Incredibly incroyable 2.0
Incredibly incroyable 2.0

 

 

Un spectacle produit  par le Centquatre-Paris (75) et vu au Théâtre de la Ville/Espace Cardin  le 25 mars 2022.

 

 

 

Ecriture, mise en scène et interprétation : Bertrand Bossard

Vidéo : Laurent Didier, Pierre Carrasco, Hugues Gemignani

Lumières : Jean-Damien Ratel, Olivier Fauvel

Genre : seul en scène

Public : Tout public

Durée : 1H 15

 

C’est sur les conseils d’une amie et en sa compagnie que je suis allée voir « Incredibly incroyable 2.0 »de Bertrand Bossard. Elle l’avait découvert à l’occasion des « visites déguidées » au 104, hilarantes. C’est donc avec un certain enthousiasme que je m’apprêtais, en ces temps difficiles, à passer une soirée divertissante.

 

« Incredibly Incroyable 2.0 » est une reprise d’un spectacle à très grand succès créé en 1998. La presse était alors unanimement élogieuse. Mais on était en 1998 et Bertrand Bossard faisait alors figure de pionner du stand up en France. Mais depuis l’eau a coulé sous les ponts et « incredibly incroyable 2.0 »passe difficilement.

Le spectacle s’ouvre sur une petite vidéo qui explique d’une façon décalée le pourquoi de la reprise. Puis notre homme entre en scène, sur un plateau nu, et se met à parler en anglais. L’emploi de la langue de Shakespeare, joliment dite, constitue l’originalité et la réussite du spectacle. Mais en même temps, ce choix déconcerte. Je m’attendais, et je ne suis pas la seule, qu’en cette langue, Bertrand Bossard se moque gentiment de nos travers franchouillards ou de ceux de nos aimables voisins. Il n’en n’est rien. Bertrand Bossard nous raconte simplement :

-« I am a comedian just in english parce qu’en français, je ne suis pas drôle »

Le problème c’est qu’il ne l’est pas davantage en anglais. Pour ce faire, il eut fallu une trame narrative cohérente, moins de grimace, moins de gesticulation, moins de bruit et du rythme. Alors certes Bertrand Bossard a du métier et ses capacités de bruitage façon beatbox sont impressionnantes. La lumière est joliment traitée. Mais, à défaut de pouvoir suivre une quelconque histoire et de s’attacher à des personnages bien définis, on s’ennuie affreusement. Bertrand Bossard cherche la démesure mais tombe dans la lourdeur. Seul moment  vraiment sympathique le coup de fil à Elisabeth II pour connaitre la disponibilité du yacht de sa Majesté.

 

« Incredibly incroyable 2.0 » met en scène un comédien expérimenté pour lequel on éprouve une certaine gêne tant la gesticulation a du mal à combler la vacuité d’un texte qui se prétend drôle et politique. A la décharge de Bertrand Bossard, je ne suis pas une adepte de stand up. Mais la salle, à l’image de mes amis, n’a pas eu l’air plus convaincue.

 

 

Catherine Wolff

 

 

 

 

 

 

 

 

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