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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 16:39
La Leçon
La Leçon

Spectacle « La Leçon» par la Compagnie des Perspectives (75) vu le 9 juillet, Avignon OFF 2019, à 15h au Théâtre Au Magasin. Du 5 - 28 juillet, sans relâche.

 

Texte : Ionesco

Mise en scène : Bruno Dairou

Comédiens : Pablo Chevalier, Pierre Courcelle, Edouard Dossetto, Josselin Girard, Antoine Laudet, Antoine Robinet

Genre : Théâtre

Public : Ados, Adultes

Durée : 1h

 

 

Le théâtre de Ionesco (un des fondateurs du théâtre de l'absurde) dénonce l'absurdité de la vie et des rapports sociaux grâce à un univers parodique. On est dans le  thème cher à Ionesco de la communication impossible entre les êtres.

La « Leçon » est un drame comique sur la relation délirante entre un professeur et son élève. C'est une pièce en un acte,  sans découpage  scénique.

La leçon particulière commence plutôt en douceur : le professeur s'extasie devant les réponses les plus simples de son élève, timide et appliquée. Puis, il la vampirise progressivement. Tandis que l’élève tombe dans la mollesse, le professeur devient de plus en plus autoritaire. Le paroxysme est atteint avec le meurtre sadique.

La mise en scène est minimaliste avec trois tabourets de bar pour seul décor. Les acteurs interprètent parfaitement les personnages, c'est leur jeu qui nous tient en haleine. L'absurdité se trouve aussi dans l'interprétation : les rôles de l'élève (fille) et de la domestique sont joués par des hommes, sans travestissement.

 

C'est l'absurdité dans toute sa splendeur, le public est conquis.

 

 

 

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 13:51
J'ai rencontré Dieu sur Facebook
J'ai rencontré Dieu sur Facebook

Spectacle produit par Madani Compagnie (78), vu au 11. Gilgamesh Belleville, le 8 juillet à 11h50au Festival OFF d’Avignon. (relâche les 10, 17, 24 juillet)

Texte : Ahmed Madani

Mise en scène : Ahmed Madani

Comédiens : Mounira Barbouch, Louise Legendre, Valentin Madani

Genre : Théâtre

Public : A partir de 13 ans

Durée : 1h30

J'avais vu « F(l)ammes »en 2017, une pièce du même auteur. Le spectacle m'avait beaucoup touché. C'est pour cela que j'ai décidé d'aller voir « J'ai rencontré Dieu sur Facebook ». C'est l'histoire d'une mère en lutte contre les traditions de sa famille et de sa fille, Nina, qui se radicalise petit à petit.

Nina est jeune et vient de perdre sa meilleure amie. C'est à ce moment qu'elle décide de se rapprocher d'un Dieu. Amar, qu'elle rencontre sur Facebook fait figure de dieu : il lui montre la route à prendre, celle d'Allah.

La suite semble prévisible: c'est l'histoire de tant d'autres jeunes en quête de sens. Pourtant, Amar se fait démasquer... Le rebondissement semble parodique et bouscule totalement nos attentes. Il est bienvenu et porte sur scène une nouvelle problématique. La pièce s'érige désormais contre le mensonge des réseaux sociaux et met les parents en garde contre la naïveté des jeunes.

Personnellement, j’ai du mal avec le comique de situation : le sujet sérieux de la radicalisation, de la croyance et du fanatisme, détourné, presque ridiculisé, me paraît absurde ou peu plausible.

A condition de ne pas s'attendre à un deuxième "F(l)ammes" : Allez-y ! Je ne serais pas étonnée que le spectacle vous plaise davantage qu’à moi.

