Le Terabak de Kyiv

 

Un spectacle produit par le Monfort, Blue Line et drôle de Dames. Vu le 17 décembre 2016 et revu le 5 janvier 2018 au Monfort.

Mise en scène : Stéphane Ricardel
Musique : les Dakh Daughters/ Ruslana Khazipova, Tania Havrylyuk, Solomia Melnyk, Anna Nikitina, Natalia Halanevych et Zo/ composition : Vlad Troitsky
Numéros de cabaret : Julieta Martin, Yann Frish, Matias Pilet, Jesephina Castro Pereyra, Daniel Ortiz, Oscar Nova de la Fuente, Benoît Charpe

Genre : Cirque
Public : Tout public
Durée : 1h30 (officiellement, compter plutôt 2h)

Addenda : "Le Terabak de Kyiv" était de nouveau à l’affiche cette année. Tellement enthousiastes l’an passé, mes filles ont désiré le revoir. Chose faite avec un peu de déception.
Contrairement à ce qui était annoncé dans le programme du Monfort, "Le Terabak de Kyiv" est montré dans sa version salle. C’est sous cette forme, m’a-t-on dit, que le spectacle a été acheté en province. Stéphane Ricardel a voulu tester cette forme à Paris. J’avais bonne mémoire du spectacle et c’est bien le même, dans toute son excellence, qui est présenté. Mais le rapport à la scène a changé du tout au tout. Il paraît que c’est plus confortable pour les artistes, à commencer pour les musiciennes. Je n’en doute pas. Mais l’absence de proximité, proximité qui est au cœur du dispositif cabaret, affaiblit, à mon sens, le spectacle. Une scène d’ouverture et une scène de clôture essaient bien de compenser la distance au public mais on reste globalement spectateur de ce qui se passe sur scène. Cela n’a pas empêché le public, majoritairement innocent de la précédente version, d’ovationner. La qualité de la musique, du texte, des numéros le mérite sans aucun contexte. Mais, personnellement, je n’ai pas retrouvé cette magie du cabaret que j’avais tant aimée.

Envie de se dépayser un peu ? Besoin d’une potion revigorante pour affronter l’hiver ? Désir d’enterrer joyeusement cette fichue année 2016 ? J’ai la solution qu’il vous faut : "Le Terabak de Kyiv".

"Le Terabak de Kyiv", c’est un cabaret imaginé par Stéphane Ricardel, directeur du Monfort, en collaboration avec Patrice Wojciechowki et une équipe franco-ukrainienne. Les spectateurs sont accueillis dans une belle yourte en bois, à des tables collectives. Au bar, des spécialités locales, goûteuses et très abordables feront office d’encas pour ce voyage vers l’Est.

Les lumières s’éteignent. Monsieur Loyal en la personne du magicien Yann Fish chauffe la salle tandis que dans une ambiance de prime abord expressionniste, le groupe des Dark Daughters ouvre le bal. Ce sont elles qui vont faire les meneuses de revue. Dans un registre varié, du chant choral aux ambiances plus rock, elles se produisent naturellement durant les intermèdes. Mais elles participent aussi pleinement aux numéros qu’elles rythment voire commentent à la voix ou en gestuel.

Les numéros se déroulent plutôt en hauteur et c’est tant mieux dans une salle bondée. L’espace scénique est très resserré ce qui contribue à magnifier les prestations. Dans des disciplines variées, elles sont quasiment toutes époustouflantes. Je citerai mes préférées : Matias Pilet dans un numéro de clown naïf et distrait qui a une manière toute personnelle de faire le ménage ; Yann Frish qui bluffe l’assemblée avec ses tours de cartes illusionnistes et son royal bashing ; Josefina Castro Pereyra et Daniel Ortiz qui font frémir le public avec leurs prouesses au cadre ; Benoît Charpe qui, non content d’être un expert du monocycle, s’amuse à expérimenter l’engin sur un trampoline. Voilà un aperçu des numéros qui ont tous pour point commun d’être courts mais extrêmement denses et callés au millimètre.

"Le Terabak de Kyiv" est un petit condensé de beauté et de gaieté à l’état pur. C’est dynamique, enlevé et chaleureux. A consommer sans modération.

Catherine Wolff

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