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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
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On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

9 juillet 2021 5 09 /07 /juillet /2021 23:31

 

Spectacle de la compagnie Libre d’Esprit (59), vu à la Cour du Spectateur à Avignon le 9 juillet 2021 à 12 h. Générale dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 10 au 31 juillet (relâche les 11,18 et 25 juillet).

 

D’après Dostoïevski

Metteur en scène : Nikson Pitaqaj

Interprète(s) : Lina Cespedes, Henri Vatin, Anne-Sophie Pathé, Mirjana Kapor, Franck Halimi

Genre : Théâtre Participatif

Public : à partir de 10 ans.

Durée : 1 h 15

 

Premier spectacle dans la Cour du Spectateur, porté par la Ligue de l’Enseignement, et qui s’inscrit cette année dans une démarche collective pour (re)construire un espace plus convivial au cœur du festival, pour offrir une véritable alternative à la simple consommation de spectacles.

Le titre du spectacle, « Est-ce qu’on tue la vieille », dans un lieu plutôt bienveillant et écocitoyen, m’a déjà frappé. Le Pitch aussi... Alors c’est avec un grand plaisir que je m’assois sur les bancs de ce joli petit théâtre ambulant pour savoir ce qu’on allait faire de la vieille.

Après un court extrait de « Crime et châtiment » de Dostoïevski - écrit il y a plus de 150 ans -, joué par deux comédiens, et nous rappelant qu’en tuant la vieille dame, « bête, absurde, insignifiante, méchante, malade et qui est utile à personne... », on pourrait construire et soutenir des centaines, des milliers de bonnes choses. Le dispositif se dévoile.

La vieille, détestable au possible, sans en faire des tonnes, s’installe sur un fauteuil en sirotant une liqueur pendant que l’animateur, qui la supporte depuis 40 ans, nous propose de nous positionner d’un côté ou l’autre de la scène selon que l’on souhaite l’occire ou lui laisser la vie.

Ça fonctionne à merveille, et malgré l’espace exigu, le public devient « spec’acteur » et prend parti. La question ne laisse pas insensible. Chacun argumente, on évoque la religion, la peine de mort, la politique, l’euthanasie, la démocratie, la morale... Chacun argumente ou biaise pour justifier sa position. Car bien sûr, on peut changer d’avis et passer d’un côté ou de l’autre. C’est la version théâtrale du débat mouvant proposé par Franck Lepage et cela permet de toucher d’autres publics.

La question en noir et blanc, dans le cadre très strict dans lequel elle est posée, est insoluble me semble-t-il. Mais elle permet à chacun, de prendre le temps de mesurer la dimension des enjeux, d’explorer les pensées des autres, et d’accepter les différences.

Pour ma part, c’est une forme d’éducation populaire qui me fait aimer le théâtre. Et vice versa.

Merci ! 

 

Eric Jalabert

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9 juillet 2021 5 09 /07 /juillet /2021 01:05

Spectacle du Collectif DMT-12 (75), vu à la Fabrik à Avignon le 8 juillet 2021 à 20 h. Dans le le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet.

 

D’après le film de Dennis Gansel et le roman de Todd Strasser.

Adaptation : Alexandre Auvergne et Prune Bonan.

Mise en scène : Alexandre Auvergne

Interprète(s) : Ryad Ferrad, Anna Stannic, Thomas Sagot, Prune Bonan, Alexis Ruotolo, Laurela Delle Side, Basile Sommermeyer, Eloise Pochon, Ike Zacsongo-Joseph, Alexandre Auvergne

Genre : Théâtre dépoussiéré

Public : tout public à partir de 12 ans

Durée : 1 h 30

 

Il y a probablement deux publics pour ce spectacle : ceux qui ont vu le film et ceux qui ne l’ont pas vu. Rassurez-vous : dans les deux cas, ça fonctionne. Cette vague théâtrale nous transporte, nous submerge et nous emporte avec elle et ses mille questions sur le groupe et les mécanismes de l’autocratie. La salle était complète dès ce deuxième jour du festival, avec un public très mélangé et conquis par l’énergie de cette belle équipe.

Nous sommes dans une salle de classe, et le prof d’histoire, Monsieur Perrot, propose à sa classe de lycéens d’aborder le sujet de l’autocratie dans le cadre d’une semaine thématique : une dictature est-elle encore possible dans nos sociétés modernes ?

