Dark Circus

Spectacle de la compagnie Stéréoptik (41), vu au Théâtre Le Monfort (Paris XV), le 29/11/2016

 

D’après une histoire originale de : Pef

Création et interprétation : Romain Bermond et Jean-Baptiste Maillet

 

Genre : Théâtre visuel et musical

Public : Tout public

Durée : 1 heure

 

Attention OVNI ! Le titre, "Dark Circus", m’avait conditionnée et je m’attendais à voir un spectacle de cirque. C’était sans compter sur ma totale ignorance du travail de la bien nommée compagnie Stéréoptik. Stéréoptik est un joli néologisme pour signifier la singularité des "spectacles" de la compagnie : graphisme et musique en live. "Dark Circus" est donc une illustration au sens propre du terme et une illustration sonore d’une histoire originale de Pef. Il s’agit d’un cirque censé égayer la vie grisâtre de citadins moroses. Sauf que les numéros présentés ne sont qu’une suite de dramatiques ratés qui rendent la vie encore un peu plus sinistre qu’elle ne l’était déjà. Jusqu’au jour où, après un énième accident, la couleur surgit…

Comme le cinéma tantôt, on passe du noir et blanc à la couleur. Et ça tombe bien car "Dark Circus" relève plus du ciné–concert à la Méliès que du spectacle. D’ailleurs, ne cherchez pas les comédiens et les circassiens : il n’y en n’a pas ! Plateau nu donc avec pour seul élément scénique, un écran géant ! Côté cour, à la table de dessin, Romain Bermond anime manuellement des images créées au préalable, manipule des marionnettes d’ombres (un peu comme le Karaghiosis grec) ou dessine sous nos yeux (au fusain, à l’encre, au sable) la scène en cours. Côté jardin, Jean-Baptiste Maillet accompagne en musique (piano, basse, percussion, harmonica) et en bruitages les images. Parfois, comme au cirque, l’un et l’autre se renvoient la balle dans le sens où notre musicien s’empare de l’animation, laissant ainsi le temps à son comparse de préparer la suite. Les moments de création en direct, je veux dire les moments où Romain Bermond dessine au rythme de la musique (ou réciproquement) sont des moments réellement magiques. La prestation est techniquement époustouflante. La synchronisation, totale. Deux petites réserves cependant : les basses étaient trop fortes et mes oreilles ont souffert. La dernière partie, celle où l’on passe à la couleur, est, à mon sens, un peu moins bien réussie. Mais elle est courte et n’enlève rien au reste.

L’objet ainsi créé est un petit film d’animation qui dure le temps que dure la représentation ! Et comme il est créé sous nos yeux, c’est plutôt une performance. Inclassable, vous disais-je, et c’est tant mieux. Le public, composé de beaucoup d’enfants, ne s’y est pas trompé. Nos deux grands gaillards qui avaient décidé de revenir à l’enfance de l’art ont été ovationnés.

Catherine Wolff

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