 

 

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 08:45
Demain la nuit

 

Spectacle de « la compagnie du petit matin » (31) vu le 06 juillet 2019 à 16h30 à l’Albatros Théâtre (Avignon) dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 05 au 28 juillet 2019 à 16h30. (jours pairs - relâche les 10 et 24 juillet)

 

 

Texte : Matei Visniec

Mise en scène : Bruno Abadie

Comédien : Bruno Abadie

Création lumière : Antoine Dermaut

Création musicale : Rébeca Feron

Genre : Seul en scène -Théâtre
Public : Tout public à partir de 14 ans
Durée : 60 mn

 

 

C’est mon premier spectacle du Off 2019 et j’ai été attiré par la belle affiche du spectacle (Marc Etiève) et par l’auteur dont j’ai vu plusieurs pièces avec un plaisir que je laisse souvent infuser.

 

 

Dans le noir complet, une voix nous parle. L’homme qui se dessine devant nous veut nous raconter les dernières années de sa vie. Une vie bien étrange.

La lumière, magistrale, est faite de petites touches très réussies, donnant un côté très impressionniste à la mise en scène. Le personnage se souvient : il était réparateur de machines pour enterrer les morts à la chaîne, les ramasseuses-enterreuses, des soldats morts au front. Quel front ? Peu importe finalement, il y en a tant ! Puis vient la rencontre avec un cheval blanc, collé à lui comme une ombre, et que je vois en symbole de liberté. Un autre tableau le montre seul dans une ville désertée par tous, le laissant seul face à une solitude existentielle. Il nous parle alors du temps où il recueillait les derniers mots des morts, restés coincés dans leur gorge sans avoir pu s’exprimer. L’ambiance tant visuelle que musicale, le regard et la présence scénique du comédien sont remarquables et portent parfaitement le propos.

Tirés de plusieurs textes extraits du recueil « l’Homme poubelle » de Matei Visniec, Bruno Abadie incarne avec brio un nouveau personnage composite et inédit et nous interroge, à travers cette écriture absurde et surréaliste propre à l’auteur, sur les questions de liberté, de résignation et d’adaptabilité notamment. Mais la liste pourrait être longue puisqu’elle peut englober tous les questionnements autour de la vie et du vivre ensemble. Viesniec a écrit ces textes afin qu’ils puissent être joués et assemblés au bon vouloir de chacun. Je trouve la démarche généreuse et extraordinaire. Bravo Monsieur Viesniec !

 

 

C’est le second spectacle de la compagnie autour du même recueil (cf Le silence du miroir) et Bruno Abadie, dont on sent l’amour du théâtre et du spectacle - et de l’auteur -  a su m’emmener dans cet univers si étrange et particulier de l’un des auteurs vivants les plus joué dans le festival. Merci !

A découvrir

 

 

 

 

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 08:32
Tant qu'il y aura des coquelicots
Tant qu'il y aura des coquelicots

"Tant qu'il y aura des coquelicots", par la Compagnie "Hé ! Psst" (64 Lescar), vu au Festival d'Avignon le 8 juillet et joué tous les jours à 17h10 au Théâtre transversal.

 

Texte: Cliff Paillé

Mise en scène : Cliff Paillé

Comédiens : Cliff Paillé, Lyne Lebreton

Durée : 1h15

 

 

Savoir lire, c'est comme chercher des œufs. C'est bien au-delà du déchiffrage de graphèmes. Et les livres dans lesquels tous les œufs sont posés en plein milieu du chemin ne sont pas les plus intéressants.

 

Paul nous raconte comment il est devenu lecteur, un vrai lecteur passionné. Chez lui, enfant, pas de livre, pas de lecteur. Mais il y avait sa grand-mère qu'il allait voir à la campagne : il lisait des livres avec elle, d'abord ensemble, puis chacun lisait le sien. Et surtout, il a croisé pendant un bout d'année scolaire une maîtresse extraordinaire qui  - à travers le goût de la lecture et du français - lui a ouvert les portes de l'univers.

La mise en scène est simple : un fauteuil entouré d'étagères de livres d'un côté, de l'autre une table d'écolier. Deux acteurs en scène : Paul et celle qui incarne successivement la maîtresse, puis la grand-mère.

