Dans le ventre de la ballerine

Spectacle de la compagnie Anomalie &… (89), vu au théâtre Le Monfort (Paris 15e), le 6 juin 2017.

 

Mise en scène : Jean-Benoît Mollet

Ecriture et Interprétation : Jörg Müller, Sarah Cosset, Chiharu Mamiya, Fabrice Scott, Laurent Pareti, Olivier Gauducheau, Delphine Lanson et Jean-Benoît Mollet

Création sonore et live : Thomas Turine

Création Lumière : Romain De Lagarde

 

Genre : Cirque, Théâtre et Danse

Public : Tout public à partir de 12 ans

Durée : 1h20

 

"Dans le ventre de la Ballerine", vous l’aurez compris rien qu’au titre, est un spectacle assez délirant auquel nous invite la bien nommée compagnie Anomalie &…

 

Ils sont huit sur scène et presque autant de techniciens. Pourtant le décor initial se réduit à peu de choses : des flight-cases recouverts de housses dorées, des câbles colorés qui pendouillent des cintres, une vague installation en bâche rose. Mais par la magie de la lumière, du son, de la connectique, et bien sûr de la danse et du jeu, ces éléments de base vont déployer des tableaux aussi différents que déroutants.

Le spectacle s’ouvre sur un final d’opéra. Le public est invité à applaudir et à rester pour rencontrer l’équipe. S’ensuit une discussion sur le processus de création d’un spectacle que nous n’avons pas vu. Décidément, les "26000 couverts" font des émules! Mais la compagnie Anomalie &… ne se laisse pas enfermer dans un pâle pastiche et trouve sa propre voix dans l’expérience proposée à une spectatrice (une vraie comédienne, on le comprendra plus tard): explorer physiquement le cerveau du metteur en scène. Nous voilà "dans la peau de John Malkovich"! Le décor s’anime, les comédiens et danseurs vêtus de bâches colorées ou de gélatine de projecteur jouent aux synapses, aux globules blancs, aux terminaisons nerveuses. Ils grimpent à l’artère principale - un ruban - et nous évoquent alors Aurélien Bory. Au cours de l’expérience, le metteur en scène, en voix off car officiellement en goguette dans le quartier, se sent mal; il a la fièvre et sur le plateau des tuyaux fument et notre fausse spectatrice est harcelée par les anticorps dansants tandis que son guide s’égare… L’expérience s’achèvera par une idylle entre le metteur en scène et la spectatrice dans un chalet enneigé; idylle mimée par des bruitages manuels à l’ancienne et du plus romantique effet.

C’est un spectacle riche de retournements et de trouvailles et qui ne se raconte pas: il faut le voir, en faire l’expérience car il fait aussi bien appel aux sens qu’à l’imaginaire. Le corps et l’esprit, le désir et la réflexion, sont les deux pôles que la compagnie souhaitait aborder dans ce spectacle. La mise en abyme est des plus réussie. Quand le spectacle sera un peu plus rodé, les quelques longueurs disparaîtront et il est à parier que "Dans le ventre de la ballerine" rentrera dans les annales !

Catherine Wolf

 

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