Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Profil

  • www.vivantmag.fr
  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr

Bienvenue

Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
Si vous souhaitez prendre contact avec l'une des compagnies présentées, adressez nous un mail à blog@vivantmag.fr, nous vous adresserons rapidement leur coordonnées.
Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
Le Catalogue Vivant 2013/2014 des Spectacles repérés est disponible...
> Commande en ligne sur le site.

Rechercher

Mode d'emploi...

Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

26 juillet 2019 5 26 /07 /juillet /2019 15:40
L'augmentation
L'augmentation

Spectacle de « Compagnie des Perspectives » (33) vu le 23 juillet 2019 à 17h30 à La Factory Tomasidans le cadre du festival Off d’Avignon, du 05 au 28 juillet 2019.

Auteur : Georges Perec

Mise en scène : Bruno Dairou

Avec : Antoine Laudet, Antoine Robinet

Genre : Théâtre
Public : Tout public

Durée : 1 h 

Il s'agit d'un mode d'emploi très détaillé sur la manière de demander une augmentation à son chef de service. Tous les cas de figure sont évoqués et ré-évoqués pour que rien ne soit laissé au hasard.

Deux personnages dans une tenue de bureau s'adressent à nous. Ils envisagent toutes les possibilités et les différentes situations qui se présentent à l'employé de bureau, s'il tente l'aventure semble-t-il, de rencontrer son chef de service pour lui demander une augmentation. L'effet comique sans cesse renouvelé repose sur la répétition. Mais nous avançons tout de même sur ce chemin semé d'obstacles, de voies sans issue, de rencontres avortées. Petit à petit sous nous rapprochons de la porte du bureau du chef de service. Deux possibilités se présentent à chaque étape. Il est là ou il n'est pas là, il reçoit l'employé ou il ne le reçoit pas,  il accède à sa demande ou il n'y accède pas. Dans ce dernier cas, il faut recommencer plus tard. Et puis il y a les solutions d'attente telle celle qu'offre la possibilité d'attendre dans le bureau d'à côté… ou pas, d'y être reçu… ou pas, de passer par tous les bureaux de l'entreprise. Nous nous laissons porter par le flux de paroles avec lequel les personnages nous font arpenter les couloirs de l'entreprise d'un bureau à l'autre, puis retour à la case départ sans toucher l'augmentation. Le parcours du combattant nous semble bien peu de choses en comparaison. Je pense à "Exercices de style" de Raymond Queneau. Dans cette pièce,l'auteur conte et rabâche toujours la même histoire mais de multiples manières différentes. Dans "l'augmentation", l'histoire ne se termine jamais car la requête n'aboutit pas. La performance des acteurs est à couper le souffle. Ils jonglent avec les mots, à vive allure, et semblent parler d'une même voix à l'égal de deux jongleurs qui se passent les massues.

De deux choses l'une : soit vous allez voir le spectacle, soit vous n'y allez pas. Si vous allez voir le spectacle, de deux choses l'une : soit il y a de la place, soit il n'y en a pas. S'il n'y en a pas, soit vous abandonnez, soit vous persistez… et vous aurez raison.

Partager cet article

Repost0
25 juillet 2019 4 25 /07 /juillet /2019 19:29
Le mardi à Monoprix
Le mardi à Monoprix

Spectacle de « Compagnie de l'Inutile » (31) vu le 22 juillet 2019 à 20h45 au théâtre de l'albatros (Avignon) dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 05 au 28 juillet 2019, relâche le mardi.

Auteur : Emmanuel Darley

Mise en scène : Eric Vanelle

Avec : Delphine Saint-Raymond, Marc Compozieux

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 14 ans

La compagnie de l'Inutile fait partie du collectif "La fabrique toulousaine" qui regroupe 6 compagnies et 22 acteurs(trices), et propose sur Avignon 2019 sept spectacles dont trois spectacles enfants. Avec "Le mardi à Monoprix" nous sommes reçus dans une ambiance feutrée. La sensation de mystère s'impose avec un décor inhabituel, à savoir des tiges verticales parsemées au bout desquelles une lumière ondule légèrement. Cela ressemble à un labyrinthe où tous les chemins sont possibles.

