28 i mig
28 i mig

Un spectacle produit par La Perla 29 (Barcelone) et vu au Théâtre de la Colline le 8 avril 2022.

Conception et mise en scène : Oriol Broggi

Comédiens : Laura Aubert Blanch, Guillem Balart, Xavier Boada, Màrcia Cistero, Enrico Inaniello, Blai Juanet Sanagustin, Clara Segura Crespo, Montse Vellvehi.

Musique : Joan Garriga, Marià Roch, Marc Serra

Lumières : Pep Barcons

Vidéo : Francesc Isern

Genre : théâtre.

Public : Tout public

Durée : 2H 15

 

Mon ami avait envie d’aller voir « 28 i mig ». C’était l’occasion d’écrire une nouvelle chronique.

Difficile de raconter « 28 i mig ». Le spectacle est une ode à l’art sous toutes ses formes. Sans avoir compté, je suppose que le titre sous-tend 20 tableaux de mises en abyme de scènes cultes du cinéma et du théâtre, depuis « 1900 » de Bertolucci jusqu’à Hamlet en passant par « 6 personnages en quête d’auteur » et tant d’autres avant d’en arriver à l’apothéose, pour le metteur en scène tout au moins, que constitue « 8 et demi » de Fellini.

Dans sa narration, le procédé est toujours un peu le même. Une scène est jouée. Le public trouve la référence tandis que de façon presque synchrone un personnage confirme le souvenir en incarnant un metteur en scène ou un réalisateur insatisfait de ce qui se répète devant lui. Et c’est parti, à coup de citations anthologiques, sur les affres de la création. C’est alors qu’un des comédiens suggère un « imaginons que » et nous passons au tableau suivant.

C’est admirablement joué par neuf comédiens et trois musiciens qui incarnent en quatre langues - catalan, français, italien et anglais surtitrés – une myriade de personnages. La plupart sont musiciens ; certains ont des talents de circassien et même de cavalier.

C’est visuellement impressionnant. L’espace scénique est si profond qu’un cheval, un vrai, peut y exécuter des figures de manège. Des allemandes peuvent à l’occasion resserrer l’ouverture entre l’orchestre (à cour) et un panneau qui dessine un pan de mur (à jardin). Tout comme le cyclo du fond, ce mur sert d’écran pour les projections d’images extraites de films de patrimoine. La lumière est chaude, les accessoires et les costumes pléthoriques. C’est donc une sorte de spectacle total auquel nous sommes conviés pour revisiter des chefs d’œuvre et nous interroger, de conserve avec les personnages de créateurs, sur la place de l’art et la difficulté de créer.

C’est très joli et c’est très professionnel. Mais à titre personnel, je déteste ce genre d'autosatisfaction. Et c’est interminable. Sans compter que je trouve le dispositif bien daté, l’émotion bien rare et le tout totalement artificiel.

« 28 i mig » est un spectacle abouti en son genre, qui a su globalement séduire la salle quand bien même il ne m’a pas plu.

 

Catherine Wolff

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