Le texte est d'une incroyable beauté. Dans le choix des mots, mais aussi dans les messages. Vous pouvez l'acheter en sortant.

 

Ce spectacle devrait être obligatoire au programme de formation de tous les enseignants !

En attendant, que vous aimez lire ou pas, allez-y, avec ou sans vos ados.

 

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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 17:29
Les Coloriés
Les Coloriés

«Les Coloriés» par la Compagnie Anapnoi (11800 Fonties d’Aude), vu à La Factory, le 7 juillet au Festival d’Avignon à 20h30 (du 5 au 28, relâche les 9,16 et 23).

 

 

D'après le texte de : Alexandre Jardin

Mise en scène :  Fannie Lineros

Joué par : A. Allwright, R.Deshogues, T. Gendronneau, L.Gonzalez, D.Lanne ,L. Sobler, T. Wozniczka

Genre : Contemporain

Public : Tout public (à partir de 8 ans)

Durée : 1h 20

 

C'est mon petit faible pour les dessins (voir l'affiche), qui m'a entraînée vers "Les Coloriés". Bien m'en a pris. C'est l'histoire d'Hippolyte qui est attaché à une femme qui l'insupporte. Il ne croit plus en l'amour. En rentrant chez lui, à Paris, il trouve Dafna.

 

La pièce est un hymne à l'enfance et à la liberté, une invitation à vivre sa vie comme on l'entend. Certain.es se retrouveront dans "les culotté.es" : à l'image des adultes de notre monde, ils sont engoncés dans leurs costumes, n'ont pas le temps, prennent des cachets... A l'inverse, les colorié.es sont ceux et celles, qui ont appris à agir selon leurs désirs, disent la vérité et "plongent" dans la vie au lieu de "réfléchir".

Les comédien.nes sont sept et jouent douze rôles. C'est l'occasion de découvrir des jeux scéniques très variés : chaque personnage joue en effet tantôt un culotté, tantôt un colorié.

En tant que jeune adulte, j'ai pris plaisir à rire de nos défauts de culottés : notre stress, nos oublis des vraies priorités. Mais cette pièce peut être jubilatoire à tout âge. Elle est assez dynamique pour intéresser un enfant et assez pertinente pour un public de "culottés"

.

Alors, si vous passez près de La Factory, n'hésitez pas à donner une chance à cette pièce pleine de peps.

 

 

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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 16:19
Tonnerre dans un ciel sans nuage
Issu du site FestivalOFF

Issu du site FestivalOFF

«Tonnerre dans un ciel sans nuage» par le Collectif  Mind the Gap (75 Paris), vu au Théâtre du Train Bleu, le 7 juillet au Festival d’Avignon à 10h00 (du 5 au 23 les jours impairs).

 

Mise en scène : Création Collective

Par : Thomas Cabel, Julia de Reyke, Anthony Lozano et Coline Pilet et Solenn Louer

Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée : 1h10

 

 

C'est un tract qui m'a mené au Théâtre du Train Bleu. La troupe m'a convaincue en me transmettant son engouement. La pièce parcourt les problématiques rencontrées par quatre membres d'une jeune troupe de théâtre : La troupe est-elle suffisamment mâture et soudée pour mener à bien un projet ? Comment permettre une création collective, malgré les singularités de chacun.e ?  

                                      

Le spectacle est une réponse à ces interrogations. Sa réussite, à mes yeux, démontre bien qu'une jeune troupe peut être talentueuse même si elle rencontre des difficultés sorties de nulle part. C'est en tout cas mon interprétation du titre. 

 

Le matériel nécessaire est minime : chaque comédien.ne, possède une tenue de civil et un justaucorps disco. Il faut pouvoir accrocher une boule disco au plafond et brancher des micros. C'est à peu près tout.