Parmi les chemins de la vie, le personnage de la pièce en a choisi un qui correspondait à son identité, cachée toute son enfance par son apparence physique. Un long moment, une femme, si c'en est une, reste assise sur une chaise, pendant que son double, même habit, même coiffure, reste debout dans la pénombre face au public. Le temps pour nous de bien photographier, ou scanner, l'image qui nous est offerte et qui parle, en silence et presque sans lumière, de la dramaturgie qui va être offerte au public. On pourrait écrire : "Qui parle d'une vérité jetée en pâture à nos regards". C'est un solo à deux. L'un parle par la bouche, l'autre par les mains. L'une est le double de l'autre. Ce solo à deux donne à plusieurs reprises l'occasion d'un jeu d'acteur bien agile. Chaque mardi, avec une régularité sans faille, il… pardon, elle, rend visite à son père, veuf, et passe la journée avec lui, s'occupe de son ménage, ses courses, sa vaisselle. Quand Marie-Pierre s'inquiète de la santé de son père, d'ailleurs peu bavard, lui répond à Jean-Pierre. La scène au Monoprix fut le théâtre d'un jeu de cache-cache. Les sentiments ont été enfouis, il faut creuser profond et longtemps, puis creuser à nouveau car la terre retombe, pour tenter de les dégager. Ce n'est pas un fils comme les autres. Le père ne l'accepte pas, veut ignorer la réalité. Marie… Jean-Pierre assume son état, sa personnalité, sans honte, habitué aux regards de l'incompréhension. L'atmosphère créée par la pénombre et la sobriété de la scénographie cultivent l'intimité, la recherche forcenée du contact. La fin arrive soudainement comme une mauvaise surprise. Je dois avouer qu'elle me semble surfaite, car un évènement vient s'ajouter comme si on y accolait une autre histoire pour faire une fin. Je me demande alors, pourquoi faire une fin ?

En regardant ce spectacle, tout un chacun pourra apprécier comme on peut traiter de sujets délicats, concernant l'identité. Le double jeu des acteurs a un côté jubilatoire (j'utilise rarement ce mot car trop galvaudé et "vendeur"), l'un disert, l'autre traductrice muette. L'histoire est racontée avec justesse et le jeu des acteurs est surprenant d'habileté, de complicité.

Partager cet article

Repost0
25 juillet 2019 4 25 /07 /juillet /2019 11:46
Jouliks
Jouliks

Spectacle de «Cie Et Plus Si Affinités» (92) vu le 22 juillet 2019 à 16h45 au Théâtre des Lucioles (Avignon) dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 05 au 28 juillet 2019 sauf le mardi.

Auteur : Marie-Christine Lê-Huu

Mise en scène Clémence CARAYOL

Avec : Bérengère DAUTUN, Eva DUMONT, France RENARD, Jean-Hugues COURTASSOL, Alain FABRE, Aurélien GOUAS

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 12 ans

Durée : 1 h 20

Une cabane, une enfant de sept ans éveillée et délurée, une mère qui s'est volontairement isolée, qui s'était perdue, qui était perdue.

Sur scène, le décor est constitué de panneaux de bois qui au début constituent la cabane, et sont déplacés en fonction des scènes. Il y a beaucoup de vêtements et objets du quotidien sur le sol. La petite n'aime pas s'habiller en fille. Elle a l'allure "sauvage" et espiègle. Elle commence le récit de la vie de sa famille. Observatrice de tout ce qui bouge et qui parle, parfois cachée pour mieux entendre, elle deviendra aussi actrice d'une tragédie. L'amour est le lien qui unit ces êtres qui semblent dériver, s'éviter, ou s'unir. Les silences s'écoutent avec tendresse, mais sous la pression d'une ambiance lourde qui règne sur l'espace du plateau. Les mots sont parfois soufflés à l'oreille. D'où viennent-ils tous ? Les grands-parents se sont décidés à venir voir leur fille, après sept ans d'absence, pour s'apercevoir qu'ils ne la connaissaient pas vraiment. Sauvée du ruisseau, cette dernière a choisi l'isolement. Les rapports sont charnels, sauf la grand-mère qui déverse un flot de phrases et formules bien pensantes. Les personnages s'échangent les secrets de leur intimité dans un presque silence sur lequel flottent les mots et les regards. Cela plait plus ou moins à la petite. Jalousie, sûrement. Après une tentative de déstabilisation, elle fera le geste sordide qui mettra fin à cet épisode de sa vie.

