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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

15 juillet 2021 4 15 /07 /juillet /2021 18:56
Sang négrier
Sang négrier

Spectacle de la Compagnie Les Apicoles (94), vu au théâtre des Barriques à Avignon le jeudi 15 juillet à 13h05 dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet 2021.

 

Mise en scène : Khadija El Mahdi

Interprétation : Bruno Bernardin

Genre : Théâtre contemporain

Public : à partir de 10 ans

Durée : 1h10

 

Un ancien capitaine négrier se souvient de la chasse à l’homme qu’il mena une nuit, dans les rues de Saint-Malo, après que cinq esclaves noirs s’étaient évadés de son bateau. Marqué par une forte tension dramatique, le récit suscite la révolte du spectateur, qui ressent la façon dont la traite négrière déshumanise celui qui l’organise et ceux qui la subissent ; les « nègres » sont transformés par la foule en monstres géants. Le capitaine balaiera cette illusion (« ils n’avaient rien de géants ») et, avec un regard sans pitié, il décrit des êtres misérables et vulnérables : des fauves en captivité .

Commença alors pour lui et ses hommes une traque dans les rues de la ville, une traque qui les mènera jusqu’aux limites de la raison. Le capitaine et les « volontaires » ramenèrent tous les esclaves, sauf un, un qui conçut une bien étrange vengeance...

« Vous me dévisagez. Vous avez peur. J’ai quelque chose de fiévreux dans le teint qui vous inquiète. ..Je ne lève pas les yeux. Je sursaute souvent, au moindre bruit, au moindre geste. Je suis occupé à lutter contre des choses que vous ne voyez pas... Mais je n’ai pas toujours été ainsi. Je fus un homme autrefois ». Des années plus tard, malgré un manque total de repentir et sans jamais se remettre en question, cet « homme » sombrera dans la folie.

Une mise en scène parfaite, une interprétation remarquable pour un seul en scène captivant, avec un texte terrible de Laurent Gaudé. Une réussite.

 

Evelyne Karam

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15 juillet 2021 4 15 /07 /juillet /2021 13:56

Un festival réussi s’étant déroulé du 20 mai au 6 juin 2021 sur dix-sept communes de Rhône-Alpes.

Ce ne sont pas moins de 23 artistes et 40 spectacles qui sont présentés au sein de ce joli festival : contes, art de la parole, scène ouverte pour tout public.... Un évènement printanier dont le principe majeur est la gratuité* et qui amène la parole contée jusque dans les villages les plus reculés de l’Ardèche.

Dans l’ombre de l’ombre... se cache la merveille ! 

Un spectacle de Catherine CAILLAUD conteuse et actrice et Fred VILAIN musicien(oud), vu à la salle des fêtes de St Andéol de Vals le mercredi 26 mai 2021 à 19 h. Entrée libre. 

Écoutez l’histoire des humbles qui changent le monde et, bercé par l’oud, plongez dans un long rêve éveillé ! Au plus profond des cœurs, les contes merveilleux ouvrent portes et fenêtres sur des territoires inexplorés. Un conte musical pour se sentir plus beau, plus lumineux, plus vivant. Couple dans la vie, Catherine Caillaud et Fred Vilain sont complices sur scène et harmonisent voix et compositions musicales pour raconter à deux : l’intime, l’amour, la bonté et la sincérité.

Un très beau spectacle fort poétique et plein d’amour et d’humanité.

La couleur des nuages

Un spectacle de Claire Pantel, vu à la Salle de la Lauzière à Saint Privas le mercredi 26 mai 2021 et le jeudi 27 mai 2021 à 9 h 30 et 10 h 30. Tarif unique.

La conteuse en kimono blanc ouvre son kamishibaï sur un coin de terre froide, noire et humide. Arbres, feuilles, couleurs sortent de son tablier. Formes de papier, de couleur et de textures différentes illustrent son récit.

Par son habileté extrême, délicate et quasi magique de la manipulation, Claire parvient ainsi à captiver les petits (de 3 à 6 ans) jusqu’à ce que ce lieu se révèle être l’endroit rêvé des scarabées et autres coléoptères. Protégé sous sa carapace, un petit scarabée s’aventure à tâtons et sort de terre. Il part découvrir la couleur des nuages et sa quête l’amènera à explorer le monde. Des paysages de papiers, de fils et de textiles... Des paysages à toucher avec les yeux, à sentir du bout des doigts…

Magnifique, délicat, esthétique, un très beau spectacle !

