches inutiles à nourrir) qui n'a qu'un but : éviter les coups et supporter leur chienne de vie...L'auteur rend un sensible hommage à cette chienne, cette sœur qu'il n'a pas eu.

Le comédien Aladin Rebeil, seul en scène, ne joue pas Claude Duneton, il EST l'auteur tant sa verve et son humour acide sont parfaitement déclamés. La rudesse du propos n'est pas dénuée d'humour et l'on rit beaucoup, car il donne vie à ce texte jubilatoire de patois, de sautes d'humeur truculentes et de mots d'esprits. Cette enfance niée dans un monde rural où on ne fait pas dans le sentiment, où les insultes fusent trop facilement, où il grandit à la « va que j'te pousse » avec l'eau du puits qui gèle en hiver, Aladin Rebeil nous la retrace avec émotion et un grand talent. Il est accompagné en musique par l'accordéoniste Michel Glasko qui apporte une touche de nostalgie bien amenée à ce spectacle de qualité. A ne pas rater.

Evelyne Karam

 

 

Partager cet article
Repost0
16 septembre 2021 4 16 /09 /septembre /2021 20:28
Théâtre des Bouffes du Nord

Théâtre des Bouffes du Nord

La mouche

 

 

Un spectacle produit par le Théâtre des Bouffes du Nord et la Compagnie Point Fixe (75) et vu au Théâtre des Bouffes du Nord le 14 septembre 2021.

 

Texte : librement inspiré de George Langelaan

Mise en scène : Valérie Lesort et Christian Hecq

Comédiens : Christian Hecq (sociétaire de la Comédie-Française), Valérie Lesort, Christine Murillo, Jan Hammenecker

Scénographie : Audrey Vuong

Plasticiennes : Carole Allemand et Valérie Lesort

Genre : théâtre

Public : adulte

Durée : 1H30

 

 

Il semblerait enfin que ce soit pour de bon ; la reprise des spectacles. Et pour compenser sans doute ces  deux années de presque abstinence, la saison démarre beaucoup plus tôt qu’à l’accoutumé. Et c’est tant mieux. En guise d’inauguration, j’ai choisi d’aller voir « la Mouche » ; moins attirée par l’histoire imaginée par George Langelaan  que j’ignorais (il en existe pourtant deux versions cinématographiques dont l’une de Cronenberg) que par la présence de Christine Murillo, à priori gage de qualité. Je suis sortie mitigée

 

 La mouche » met en scène, dans les années 60, une maman en âge d’être grand-mère et qui vit  avec son grand dadet de fils, Robert, qu’elle aimerait enfin caser. Le problème, c’est que Robert, la cinquantaine, n’a guère d’autre passion dans la vie que de mettre au point une machine à téléporter,  Par son mode de vie, ce duo atypique et le ton comique évoquent souvent  les Deschiens dont le chien qui évolue sur scène est une allusion directe. Mais suite aux aléas de la machine à téléporter, cet univers de petites gens bascule soudainement dans le fantastique, sorte anti-version de la « Métamorphose » de Kafka.

Le décor rend admirablement compte du déterminisme social : en avant scène, une pelouse dégarnie et un parterre qui ne l’est pas moins malgré son inévitable nain de jardin. En fond de scène, un rideau de fer qui, une fois levé, laisse apparaître le laboratoire de Robert avec force consoles et habitacles. Le garage prend appui sur un mur aveugle traversé par des gouttières. A cour, une caravane, des attrape-mouches en tout genre, un clapier, une télé. L’ensemble est bien exploité et participe largement à la tonalité décalée des protagonistes.

Quelques scènes soulignent avec bonheur ce drôle de monde : la saignée du lapin, les aventures du chien Charlie qui par la grâce de la machine de Robert devient Laïka avant de finir en charpie, la métamorphose de Robert en mouche et sa déambulation sur le mur aveugle.

