Au bout du rouleau

Spectacle de Boni and Prod (13), vu le 9 juillet 2017, dans le cadre du Festival Off d'Avignon, au théâtre des Carmes à 15h.

Auteurs et interprètes : Gérard Dubouche et Didier Landucci
Metteur en scène : François Bourcier

Genre : Théâtre
Public : Adulte
Durée : 1h20

Un chômeur, monsieur Loiseau, joué par Didier Landucci (l’un des deux "Bonimenteurs" que l’on connaît dans d’autres registres), a kidnappé le PDG du leader mondial du papier toilette. Il compte, par cet acte, obliger le magnat du PQ à lire un message pour dénoncer les méfaits liés à cette industrie : déforestation, pollution, et autres effets indirects. Ce huis clos teinté d’humour, nous offre ainsi un plaidoyer contre la sur-consommation, la croissance, la télévision et autres serviteurs du grand capital.

Le registre théâtral choisi, complété d’un dispositif vidéo d’images projetées pour apporter un peu de poésie graphique, permet des échanges argumentés où chacun défend son point de vue. Par exemple, sur les contradictions des consommateurs qui, sachant bien que le tabac tue, continuent de fumer? J’ai pour ma part, un peu regretté que le preneur d’otage puisse être perçu comme un personnage un peu simplet et illettré face au professionnalisme du grand patron, joué avec justesse par Gérard Dubouche. J’ai ressenti même de l’empathie (parfois) pour ce grand capitaine d’industrie, froid et cynique, dont le souci principal est de développer son entreprise et dont les arguments ne sont pas tous insensés.

Mais les ressorts de l’histoire font basculer la seconde partie du spectacle, vers des échanges plus justes, plus humains, et portés par une tension dramatique qui se conclut dans une émotion très forte, sans pour autant vous divulguer la fin ici. On y parle de ne plus être sous pression, de la tragédie du Hamster qui tourne en rond dans sa roue sans jamais avancer, pour vivre simplement sa vie, et de l’engagement citoyen de chacun pour faire sa part, à l’image du Colibri de Pierre Rabhi.

Le changement citoyen est dans la conscience de chacun, et les chemins empruntés pour prendre cette direction sont multiples. Ce type de spectacle permet certainement de faire un pas vers ces prises de conscience, qui me semblent être un premier pas pour ensuite trouver des solutions.

Eric Jalabert

 

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