Pour cela, il propose une expérience « en vraie », en impliquant ses élèves et le public, dans la création de leur propre groupe. En une semaine seulement. Jusqu’où cela nous mènera-t-il ?

Le spectacle suit le film - que j’ai vu sur les conseils de ma fille il y a quelques années - avec une grande fidélité. Avec en plus, ce qui fait le spectacle vivant : la proximité, la présence, la réalité… Ces dix jeunes sur le plateau, tout juste sortis de leur formation de comédiens, regorgent d’une énergie rayonnante. Ils sont ancrés dans la vie. Ils crient. Ils slament. Ils jouent… Et nous sommes immergés avec eux. Je me suis même demandé, si mon voisin, un jeune homme noir, -détail malheureusement suffisamment rare dans nos salles pour être souligné - n’était pas un des comédiens qui allait intervenir tant il me semblait impliqué.

La mise en scène habile, nous permet aussi d’entendre les interrogations personnelles de chacun des protagonistes, sur cette vague sur laquelle ils commencent à surfer. C’est un véritable questionnement sur ce qui fait le « nous » et sur ses mécanismes de reconnaissances et de solidarité : ne plus être jugé, ni exclu dès lors que l’on fait allégeance.

Un spectacle porté par une superbe énergie et qui, me semble-t-il, fera particulièrement écho aux jeunes – en leur faisant découvrir le théâtre d’aujourd’hui qui plus est. Que demander de plus ?

Bravo et merci !

 

Éric Jalabert

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8 juillet 2021 4 08 /07 /juillet /2021 13:56

Spectacle de la Compagnie Vol plané (13) vu au Théâtre des Carmes - André Benedetto à Avignon le 7 juillet à 19 h 30, dans le cadre du Festival d’Avignon OFF 2021 du 7 au 31 juillet.

 

Interprétation : Chloé Martinon, Thibault Pasquier, Clémentine Vignais, Alexis Moati, Pierre Laneyrie

Metteur en scène : Alexis Moati, Pierre Laneyrie

Genre : Théâtre contemporain

Public : À partir de 15 ans

Durée : 1h45

 

Premier spectacle au Théâtre des Carmes du OFF. Dans un dispositif scénique plus proche du public, nous retrouvons cinq acteurs et techniciens pour ce conte danois adressé et incarné à nos contemporains. Dans un souci de partage, l’espace intérieur des Carmes est bousculé, assis autour du parterre avant-scène, les acteurs évoluent au fil de la représentation dans l’ensemble du périmètre de l’espace théâtral (en haut, derrière, devant…).

Le spectateur prend part active au récit. Dès son arrivée, le spectateur est placé. À certains, on remet un drapeau avec la consigne de le brandir et de l’agiter. Ainsi, les protagonistes sont sollicités à chaque fois que l’on cite la nation représentée (France, Angleterre, Pologne, Norvège, Danemark).

Un Hamlet dépoussiéré où les acteurs sont cadrés par cet accompagnement symbolique de nombreux spectateurs agitant leurs drapeaux. Un Hamlet revisité comme sait le proposer la troupe Vol Plané (Le malade imaginaire…). Ici le propos insiste sur « l’être ou ne pas être », l’aspect philosophique et social de cette histoire, ainsi les jeunes générations peuvent mieux appréhender le propos, la scène dépouillée et brute. Les comédiens sont habillés comme les jeunes de 2021, ils incarnent tour à tour différents personnages dont Hamlet lui-même.

La mise en scène se veut également tragi-comique et s’amuse à des références traditionnelles à la royauté (En famille : Le partage traditionnel de la galette des rois). Le jeu des lumières met en valeur les tableaux forts du spectacle notamment lorsque le Roi et la Reine apparaissent en costumes d’apparat, de vrais costumes de théâtre !

À noter particulièrement le talent d’interprétation d’une jeune comédienne, Clémentine Vignais, magistrale dans ses interprétations. On la ressent pleinement habitée par les personnages qu’elle incarne, d’un naturel et d’une authenticité rare.

Talent à suivre….

 

Gisèle-Lydie BROGI

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8 juillet 2021 4 08 /07 /juillet /2021 08:20
Ton Père
©Matthieu Edet

 

Spectacle de la Production 8 Avril (75), vu au Théâtre du Montfort à Paris le lundi 28 juin 2021. Dans le cadre du Festival d'Automne à Paris.

