HAMLET ou les âmes perdues

Spectacle de la Compagnie Les Dramaticules (75), vu le vendredi 23 novembre, au Théâtre de Châtillon (92).

 

Création
Mise en scène et conception : Jérémy LE LOUËT
Texte : d’après William SHAKESPEARE
Comédien.ne.s : Pierre-Antoine BILLON, Julien BUCHY, Anthony COURRET, Jonathan FRAZENBERG, Jérémy LE LOUËT et Dominique MASSAT

 

Genre : Théâtre
Public : Adulte
Durée : 1h45

 

Fidèle de chez les fidèles, je quitte Paris intra-muros sous une pluie battante pour me rendre au Théâtre de CHÂTILLON redécouvrir avec délectation la nouvelle création des Dramaticules et le talent tout particulier de Jérémy LE LOUËT, directeur et metteur en scène de la Compagnie.

Je sais et sens que je ne serai pas déçue.

Les souvenirs de ses pièces précédentes, DON QUICHOTTE ou AFFREUX, BÊTES ET PÉDANTS sont toujours là, bien ancrés ancrés dans ma petite tête…

De plus, un partenariat avec ce joli Théâtre du temps où mon métier de prof de Collège était encore valorisé et gratifié, me vaut ce soir-là une place "enseignante" gratuite…

Tout allait pour le mieux dans le monde de l’art théâtral…

Le ton est donné avant même que le spectacle ne commence car un chauffeur de salle, en maillot de foot parmi les spectateurs, harangue la foule à l’occasion du mariage royal. C’est Oratio, l’ami proche d’HAMLET.

La pièce commence.

Elle a déjà commencé à vrai dire !

Puis s’ensuit un magnifique chaos scénique remarquablement bien orchestré, à travers lequel Jérémy LE LOUËT dépoussière LA pièce de Théâtre et la questionne par le biais de ses angles sans cesse en mutation.

Notre homme de Théâtre joue souvent avec les anachronismes. C’est le cas ici en tout cas, où il oscille avec brio entre le poids que procurent les aînés et " des archives étouffantes" (sic) et le cynisme de notre époque.

Des portraits en noir et blanc cartonnés de FREUD, HUGO et SHAKESPEARE jouxtent le plateau, proches tantôt d’une muse blanche et imposante ou d'autres objets divers, des micros se baladent, tout est à vue - ou presque -, le vidéaste capture des visages et intègre le public qui devient le témoin de l’action et qui indirectement s’interroge, un pistolet surgit, bruyant, une machine à fumée agit.

Les comédien.e.s sont époustouflant.e.s et on a l’impression à la fin de la représentation qu’ils étaient bien plus. Bien plus encore que les divers rôles qu’ils endossent.

Jérémy en HAMLET virevolte, éructe, jubile, sombre, renaît, jongle entre enfantillages et surmoi exacerbé.

Un HAMLET très persuasif et très énigmatique dans la dimension qu'il nous propose de ses interrogations intérieures, de ses tourments et de sa quête personnelle.

Courez-y. Courez-y...

 

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