Mention spéciale donc aux plasticiennes et à la scénographe. Mais le jeu est inégal, desservi par un texte un peu bancal. Il est dommage, à mon sens, qu’il faille attendre les dernières minutes pour en venir à la métamorphose de Robert. Ce déséquilibre dans la construction provoque un manque cruel de rythme et des longueurs au risque de l’ennui.

 

« La mouche » est un spectacle populaire et divertissant, riche en belles trouvailles visuelles.  Mais la focalisation sur le phénomène social plus que sur le phénomène fantastique m’a parfois laissée planer ans le vide.

 

 

Catherine Wolff

 

Partager cet article
Repost0
17 août 2021 2 17 /08 /août /2021 12:44
Guérillères ordinaires
Guérillères ordinaires

Spectacle de la compagnie Les Grisettes(34) vu à l’Artéphile lors du festival d’Avignon OFF, entre le 7 et le 30 juillet 2021, à 16h10

 

Texte : Magali Mougel

Mise en scène : Anna Zamore

Interprètes : Frédérique Dufour, Evelyne Torroglosa, Lou Heyman

Genre : Théâtre contemporain

Public : A partir de 15 ans

Durée : 1H30

 

 

Trois femmes éclairées par de minces filets lumineux prennent la parole chacune à leur tour pour témoigner d’une condition quotidienne d’oppression.

La première, Lilith, se révolte contre ce mari qui « perfore un mur / creuse un mur / l’abat comme une vitre / il y a de la poussière » sans lui demander son avis, et démoli ainsi sa chambre, sa « petite chambre / petit abri / coffre-fort / cave » où elle gardait ses secrets. La colère monte peu à peu, déborde, il faut une vengeance, mettre à feu et à sang, Lilith s’occupe du feu, Léda, la seconde femme, le sourire en bannière, s’occupera du sang. 

 

Le physique de cette hôtesse d’accueil ne correspondrait plus aux exigences du marché ; après une crise d’anorexie, elle reprendra la maîtrise de son corps en détruisant celui qui l’a tant fait souffrir. Ces deux femmes victimes du patriarcat mettent fin à leur assujettissement en se révoltant ; comme les hommes ne veulent pas mourir tout seuls il faut bien les tuer. Ce cycle de la violence, de la vengeance, du meurtre, est rompu par la dernière demoiselle qui choisit de se débarrasser du lot d’interdictions homophobes de son père en faisant, dans un ultime monologue, l’amour au cadavre de la jeune femme dont elle a toujours été amoureuse.

 

C’est un peu délicat sans doute de critiquer un spectacle traitant d’un sujet aussi important et qui devrait être abordé encore plus qu’il ne l’est déjà. Mais si j’ai trouvé le texte beau et poétique et le jeu des trois comédiennes d’une grande puissance ; si la présence de toutes ces autres femmes sur le plateau avait beaucoup de sens, puisqu’elles sont beaucoup plus que trois à se taire, à souffrir et à mourir ; même si c’était bien de les entendre parler jusqu’à tuer, et puis de leur pardonner, je crois que malgré tout j’ai trouvé ça un peu trop long et lent, trop attendu ou trop sérieux, trop grave pour qu’on ait la place de trouver ça grave. J’aurais aimé en tant que femme me sentir un peu plus concernée, qu’on me parle de plus près, qu’on me crie de plus près pour ne pas me laisser dormir entre les gouttes qui ne m’ont pas mouillées.

 

 

Célia Jaillet

 

 

Partager cet article
Repost0
17 août 2021 2 17 /08 /août /2021 10:51
Incandescences
Incandescences

Incandescences

Spectacle de la compagnie Ahmed Madani (93) vu au Théâtre des Halles lors du festival d’Avignon OFF, entre le 7 et le 28 juillet 2021, à 11h.