 

De : Thomas Quillardet d’après le roman de Christophe Honoré

Avec : Thomas Blanchard, Claire Catherine, Morgane el Ayoubi, Josué Ndofusu et Etienne Toqué

Genre : Théâtre

Public : A partir de 15 ans

Durée : 1h35

Création 2020

 

De passage au Théâtre du Montfort pour voir la dernière représentation de Ton Père, d’après le roman de Christophe Honoré édité aux éditions Mercure de France et adapté et mis en scène par Thomas Quillardet.

Dès mon arrivée, je suis invitée à m’installer dans un dispositif quadrifrontal, intégralement recouvert d’une moquette verte. Attentive aux autres spectateurs, je m’aperçois que certains ne sont pas masqués, ce qui éveille ma curiosité. Je reconnais alors les trois jeunes comédiens du dispositif d’insertion de l’École du Nord de Lille, Claire Catherine, Morgane El Ayoubi et Etienne Toqué, répartis dans le public.

La représentation débute, le texte du roman autobiographique de Christophe Honoré, riche et complexe, se couple à une mise en scène dynamique dans laquelle les acteurs interprètent vingt-trois personnages, invitant le spectateur dans l’intimité du narrateur, Thomas Blanchard, qui chancelle dans l’espace autant que dans sa mémoire.

Ton Père est un spectacle autour de la filiation, de l’héritage, de la transmission, construit comme une intrigue. On y explore les doutes d’un père dont la fille de dix ans retrouve un dimanche matin un mot punaisé sur sa porte : « guerre et paix, contrepèterie douteuse ».

Un professeur, une sœur, une camarade de lycée, une plage de Bretagne ou Paris, autant de temps présents et passés sont convoqués pour faire s’interroger le spectateur sur la norme.

Juste, émouvant, drôle et mené par une belle qualité de jeu, ce spectacle est ce que Thomas Quillardet nomme à juste titre, « un récit qui invite à vivre sa vie ».

 

Malvina Roche

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7 juillet 2021 3 07 /07 /juillet /2021 13:42

Spectacle de la Compagnie Nomades (02), vu à La Scierie Théâtre à Avignon le 7 juillet 2021 à 11h, dans le cadre du Festival OFF d'Avignon 2021 du 7 au 31 juillet.

 

Texte et mise en scène: Jean-Bernard Philippot

Publié chez : L'Harmattan

Public: à partir de 12 ans et Adultes

Genre: Théâtre

Interprètes: Anna Maceda, Alexia Kroucoff, Barbara Chaulet, Alex Gangl, Bertrand M, Lili Markov, Charles Moahérillon, Clément Bertrand, Raphael Plockyn

Musique en direct par quatre des comédiens.

 

Première pièce vue au OFF en cette année 2021, et une très belle introduction au théâtre après le long silence de l'année 2020.

Une collaboration Franco-Allemande, cette pièce est écrite par Jean-Bernard Philippot et publiée chez L'Harmattan éditeur, elle évoque l'itinéraire de deux femmes : l'une, Sophie est allemande, l'autre, Douce est une française de Picardie. Toutes deux vont être confrontées à l'arrivée du nazisme. Un très beau texte et une mise en scène à la fois discrète, mais néanmoins très efficace et percutante.

Sophie puis Douce se présentent puis les tableaux s’enchaînent sur scène. 

Des structures légères de toiles tendues sur du bois, qui évoluent au fil des actes permettant la projection et le jeu d'acteur en ombre chinoise. Des éléments de décor comme une TSF, une machine à écrire ainsi que des costumes qui nous restituent bien dans le contexte.

La musique en direct jouée par quatre des comédiens ponctue et accompagne avec une grande justesse de ton. Piano puis accordéon suggèrent l'insouciance éphémère du front populaire. Plus tard, ils se verront substitués très vite aux aigus du violon, à la guitare également, donnant ainsi puissance et profondeur à un texte déjà bien percutant !

Comprendre comment sans se méfier des jeunes ont pu s'engager dans la jeunesse hitlérienne, comment un État totalitaire peut arriver de façon insidieuse. Dénoncer la collaboration, la délation...

Rappeler aux mémoires oublieuses les trains, les convois, les chiens, les douches, les fumées. Qu'ils étaient "vingt et cent". Mais nulle tristesse ici, juste ne point oublier la violence à l'histoire commune de nos deux pays européens.

Merci pour ce beau spectacle, à cette collaboration et que ce spectacle vivant riche puisse être vu par le plus grand nombre et par les jeunes générations.