Pas si bêtes 

Un spectacle de Christian Pierron, vu dans l’amphithéâtre de verdure de Saint-Étienne de Boulogne le samedi 29 mai 2021 à 14 h. Participation libre.

C’était il y a longtemps, un temps où les animaux savaient parler et les humains savaient les entendre. Qui était le plus bête des deux ? Parfois les animaux pouvaient rendre de grands services aux hommes. D’autres fois, ils pouvaient être aussi stupides qu’eux. Avec un accordéon et un ukulélé, Christian sait trouver et inventer aussi des chansons que les enfants reprennent avec lui et des histoires durant lesquelles ceux-ci sont amenés à participer.

Un moment précieux de poésie, de mots, de rêves et chansons pour dire ce drôle de monde ! 

Financé par l’amicale laïque Graines.

 

Gisèle-Lydie Brogi 

 

*financé principalement par la Communauté de communes du bassin d’Aubenas ; la communauté autour de Joyeuse ; la médiathèque d'Aubenas.

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14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 19:59
Novecento
Novecento

Spectacle de la Compagnie Vertigo (34), vu au Théâtre L’Adresse à Avignon le mercredi 14 juillet à Avignon à 9 h 00. Dans le cadre du festival OFF d’Avignon du 7 au 31 juillet. 

 

Mise en scène : Fred Tournaire et Jérôme Frey

Interprétation : Fred Tournaire

Genre : Théâtre contemporain

Public :  à partir de 11 ans

Durée :  1 h 05

 

Novecento est un enfant abandonné. Il naît en 1920 sur un paquebot et, abandonné par ses parents, il sera élevé par l’équipage et ne connaîtra pas d’autre univers que la mer. Il jouera du piano à l’instinct, enthousiasmera les foules, il deviendra « le » phénomène. Pourtant, le plus grand pianiste du monde ne mettra jamais un pied à terre : ce clavier est bien trop grand pour lui.

C’est son histoire que nous raconte avec truculence et poésie le trompettiste Tim Tooney, son ami, son frère de cœur, témoin privilégié de sa vie. Novecento, naviguant sans répit sur l’océan, passera sa vie les mains posées sur les quatre-vingt-huit touches noires et blanches d’un piano, à composer une musique qui n’appartient qu’à lui. Tim Tooney nous tient en apnée durant tout son monologue, avec un texte d’une intensité rare, une musicalité et une poésie étonnante, une virtuosité étourdissante. Ainsi est racontée l’histoire de Novecento, poétique et désespérée, un homme qui a refusé de naître au monde pour ne pas mourir, magistralement interprété par Fred Tournaire seul en scène.

 

Evelyne Karam

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14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 19:10
La boîte de Pandore
La boîte de Pandore

Spectacle de la compagnie Étoile de Lune (75), vu au Théâtre La Luna à Avignon, le 14 juillet 2021 à 11 h 55, dans le cadre du Festival OFF d’Avignon du 7 au 31 juillet. Public : 

 

Mise en scène : Esteban Perroy

Interprétation :  Esteban Perroy, Ars Dankar

Genre : Théâtre d’improvisation

Public : tout public

Durée :  1 h 05

 

En s’inspirant (magistralement) des souvenirs, des fantasmes ou des rêves des spectateurs choisis au hasard, nos deux comédiens livrent une performance artistique audacieuse et très, très imaginative ! Aucun temps mort ni baisse de rythme dans cette démonstration d’improvisation théâtrale à la fois drôle, absurde, musicale et ténébreuse.

On rit beaucoup, bluffé par la performance de ces artistes qui parviennent à nous faire entrer dans un monde imaginaire en moins d’une minute, en toute complicité, et c’est certainement cela qui nous ravit le plus : y a-t-il télépathie pour que leur jeu soit à ce point imagé, fourni d’anecdotes hilarantes et que la chute soit si parfaite ? C’est sans doute le secret qui se cache dans la boîte de Pandore... à ouvrir absolument !

 

Evelyne Karam

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14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 11:46
Les tracasseries domestiques

Spectacle de la compagnie DFQM Productions (75), vu dans la Salle Molière du théâtre Tremplin à Avignon, le 12 juillet 2021 à 18 h 30, dans le cadre du Festival OFF d’Avignon du 7 au 31 juillet.

