Courage !
Courage !

Un spectacle de Weyland & Compagnie (95) vu le 27/04/2022 à 14h30 dans le cadre du Printemps du Off à l’Archipel Théâtre d’Avignon (84).

 

Ecriture et jeu : Françoise Schreiber, Alan Tallec, Marie-Eve Weyland

Mise en scène : Marie-Eve Weyland

Chorégraphies : Françoise Schreiber

Public : Familles et enfants

Durée : 1H

 

Le spectacle s’ouvre sur un petit homme décoiffé au long nez, il arrose ses plantes, qu’il chérit et chouchoute, en chantant, en dansant avec son arrosoir et sa pelle. Casanier et heureux, il chérit la maison et surtout, surtout, ne veut jamais la quitter.

 

Quand soudain, un facteur arrive avec une lettre ; mais Achille Trolligan ne reçoit jamais de lettre ! Il n’a jamais donné son adresse à personne, et le monde extérieur l’angoisse. Doute et méfiance se succèdent, mais il finit par signer le recommandé pour découvrir que son oncle, malade, a besoin d’aide à l’auberge. Il y a joint un plan de la forêt avec les endroits à éviter : « le puits sans fond », « la crevasse des enfants noyés », etc. Achille reste chez lui depuis tout ce temps car il appréhende la forêt : « Du courage, j’en n’ai pas, moi » annonce-t-il d’un ton dépité. Et c’est là tout l’enjeu de spectacle : Courage ! Il faut dépasser ses peurs, faire face à l’inconnu, avancer, car le chemin peut réserver bien des surprises et, sûrement, des ressources…

Ainsi, Achille prend son courage à deux mains. Il fait la rencontre nocturne de deux fantômes qui lui volent sa valise avec son doudou et la carte. C’est un moment plein de poésie musicale (musique classique, comme tout le spectacle) et chorégraphié avec volupté dans des costumes fluides auxquels l’éclairage violet donne une impression de flottement. Achille les confronte. Il lui faut ensuite chercher de l’aide car il a perdu ses affaires. Il fait alors la rencontre de la sorcière qui veut être fée car elle n’a pas d’amis. C’est aussi un spectacle sur l’amitié car Achille le casanier n’a pas d’amis, et la sorcière qui subit les préjugés à cause de son costume est gentille. L’ignorance génère la peur. Ainsi, la « fée » rejoint son périple. Mais la seconde nuit, ils sont attaqués par une bête sauvage. Enfants comme adultes, je vous le dis, j’ai eu peur : le costume et le masque font leur effet ! Ils finissent par faire reculer la bête. Tout cela pour se retrouver dans un château. Accueillis par un mort vivant, Igor, qui leur fait, avec comique, la danse de Raspoutine sur une musique à sonorité russe, ils découvrent qu’il veut les servir en guise de repas à son maitre vampire Dracula. C’est sans compter sur la « fée » qui ouvre une brèche dans le mur (car elle ne veut faire que des charmes de fée, et non des sorts de sorcière comme les changer en crapaud) pour qu’ils s’échappent. Mais Vlad le vampire-marionnette se rabat sur les enfants du public. Le mort-vivant décide alors de faire une rupture conventionnelle version « El Khomri », car il aime les enfants. S’ensuit alors une course poursuite, jusqu’à ce que le duo découvre qu’ils ne sont pas poursuivis par le Igor le mort-vivant ! Ils arrivent alors chez son oncle, où le Igor a fait eu un contrat d’apprentissage en hôtellerie ! Finalement, l’oncle est parti dans les îles pour se marier et Achille, sous l’impulsion de ses amis, ouvre « l’auberge des trois amis ».

Ce fut donc un spectacle poétique – dont les enfants ont apprécié les décors et costumes, comme ils l’ont dit à la troupe : « ils avaient l’air réels ».  C’est aussi un spectacle sur le courage, sur la découverte qui démystifie l’ignorance génératrice d’angoisses. C’est un spectacle qui appelle à dépasser les apparences : l’habit ne fait pas le moine, mieux encore, la bonté et la gentillesse sont décorrélées de l’apparence.

L’espace scénique est utilisé pleinement, et les comédiens viennent jusqu’au public : c’est interactif. Les éclairages sont aussi mis à profit dans les changements d’ambiances, et la musique rythme l’aventure, à la fois jouée et chorégraphiée. Je recommande.  

 

Hélorie Kefif

 

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