Pour ne pas oublier !

 

Gisèle-Lydie BROGI

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26 juin 2021 6 26 /06 /juin /2021 15:25

 

Produit par la Compagnie des 100 têtes (30), vu au Théâtre de l'Optimist, 50 rue Guillaume Puy à Avignon le 24 juin 2021 à 14h. Avant-première dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet.

Texte : d’après Molière

Mise en scène : Grégoire Aubert

Comédiennes : Anaïs Khaizourane , Sophie Millon , Théodora Carla

Public : tout public

Genre : Théâtre

Durée : 1h20

Adapté pour 3 comédiennes (exceptionnelles), le Tartuffe de Molière mis en scène par Grégoire Aubert n'a rien perdu de sa critique sociétale, ô combien actuelle, et y gagne en humour et en trouvailles musicales.

Avez-vous déjà entendu Tartuffe conter fleurette à la femme d'Orgon alors que celle-ci lui chante « Paroles, paroles, paroles... » de Dalida ?  L'entreprise, périlleuse s'il en est, est terriblement convaincante, tant le ton est enjoué, tonique et dans le plus pur respect du texte intégral de Jean-Baptiste Poquelin...Dans une foison de ruptures de ton et de style, la pièce insiste sur le jeu de femmes féministes avant l'heure.

C'est souvent drôle, bien adapté musicalement et remarquablement interprété par 3 comédiennes de talent. N'hésitez pas à revoir vos classiques !

Evelyne Karam

 

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26 juin 2021 6 26 /06 /juin /2021 14:02

Spectacle de la Compagnie Imagistoires / Pépito Matéo, production déléguée du Centre de Production des Paroles Contemporaines (35) vu au théâtre L'Artéphile à Avignon le vendredi 18 juin 2021.

Texte : Pépito Matéo

Comédien : Pépito Matéo

Public: tout public

Genre : Conte solo théâtral

Durée : 1h15

L’univers de Pépito Matéo est un grand chaudron dans lequel mijotent les difficultés de la grammaire française, l'ambigüité des mots et les malentendus, mais aussi les à-priori sur la peur de l'étranger, née de l'incompréhension du langage de l'autre. Sa conférence-leçon de choses est aussi un témoignage sensible sur l’humanité et ses différences. Pépito nous embarque sur une piste de ski où un imbroglio va nous faire découvrir...un lieu de rétention administrative, propre à toutes les découvertes linguistiques ! Et confronter Pépito à ses souvenirs d'enfance.

Nous revisitons avec lui notre façon de convoquer le quotidien de façon poético-politique en découvrant, grâce à ceux que nous nommons « les étrangers », des choses auxquelles nous ne faisons plus attention.

En toute complicité avec son public, Pépito nous régale de paroles saisies sur le vif, de petits contes à brûle-pourpoint et de récits de vie aussi drôles qu'émouvants.

C'est toujours drôle, même quand ça pique un peu, c'est une belle leçon d'humanité.

 

Evelyne Karam

 

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13 juin 2021 7 13 /06 /juin /2021 11:05

Avignon OFF 2021 : Théâtre de l'Adresse à Avignon à 11h15 ! (Antigone tous les jours et Relâches les Lundis avec Oedipe).

Spectacle "Rhapsode" en deux épisodes (Oedipe et Antigone) produit par la Cie TDP (34) vu à la Butte du Château de Pézenas le 10 juin 2021.

Mise en scène : Eglantine Jouve et Patrice Cuvelier

Comédiens :

épisode 1 : Sébastien Portier (récit) et Matia Levrero (guitare) puis épisode 2 : Eglantine Jouve (récit) et Elisa Vellia (harpe)

Régie : Nicolas Durand, Gabriel Bosc (en alternance)

Genre : Récit vivant et Musique

Public : Tout public, à partir de 11 ans

Durée : 1H05 et 1H15

J'ai assisté aux représentations en plein air. C'était le cadre parfait pour revivre les aventures incroyables de la famille des Labdacides. Oedipe, fils de Laïos et  de Jocaste, père d'Antigone, incarné ici par Sébastien Portier.