Pendant tout le spectacle, nous sommes guidés par la narration et les commentaires de Jouliks. Vous serez fascinés par la clairvoyance de l'enfant autour de laquelle se meuvent les amours de sa vie, comme des pantins manipulés, sans maîtrise de leur destin.

Partager cet article

Repost0
24 juillet 2019 3 24 /07 /juillet /2019 05:28
Mozart, Beethoven, le dialogue imaginaire (création 2019)
Mozart, Beethoven, le dialogue imaginaire (création 2019)

Spectacle de la Cie des 100 tètes (30)

Vu le 18/07/2019 dans le cadre du Festival Avignon Off, théâtre du Grand Pavois à 12h du 4 au 28 juillet sauf le mercredi.

Auteur Alain AUBERT

Avec : Grégoire AUBERT, Benjamin CIVIL, Ronan DUCOLOMB.

Mise en scène : Maryan Liver

Genre : théâtre

Public : Tout public

Durée : 1h20

 

Cette rencontre imaginaire entre deux compositeurs se déroule dans un mémorial où s’est laissé enfermer un visiteur, curieux d’en savoir plus sur ces deux icônes de la musique classique.

Mozart et Beethoven sont alors amenés, après la fermeture du site, à dialoguer sur leurs histoires personnelles, discussions à bâtons rompus, sur leur vie, leurs sources d’inspiration, leurs modes de création, et aussi leurs contemporains. Les discussions peuvent être vives, très vives. Les deux compositeurs ont connu une notoriété bien différente de leur vivant. Leurs échanges vont révéler une ardente concurrence, mais aussi une très grande admiration mutuelle. On en apprendra beaucoup sur leurs motivations, leurs difficultés ou contraintes d’expression artistique, leur volonté d’émancipation, de reconnaissance… La musique n’adoucit pas toujours les cœurs…

Un très beau moment passé avec deux comédiens qui nous font découvrir sous un nouveau jour ces deux virtuoses, tous les deux habités par l’amour de la musique et de la création.

Les échanges entre les deux artistes trouvent source dans des archives et témoignages authentiques divers, librement adaptés dans cette pièce par l'auteur.

Il est à  noter qu'on célébrera en 2020  le 250e anniversaire de la naissance de Beethoven.

 

 

Partager cet article

Repost0
23 juillet 2019 2 23 /07 /juillet /2019 14:59
Programme OFF 2019

Programme OFF 2019

La folle histoire de France!

Spectacle de la Cie Térence et Malik vu le 18 juillet à 15H30  au théâtre Le Capitole dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 28 juillet.

 

Auteur : Nicolas Pierre et Farhat Kerkeny

Mise en scène : Boutros El Amari

Comédiens : Nicolas Pierre, Farhat Kerkeny, ou en alternance, Samuel Debure, Rémi Goutalier

Genre : comédie

Public : tout public à partir de 7 ans

Durée : 1H30

 

 

Ce sont aujourd’hui Samuel Debure et Rémi Goutalier qui officient. Samuel Debure, alias Térence, est déjà sur scène. Il attend que tous les spectateurs soient installés. Nous apprenons alors que nous sommes  redevenus pour un moment des « élèves », qui plus est « collés », et dont il va assurer la surveillance…

L’accueil est sympathique et Térence met rapidement l'auditoire à l'aise. Il s’enquiert de la provenance des élèves de la classe, en particulier si certains viennent du Royaume Uni. Comme on va aborder, entre autres, l’épisode de la guerre de Cent ans, ça risque d’être tendu ! Térence stimule ses élèves, avant de tester leurs connaissances, d’identifier cancres et fayots, et pour rester dans les règles de l’art, désigner deux délégués de classe et leurs suppléants.

