La plaine était bleue
La plaine était bleue

Spectacle de la compagnie Anyone else but you (59), vu le 8 juillet 2016, à Présence Pasteur, dans le cadre du Festival d’Avignon Off 2016

Adaptation, écriture et conception : Bruno Buffoli, d’après des textes de Barthas, Gabriel Chevalier, Giono, Barbusse, Ernst Jünger
Metteur en scène : Bruno Buffoli
Interprètes : Pierre Foviau, Gille Gauvin, Bruno Buffoli
Créateur son : Simon Fayolle
Création Vidéo : Alexandre Rabozzi
Création Lumière : Gille Gauvin
Scénographie : Bruno Buffoli
Création parfum /chimiste
s : Jaquie et Mickael

Genre : Théâtre sonore (et olfactif)
Public : Tout public
Durée
: 1h10

"La plaine était bleue" annonce la couleur de ce qui nous attend, avant même que nous ne prenions les armes : "Un spectacle sonore et olfactif, sur la guerre de 14-18, allongé dans un transat, dans une enveloppe radiophonique. Une dégustation cynique de l’horreur". Voilà qui promet un moment effronté et délicieux. Le public est invité à s’installer dans sa chaise longue, face aux comédiens qui se préparent dans une ambiance légère à lancer leur émission de radio, dédiée aux merveilleux souvenirs que convoque le centenaire. Nous nous sentons comme dans un direct, d’une émission de France culture, ou d’Inter.

Le public est plongé dans la pénombre, allongé, détendu, l’émission démarre. Les comédiens gardent leurs vrais noms, ce qui ajoute au vrai. On peut fermer les yeux, les ouvrir. C’est comme on veut. Pour ma part le choix des textes qu’a adaptés Bruno Buffoli pour l’écriture de sa pièce m’a paru si prodigieux que je les ai fermés, pour ne pas en échapper une miette. (Et je les ai commandés à mon libraire préféré, en sortant du spectacle.)

Techniquement, la création sonore imprime ces témoignages de guerre dans un espace quadriphonique, et se trouve baignée dans un jeu de lumière qui nous fait peu à peu perdre les repères de la salle du théâtre Présence Pasteur. Plongé dans la pénombre puis le noir profond, le public s’abandonne peu à peu au voyage sensoriel du départ à la guerre, et de l’arrivée dans les tranchées. La voix de Pierre Foviau est indispensable. Nécessaire. Il réincarne les témoins, les lieux, le temps, et permet d’en révéler toute la chair et le sang.

J'ai assisté à l’une des premières dates du festival, mais la clim n’aidant pas la création chimie, le voyage olfactif a quant à lui connu des siennes la fois où j’y suis allée. Pas de gaz moutarde. A la guerre comme à la guerre. Aucune personne ne s’étant plainte depuis, je pense qu’une solution a été trouvée.

Danielle Krupa / Allez Zou !

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