Episode 1 : Oedipe

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Il est grand temps de redécouvrir l'histoire de l'homme qui "tuera son père et enfantera sa mère" écrite par l'un des trois grands hommes de Théâtre Antique, Sophocle. Bien que je connaisse le mythe, le redécouvrir ainsi m'a enchantée.  La guitare de Matia Levrero donne du rythme au récit et rend même la fatalité plus douce. J'ai vraiment apprécié l'incarnation d'Oedipe par Sebastien Portier. Il allie naturel et spontanéité et se donne totalement pour porter haut l'histoire d'un Oedipe qui parvient à se frayer sa voie dans une vie toute tracée. On est transporté pendant 1H grâce à sa belle énergie qui reste assurée du début à la fin.

Episode 2 : Antigone 

https://image.over-blog.com/UCLx51aUANHSnNSX7_hzrNJYh28=/filters:no_upscale()/image%2F1435974%2F20210618%2Fob_0b0d4b_antigone-1-171.jpg

L'arrivée d'Antigone apporte un nouvel élan à la pièce. Elle est une flamme allumée par son père. C'est une femme vaillante que l'on voit danser, chanter, se battre et tenter d'apaiser l'impossible : la rancœur que ses deux frères nourrissent l'un pour l'autre. On reconnaît l'Antigone de Jean Anouilh dans sa détermination et sa bravoure toutes modernes. Mais elle tient aussi de la Grèce Antique grâce à des éléments plus telluriques comme le sable qu'elle sème, à ses danses en apesanteur et aux chants accompagnés de harpe. C'est une femme à la fois en lutte contre la fatalité et en acceptation totale des événements qui vit devant nos yeux, et c'est ici qu'est tout l'enjeu de la pièce pour moi.

Aussi bien pour Oedipe que pour Antigone, le décor est simple : 2 chaises, un peu de matériel musical, un sac et une gamelle ; pas plus. La pièce peut être jouée en extérieur comme en intérieur.

Ce fut un plaisir de découvrir ces comédien.ne.s et musicien.ne.s en cette belle matinée et je vous recommande d'en faire autant pour vous remémorer les grands mythes grecs avec douceur !

 Anouk F.

 

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12 juin 2021 6 12 /06 /juin /2021 23:45
Ma parole!
Ma parole!

 

 

Un spectacle produit par « Samovar productions » (75) et vu au Théâtre du Rond Point le 12 juin 2021.

 

Texte : Vincent Roca

Mise en scène : Gil Galliot

Comédiens : Vincent Roca

Genre : Seul en scène

Public : adulte

Durée : 1H20

 

 

Il y a pour moi comme une urgence à renouer avec le spectacle vivant et les salles dont j’appréciais, du temps d’avant, la programmation. Je me saisis des invitations sans trop choisir. Juste envie d’y aller. C’est ainsi que j’ai répondu à l’appel de « Ma parole ! » de Vincent Roca. Une découverte plutôt plaisante.

 

Une découverte, j’admets. Pourtant, Vincent Roca est un vieux routier du verbe qu’il présente tantôt dans des chroniques radiophoniques, tantôt dans des livres, tantôt sur scène. « Ma parole ! » est, dit-il, une « forme d’inventaire » de textes de différentes époques. Neuf au total et dont le point commun  est de montrer la puissance humoristique intrinsèque de la langue française même quand le thème abordé est tragique (la vieillesse, le suicide).

Le dispositif scénique est économe : à cour, un tabouret et un porte-manteau, à jardin, une table parisienne sur laquelle trône un « Petit Robert », au centre, une simple chaise en bois. Vincent Roca en extirpe une paire de gants blancs et un chapeau claque. Tel un magicien, il met des gants pour manipuler l’évanescente substance, le mot. Il le triture dans tous les sens, l’associe en oxymores, le détourne en sonorités, le conjugue à la folie et le parodie à l’absurde. Cette fête du verbe est particulièrement réussie dans « la langue française » et « Proust ». Les contrepèteries s’y enchaînent en réparties si naturelles qu’elles forcent l’admiration.

Malheureusement, ces deux textes sont un peu l’exception. Les autres sont fort riches en trouvailles aussi. Mais on sent trop le travail de l’auteur : les jeux avec les mots s'enchainent plus par conjonctions (" alors j'ai dit...", "puis le monsieur s'est énervé pour dire... ") que par contexte. Comme s’il fallait précisément le placer, le bon mot. C’est d’autant plus laborieux à suivre que la mise en scène est monocorde. Même les protagonistes imaginés pour donner la répartie ont la voix de Vincent Roca. Le rythme en pâtit sérieusement  et le spectateur, régulièrement mais faussement interpellé par le comédien, reste précisément spectateur d’une démonstration virtuose mais qui tourne avide de jeux de mots.

