Les imprudents
Les imprudents

 

 

Un spectacle produit par la compagnie les Merveilleuses (75) et vu au Théâtre de la Colline le 20 janvier 2022.

 

D’après les dits et écrits : de Marguerite Duras

Conception et mise en scène : Isabelle Lafon

Comédiens : Pierre-Felix Gravière, Johanna Korthals Altes, Isabelle Lafon

Genre : théâtre

Public : adulte

Durée : 1H30

 

Depuis « Let me try V. Wolf », j’aime à suivre le travail d’Isabelle Lafon pour ses recherches sensibles, originales, intensément littéraires et profondément honnêtes. Mon ami avait envie de voir le dernier opus d’une de ses connaissances. Nous sommes donc allés découvrir «  les imprudents ».

 

Je m’attendais à entendre un montage de textes de Duras. Le projet était différent : aborder « le cas Duras » par le prisme d’interviewes de ceux qui ont eu la chance de  rencontrer « la grande dame » ; laquelle tenait à aborder, à l’occasion, un public non germanopratin.

Pour endosser cette vaste mise en abyme, ils sont trois, deux femmes et un homme. Ils évoluent sur un plateau nu, juste habillé d’une grande table de répétition au centre et d’un piano à cour. Le jeu est de haute tenue lorsqu’il s’agit d’incarner les interviewés. Mention spéciale à Pierre-Félix Gravière qui donne vie à tous ses personnages avec un naturel déconcertant, accent ch’tis compris. En revanche, dans le registre de « je joue à faire semblant  d’être moi-même » sur scène, en pleine œuvre créatrice mais en connivence avec le public, c’est souvent drôle mais ça sonne faux. Les anecdotes fusent mais c'est confus et bavard. On se demande où Isabelle Lafon veut en venir. L’arrivée de son chien sur scène, à la toute fin du spectacle, nous donne la clef : toutes les petites  histoires racontées sont bien vraies à commencer par la rencontre opportune d’Isabelle Lafon et de Duras, grâce au toutou précisément. Jolie histoire certes mais qui confirme ce que je ressentais : un énième panégyrique de Duras ! Je l’aime comme auteur, je la respecte comme femme mais force est de constater que sous couvert d’aller à la rencontre des classes populaires, elle ne pouvait s’empêcher de se prendre pour la Duras.

 

Alors  est-ce une « plantade » comme Isabelle Lafon en revendique le droit en introduction? Non. C’est un spectacle plaisant. Mais j’aurais assurément préféré voir une pièce de Duras qu’un spectacle sur Duras.

 

 

Catherine Wolff

 

 

 

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