George Sand. Confidences de la Dame de Nohant
George Sand. Confidences de la Dame de Nohant

Spectacle création produit par la Compagnie Confidences (75) vu le dimanche 24 février 2019 à la Comédie Nation.

Deux versions sont possibles pour ce spectacle :

- La version théâtre-concert avec pianiste (1H20)

- La version théâtre seul avec bande sonore pour les extraits musicaux (1H 05) 

Texte : Rosa Ruiz

Interprétation : Rosa Ruiz

Mise en scène : Enrique Fietas

Interprétation au piano des morceaux de Chopin : Nicolas Reulier

Théâtre pour adultes

Durée : 1H20 ou 1H05 selon la version.

 

Il m’est impossible de ne pas assister à une pièce évoquant Georges Sand ! De toute évidence, cela remonte à des souvenirs d’adolescence mêlés à des coups de coeur littéraires, plus tard sur les bancs de la l’université : la fascination pour une femme révolutionnaire et intrépide comme j’aurais sans doute aimée l'être. Alors quand j’ai découvert par hasard l’affiche d’un nouveau spectacle sur cette grande dame, je m'y suis precipitée. Forcément !

Une belle affiche avec un beau visage d’actrice, celui de Rosa Ruiz. Une cigarette qu’elle s’apprête à allumer à l’aide d’une bougie, un bureau et des livres. Nécessairement. J’ai déjà eu la chance de voir jouer cette actrice il y a quelques années dans une pièce traitant du thème du genre "Bleu pour les filles. Rose pour les garçons". Une actrice charismatique privilégiant toujours une mise en scène soignée et un texte taillé au cordeau. C’est le cas aussi pour cette nouvelle pièce.

Rosa Ruiz a conçu l’écriture de sa pièce en s’inspirant des ouvrages suivants : "Histoires de ma vie", la "Lettre au peuple", la biographie de Francine Mallet ainsi que des très nombreuses lettres écrites par la célèbre Dame de Nohant tout au long de sa vie, tantôt à Chopin, tantôt à Alfred de Musset , tantôt à d’autres destinataires moins illustres.

Nous sommes en mai 1848. George Sand est désenchantée : la Révolution a avorté et sa relation avec "Chop.", comme elle le surnomme elle-même, la déstabilise encore davantage. Elle porte un regard lucide et attendrissant sur son passé, sur cet amour indélébile qu’elle gardera toute sa vie au plus profond de son être, jusqu’à sa mort.

A ce titre, les préludes interprétés par le pianiste Nicolas Reulier apportent au spectacle une force toute particulière à travers lesquels le spectateur se sent totalement immergé et qui exacerbent encore davantage la sensibilité du texte et des confidences de la romancière. Je l’ai du moins vécu ainsi, à titre personnel, mais à en juger par les commentaires du public, à la sortie, je n’ai pas été la seule à avoir ce ressenti!

Rosa Ruiz virevolte entre les notes de musique et des paroles finement sélectionnées, revêtant tour à tour une superbe robe rouge sur laquelle elle glisse parfois un long manteau et une tenue d’homme qui lui sied à merveille. L’humour de la romancière et son esprit aiguisé sur les choses et les gens ne sont pas oubliés. Ils ponctuent ainsi la pièce avec brio et nous font prendre conscience de la modernité de Georges Sand. A son enterrement en 1876, Victor Hugo déclara :

- "Dans ce siècle qui a pour loi d’achever la révolution française et de commencer la révolution humaine, l’égalité des sexes faisant partie de l’égalité des hommes, une grande femme était nécessaire ".

Ce qui émane de cette superbe pièce, c’est avant tout l’aspect passionné et idéaliste de cette femme hors du commun. On le ressent particulièrement dans l’amour-tendresse qu’elle a porté à Chopin : un côté maternel dans lequel, probablement, de nombreuses femmes pourront se reconnaître. La mise en scène sobre et raffinée d’Enriqué Fiestas parachève un très joli spectacle et l’on en sort apaisé, confiant, rassuré en nous demandant :

-"A quand une autre George Sand ?" Quand bien même n’y en aurait-il pas d’autre, qu'elle, au moins, aura existé !

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