La classe est attentive. Arrive en retard Philippe, LE cancre de service, qui commence à bien connaître l’établissement puisqu’il a 32 ans et est toujours en classe de 5ème ! Comme il pense surtout à faire le mariole, il finit par être puni et Térence le contraint à réviser son contrôle d’Histoire. Du coup, toute la classe va en profiter. Outre la guerre de Cent Ans, les révisions vont porter sur d’autres épisodes de l’Histoire de France : la Révolution, la bataille de Marignan, les régicides célèbres. Devant le peu de motivation de Philippe, Térence se lance dans la mise en scène de certains épisodes, pour rendre le propos plus attrayant. Philippe ne pense qu’à distraire ses camarades et à débiter des âneries.

Au fil des questions, réponses et mimes divers, l’interactivité avec le public s’intensifie dans la joie et la bonne humeur. Et les spectateurs sont finalement ravis de cette séance de rattrapage inespérée, totalement délirante. A noter que tous les faits historiques relatés sont parfaitement  réels…

 

La compagnie Térence et Malik a réussi le pari de proposer un divertissement intelligent  et bien mené, interactif et pleinement intergénérationnel. Il remplit les salles depuis déjà trois saisons. Et la compagnie peut, sur demande, adapter le spectacle à un public scolaire quel que soit le niveau d’apprentissage, ou à tout autre public spécifique. Ah ! Si les cours d’Histoire (mais pas que.. !) étaient bâtis sur ce modèle, cela motiverait certainement les élèves … Mais comme dit Térence, les profs ne tiendraient pas le coup !

 

 

 

Partager cet article

Repost0
20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 22:29
Sun 7 Café
Sun 7 Café

Spectacle de la compagnie ZAD (69) vu le 18 juillet à 21h25 à L’Adresse dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 9 au 28 juillet.

 

 

Auteur et mise en scène : David Conrad

Comédiens : Enji Julien, Thibault Deloche, Rodolphe Paulet, Aurélien Serre

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 12 ans
Durée : 1H30

 

 

Sur le plateau, pendant que le public s’installe, un homme attend dans un décor de bar un peu miteux, en regardant avec intérêt un match de boxe. C’est Eddy, le gars de la sécurité, un peu taciturne notamment avec Tom, le DJ embauché depuis peu.

 

On comprends petit à petit qu’on est dans un bar en situation financière plus que catastrophique, tenu par Marie, et dont les histoires parallèles restent bien mystérieuses : un psychotique à endormir les bœufs découvert sous le comptoir, un pistolet caché sous le bar, un ancien videur disparu, probablement butté, et qui avait descendu un autre videur qui ne voulait pas le laisser rentrer dans un autre bar, les « beaux draps » (les clients friqués) tant attendus et fantasmés, et enfin l’un des gars, Bébert, probablement indic. Bref, ça n’arrête pas de dérouler un fil narratif auquel on a du mal à s’attacher.

C’est du théâtre réaliste et certaines scènes sont très touchantes et basculent dans le drame social quand Eddy fait état de son enfance et de ses souvenirs où se mêlent un père violent, un environnement difficile et un parcours semé d’embûches.

Chaque personnage est très marqué. Normal, ce sont des archétypes de la condition humaine. Malheureusement, la simplicité de l’histoire qui se perd pourtant dans moult détails inexpliqués (qui a fait les petits fours?) et l’inégalité de jeu des comédiens font qu’il m’a été difficile de croire à ce que l’on me racontait et d'avoir beaucoup de compassion pour ces personnages présentés pourtant avec beaucoup d'humanité.

 

C’est une création et je suis certain que certains réajustements pourront être faits pour donner à ce spectacle toute la force qu’il mérite.