 

La salle est réactive et convaincue. « C'est ma pièce préférée de l'année » me dit une amie en sortant (Elle a, dans le cadre de sa scolarité, assisté à une dizaine de représentations cette année). Je suis de cet avis : le spectacle est rafraîchissant. Le jeu est juste et bien orchestré. On sent leur motivation et envie d'être sur scène : Cela les rend captivant.es.

 

Je ressors donc de la salle ravie... Et vous convie à leur prochaine représentation !

 

 

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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 16:15
Nina, des tomates et des bombes
Nina, des tomates et des bombes

Spectacle « seule en scène » de la Compagnie de l’Armoise (76) vu le 6 juillet 2019 à 16H05 au Théâtre Arto, Avignon OFF 2019, du 5 au 28 juillet. Relâches les 10,17, 24.

Succès Avignon 2017 et 2018

 

 

Texte et mise en scène : Marie-Claire Neveu, Nicolas Bazin et Pascal Légitimus.

Direction artistique : Pascal Légitimus

Comédienne : Marie-Claire Neveu

Genre : Théâtre adulte

Public : Tout public à partir de 16 ans.

Durée : 1H 15

 

Nina est impitoyable et féroce ! Elle traite de sujets ardus de main de maître : les migrants, le traité de libre échange entre l’Europe et le Canada, la mort des abeilles, les lobbys, Fathawi l’Erythréen, les Congolais minés, les incompétents et les frileux de tout poil. Son univers est déjanté et chantant. Désenchanté, donc. Et derrière son nez rouge de clown et sous son chapeau melon elle virevolte avec brio en sensibilisant les spectateurs sans jamais les culpabiliser.

Elle crie que la planète va mal. Le spectateur peut verser une larme quand elle évoque l’abeille qui n’a plus que très peu de comparses ou encore les tomates achetées au supermarché qui n’ont plus aucune odeur.

Car les tomates n’ont plus d’odeur, n’est-ce pas !? On peut ne pas pleurer bien sûr et certains spectateurs trouveront encore que les tomates sentent bons….Et que la planète tourne bien !

Elle s’insurge de constater que « le blé » s’entasse inexorablement depuis la nuit des temps et contrôle tout. Depuis des millénaires et  il n’y a aucune raison pour que ça change.

Elle chante aussi et parle au président de la République. La mise en scène est juste et taillée au cordeau tout comme le texte qui jongle entre jeux de mots habillement trouvés et piques acerbes aux dirigeants d’une planète qui se meurt.

 

Nina n’est pas un clown triste. C’est une bombe qui alerte et interpelle.

Ce 6 juillet, certains spectateurs ont détesté le spectacle. D’autres dans la rue, le matin même, n’ont pas hésité à invectiver vertement la comédienne sur certains thèmes du spectacle. Ne baisse pas les bras, Nina. Fais encore plein de conférences comme celle-ci.

 

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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 14:08
Être là
Être là

Spectacle de la Compagnie A Vrai dire (60) vu le 5 juillet 2019 à 16H30 au Théâtre Présence Pasteur (Avignon) pour le Off d’Avignon, du 5 au 28 juillet. Relâches les 9,16 et 23.

 

Texte : Vincent Ecrepont.

Mise en scène : Vincent Ecrepont.

Comédiens: Céline Bellanger-Véronic Joly et Sylvain Savard

Genre : Théâtre adulte

Public : Tout public à partir de 16 ans.

Durée : 1H 20

 

Ce titre m’a interpellée parmi la multitude des affiches qui égaient les murs d’Avignon en ce moment. Une affiche en noir et blanc qui aurait pu passer inaperçue parmi les fresques multicolores : 2 mots « Etre là » et le regard d’un vieil homme qui me fixait et qui m’invitait à y aller.