 

Metteur en scène : Rémi Chenylle

Interprètes : (en alternance) Alicia Benetuly, Kévin Bernadine, Charlotte Borius, Hanaé Carmant, Klhoé Dominguez, Victor Humeau, Oriane Jemy, Fanny le Gac, Raphaëlle Morin, Miguel Angel Pasquier, Lola Pizzagalli, Camille Simon

Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée : 1 h 15

 

D’après une pièce classique écrite par Carlo Goldoni, ce spectacle propose une mise en scène fraîche et surprenante par l’inversion des genres et le travestissement de tous les comédiens et comédiennes.

Ayant choisi ce spectacle par hasard en feuilletant le programme du Off, nous nous attendions à du théâtre classique ordinaire, quoique l’affiche préfigurait une mise en scène moderne. Le texte et l’intrigue de Goldoni ne nous ont pas surprises et nous ont plutôt ennuyé ; les personnages sont plutôt communs et l’intrigue tourne un peu en rond.

Fort heureusement, nous avons été très agréablement surprises par la mise en scène. En effet, tous les rôles étaient joués par des comédiens et comédiennes du genre opposé. Cette décision nous a été expliqué par les interprètes, que nous avons rencontré à la fin du spectacle et qui nous ont charmé par leur gentillesse et leur luminosité. Pour neuf personnages masculins et trois personnages féminins, la troupe est composée de neuf femmes et trois hommes. Le choix, d’abord stratégique, apporte un nouveau point de vue sur l’œuvre et la modernise. Bien que certains comédiens soient moins à l’aise que d’autres dans le travestissement, chacun apporte une perspective nouvelle à son personnage sans pour autant tomber dans les stéréotypes de genres.

Les costumes apportent un peu de fraicheur à la pièce et rappellent l’adaptation de Romeo et Juliette, de Baz Luhrmann (le comte et son neveu portent des chemises à motifs et des armes à feu à leur ceinture). Les décors sont très épurés, car la mise en scène se concentre sur le texte et les relations entre les personnages. Nous sommes cependant perplexes concernant l’utilisation d’un fond sonore régulier de chants d’oiseaux alors même que les premiers actes se déroulent en intérieur. Nous avons apprécié les autres interventions musicales, qui nous mettaient dans l’ambiance requise pour apprécier les scènes.

Nous avons passé un très agréable moment et ce fut un plaisir de découvrir cette jeune troupe pleine de potentiel !

 

Gabriette

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13 juillet 2021 2 13 /07 /juillet /2021 13:39
En attendant Gadot

Spectacle de la compagnie Robert Sullon (Belgique), vu à l’Atypik Théâtre à Avignon le 12 juillet 2021 à 14h45, dans le cadre du Festival OFF d’Avignon du 7 au 31 juillet.

 

Metteuse en scène : Marie Alexandra Eremine

Auteur et Interprète : Robert Sullon

Genre : Clown

Type de public : Tout public

Durée : 1 h 10

 

Seul sur la scène de l’Atypik Théâtre, Robert Sullon fait interagir en de multiples sketchs ses deux personnages (lui-même et son clown Manuel), créant un dialogue avec lui-même.

 

C'est avec une grande curiosité que nous sommes arrivées à l'Atypik Théâtre. Installées dans une salle relativement étroite, nous avons pu néanmoins profiter d'une très bonne visibilité ; de plus, cette salle était propice à la création d'une intimité avec le comédien et nous nous sommes très vite senties intégrées dans son univers. Sur scène, le clown était très chaleureux et convivial, nous faisant rire, parfois aux éclats.

C’est tout d’abord le titre du spectacle qui nous a intrigué : référence évidente à la pièce de Beckett, nous nous sommes demandé ce que signifiait le mot « gadot ». Le comédien l’explique, ce terme belge désigne un déambulateur pour personnes âgées ; « en attendant le gadot » est donc une allusion adroite au temps qui passe. Alors que chez Beckett, deux personnages attendent peut-être la mort, ici le comédien et son clown célèbrent la vie, parlant de sujets comme l’enfance, l’amour et l’amitié, et surtout l’importance du rire pour être heureux.

Par le biais de son clown, il nous fait également découvrir de nombreux autres personnages, comme un toréador espagnol qui a un peu trop bu, un chef d'orchestre muet ou bien même d'anciens clowns célèbres. Les entrées de ces personnages sont accompagnées de changements de lumière et d'effet sonores, dont les apparitions sont parfois abruptes avec un volume trop élevé.

