Kiboutou le petit pêcheur
Kiboutou le petit pêcheur

Spectacle de la Cie Théâtre Stéphane Gildas (75), vu à Avignon Off 2016, l’Alibi, le 10 Juil., 17h15 (jours pairs, jusqu'au 29)

Texte (à paraître) et mise en scène : Jason Ciarapica

Interprète : Carine Coulombel

Genre : Conte écologique

Public: Jeune public, dès 6 ans

Durée : 50 min (existe en version 35 min)

Jauge : de 30 à 100

Création : 2016

(salle 49 pl.) Ce jour-là une colonie de vacances a rempli la salle.

Il était une fois... deux jeunes enfants africains, Kiboutou et sa petite soeur, qui ont décidé d'affronter les "hommes de la terre d'en face" dont les "monstres rouillés", énormes chalutiers, vident les océans, provoquant famine et perturbations des modes de subsistance et de l'économie locale. Kiboutou et Aallhya se lancent dans une expédition longue et fatigante, mais pleine de féérie. Avec l'aide d'un poisson magique et grâce aussi à leur force de conviction et leur courage, ils réussiront à convaincre de pêcher ce qu'il faut : "pas plus, pas moins". Courage, sagesse, solidarité, respect de la nature, telles sont les leçons de ce conte. Avec maestria Carine Coulombel donne vie au récit émaillé de dialogues, incarnant les très nombreux rôles du conte et passant même, telle Alice, par plusieurs dimensions ! Une scénographie astucieuse associe son jeu à la manipulation de tout petits personnages et à des projections d'images. Ce dynamisme permet de soutenir l'attention des spectateurs, dans une version toutefois un peu longue pour les plus jeunes.

J'avais déjà pu apprécier le jeu souple et vif de Carine Coulombel dans "Auto-Psy". Dans un tout autre registre, elle met sa gestuelle précise et parfois dansante et ses mimiques sensibles au service d'un conte. Sans précipitation, elle évolue sans cesse sur le plateau en tirant le fil de l'histoire. Tantôt conteuse, tantôt Kiboutou ou sa soeur, sirène, poisson, chef de village, effrayant patron de chalutier, etc., elle est toujours immédiatement convaincante : d'un accessoire prestement attaché, elle change de peau ! J'ai particulièrement apprécié la différence d'échelle dont joue la mise en scène : petites poupées incarnant Kiboutou ou sa famille (10 cm au plus), beaux dessins de personnages africains projetés en fond de plateau et enfin la comédienne. Jongler avec tout cela demande de petits tours de force. Les petites poupées manipulées par C.Coulombel parlent par sa voix puis sont prestement mises en poche, et voici la comédienne incarnant elle-même leurs personnages... L'artiste joue de ces changements avec une fluidité qui les intègre harmonieusement dans le spectacle, on la suit, et c'est souvent fascinant.

Outre son message écologique évident, le texte rend hommage à la lucidité et à l'obstination bienvenue dont les enfants font souvent preuve face aux stupidités des adultes ! Il y a une malice sous-jacente à l'intention des parents ! C'est vivant et bien écrit, mais j'ai regretté que certains passages ne soient pas plus resserrés, ce qui allégerait la durée du spectacle. Les enfants se sont montrés pour la plupart attentifs. Ce spectacle est mobile et la conformation de la salle doit à mon avis ménager une certaine proximité avec le public pour lui permettre de l'apprécier pleinement. Un bon spectacle à suivre. Pour enfants (et pour adultes aussi !).

Ajoutons que "Kiboutou" est soutenu par une association de solidarité internationale (ASIPB) à laquelle sont retournés les dons versés en échange des CD des artistes de l'association

Catherine Polge

Autre spectacle de la Cie sur le blog :

Auto-Psy http://vivantmag.over-blog.com/2015/09/auto-psy-de-petits-crimes-innocents.html

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