Chocolat piment
Chocolat piment

Une production de la Compagnie Aurore 

Lieu : Théatre le Cabestan

Dans le cadre du Festival Off d'Avignon, du 6 au 29 juillet, relâche le 19 juillet.

Vu le 10 juillet 2018

Heure de début : 19h25 (1h20)

Genre : Comédie

Distribution : Delphine Goasguen, Claude Laucournet, Rida Rachidi, Laure Reutermann

Mise en scène : Sébastien Bernard

 

Le premier constat que je vais faire est sur la salle du théâtre Le Cabestan : elle est assez grande, et plutôt confortable. Probablement climatisée, nous n'avons pas trop chaud ni trop froid.

 

Lorsque les rideaux bleus s'ouvrent, ils nous laissent sur la première image du spectacle : une jeune femme, assise près d'une petite table qui lit un journal. Le décor évoque une maison familiale, une cuisine plus exactement, assez élaboré il nous fait comprendre tout de suite où se passe l'action, et nous projette dans cet univers chaleureux. Ils évoquent dehors l'hiver et la neige, et on s'incruste dans ce climat.

 

Puis, tour à tour, nous découvrons les personnages un par un : deux sœurs, l'aînée, Stéphanie, étant une éternelle célibataire se mêlant des affaires des autres, agent immobilier assez douée qui réussit à manigancer quelque chose pour son père après avoir découvert un secret sur lui, et la cadette, Caroline, mariée à un homme qui ne pense qu'à son travail et qui ne la voit même plus ; le père, Paul, veuf et grognon qui ne veut pas fêter son anniversaire ; enfin le gendre, Franck, mari de Caroline, qui ne vient chez son beau-père que pour le bon vin et les belles carafes en cristal, et qui passe son temps à régler les problèmes de son entreprise au téléphone, homme égoïste et insupportable.

 

Le propos de la pièce est assez banal, un secret révélé qui provoque des tensions dans la famille, et les personnages manquent légèrement d'originalité : l'auteur leur a créé une personnalité, et les acteurs jouent selon les répliques et n'ont pas vraiment trouvé de piquant à ajouter à leurs personnages. J'ai trouvé très dommage que l'une des actrices, qui joue deux rôles, ait voulu différencier ses deux personnages plus par le physique, en rajoutant pour le deuxième un chapeau, des lunettes, et en changeant de manteau et de chaussures, que par le jeu, où elle aurait pu trouver un sentiment ou un trait de caractère qui différenciait les deux.

 

Le titre est intéressant : "Chocolat piment" est la composition du gâteau d'anniversaire de l'aînée de la pièce, qui est un mélange assez étrange entre un aliment assez doux, qui peut être amer (comme certaines relations entre les personnages), et un aliment piquant (ce que va apporter le secret dans l'histoire). Je trouve que c'est une bonne idée d'avoir dans le titre évoqué ce genre de propos dans la pièce sans trop en dévoiler (en faisant une métaphore avec la nourriture, un titre qui d'ailleurs intrigue le public et l'invite à aller voir la pièce), plutôt que d'avoir mis un titre banal avec par exemple un mauvais jeu de mots, pour appuyer la comédie.

 

Je pense que le plus décevant dans cette pièce, ce fut la fin : dans toute l'histoire, ils évoquent un cinquième personnage, qui est le personnage qui provoque ces tensions. À la fin, ce personnage rend visite au père. Ils auraient pu juste finir sur un coup de klaxon dehors, pour laisser un peu de suspense et d'inconnu sur ce cinquième personnage. Or, ils décident de l'introduire dans la pièce, et de finir sur un dialogue entre le père et elle, qui se finit sur une phrase qui aurait pu avoir de l'effet si elle avait été dite sur un ton plus suggestif. Mais je pense que cette ouverture est de trop, et je trouve ça dommage que cette pièce finisse sur ça.

 

Je ne suis pas très fan de ce genre de pièces : toujours le même propos, les mêmes personnalités, quelques blagues pour enrober le tout. Cette pièce ne sort pas trop de ces clichés, et je trouve ça dommage, mais ça reste bien dans ce style de spectacle. Je pense que, sans un petit grain d'originalité et de folie, une pièce comme ça mérite une étoile.

 

Juliette Lartillot-Auteuil

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