SYNTHESE
Crédit photos : Compagnie Atropos

Crédit photos : Compagnie Atropos

Spectacle de la Compagnie Atropos (11), vu à l’Espace Alya, le lundi 18 juillet à 20h00 dans le cadre du festival Off d’Avignon. Relâches les mardis. Première à Avignon.

De : Lisa Bretzner

Mise en scène :  Lisa Bretzner

Interprètes : Marina Pastor, Mathilda Delecroix Denquin, Léa Tuil, Clément Nowack

Musique : Youenn Lerb

Chorégraphie : Mathilda Delecroix Denquin

Genre : Théâtre contemporain

Durée : 1h10

 

Je veux rendre hommage à un métier indispensable du Festival d’Avignon sans qui je serai sans doute passée à côté d'une excellente pièce : Le tractage. Il est difficile d’aborder les passants pour présenter un spectacle avec plus ou moins de conviction sous un soleil de plomb. De la conviction, il y en avait dans la présentation de ces « petites-mains » du festival : Anticipation, première pièce et mise en scène pour la jeune autrice, première à Avignon pour cette compagnie émergente. Ils ont fait du bon boulot : ils ont piqué ma curiosité.

 

Transhumanisme (nom masculin) : Courant de pensée selon lequel les capacités physiques et intellectuelles de l'être humain pourraient être accrues grâce au progrès scientifique et technique (cf. Être humain augmenté).

Une mère est confrontée à la maladie et à la mort certaine de sa fille. Ne pouvant s’y résigner, elle décide de se procurer auprès d’une entreprise à l’éthique douteuse, un clone parfait de son enfant, qui accueillera sa conscience pour la faire vivre éternellement. Pendant des années, elle cache ce double synthétique dans le cagibi attenant à la chambre de sa fille, où il grandit au même rythme, gardant son secret. Mais le temps est venu, Clémence, brillante danseuse de ballet revient à la maison, elle est en fin de vie. Elle apprend l’existence de son autre, A.I.L.E.  Va-t-elle accepter cette synthèse contre-nature ? Veut-elle vraiment vivre à ce prix ? Mais a-t-elle vraiment le choix ? Sa mère, aveuglée par sa douleur a réellement signé un pacte avec le Diable Technologie.

J’ai vu dans cette pièce d’intelligentes références à « Faust », au « Choix de Sophie » et aux trois lois de la robotique d’Asimov. Une écriture moderne et une mise en scène efficace pour ce premier essai transformé de Lisa Bretzner.

Un sans-faute également pour les comédiens qui jouent juste : Marina Pastor est une mère poignante, dépassée par son deuil à venir ; Mathilda Delecroix Denquin  est une Clémence convaincante pour qui le choix va être cornélien et dont sa formation de danseuse classique est bien exploitée ; Clément Nowak est aussi antipathique dans le rôle du commercial sans scrupule que sympathique dans son rôle de l’amoureux transis de Clémence, et enfin Léa Tuil est effrayante de vérité dans ce rôle d’humain synthétique. J’ai eu des frissons dans le dos rien qu’à imaginer ce monde frappant déjà presque à nos portes.

Ce spectacle interroge sur la dérive des nouvelles technologies et sur le fondement même du libre-arbitre. Qu’aurions-nous décidé, nous, si…. ? Ce récit a atteint son but : Moi, je m’interroge encore.

 

Myriam Chazalon

Retour à l'accueil