 

 

Texte et mise en scène : Ahmed Madani

Interprètes : Aboubacar CAMARA, Ibrahima DIOP, Virgil LECLAIRE, Marie NTOTCHO, Julie PLAISIR, Philippe QUY, Merbouha RAHMANI, Jordan REZGUI, Izabela ZAK

Genre : Théâtre contemporain

Public : Tout public

Durée : 1H20

 

 

A la fin du spectacle, après les applaudissements et les bouquets de fleurs portant le sourire jusqu’aux larmes, Ahmed Madani remercie tous ceux qui lui ont fait confiance et lui ont permis de mener à bout ce projet, parce qu’au début, il ne savait pas vraiment de quoi parler. Il savait seulement qu’il voulait donner la parole à ceux qu’on n’entend pas souvent, pas assez, les jeunes des quartiers. Il en a rencontrés et recueilli leurs témoignages pour composer un texte souvent intime, poignant et drôle.

Porté sur le plateau par neuf interprètes, le texte nous parle d’amour, de sexualité, d’héritage, de religion, d’amitié, mais surtout d’amour. De l’amour qui les a fait naître, de l’amour qu’ils recherchent (« s’il y a une fille dans la salle qui serait intéressée par moi elle peut me contacter à ce numéro 0646… »), de l’amour qu’ils ressentent, partagent ou ne pas partagent pas, et de tout ce qui entoure et prépare cet amour (« bonjour madame, c’est quand la première fois que vous vous êtes masturbée ? », « je peux danser avec toi ? », « tu m’aimes ? »)

 

L’oralité du texte permet aux comédiens d’adopter un ton très naturel, décontracté, sans que les corps ne se relâchent ; ils se tiennent et dansent en groupe, par couples ou non, au devant de la scène ou dans ses marges pour donner du rythme aux transitions. Il n’en manque jamais, du rythme. Outre les chorégraphies et les chants d’une justesse saisissante, tout un jeu de pantomime se déploie, souvent avec subtilité lorsqu’il s’agit d’abattre les tabous sur les manières de faire l’amour (voilà comment papa-maman m’ont fait) mais avec un peu de lourdeur lorsqu’un comédien se laisse entraîner par son personnage de religieux (répétition en long, en large et en travers d’une prière) : les autres comédiens sortent de leur rôle pour le faire sortir du sien, et moi je n’aime pas trop cette sorte de comique qui brise le théâtre parce que nous aussi on doit sortir de leur histoire pour faire semblant de rire.

 

Mais il y a tant de belles trouvailles scénographiques qu’on pardonne aisément ces quelques facilités comiques : très belle scène dans laquelle une myriade de téléphones portables éclaire les visages de ces amoureux transis, torturés par la distance et qui font un téléphone arabe dont le volume augmente, se disperse avant de se transformer en cacophonie. Superbe trouvaille aussi que ces cartons cadrés par le bord de la vidéo dans lesquels les comédiens en proie à quelque chose sont repliés. En proie à quoi ? Au doute, à la peur, à l’espoir ? En proie à quelque chose qui pourrait être un regard, une question, une indécence ou une incandescence qui aveuglerait tout en offrant le pouvoir d’éclairer.

 

Célia Jaillet

 

 

 

Partager cet article
Repost0
6 août 2021 5 06 /08 /août /2021 13:40

Spectacle de la Cie De Facto (CH) vu au théâtre du Centre le 21 juillet à 13.20 h dans le cadre du Festival d’Avignon Off, du 7 au 30 juillet, sauf le 19

Auteur : Finegan Kruckemeyer

Traduction et Mise en scène : Nathalie Sandoz

Interprète : Frank Michaux

Concept : Andy Packer

Scénographie : Neda Loncarevic & Stanislas Delarue

Musique : Cédric Liardet

Lumière : Matthias Mermod

Vidéo : Nicolas Meyer

Costumes : Elise Vuitel
Genre : théâtre contemporain

Durée : 55 minutes

Public :  tout public à partir de 6 ans

Doublement primée, meilleure pièce et meilleur auteur jeune public, The Tragical Life Of Cheeseboy de l’auteur australien Finegan Kruckemeyer a été jouée à travers le monde, comme beaucoup d’autres œuvres de cet auteur prolifique. Séduite par cette histoire, Nathalie Sandoz en a fait la traduction en français et l’adaptation scénique. C’est ici une première mondiale en français.