Nous avons fortement apprécié son humour, sa façon de jouer avec les mots et d'interagir avec son public ; par exemple avec le récit d'une fable, écrite dans le style de Jean de la Fontaine. Accompagné à la régie par son épouse, leurs échanges et leur complicité nous ont ravi, agrémentant la représentation.

Alors que nous étions arrivées avec une certaine réserve, nous avons été très agréablement surprises et enchantées de découvrir ce clown habile. Ouvert à tous les âges, nous recommandons avec enthousiasme ce spectacle, qui a su nous divertir !

 

Gabriette

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12 juillet 2021 1 12 /07 /juillet /2021 09:15

 

Spectacle de la compagnie La Volubile (26), vu à l’Isle 80 à Avignon le 10 juillet 2021 à 17 h dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 10 au 31 juillet. 

 

Texte et mise en scène : Adrien Perez

Interprète : Anaïs Jouishomme

Genre : Théâtre

Public : Jeune public à partir de six ans.

Durée : 45 minutes

 

Conte poétique et visuel sur l’enfance.

Une grande tente d’indien plantée sur scène nous attends (prévoir une hauteur minimum de 4,20 quand même), terrain de jeux multiples de la petite fille de 7 ans et demi qui va nous raconter sa vie et ses mysteres.

Cette fillette sans nom, nous fait partager son secret : elle nous présente Georges, son petit frère invisible… Avec lui, elle nous emmène dans son imagination débordante, détourne les objets autour d’elle et décolle dans sa fusée-tente. Elle nous fait partager ses questionnements sur sa maman, le travail, le temps qui passe ou l’attachement. Son récit en continu est porté par de jolis effets de voix, un travail efficace de mime (son tigre est très félin et semble se glisser sur scène) et des surprises ici et là, comme ses percussions corporelles venant rythmer son récit ou ses bâtons à rubans apportant une touche visuelle et circassienne complémentaire.

C’est un kaléidoscope de l’enfance, riche et sensible, où les parents aussi sont passés à la moulinette de ce regard enfantin. Un spectacle pour les petits et leurs questionnements qui a su capter l’attention d’un public très à l’écoute. La chute finale – que je ne dévoilerais qu’à ceux qui le souhaitent -, apporte un élément de dramaturgie complémentaire qui donne un complément d’âme et une dimension supplémentaire à ce joli spectacle.

Laissez-vous tenter…

 

Éric Jalabert 

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10 juillet 2021 6 10 /07 /juillet /2021 17:14

Spectacle de la compagnie Théâtre du Midi (77), vu à la Fabrik Théâtre à Avignon le 8 juillet 2021 à 17 h 50. Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet. 

 

Adaptation et mise en scène : Antoine Chalard

Interprètes : Florent Malburet, Antoine Chalard, Clémentine Yelnik

Costumes : Marie Vernhes

Masque : Galina Molotov

Public : Adulte

Durée : 1 h 15

Genre : Théâtre contemporain

 

Cette histoire qui se déroule à Londres en 1884, nous raconte sous une forme nouvelle et théâtrale l’histoire de John Merrick, alias Elephant man. Sur le plateau, il y a un voile, par lequel le public aperçoit une forme : Madame Kytes. Elle harangue la foule, invente une histoire de femme enceinte sauvagement bousculée, écrasée par des éléphants pour attirer les curieux à venir voir le monstre qu’elle exhibe dans les foires. Il n’est pas homme, mais bête. C’est l'homme éléphant.

La musique choisie pour accompagner ces propos de Klauss Nommi amplifie la situation terriblement tragique de John, maltraité par cette odieuse femme. Les trois rôles féminins de cet Elephant man adressé aux adultes sont interprétés par la grande comédienne Clémentine Yelnik qui met une fois de plus tout son talent à jouer de la tendresse amicale comme de la méchanceté, ces femmes de personnalités extrêmes.

John n’ose se montrer que lorsque le Docteur obtient la possibilité de l'accueillir, moyennant de l'argent pour l'examiner en son service à l’hôpital. Ce médecin parvient à un diagnostic : outre sa tête difforme, son dos ainsi que son épaule droite sont déformés. Sa grosse main apparait la peau grise fripée comme une peau d’éléphant. John progressivement bouleverse les certitudes du Docteur, à qui, au fil du temps, il accordera toute sa confiance. Le docteur Treves et le Directeur Gomm de l’hôpital sont interprétés par Antoine Chalard. Un jeu très maîtrisé en délicatesse. Il laisse passer un message positif de tolérance, d'empathie et d'amour de l’autre.

