OLYMPICORAMA, LA BOXE
OLYMPICORAMA, LA BOXE

Un spectacle produit par la Compagnie Vertical Détour (93) vu le 19 septembre 2022 à la Villette.

 

Texte : Frédéric Ferrer

Comédiens : Frédéric Ferrer

Genre : Conférence gesticulée

Public : tout public

Durée : officiellement 1h30 (mais 2h ce soir)

 

Grâce à Frédérique Ferrer et à son projet fleuve « d’Olympicorama », ma session de rattrapage en culture sportive se poursuit. Au programme de ce soir, la boxe.

 

La conférence gesticulée de Frédérique Ferrer procède toujours du même principe. À cour, un pupitre avec ordinateur pour la conférence gesticulée. À jardin, un coin interview pour l’accueil, en seconde partie, de sportifs de haut niveau, spécialistes de la discipline. En fond de scène, un écran.

En revanche ce soir, le déroulé de la séance a évolué : une entrée au son du générique de Rocky III, pas de résumé du projet général et pas de plan. Frédéric Ferrer assume parfaitement ce choix, dicté par l’ampleur du sujet à traiter.

Pour entrer dans cet univers prolifique et consubstantiel au cinéma, Fréderic Ferrer a exposé le combat entre Sonny Liston alias Big Bear et Cassius Clay alias Mohamed Ali, en 1965 à Chicago. Le premier était boxeur professionnel tandis que le second venait de la boxe Olympique. S’ensuit donc (autant qu’il est possible car les deux sphères sont de plus en plus perméables) une typologie historique de chacun de ces milieux avec ses héros (parfois oubliés tel Eugène Criqui), ses injustices (les femmes n’ont le droit de concourir aux JO que depuis 2012) et ses drames (les nombreux décès). Comme toujours, le propos est dense, documenté, original. Le powerpoint, accessoire essentiel à la conférence, est toujours aussi décalé. Mais ce soir, peut-être par manque de détachement par rapport à la discipline, il manquait à l’exposé du rythme ainsi qu’un certain regard critique et sportif. Le second a été rattrapé par les invités, Sofia Nabet-Sangaré et Adji Sangaré. Mari et femme dans la vraie vie, ces deux champions nous ont régalés d’un round démonstratif et d’un bagout fleuri. En revanche, la réflexion sur la sociologie de la boxe qu’il m’eut paru intéressante de développer, n’a été qu’effleurée.

Frédéric Ferrer a su nous prouver l’ampleur du défi à relever : la boxe est en effet un sujet bien vaste. Pour la première fois, Frédéric Ferrer s’y est un peu noyé. On lui pardonnera doublement. D’une part, il était sur scène hier soir dans le cadre du Festival du « Monde » avec un tout autre sujet (« à la recherche des canards perdus », non chroniqué). D’autre part, l’ensemble reste très exigeant, atypique et drôle.

Catherine Wolff

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