Britannicus - Tragic Circus
Photos Olivier Brajon
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Britannicus - Tragic Circus un spectacle de l'Atelier Théâtre Actuel vu au théâtre du Balcon (84) le mercredi 13 juillet à 19h55 dans le cadre du festival Off d’Avignon. Relâche les mercredis.

 

De : Pierre Lericq    

Mise en scène : Pierre Lericq

Interprète(s) : Jules Fabre, Pierre Lericq, Gilles Nicolas, Tchavdar Pentchev, Marie Réache, Juliette de Ribaucourt

Costumes : Chantal Hocdé Del Pappas

Lumières : François Alapetite

Son : Jules Fernagut

Scénographie : Yves Kuperberg

Assistante mise en scène : Bérangère Magnani

Genre : Théâtre musical.

Durée : 1h20                                                          

 

Les Épis Noirs est l’une des compagnies dont je suis régulièrement le travail. Ils ont pour fil rouge de revisiter les grands mythes (Orphée, Dom Juan, Adam et Eve…). Je ne voulais pas manquer leur vision de Britannicus, nouveau spectacle que j’attendais avec une curiosité fébrile. C’est à guichet fermé que ce jouait cette représentation au théâtre du Balcon ce soir, dont la configuration des gradins permet d’apprécier le spectacle d’où que l’on soit placé.

 

Une piste de cirque, un Monsieur Loyal grimé entre en scène. Il est là pour faire parader ses monstres, monstres qui, Mesdames-Messieurs vont tenter tant bien que mal de nous jouer la non moins monstrueuse tragédie : Britannicus de Racine.

Sous la cravache et la dictature de leur directeur, s’animent les personnages : Néron l’ambitieux fils-à-maman, Britannicus amoureux bilingue voire polyglotte, Junie l’innocente par qui tout arrive, Agrippine perverse folle à lier, grimée telle une Reine ce cœur de Tim Burton et Albin-Albine, la nounou de Néron.

Mais ce n’est pas facile de faire une représentation théâtrale avec ces freaks indisciplinés, qui ne peuvent pas s’empêcher de sortir de lourdes blagues ou de réciter à voix hautes les didascalies. Pourtant, ils arriveront à bout ce cet exercice avec une grande scène finale tragi-comique du plus bel effet.

Une mention spéciale pour l’habile réécriture : Les alexandrins du texte original côtoient l’écriture moderne sans sourciller, rendant accessible et drôle le texte du grand dramaturge.

C’est une véritable opérette-rock burlesque, irrévérencieuse, totalement décalée et subtilement décadente : Mais n’assistons-nous pas ici aux prémices de la décadence de Rome ?

La Compagnie des Épis noirs ne déroge pas à leurs propres règles du lavage à grandes eaux des tragédies de la littérature pour notre plus grand bonheur.

 

Myriam Chazalon

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