 

Alors, j’ai « été là » ! J’y ai découvert « la » famille, ses tourments, ses questionnements, ses doutes et ses « reculades »perpétuelles. Parce qu’on ne sait pas y dire les choses essentielles dans la famille. J’ai assisté à du théâtre dans ce qu’il a de tellement vivant surtout quand il parle de la mort et de la disparition des aînés, du vieillissement ou de la perte de la mémoire.

Tout ceci, Vincent Ecrepont le place bien au devant de la scène du haut de sa grande sensibilité et questionne le spectateur dans ce qu’il y a chez lui de plus intime voire d’indicible. Il tire les ficelles tout en finesse et élégance. La force des mots est là. Elle accompagne avec brio le jeu des 3 comédiens, 2 femmes et un homme. Ils incarnent tour à tour des situations familiales distinctes et parfois « jouent »  aussi à jouer des rôles différents. Un peu finalement comme nous le faisons toujours dans la vraie vie ! Resterons-nous toujours les enfants de nos parents ? La question reste posée.

Mais en aucun cas la pièce n’engendre de pathos ; parfois même un sourire s’esquisse dans le public lorsque les acteurs abordent la perte de la mémoire. Un léger trouble s’installe mais il est vite dissipé par la dynamique sans faille des comédiens qui virevoltent sur le plateau, construisent et déconstruisent le décor à vue.

La mise en scène est juste : millimétrée et éclairée sobrement comme pour mieux illuminer la réflexion du spectateur qui, quand il quitte la représentation, s’interroge forcément sur son rapport personnel à ses proches. Être plus humain avec eux, peut-être… ! Et pour chacun d’entre nous qui sommes parents, nous nous demandons si nous faisons « bien ». Si le fait d’être là suffit…Ou s’il faudrait faire autrement, différemment. Avec nos frères, nos sœurs aussi, bref avec notre famille .

En tout cas « Être là » est présent à 16H30 à Présence Pasteur. Soyez-y.

 

 

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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 13:35
Les couteaux dans le dos
Les couteaux dans le dos

Spectacle vu le Dimanche 7 juillet au Théâtre Le Petit Louvre - Programmé au festival d’Avignon du 5 au 28 juillet 2019 à 16H25.

Nominé aux Molières 2010 dans la catégorie auteur francophone de l’année

 

Texte : Pierre Notte

Mise en scène : Pierre Notte

Comédiens : Muriel Gaudin-Caroline Marchetti-Kim Schwarch-Amandine Sroussi et Paola Valentin

Durée : 1h20

 

 

Marie fuit..... Elle fuit sa famille toxique et le monde sans vraiment savoir pourquoi. Elle côtoie la mort mais aussi un petit gardien de phare auprès duquel elle semble s’apaiser et se rasséréner. Et si c’était l‘amour ? Mais Marie est trop seule pour l’appréhender et savoir si c’est vraiment ça l’amour. Alors, elle fuit encore. Vers les fjords glacés ou Stockholm.

Comble de l’horreur : elle ne veut surtout pas qu’on la touche. Que personne ne la touche… ! Pourtant, elle se coupe régulièrement les mains avec un couteau parce que « le seul ennemi, c’est soi ».

 

Les 5 comédiennes exécutent à merveille diverses scénettes aux allures philosophico-éthiques et incarnent avec brio la force du verbe et de la pensée de l’auteur. Elles sont belles, investies. Elles chantent parfois. Remarquablement. Leurs gestes, par moment saccadés, ne sont pas sans rappeler des attitudes corporelles autistiques. Cette gestuelle renforce la dimension contemporaine de la pièce dans son écriture et sa mise en scène. Et puis, il y a ce « rien » qui revient souvent. Comme si la vie ce n’était rien, tout simplement. L’idée des « rapports » est récurrente aussi :

     - « Il n’y a aucun rapport ! »

     - « J’aime pas les rapports ! »

Et des pensées très « nottiennes » qui soulèvent la réflexion, même longtemps après :

     - « On peut se faire petit ou simplement l’être ».

