Los Años
Los Años

Spectacle vu vendredi 10 juin 2022 à 22h à l’Amphithéâtre du Domaine d’O à Montpellier (34) dans le cadre du Printemps des Comédiens.

 

Avec : Marcelo Subiotto, Mara Bestelli, Bárbara Masso, Paco Gorriz et Julian Keck

Musicien : Diego Vainer

Dramaturgie : Aljoscha Begrich

Dramaturgie Münchner Kammerspiele : Martín Valdés-Stauber

Musique : Diego Vainer

Conception des lumières : David Seldes

Vidéo : Martín Borini

Ingénieur du son : Ernesto Fara

Chorégraphie : Luciana Acuña

Décor et costumes : Mariana Tirantte

Assistanat à la scène : Juan Reato

Production artistique : Florencia Wasser

Direction artistique : Mariano Pensotti

Réalisation documentaire - Casting : Demian Villanueva Barrera (enfant) 

Coach enfant : María Laura Berch

Coach en plateau : Victoria Angeli 

Cinématographie/DOP : Armin Marchesini Weihmüller 

Caméra : Victoria Pereda 

Éclairage : Agustín Córdoba 

Assistance à la direction et édition : Ignacio Ragone 

Cheffe de production : Natasha Gurfinkel

Équipe de production : Costanza Leyenda et Lucía Dellacha 

Équipe artistique : Sofia Eliosnoff et Romina Santorsola

Coproduction : Ruhrtriennale, Münchner Kammerspiele, HAU Hebbel Am Ufer, Künstlerhaus Mousontorum et Complejo Teatral de Buenos Aires. 

Avec le soutien de : Goethe Institut et l'Onda - Office national de diffusion artistique.

Durée : 1H50

 

Un havre de verdure s’ouvre à nous, au Domaine d'O, en cette soirée encore chaude de printemps. Le cadre est superbe, et nous plongeons tout naturellement dans l’ambiance ardente de Buenos Aires.

 

Un décor impressionnant fait face à nous : deux appartements accolés, identiques. Mais en regardant de plus près les détails, nous apercevons que les lieux sont de deux époques différentes. Un piano discret sur le bord de scène se chargera surement de mettre en vie la pièce. J’aime que la musique s’ajoute au théâtre, elle accompagne, tel un acteur invisible.

Voilà que les protagonistes s’installent, on comprend très rapidement, que 2 scènes vont se dérouler devant nos yeux consécutivement, autour du même personnage mais sur deux âges différents.

C’est l’histoire d’un cinéaste à 2 moments de sa vie (à 30 ans en 2020 et à 60 en 2050). Sur un des tableau, Manuel, jeune architecte travaille sur un projet qui ne le passionne guerre (les copies architecturales). Il rencontre alors un enfant au hasard, ombre furtive qu'il découvre sur les ruchs de son travail, vivant seul, pauvre. Il se prend de passion pour lui et décide de le suivre, et le filmer en longueur de journée, oubliant peu à peu sa vie personnelle. Sur le second tableau, Manuel est plus âgé, et est devenu célèbre grâce à ce documentaire filmé à ses 30 ans sur l’enfant de Buenos Aires. Il revient dans cette maison de jeunesse afin de le retrouver pour continuer le film.  Il ne sait pas ce qu’est devenu cet enfant. A-t-il eu la même gloire que lui, et qu’en a t’il fait ?

Un cheminement qui le ramènera dans son passé, face à ses histoires non résolues.

Les protagonistes vont jouer à la perfection, enchaînant les rôles, les âges, les histoires avec brio. Les décors bougent sans qu’on s’en aperçoive. La narratrice nous plonge dans ses réflexions, nous allons du rire à la tragédie, de l’amour familial à l’égocentrisme de l’être humain et un pied de nez à la société dans laquelle nous évoluons chargés d’individualisme.

Nous passons de deux époques en alternance parfaites dans ses deux décors quasi similaires de 30 ans qui les séparent.

Le jeu des acteurs est ponctué de quelques passages du documentaire filmé, où l’on voit l’enfant évoluant dans un Buenos Aires qui a bien changé.

Ce spectacle provoque tellement de réflexion sur notre fonctionnement, notre évolution. Que peut-on tirer de nos choix passés ? Quelles sont les conséquences de nos actes et comment se pardonner et pardonner ? Que penser de ces personnes que nous côtoyons dont la passion les dévore et ne vivent qu’au travers d'un accomplissement individuel au détriment de leur entourage.

J’ai ressenti la solitude. 

Une vision d’un avenir qu’on n’aurait peut-être pas souhaité tel quel, mais au fond changer le présent n’en fera pas un meilleur…peut être…

Un spectacle magnifique et bouleversant.

« Plus un miroir est déformant plus il reflète ce que l’on est ».

 

Laurence Malabat

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