Les monstrueuses ou le rêve d'Ella
Crédit photos : Pierre François
Crédit photos : Pierre François

Crédit photos : Pierre François

Les Monstrueuses ou le Rêve d’Ella, un spectacle de la compagnie de L'Œil Brun (28) vu à L’Artéphile (84) le vendredi 15 juillet à 15h25 dans le cadre du festival Off d’Avignon. Relâche les mercredis (première à Avignon).

 

De : Leila Anis

Mise en scène : Karim Hammiche

Interprètes : Leila Anis, Laetitia Poulallion

 Régisseur lumières : Tony Bruneau

Genre : Théâtre contemporain

Durée : 1h10

 

Le théâtre c’est ressentir … On y est confronté à ses propres émotions, à des similitudes avec sa propre histoire. Certains récits résonnent plus particulièrement selon le vécu de chacun, selon ses centres d’intérêts, ses passions. Le théâtre c’est un peu de notre vie à tous écrite, racontée et jouée par d’autres. La Compagnie de l’œil brun nous livre ici un de ces textes forts qui font écho.

 

Elle est à sa table, elle écrit un texte, puis l’enregistre sur son dictaphone. Son récit nous parle de l’enfantement dans une contrée lointaine, de la difficulté de donner la vie, des traditions, de la folie… La folie justement, il en est question, car Ella est interrompue par un coup de téléphone : Sa sœur Imane, vient d’être internée sous contrainte dans un hôpital psychiatrique.

C’est l’histoire des femmes de sa famille qu’Ella tente d’écrire et de nous raconter. Une histoire douloureuse qui se répète, une histoire forte emprunte de secrets, Ella va se confronter à ses démons qui ne sont autres que ses ascendantes. Du Yémen à la France, elle invoque ces évènements traumatiques liés à la naissance ou à l’éducation d’un enfant vécues par les femmes. Ella veut faire cesser le lien psycho généalogique qui poursuit sa famille et veut comprendre.

Avec ses mots, elle invoque les maux de ses aïeules, mais au-delà de son histoire familiale, il est bien question ici des oppressions universelles subies par les femmes depuis la nuit des temps. Le poids de la honte et de la douleur jusqu’à la folie pèse sur ces femmes qui ont voulu divorcer pour s’émanciper ou avorter clandestinement ou encore qui sont devenues stériles …

Cette histoire universelle transgénérationnelle que nous livre Leila Anis comme un combat, est accentué par un texte fort, qui claque, qui nous retourne, qui nous questionne.

C’est par la reconnaissance du combat de toutes les femmes que les mentalités évolueront donc, filles, garçons, femmes et hommes allez écouter le message de la Compagnie de l’œil brun, il est nécessaire à entendre car il apporte prise de conscience et espoir.

 

Myriam Chazalon

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