Macbeth

 

Spectacle produit par le Théâtre national de l’Odéon (75), vu le 21 février 2018 à l’Odéon.

Mise en scène et scénographie : Stéphane Braunschweig
Comédiens : Christophe Brault, David Clavel, Virginie Colemyn, Adama Diop, Boutaïna El Fekkak, Roman Jean-Elie, Glenn Marause, Thierry Paret, Chloé Réjon, Jordan Rezgui, Alison Valence, Jean-Pierre Vidal

Genre : Théâtre
Public : Adulte
Durée : 2h45

L’Odéon ouvre enfin ses portes à l’Adadiff. C’est ainsi que j’ai eu l’opportunité de voir "Macbeth" dans une mise en scène de Braunschweig, metteur en scène dont je suis le travail depuis les débuts.

Braunschweig est un extraordinaire scénographe et c’est là que réside le principal intérêt de ce "Macbeth". 
Le grand plateau de l’Odéon a été divisé en plans par des panneaux coulissants. Aux deux premiers actes, le premier plan donne à voir une sorte de cuisine entièrement carrelée, glaciale dans sa lumière bleue. C’est l’espace de la violence et du pouvoir occulte : on y voit tantôt les Erinyes, tantôt les récits de guerre agrémentés de quelques soldats sanguinolents. C’est enfin et surtout le lieu où le couple Macbeth fomente l’assassinat originel, celui du roi Duncan. Parfois, une partie des panneaux coulissent et laissent voir un deuxième plan inondé d’une lumière chaude que reflètent les dorures d’un décor baroque. C’est le lieu du pouvoir officiel.

Au troisième acte, Macbeth est désormais roi. Le premier plan disparaît quasiment au profit du second. Macbeth va devoir affronter en pleine lumière sa partie sombre et les hallucinations que ses forfaitures provoquent. A mesure que la pièce avance, que les sujets se révoltent, soit l’espace se rétrécit à l’avant-scène, soit il s’ouvre sur de nouvelles perspectives : la chambre du fils de Macduff que Macbeth va sauvagement faire exécuter avec sa mère et son frère ou bien la fameuse forêt qui marche. Dans tous les cas, les tentures noires se multiplient et, du palais baroque, il ne reste plus rien d’autre qu’un trône éclairé d’un puits de lumière.

Cette scénographie est une mise en scène à proprement parler dans la mesure où elle fait sens et éclaire la pièce d’un jour nouveau. Pour le reste, c’est un spectacle plus convenu. Les douze comédiens sont certes vêtus de façon contemporaine mais le jeu n’offre que peu d’envolées. J’ai particulièrement aimé la prestation clownesque du gardien du château de Macbeth. Les Erinyes sont belles et inquiétantes à la fois, complices et pourtant parfaitement différenciées. Lady Macbeth fait honneur à son personnage et Macbeth s’incarne réellement à la fin.

"Macbeth", mis en scène par Braunschweig, est un superbe spectacle d’un point de vue visuel. J’ai eu plaisir à ré-entendre, de façon très nette, un texte maintes fois vu et lu et tout autant de fois oublié. Je ne me suis pas ennuyée mais j’aurais néanmoins apprécié plus de folie et de naturel dans le jeu. Les diverses conversations glanées dans le public, à la sortie, tendent à confirmer cette impression.

Catherine Wolff

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