Le déni d'Anna
Le déni d'Anna

Spectacle de la cie Siparka, vu le 7 juillet, Avignon OFF 2018 à 17h15 au théâtre de l’entrepôt.

Création théatre Lucernaire Paris 2017

Durée : 1h40

Ecrit et mis en scène par Isabelle Jeanbrau
Avec : Thomas Durand, (acteur remplaçant), Mathias Guallarano, Cécile Magnet, Sandra Parra et Daniel Jea (guitare), France Cartigny et/ou Emilie Rambaud (batterie)

Genre : Tragi-comédie
Public : Adultes
Durée : 1h40

Le thème du spectacle, le déni, est abordé sous tous ses aspects lors de cette représentation. Tout d’abord nous sommes accueillis dans un petit patio où l’on peut se poser à l’ombre, boire un verre, au calme, en attendant l’ouverture des portes, ce qui est fort agréable, d’échapper l’espace d’un instant au tumulte avignonnais festivalesque.

Une fois rafraichis, nous sommes conviés à entrer dans la salle. J’ai adoré les 3 tableaux du départ : une famille heureuse, une famille bouleversée, une famille triste, mis en scène par un effet de lumière rappelant un flash photo. Cela donne immédiatement la tonalité du spectacle. Les décors sont simples et modulables, ils se suffisent à eux-mêmes, pas besoin de plus. Ici les personnages évitent sans cesse la réalité !  Déni de la mort d'un être aimé, déni de son enfant qui grandit...

Dans cette famille, on n’a pas le droit d’avoir mal, d’exprimer sa douleur, alors on compose on ne parle pas. On se remplit d’autre chose pour éviter de parler ou d’avoir mal, la nourriture a une part essentielle.

Il faut savoir que le comédien principal Benjamin Egner n’a pas pu assurer la représentation, à la veille du festival, l’acteur remplaçant a dû jouer texte en main et on ne peut que saluer sa prestation. Pour cela, et pour la première avec ce nouvel acteur, le théâtre a donc offert les places au public. Cette pièce est profonde, émouvante, sensible, l'ambiance est poignante, les deux musiciens amènent un autre dialogue avec une mélodie en parfaite harmonie, la musique est devenu un personnage, un personnage de mort…. Malgré quelques longueurs dues peut-être à cette réadaptation au pied levé, j'ai reçu une vive émotion en plein cœur et mes yeux ont souvent piqué.

Je n’ai malheureusement pas pu voir la fin de cette représentation, ni dans son interprétation originale, donc sans être dans le déni, je vous propose de vous faire votre idée par vous-même.

Laurence Malabat

La compagnie nous informe que le spectacle a été annulé à Avignon après cette couturière.

Retour à l'accueil