Cela en sera de même lorsque l’infirmière et le directeur d’hôpital, tous deux peu convaincus que John a sa place en leur établissement, basculeront, dans l’acceptation et l’accueil inconditionnel.

Par les visites dans sa chambre d’hôpital où les élites de Londres le visitent, John apparait de plus en plus ouvert et élégant. Ainsi, il est amené à rencontrer chez lui Madame Kytes. Cette femme sensible et cultivée lira la bonté d’âme dans les yeux de John. Lors de sa première visite, elle lui apporte un livre. Puis, elle revient avec un phonographe pour John, son ami, saisit sa main et elle l’invite à danser. En prenant congés, Madame Kendal lui déclare : la plus belle des amantes : la musique.

Si dure que soit la réalité, John est à présent heureux. Il revient de son premier spectacle de théâtre avec son ami Docteur et Madame Kytes. En rentrant, il déclare au médecin : « Merci, vous m’avez sauvé ! », qui lui répond « Mais c’est vous, mon ami ».

L’équipe, dont le metteur en scène qui a adapté la pièce Antoine Chalard, m’a avoué ne pas sortir indemne de la représentation. Mais, on en ressort plein d’amour.

Pour conclure, j’adresse un immense merci à Florent Malburet qui incarne John Merrick avec justesse et sensibilité rare. Pour toutes les prochaines représentations qui s’enchaînent en Avignon, je lui envoie force et ténacité pour ce rôle fort et une pièce qui restera inoubliable pour moi.

S’il y a un spectacle important à voir, c’est incontestablement cet Elephant man à la Fabrik'théatre. Par-delà cette histoire haletante et magnifique, cette pièce permet d’affirmer le droit à la différence. Elle nous rappelle que le monstre n’est pas toujours celui que l’on croit.

À Madame Kytes (Clémentine Yelnik) de conclure la pièce :

"Le théâtre, un miroir brandit à la face des hommes et qui les interroge et tout à coup, on y voit plus clair !"

 

Gisèle-Lydie Brogi 

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10 juillet 2021 6 10 /07 /juillet /2021 16:49

 
Crédit : Philippe Hanula

Spectacle de la compagnie Théâtre du Midi (77), vu à la Fabrik Théâtre à Avignon le 8 juillet 2021 à 16 h 20. Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet. 


 

Texte, adaptation et mise en scène : Antoine Chalard

Interprétation : Florent Malburet, Antoine Chalard, Caroline Pallarès

Masque : Galina Molotov

Public : Enfants de 8 à 13 ans

Durée : 1 h

 

Un challenge extrêmement délicat que relève ici avec brio Antoine Chalard du Théâtre du midi. Parents, grands-parents d'enfants, courrez assister à cette représentation exceptionnelle de théâtre destinée aux enfants ! Quelle prodigieuse réussite que cette adaptation proposée à la Fabrik Théâtre en cette édition 2021 du Festival OFF d'Avignon.
 
Aujourd'hui plus que jamais après ces longs mois sans vous, acteurs, qui nous enchantent du "vivant", il n'est plus que jamais essentiel de conduire nos plus jeunes au théâtre, au spectacle vivant. Il dépeint, comme seul cet art sait le faire, notre humanité dans tous ses recoins beaux et sombres. Merci à Antoine et à l'ensemble de la Compagnie du Midi d'avoir œuvré si finement pour révéler aux enfants de manière élégante, sensible, intelligente et respectueuse, John Merrick, l'homme éléphant. Une prouesse pertinente d'adaptation, une ode à la différence d'une qualité et d'une sensibilité rare.

 

La pièce est vraiment conçue pour les enfants afin de leur conter, grâce à la magie du Théâtre, l'histoire de la vie de John Merrick (Elephant man). Fidèle à l'histoire originelle, l'œuvre proposée ici est habillement adoucie par une présence musicale fluide et douce, au piano essentiellement. Par rapport au film de David Lynch, la différence physique de John est atténuée et se limite à une tête difforme, et aucune déformation des mains et du corps. L’éclairage est doux, délicat. Les costumes d'époque sont soignés et parfaits. Sur le plateau, le décor sobre se limite à un fauteuil voltaire, un voilage qui permet un arrière-plan scénique. Le tout évite la lourdeur, et reste léger et délicat.