     - « L’enfant quand il a disparu est plus envahissant que quand il était là ».

 

Le spectateur ne sort pas indemne des pièces de Pierre Notte. De celle-là tout particulièrement. Il conservera d’elle l’idée d’une fable parfois cruelle, où l’humour noir est bien présent et distille avec profondeur l’idée d’une certaine vérité. Celle qui se cache sous l’humus par exemple.

 

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 17:41
L'Oiseau Vert
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Spectacle «L'Oiseau Vert » de la compagnie  des Aspholèdes  (69 Lyon) vu le 05 juillet à 19h10 au théâtre du Capitole.


Texte : Carlo Gozzi                                                                                    

Mise en scène de : Luca Fraceschi                                                            Comédiens : Serge Ayala, Marie Coutance, Paolo Crocco, Gaëlle Konaté Valentin, Nathalie Robert, Frédéric Tessier
Genre : Théâtre, Commedia dell'arte
Public : Tout public, à partir de 7 ans
Durée : 1h30

 

      « L'Oiseau vert » est une pièce de Carlo Gozzi, qui appartient au répertoire de la Commedia dell' Arte. Nous y retrouvons Tartagliona, la maléfique mère du malheureux roi Tartaglia et les deux jumeaux philosophes, Renzo et Barbarina. Interviennent également  la compagne disparue du roi, un poète, l'oiseau vert et deux statues qui parlent ! Les deux jumeaux découvrent qu'ils ont été abandonnés à la naissance par leurs vrais parents. Ils quittent donc leur famille d'adoption pour se mettre en quête d'un endroit où ils pourront vivre en accord avec leurs idéaux philosophiques. La suite dépendra de Calmone, la statue moraliste et d'un mystérieux Oiseau vert.


C'est avec un peu de nostalgie que je suis allée voir cette pièce. J'ai moi-même joué « Calmone » dans une troupe amateur, il y a quelques années. J'avais donc des attentes en entrant dans la spacieuse salle du Capitole  pour de la première de « La Compagnie des Aspholèdes ».

La pièce démarre sur des vocalises et  tout s'enchaîne avec une rapidité propre à la Commedia dell' Arte. Les masques et les costumes mais aussi les mimiques, les voix et la rapidité avec laquelle les scènes défilent sont caractéristiques du genre. En effet, les rebondissements sont nombreux et la scénographie est sur roulette. C'est plaisant de les voir s'activer -tout en chantant- même entre leurs scènes. Ce parti-pris permet, à mon goût, de garder l'énergie ambiante et nous dévoile une cohésion et une organisation de troupe mémorable.

Le dispositif est, en effet, important : il y a plusieurs cadres de fer à taille humaine, des tréteaux et des arbres. Les roulettes permettent aux comédiens d’installer le tout rapidement. La majorité des comédiens joue plusieurs rôles (de 1 à 3). C'est comme cela aussi, que nous pouvons apprécier leurs performances.

Il n'y a pas de texte, mais un canevas. Les improvisations restent toujours très proches du texte (dont je me souviens) et j'ai apprécié les temps de jeu spontanés, qu'ils arrivent à glisser, entre leurs répliques. J'ai eu un peu de mal avec quelques apartés. Ceux-ci actualisent un peu la pièce mais ne sont pas forcément tous indispensables. D'autant que la troupe semble maîtriser une certaine mécanique du rire : le spectacle est très vivant, le groupe s'agite, crée des situations cocasses et fait fréquemment preuve d'autodérision. Tout cela se déroule, en prime, dans la bonne humeur.

 

C'est donc un spectacle dynamique et comique que je conseille à ceux qui, comme moi, aiment la Commedia dell' Arte;  mais aussi à celles et ceux qui sont curieux de découvrir le secret de l'oiseau vert ou encore à ceux qui veulent partager un peu de la joie des Aspholèdes. 

 

 

 

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