 

 

 

Partager cet article

Repost0
20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 14:29
Le Mardi à Monoprix
Le Mardi à Monoprix

Spectacle de la Cie de L'Inutile (31) vu le 18 juillet à 20h 45 au théâtre de l'Albatros (côté jardin) dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 28 juillet (relâches les 9, 16 et 23 juillet).

 

Auteur : Emmanuel Darley

Mise en scène : Eric Vanelle

Comédiens : Delphine Saint-Raymond, Marc Compozieux 

Genre : Théâtre, LSF (Langue des Signes Française)

Public : Tout public (à partir de 14 ans)

Durée : 1H15

 

 

Chaque mardi, Marie-Pierre s'occupe d'André, son père. Et chaque mardi c'est la même chose : Marie-Pierre fait le ménage, la lessive, le repassage et les courses à Monoprix. « Jean-Pierre », désormais « Marie-Pierre » continuera-elle à alimenter cette relation qui lui coûte ?

 

Ce spectacle est signé (en *Langue des Signes Française) par une comédienne pleine d'expressivité. Je ne m'y connais pas en LSF* et c'est l'occasion de me laisser entraîner dans le monde visuel et significatif de cette langue pour le moins théâtrale.

Deux femmes sont sur le plateau. Elles sont habillées en jupe à cerises, talons vernis et chemisier rose. Je me fais la réflexion qu'un certain stéréotype de la « femme » existe ici. Cependant, cela ne me dérange pas car je conçois que la féminité puisse s'exprimer de cette manière.

La scénographie ? Une forêt de maigres lampadaires (presque des piques) aux têtes d'ampoules fines. Il s'agit plus de symboles que de mobilier. Cela laisse de l'espace à la narration et aux personnages.

Dans cette pièce, la transidentité s'exprime et se vit par procuration. Pourtant je ne dirais pas que c'est le sujet principal, étant donné que la langue des signes attire beaucoup notre attention. « Le Mardi à Monoprix » fait exister autant une histoire Trans que Signée.

La pièce est un peu longue mais l'histoire se tient. Le/a comédien/ne a la voix qui ne porte pas assez : une question d'articulation. Il ne manque pas grand chose pour mes 3 étoiles...

 

Vive le Spectacle accessible à tou.te.s et ouvert d'esprit ! Vive la Compagnie de l'Inutile !

Je vous le recommande sans contre-indication !

 

 

Partager cet article

Repost0
20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 11:36
La Quête du miel
La Quête du miel

Spectacle du Collectif Antilope (45) vu le 13 juillet à 15H50 au Théâtre des Barriques dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 28 Juillet 2019 (relâche les mardis).

 

Texte et jeu : Alexandre Beaulieu.

Mise en scène : Pierre Alfred Eberhard

Scénographie : Humphrey Vidal

Voix off : Jean Burucoa et Doriane Ayxandri

Musique : Thibaut Marchal

Genre : Théâtre

Public : Jeune public

Durée : 50 minutes

 

 

Ce spectacle, je l’ai raté l’an dernier alors que je voulais le voir absolument. Alors, cette année ça n’allait pas être le cas! J’avais envie de retourner en enfance, de ne pas lâcher mes rêves de gosse sous prétexte d’être entrée dans ma vie d’adulte, mais de me laisser bercer par la magie des contes que j’ai toujours privilégiés dans mon enseignement auprès de mes élèves de Collège, quelque soit le niveau.

Parce que les contes, ça marche… !

 

 

Ce jour-là, il y avait plein d’enfants dans la salle, comme les autres jours certainement. Dès les premiers mots prononcés par le comédien -dont le visage m’a rappelé celui de Grand Corps Malade, similitude toute personnelle qui inconsciemment me laissait présager que les mots seraient là ...- le spectateur est embarqué dans l’histoire de Petit Ours.