Ici, l'histoire se décline en conte. Elephant man, John, est introduit finement, avec grande délicatesse et les scènes sont ponctuées de silence avec quelques notes de piano attendrissantes et apaisantes. Là, il n'y aura pas d'insistance sur le pathos ni la cruauté de Madame Kytes, ni l'exploitation de cet être humain en animal de foire. Les faits sont évoqués sans insistance. Les non-dits, plus que des mots, ont leur place, ils laissent place à la découverte de la sensibilité et l'intelligence de cet être humain malmené.

 

Ainsi la rencontre avec le Docteur Treves et l'entrée de John en son hôpital révèlent à tous qui est John Merrick. Sous la protection du Docteur, peu à peu, il parle, s'exprime, s'ouvre progressivement aux autres. Il reprend confiance en lui, se fie aux autres, notamment à l'infirmière Madame Motherhead (interprétée par Caroline Pallarès) fort hostile lors de son arrivée au sein de l'établissement. John a repris confiance progressivement en son entourage. 

Ainsi, le Docteur va lui proposer de rencontrer peu à peu dans sa chambre l'élite londonienne dont une admiratrice. Alors que John lui l'ignore, il s'agit de la princesse Alexandra du palais royal de Londres. Plusieurs visites, et très vite, ces deux là deviennent amis. Lorsque lors d'une de ses visites, Alexandra lui offre un phonographe, ils dansent sur l'air de "un jour mon prince viendra". S’ensuit un tableau magnifique, la jeune femme termine sa visite et, resté seul, John danse seul dans un cercle de lumière.

L'interprétation des trois personnages féminins aux personnalités fortes et opposées sont portées avec le talent de Caroline Pallarès qui est terrible et toute de douceur aussi. D'un spectacle si sensible et juste, on sort touché par la triste et émouvante réalité. Cette proposition théâtrale destinée au jeune public permet un regard bienveillant sur cet être "hors normes". C'est ce que permet, cette précieuse version contée, délicate et superbement construite du début à la fin. Cette forme est parfaitement adaptée aux enfants bien souvent plus tolérants que les adultes à considérer leur prochain avec empathie et amour.   

 
Merci à Antoine Chalard et à son équipe d'avoir créée ce spectacle au service de l'adulte en devenir, porteur d'une intelligence innée et en cours d'acquisition dès le plus jeune âge. Une étape essentielle importante pour les générations à venir et le spectacle vivant de demain. Merci à vous de nous surprendre, de nous émouvoir toujours plus ! Et pour Florent Malburet, excellent, masqué tous les après midi et notamment en cette année 2021, ce fut admirable !  Merci évidemment à tous les niveaux, je compatis, le public aussi, et on vous remercie du fond du cœur pour cette incarnation parfaite de John.

BRAVO !

 
Gisèle-Lydie BROGI
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10 juillet 2021 6 10 /07 /juillet /2021 14:05
Sur les pas de Léonard de Vinci
Sur les pas de Léonard de Vinci

Spectacle de la compagnie Coïncidences Vocales (94), vu à l'Espace Roseau Teinturiers à Avignon le 8 juillet 2021 à 12 h. Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet. 

 

Mise en scène :  William Mesguich

Interprétation : Estelle Andréa, Oscar Clark, Julien Clément, Magalie Palies

Genre : Théâtre musical

Durée : 1 h 05

 

Ce voyage musical et fantastique va nous entraîner 500 ans en arrière, en compagnie de Lisa et de son frère Léo, grâce aux facéties de la célèbre, mais néanmoins « perchée » Joconde dont Lisa est une fervente admiratrice.

 

Ces jeunes gens en quête de sens sur la vie se verront offrir une joyeuse quête initiatique par le peintre, sculpteur, inventeur visionnaire : le maître Léonard de Vinci en personne. Beaucoup de chansons plutôt bien interprétées et une belle énergie des quatre comédiens font passer un bon moment de comédie qui aurait gagné cependant à montrer plus de profondeur dans le jeu un peu surjoué de Léo : le faire parler « djeun » n'ajoute rien à son jeu. Je confirme que le spectacle peut être vu dès six ans.

 

Evelyne Karam

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