Reflets dans un œil d’homme

Spectacle de la Compagnie Diable au corps (31), vu le 13 juillet 2017, dans le cadre du festival Off d'Avignon, à "Occitanie fait son cirque en Avignon" (Ile Piot), à 21h15.

Auteur : Mickael Pallandre
Interprètes : Caroline Leroy, Adria Cordoncilla, Mickaël Pallandre

Genre : Cirque
Public : Adulte
Durée : 1h10

Un spectacle de cirque sur le thème du désir, voilà une proposition surprenante, proposée par la région Occitanie.

Petite information préalable, nous étions deux personnes de l’Adadiff/VivantMag pour découvrir ce spectacle et faire notre travail comme nous le faisons depuis plus de dix ans maintenant. Mais nous n’avons eu droit qu’à une seule invitation. Selon la personne de l’accueil et de la région Occitanie qui ne connaissait pas notre existence (nobody is perfect), une seule invitation était accordée par structure. Le dispositif s’arrête le 23 juillet, mais que les programmateurs qui souhaitent y découvrir des spectacles en soient informés. Venez seul ! Autant accorder 12 invitations semble difficile, mais une seule quand nous sommes deux accrédités me semble discriminatoire. Dommage.

Deux hommes et une femme nous invitent sans un mot, dans un univers de portés acrobatiques d’une très grande maîtrise. Les équilibres sont techniquement au point, les images proposées, fixes ou animées, sont très belles et dégagent une poésie rigoureuse.

J’y ai vu un travail sur l’animé/inanimé très intéressant et un jeu avec les mannequins très riche en sensations et en surprise, où l’on ne sait plus qui est la circassienne et qui est le mannequin. Ce jeu va jusqu’à ajouter trois mannequins aux trois comédiens et apporte un rythme original, renforcé par les séquences répétitives à plusieurs moments du spectacle.

Mais quid du désir ?

Bien sûr, on s’amuse à trouver les rapports au désir et j’y ai vu pour ma part, la naissance de l’amour, la répétition des sentiments, l’adultère, l’orgasme (un peu tiré par les cheveux... ou plutôt par le bout du nez!), l’homosexualité, le trio, un Kamasutra circassien, et probablement beaucoup de choses m’ont échappé. Mais, j'y ai surtout perçu une sensation de mort à travers ces mannequins inanimés qui m’a laissé une impression morbide peu agréable malgré l’attrait de l’idée. Je vois bien le lien intellectuel avec "la petite mort", mais cela m’a semblé teinter considérablement l’ensemble du propos. De plus, la référence au désir (doit-on lire le pitch avant le spectacle ou non? Difficile question…) m’a semblé un peu artificielle et parfois un peu systématisée, voire tirée par les cheveux, comme pour l’orgasme nasal.

Il en reste un beau spectacle très esthétique, avec beaucoup de belles idées originales, une maîtrise parfaite et une cohésion de groupe impeccable mais dont les expressions corporelles, incluant les visages, restent un peu figées et froides.

Il m’a probablement manqué la chaleur du désir, le bouillonnement de l’émotion, le feu de l’amour. Mais peut-être est-ce ma propre vision du désir ?

Eric Jalabert

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