Le parti pris d’imaginer le comédien Alexandre Beaulieu lui-même dans le rôle de l’ourson fonctionne à merveille car il n’y a aucune distanciation et les yeux des enfants pétillent. Certains commentent à voix haute les aventures de Petit Ours sous les « chuuut » ostentatoires de leurs parents…

La mise en scène est subtile, toute en suggestions visuelles et sonores efficaces et très poétiques. Si mon voisin ou ma voisine a perçu d’autres choses que moi, c’est tant mieux. Un simple tulle sur lequel est projeté un visuel onirique permettant la libre circulation des images renforce le pouvoir de l’imaginaire. Le spectateur est aux côtés de cet ourson chaque seconde. Près de lui. Tout près.

Sur son chemin initiatique, il va croiser plusieurs personnages qui l’aideront à grandir en lui faisant peur ou en le rassurant. Comme le vieil ours, le Sage, ou ce papillon-ami à la splendide voix douce posé sur sa truffe et qui le rassure tout en l’aidant à mieux saisir le sens de sa quête.

Car au départ, Petit Ours part sur les chemins pour aider son père qui rêve de miel. Finalement, c’est lui-même qu’il rencontrera, confronté à sa propre volonté, à ses propres doutes. Petit Ourson est seul tout compte fait et n’est-ce pas en étant seul que l’on se forge davantage dans la vie ? Et ce miel tant attendu, le trouvera-t-il ?

Alors, bien sûr, certains verront dans cette fable allégorique bien d’autres choses que de simples connotations enfantines et poétiques ! Ce ne sont pas les moments qui manquent sur cette heure de spectacle, notamment la quête du nectar doré qui permet de voir le monde plus beau … Je plains ces personnes d’avoir perdu cette part d’enfance en eux et leur monde doit être bien gris :

-« Seuls sont capables de grandir ceux qui se voient vraiment tels qu’ils sont ».

 

J’attends impatiemment l’an prochain la nouvelle création de ce Collectif, « Le Chevalier sans quête ».

Mais pour l’heure courez voir Petit Ours, saisissez au hasard une métaphore ou deux, tirez au hasard sur un des nombreux fils poétiques de ce conte remarquablement écrit et vous passerez un merveilleux moment de votre Festival.

Vite !! Plus que quelques jours….

 

 

Partager cet article

Repost0
19 juillet 2019 5 19 /07 /juillet /2019 14:27
Source officielle Festival Avignon

Source officielle Festival Avignon

Les Justes

Spectacle de la compagnie «  Les 6 ‘Thèmes Théâtre » (69) vu le 8 juillet à 10H50 au Théâtre Pixel dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 4 au 28 Juillet (Relâches les jeudis).

 

Texte : Camus

Mise en scène : Aurélie Camus assistée de Tiffany Léonard

Comédiens : Fany Burgard -Tiffany Léonard -Sébastien Hugues Gillie -Adrien Pont -Luc Févry et Lucas Jason Perrot

Genre : Théâtre

Public : Adulte

Durée : 1H20   

 

 

« Les Justes », c’est une pièce sur  l’Humain, dans tout ce qu’il a de fragile, d’excessif, de contradictoire, d’engagé, de fervent ou de défaitisme affiché. Sur l’Amour aussi comme en témoigne un des titres que Camus avait envisagé, « Les Meurtriers délicats ».

 

J’ai planché sur ce texte il y a de nombreuses années pour mon Capes et j’en ai vu des adaptations…Ce texte ne me lâche pas parce qu’il soulève des questions essentielles et existentielles incontournables. Alors, je suis allée encore une fois assister à une nouvelle version théâtrale, toujours un peu impatiente et fébrile.

 

Ici, la mise en scène est fine, sans débordement ni extravagance. Les six comédiens tiennent leur rôle «  justement ». Le parti pris d’un angle « organique » par la metteure en scène surgit dès le début. Au Pixel, les premiers rangs sont tout proches du plateau et cela renforce sans doute cette sensation bien tangible. Et j’étais au premier rang. Des références aux « sens »,  il y a en a dans cette mise en scène : nous aussi on éprouve les coups de fouet que Stépan a reçus en prison, lesquels lui imposent un rapport très particulier au toucher. Ou on s’identifie à Dora qui reçoit toutes les confidences des autres protagonistes et cela met notre ouïe en éveil.Et puis avant le début de la pièce, on savoure un petit bonbon posé gentiment sur l’accoudoir du fauteuil comme un avant goût subtil de ce que nous allons vivre. Délicate attention…