 

« Ma parole ! » est un spectacle pour les amoureux de la langue. Vincent Roca, maître en la matière, nous invite à jouer avec. Mais pour que la magie opère totalement, il faudrait parfois pouvoir oublier le travail d’auteur au profit de l'acteur.

 

Catherine Wolff

 

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8 mai 2021 6 08 /05 /mai /2021 14:44
Crédit : Pacal Victor

 

 

Spectacle du CDN de Saint-Denis, vu au Théâtre National Populaire de Villeurbanne (69) le 12 mars 2021, présentation réservée aux professionnels, contexte sanitaire oblige.

 

Texte : d’après  « Onéguine » d’Alexandre Pouchkine, traduit par André Markowicz

Metteur en scène : Jean Bellorini

Réalisation sonore : Sébastien Trouvé

Interprètes : Clément Durand, Gérôme Ferchaud, Antoine Raffaelli, Matthieu Tune, Mélodie-Amy Vallet

Genre : théâtre musical, conte pour adulte

Public : adulte

Durée : 2h

 

Evgueni Onéguine. Un nom qui résonne, un nom qui caresse, un nom qui obsède. Evguéni Onéguine. Prononcé avec délice. La chaleur dans la voix, l’appétit des lèvres, l’âpreté du palais. Evguéni Onéguine. Ici, la Russie se savoure d’abord par la langue. 

 

 

Dès le début du spectacle, on nous regarde dans les yeux. Quelque chose d’important se prépare, il ne faut pas desserrer les dents. Le maintien des acteurs nous impose une certaine droiture. Nous ne sommes pas invisibles ; nous sommes les juges d’un drame rejoué sous nos yeux ; nous ne pouvons pas demeurer indifférents. Au centre du dispositif bifrontal, deux tables, un piano, des chaises plantent le décor d’un intérieur bourgeois, tapis rouge du défilé des destins. Un personnage rhapsode - littéralement, “tisseur d’histoires” - nous invite, rituellement, à poser les casques audios sur nos oreilles sans se départir de son étrange sourire. Étrange, car nous sommes sur une terre étrangère, dans une langue étrangère. C’est une très belle réussite d’André Markowicz : parvenir à rendre ce texte entièrement intelligible sans jamais renier son étrangeté. Par les casques, nous nous tenons au plus près de la bouche, micro cravate tenu du bout des doigts contre les lèvres, dans un geste d’une sensualité confondante. Du bout des lèvres, le spectacle a un goût de neige. 

 

Onéguine est ainsi un conte qui s’écoute autant qu’il se contemple, grâce à l’excellent travail de MAO de Sébastien Trouvé. Bottes claquant sur le carrelage, manteau de fourrure froissant la neige, verres de vodka s’entrechoquant. De strophes en apostrophes et de vers en rêves je me sens gagner par l’ébriété de ce langage musical sur lequel on dérape comme sur une plaque de glace. La neige continue de rosir nos pommettes. 

 

Souples et seuls, encore, les corps se meuvent, encore, les verres s’entrechoquent. Il faut poursuivre et tuer l’ennui quitte à brûler les lèvres à d’autres lèvres, à d’autres verres, quitte à l’adultère, quitte à tuer. Au drame, Onéguine sacrifie sa beauté, sa jeunesse, son confort. Immoral, de ne pas savoir se contenter ? Théâtral, plutôt. Théâtral Onéguine, désabusé de son élégance, élégant car désabusé. Inconstant, furieux, lâche, fier ; d’une virilité puissante et décadente, dévoré de l’angoisse et du désir de se voir sombrer. Un autre verre, un autre mot ! Il faut fêter la chute. La trame se tisse autour des chandeliers sous une lampe lunaire qui ne fait jamais totalement disparaître nos visages. Et dans un coin de la salle, assis sur les escaliers des gradins, apparaît celui du metteur en scène Jean Bellorini. Très beau, soucieux, regard vif, comme s’il avait fait naître le spectacle en silence, à force de le regarder. 

 

La vie d'Evgueni Onéguine est un brouillon : déchiré, détruit, froissé, imbibé de toutes ses larmes. Un brouillon que Pouchkine, Markowicz et Bellorini sont parvenus à déplier du bout des lèvres pour l’offrir à nos yeux. 


 

Mathieu Flamens

 

 

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