Cabaret décadent, revue électrique n°69, re.act

 

Un spectacle produit par le cirque électrique (Paris XX°) vu le 29 mars 2019 au Cirque Electrique (Paris XX°)

 

 

Mise en scène : Hervé Vallée

Comédiens : Avec Amélie Kourim / Borie François / Marie Le Corre / Pierre Pleven / Guillaume Leclerc / Otomo de Manuel / Jean-Baptiste Very / Hervé Vallée / Maria Fernanda Rouette / Adrian Gandour + GUESTS

Genre : cabaret

Public : adulte (interdit au moins de 17 ans)

Durée : 2H30 (avec entracte).

 

 

Dans cette ambiance délétère néo-conservatrice pour ne pas dire fascisante, j’avais besoin d’un grand vent de liberté. Qui de mieux, pour l’assouvir, que le cabaret électrique !  Je l’avais découvert il ya deux ans et il m’avait laissée un souvenir impérissable. C’est donc, forte d’une grosse attente, que je suis allée chroniquer leur nouvel opus dont le titre, « cabaret décadent, revue électrique n°69, re.act », résonnait d’emblée avec toutes mes espérances.

 

Le spectacle fonctionne selon le même principe que le précédent et je vais citer notre Monsieur Loyal du soir pour le résumer : « 2H30 au chaud entre nous, loin du bordel du dehors. Après, vous restez danser toute la nuit et on fait l’amour ». Monsieur Loyal n’a guère besoin de chauffer la salle, tant elle est peuplée d’habitués, qui trépignent d’impatience pour découvrir les nouveaux numéros. Ce soir, ils seront tous circassiens. On verra du jonglage, de l’aérien, de l’équilibre sur cannes, du mât chinois mêlé à de la pole dance, du fil mou, de la sangle, de la roue Cyr et du fakir (irregardable pour moi). Les numéros, techniquement très pro, sont, somme toute, assez classiques. Ils sont en revanche magnifiés par la musique, d’une richesse inouïe : d’un électro-punk pour le fil mou à Eric Satie pendant l’entracte en passant par la techno pour le mât chinois ou une cantate espagnole pour le trapèze. Et puis, il y a ces corps queer, tantôt dénudés, tantôt affublés d’accessoires vestimentaires improbables, systématiquement tatoués et qui sont ontologiquement un manifeste subversif, un doigt d’honneur dressé à la bienséance normative.

Parmi les numéros, j’ai tout particulièrement apprécié Réglisse dans sa marche au plafond c'est-à-dire, tête à l’envers et pieds évoluant dans les sangles installées sur les cintres. J’ai aussi beaucoup apprécié le numéro de mât chinois-pole dance, à la fois érotique, sensuel, et inquiétant. Antoine a su donner à sa roue Cyr un pas de danse tout à fait novateur et sa performance au feu a su illuminer la clôture de la revue.

 

 

« Le cabaret décadent, revue électrique n°69, re.act » a comme une double nature. Par ses numéros, singulièrement introduits par Monsieur Loyal, il renoue avec une tradition assez classique. Par l’ambiance inédite des corps et de la musique, il fait voler en éclat les conventions. Mais et je m’interroge (avais-je trop d’attente ? La surprise initiale était-elle passée ? L’équipe a-t-elle été trop renouvelée ?), j’ai moins apprécié ce spectacle. J’attendais plus d’irrévérence politique dans le discours, plus de poésie et de variété dans les numéros. Ce point de vue, tout personnel, n’enlève rien à la qualité de l’ensemble.

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