programme OFF 2019

programme OFF 2019

POUR QUE TU T AIMES ENCORE (création 2018)

Spectacle de la compagnie « La Pierre Brute » (94), vu le 10 juillet à 13 h 45 au théâtre l’Etincelle, dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 28 juillet, sauf lundi.

 

Auteur et interprète: Trinidad

Genre : Humour

Public : tout public à partir de 14 ans

Durée : 1 h 15

 

 

Après son spectacle « Et pendant ce temps, Simone veille », Trinidad revient sur scène en solo, mais toujours sur la même thématique, la Femme…

 

A travers son parcours personnel (qu’elle aborde en entrant sur le plateau à la lumière d’une lampe électrique, comme on entre dans une grotte !), et aidée d’une galerie de portraits de femmes - actrices, chanteuses, écrivaines, politiques, et autre Wonder woman - qu’elle a rêvées d’être un jour ou l’autre au cours de sa vie, Trinidad trace le parcours de sa recherche identitaire. Pas facile d’être une adolescente puis une jeune femme épanouie, face à une mère pour qui toute fille qui fait voir la moindre parcelle de peau  est une « poute » (avec l’accent espagnol), alors qu’elle-même  rêve d’être Olivia Newton John, vedette du film « Grease » !

Pendant longtemps, on n’a rien demandé d’autre aux femmes que d’être des mères et des épouses parfaites ; pas des maîtresses, et  les hommes avaient beau jeu d’exercer  leur suprématie, dans tous les domaines, sur le sexe dit faible. Mais les femmes sont devenues plus fortes, plus libres, ont découvert leur corps, et revendiquent leur droit au plaisir sexuel. Trinidad explore les méandres des désirs féminins mais aussi masculins. Dans des sociétés occidentales en perpétuelle compétition, hommes et femmes craignent tout autant de ne pas être à la hauteur, d’être « anormaux » si leur vie sexuelle n’est pas top niveau,  se rejoignant ainsi sur le terrain de la fragilité. La difficulté est alors de pouvoir identifier ce qui est bon pour soi, de trouver son propre mode de fonctionnement, pour enfin être soi-même, s’aimer, et être aimé(e)…

La mise en scène est  minimaliste. Trinidad utilise des photos de femmes qu’elle épingle sur le pendrillon en fond de scène ou à un parapluie ouvert pendu au plafond. Quelques pas de danse, quelques notes de musique, quelques chansons. Seule comptent la parole et les mots, mais quels mots, « cash », pas pour toutes les oreilles, en tous cas pas pour les oreilles prudes. Devant un auditoire plutôt composé de soixantenaires, voire beaucoup plus, je me suis posé la question du malaise que ces mots pouvaient provoquer. Les jeunes générations élevées par des mères qui ont connu la libération sexuelle de la fin des années 60, sont plus ouverts à communiquer ou expérimenter  sur tous les sujets liés au sexe.

 

Au final, un spectacle agréable, peut être un peu long, mais pas vraiment facile à intégrer dans une programmation, sinon porté par une thématique comme La Journée de la Femme…

 

 

 

 

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