On ne plaisante pas avec l'humour
On ne plaisante pas avec l'humour

Tournée des humoristes de France Inter, vue aux Folies Bergère le 26 septembre 2021.

 

Animateur : Daniel Morin

Interprètes : Tom Villa, Constance, Tanguy Pastureau, Thomas VDB, Paul Mirabel, Morgane Cadigan, Frédérick Sigrist, Alexis Le Rossignol, Gérémy Credeville, Fanny Ruwet, Aymeric Lompret

Genre : Humour

Public : Adultes

Durée : 1 h 30

 

C'est dans la magnifique salle des Folies Bergères que nous avons été accueillies. La soirée, organisée par France Inter et présentée par Daniel Morin, voit se succéder une dizaine d'humoristes, tous chroniqueurs réguliers de la radio. L'ordre d'apparition des artistes, plein de contrastes, nous tient en haleine jusqu'au bout et rend cette heure et demie de spectacle fort dynamique.

 

Après l'introduction de Daniel Morin, la représentation commence avec Tom Villa. Son ouverture très rythmée et sa satire, habile, réveille la salle et récolte de nombreux rires dans l'assemblée. Son passage ouvre la porte à tous les types d'humour qui ont suivi pendant la soirée.

Le passage de Constance, qui nous avait plus habituées à des textes d'humour noir, nous a surpris par son format. Malgré le caractère un peu répétitif à notre goût de ses blagues, elle a attiré notre attention par sa mise en scène. C'est d'ailleurs la seule artiste de la soirée qui a présenté un personnage dramatique aux aspects parodiques, loin du stand-up habituel.

Tanguy Pastureau succède à Constance. Malgré quelques références incomprises dues à notre jeune âge, nous avons beaucoup apprécié son passage. Dans une mise en scène qui fait écho à la radio, il traite de l'actualité politique et brosse un portrait désenchanté de ses acteurs.

Loin des événements de l'actualité, Thomas VDB, que nous connaissions à travers les sketchs et fictions du Palmashow et de Golden Moustache et que nous attendions avec impatience, ne nous a pas déçues. Dans ce passage au format plus classique, il nous embarque dans son quotidien et ses histoires personnelles avec beaucoup de simplicité et d'aisance, nourris par sa personnalité déjantée.

C’est ensuite au tour de Paul Mirabel d’entrer sur scène. Déjà conquises depuis quelques temps par son humour, son passage nous a fait rire aux larmes dès son entrée. Loin des artifices, son attitude sur scène est captivante par sa simplicité et sa sobriété. Sautant du coq à l’âne, nous avons été très facilement embarquées dans son récit, des histoires assez communes mais qu’il raconte avec un naturel comique déroutant.

Morgane Cadignan traite son passage avec un thème tout à fait particulier : notre rapport à la mort et aux esprits. Loin d’être morbide, elle aborde le sujet avec justesse et légèreté ; cependant nous aurions aimé la voir creuser et se lâcher encore plus. Nous gardons tout de même un très bon souvenir de son passage.

Frédérick Sigrist, qui vient ensuite, ne nous a pas complètement convaincues avec son style d’humour ; beaucoup de ses références sur la pop culture nous étaient inconnues et cela ne nous a pas aidé à nous impliquer. Malgré tout, son univers reste intéressant et il sait garder une bonne énergie sur scène.

Très différent de son prédécesseur, Alexis Le Rossignol nous étonne d’abord par son rythme plus calme mais nous fait rire aux éclats à mesure qu’il s’avance dans son passage. Dans un sketch aux styles variés et avec de nombreuses imitations, c’est avec habileté qu’il sait enchaîner ses interventions, nous surprenant à chaque fois.

Gérémy Credeville, avec son imagination débordante, nous a rapidement conquises. Ses références à la vieille chanson française, perçues par un œil moderne, nous ont tout de suite parlé mais c’est surtout sa formidable imitation de Claude François ainsi que sa réécriture d’une chanson qui lui ont valu le plus de succès auprès du public.

Fanny Ruwet nous surprend avec son humour cru et les sujets délicats qu’elle choisit d’aborder. Elle les confronte sans hésitation avec son propre style et produit un passage hilarant et sans tabou.

Aymeric Lompret nous a paru être un excellent choix pour clôturer le spectacle. Très surprenant et énergique, il nous a marqué par son style plus brut de décoffrage que les autres mais néanmoins très assumé, et qui nous fait rire aux éclats de sujets « touchy » avec beaucoup d’aisance. Loin du politiquement correct et des "on ne peut pas rire de tout", il laisse une salle désemparée par tant d'audace.

Dans un bouquet d’humoristes au style varié, France Inter nous propose un spectacle divertissant, nous faisant découvrir et redécouvrir des pépites de l’humour. À consommer sans modération !

 

Gabriette

 

 

 

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