L’épure de la mise en scène renforce la puissance des mots de Camus sans en dévoyer l’intention. Rien de trop. Juste l'essentiel pour appuyer le jeu incarné des comédiens. Une mention toute particulière à Luc Fevry, interprétant tour à tour Annenkov et Foka. Il charpente avec professionnalisme le jeu de ses cinq autres jeunes partenaires, en grand devenir théâtral eux aussi.

 

Un grand bravo à cette jeune troupe lyonnaise et aux jeunes acteurs à qui je souhaite une longue route sur ce chemin artistique.

«  Continuez à vivre vos éventuelles contradictions !

    Mais ne mourrez pas !

    Continuez à jouer votre vie ».

 

 

Partager cet article

Repost0
18 juillet 2019 4 18 /07 /juillet /2019 14:04
Source officielle Festival AVI

Source officielle Festival AVI

Paulina

Spectacle  de la Compagnie Antisthène (75) vu le 14 Juillet à 22H au nouveau Théâtre «  Sham’s »  dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 28 Juillet 2019 (Relâche les lundis).

 

Texte : d’après Angelica Liddell

Mise en scène : Jessica Walker

Comédiens : Clémence Caillouel

Genre : Théâtre

Public : Adulte

Durée : 1H

 

De quelle planète cette comédienne incarnant le personnage de Paulina descend-elle ? Et que nous dit-elle précisément, Paulina ?

Qui est-elle ? Où est-elle ?

 

Je me suis demandé tout ça au début de ce spectacle dans lequel Clémence Caillouel à la fois troublante et captivante incarne à elle seule toute la violence faite aux femmes mexicaines pour la seule raison qu’elles sont « femmes ». Mais Paulina hurle son besoin d’amour avant tout. Paulina Elizabeth Lujan Morales, 16 ans, qui, sous la plume d’Angelica Liddell, est la voix de toutes ces femmes assassinées au Mexique, une véritable pandémie que l’Etat de Mexico ne parvient pas à endiguer. Mais cette barbarie dont nous parle ce spectacle est-elle le seul fait de ce pays ? C’est une question à laquelle le choix de mise en scène ne répond pas et laisse le spectateur face à lui-même.

L’actrice est exceptionnelle dans son panel diversifié d’évocations qui octroie au spectateur une grande prise de conscience. L’actrice oscille entre une grande force d’interprétation et des jeux parfois subtils et un peu fragiles et enfantins. On a envie de prendre Paulina dans nos bras, de lui soigner les coupures qu’elle a partout sur le corps, de venir la chercher dans cette chambre d’hôtel où elle est enfermée.

Elle campe aussi d’autres voix plus en sourdine comme celle de cet homme qui jouit et qui se targue de faire de la morale mais c’est la voix de Paulina qui éclate. En chantant par exemple « Poupée de cire, poupée de son » ou en reprenant la célèbre phrase de Brigitte Bardot dans « Le Mépris »  de Godard :

-« Tu les trouves jolies mes fesses ? Et mes seins, tu les aimes ? » 

La mise en scène est déroutante, entre Caraïbes et Carnaval de Rio, des lampions et de longues tresses de raphia jaune.Mais tout se ternit vite. Un projecteur tenu par une technicienne près du plateau  braque Paulina dans une lumière orange et elle devient comme un papillon multicolore qui se brûle les ailes.

 

On a peur pour elle et de la fin attendue. Des moments de silence renforcent cette impression. Paulina est pudique. Paulina est seule. Les yeux verts envoûtants de Clémence Caillouel vous hypnotiseront et sa voix portera à coup sûr plus loin que le Mexique ; vers Gaza par exemple : « La muerte en directo ».

Courez voir ce spectacle …. ! Parlez-en autour de vous. Vite … Vite….

Surtout si vous êtes « femme ».

 

Partager cet article

Repost0