Le Premier Sexe
Le Premier Sexe

Un spectacle produit par la compagnie PASSAGES (93) et vu au Théâtre de la Reine Blanche le 11  juin 2022.

 

Texte & comédien : Mickaël Délis

Mise en scène : Mickaël Délis et Vladimir Perrin

Collaboration artistique : Elisa Erka, Clément de Disquay, Elise Roth, David Délis

Collaboration à l'écriture : Chloé Larouchi

Création lumières : Jago Axworthy

Genre : Seul en scène

Public : tout public à partir de 14 ans

Durée : 1H10

 

En allant voir « Le Premier Sexe », je m’apprêtais à découvrir le pendant masculin de « C’est pas (toujours) facile d’être à l’origine du monde » des filles de Simone (chroniqué). Mickaël Délis est aussi un fils de Simone mais d’une toute autre façon et  pas  des moins convaincantes !

 

Mickaël Délis est seul en scène sur un plateau nu. En sept tableaux qui suivent la structure du deuxième tome de Simone de Beauvoir, il entreprend, à travers son expérience vécue et forcément sublimée, de raconter  l’appropriation de son genre et de son orientation sexuelle envers et contre les impératifs de masculinité portés par le patriarcat.

Le texte est subtil. La mise en scène est réduite à sa plus simple expression : le jeu.

Pas de sonorisation et seulement trois accessoires : un tabouret, une veste blanche et un pan de mur en guise de tableau noir. D’une variation de ton et/ou d’une façon de revêtir la veste blanche, Mickaël Délis fait vivre une multitude de personnages : sa mère excentrique et misandre qui voit en son fils sa fille rêvée ; son père, parangon de la virilité pour  mieux dissimuler  le secret qui le mine ; le psy qui l’accompagne dans l’acceptation de soi, le caïd de l’école expert en branlettes, le prof de fac qui tel un savant fou résume avec moult croquis l’essai «  XY de l’identité masculine » d’E. Badinter.

 

Si les transitions gagneraient à être un peu plus fluides, le « premier sexe » de Mickaël Délis est un spectacle théâtralement très réussi et « politiquement » important. A l’heure où la société enjoint la jeune génération à se catégoriser toujours plus, quitte à proposer précocement des traitements irrémédiables, Mickaël Délis prouve qu’il faut prendre son temps et ne surtout pas faire l’économie de questions douloureuses qui sont l’apanage de l’humaine condition. Ce n’est qu’au prix de ce cheminement que l’on devient, quelque soit le choix final, un bel humain. Mickaël Délis en est l’incarnation vivante.

 

Catherine Wolff

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