Tout l’espace scénique est occupé par une machine bizarre, en panne semble-t-il.  Un homme, qui rappelle par son style les « aventuriers de l’arche perdue », s’affaire sur des plans pour tenter de réparer son engin destiné à voler. La compagnie De Facto s’est clairement inspirée du monde de Jules Verne et des engins volants qu’il a imaginés pour faire voyager ses héros, mais aussi du courant steampunk, « univers qui met en scène une technologie qui utilise la vapeur comme source d’énergie et adopte un air rétro reflet de la révolution industrielle du XIXème siècle ». Le résultat offre en tous cas un décor en bois magnifique, une machine pleine de roues dentées, de voiles, dotée d’une proue qui situe l’engin entre bateau et avion, et agrémentée d’un siège de pilote qui tient du vélo couché. Bref, un décor qui invite immédiatement au rêve.

Mr Brown réalise d’un coup qu’il y a plein d’enfants qui le regardent… Il propose, si toutefois ils sont prêts à s’émerveiller, de leur raconter une histoire.  Celle de Cheeseboy, petit garçon fait de fromage, qui vit avec ses parents faits de fromage, dans un maison en fromage, sur un planète en fromage,  ! Ce n’est vraiment pas commun, et quelle drôle d’idée, surtout quand on n’aime pas le fromage, ce qui est mon cas ! Mais une idée qui m’a tout de même rappelé le Petit Prince de st Exupéry, qui vivait aussi sur une minuscule planète, mais lui n’avait pas de famille…

Cheeseboy s’endort un jour dans sa petite barque rouge amarrée à sa planète. Pendant son sommeil, une météorite transforme la planète en fondue ! Cheeseboy part à la dérive dans les airs et se retrouve sur la planète Terre, au milieu d’une étendue bleue inconnue… Que s’est-il passé, où est-il, où sont ses parents ? Le vent le pousse vers le rivage où, après quelques jours à faire des châteaux de sable, qui disparaissent régulièrement ce qui est très agaçant,  il est recueilli par un couple de tziganes, astronome et astrologue, guidés par leur quête de compréhension de l’univers. Ils vont aider Cheeseboy à rechercher ses parents.

Frank Michaud est doté d’une belle voix qu’il sait moduler pour animer son récit et mobiliser son public, se parlant autant à lui-même qu’à l’auditoire. Il met en scène le périple de Cheeseboy, en utilisant tout ce qui lui tombe sous la main, pour fabriquer les éléments du récit, personnages et objets, quand il ne joue pas lui-même certains personnages. Il est largement assisté par un beau travail de la lumière et des fumigènes, qui accentuent le fantastique du récit, et par des projections animées sur une grande lune/écran, retraçant « l’accident » et la disparition des parents, lorsque la lune révèle à Cheeseboy ce qu’il s’est passé… Parmi de nombreux moments de poésie, j’ai retenu celui où Mr Brown dépose l’un après l’autre  sur un élément de sa machine de minuscules bateaux lumineux qui forment une petite guirlande qui avance, avance… Comme Cheeseboy, petit garçon courageux et attendrissant, qui va aller de l’avant maintenant qu’il ne peut compter que sur lui-même.

Le spectacle propose sept chansons originales, que Frank Michaud interprète en live en s’accompagnant à la guitare ou au ukulélé.  La qualité du travail est indéniable, la scénographie est recherchée, et le texte est porté par un comédien qui sait mettre à profit ses multiples talents pour tenir son auditoire en haleine.

J’ai cependant trouvé quelques longueurs et craint que les enfants ne décrochent, s’agissant d’un texte fourni qui demande de la concentration, particulièrement à 6 ans et pendant  près d’une heure.  Mais manifestement, pas mal d’entre eux semblaient connaître l’histoire et ont manifesté leur enthousiasme à la fin du spectacle.

Un joli spectacle à voir en famille.

 

 

Partager cet article
Repost0