Le ciel est loin la terre aussi
Le ciel est loin la terre aussi

Un spectacle produit par la Compagnie 111-Aurélien Bory (31), vu le 25 novembre au Monfort.

 

Conception, scénographie, mise en scène : Aurélien Bory

Comédiens : Aurélien Bory, Haris Haka Resic, Jelena Covic, Mickael Godbille

Conception technique décor : Pierre Dequivre

Régie plateau : Mickael Godbille, Yarol Stuber-Ponsot

Genre : Théâtre d’objets

Public : Tout public

Durée : 1 H

 

Voilà longtemps que je n’avais pas vu Aurélien Bory. Il passait au Monfort avec « le ciel est loin, la terre aussi ». C’était l’espoir pour moi de retrouver, une fois encore, l’intense émotion suscitée il y a fort longtemps par « plan B ». Cela n’a été que très partiellement le cas.

 

« Le ciel est loin, la terre aussi » est un hommage en forme de mise en abyme de la pièce éponyme de Madlen Maleric, laquelle a fait de Bory ce qu’il est devenu artistiquement.

Ils sont quatre sur scène - dont Aurélien Bory qui se souvient mais qui n’hésite pas à s’immiscer dans le souvenir pour y prendre part - à faire revivre la pièce, d’abord en projection puis dans la réalité d’un décor reconstitué à l’identique.

Le décor ou plutôt la scénographie, c’est la marque de fabrique d’Aurélien Bory. Et comme toujours, il y excelle. Un immense panneau de bois modulable dessine une façade à trois ouvertures. Dessus, on projette. Derrière, c’est-à-dire au-dehors, s’ouvre une perspective rendue magique par la lumière du cyclo et par les objets qui se meuvent comme par eux-mêmes. Devant, c’est-à-dire dedans, l’espace n’en n’est pas moins fantastique avec ces milliers de balles de ping-pong, déversées au tout début du spectacle et qui, telle une surface neigeuse, autorisent toutes les glissades. Mais à l’instar des souvenirs, l’espace est mouvant. Le panneau central peut jouer sa propre partition et se métamorphoser en utopies architecturales de toute beauté.

Le décor fait spectacle. La pièce en elle-même est réduite à un simple prétexte. Les comédiens sont pourtant bons. Totalement muets, ils nous font parfaitement comprendre et ressentir cette histoire de couple qui se déchire pour mieux se retrouver. Des inventions scéniques comme le lit vertical ou les valises du départ fracassant uniquement remplies d’oreillers, donnent une tonalité burlesque. Mais la pièce et la machinerie ne parviennent pas à s’harmoniser. Elles évoluent dans deux mondes parallèles au cœur desquels se glissent l’ennui et un sérieux air de déjà vu.

 

« Le ciel est loin la terre aussi » est un bon spectacle, esthétiquement superbe. Mais il ne m’a pas convaincu. Dans ma quête subjective de « Plan B », il ne pouvait certes que me décevoir. Le problème, c’est qu’il n’a pas davantage séduit mon ami et les copains retrouvés par hasard dans la salle.

 

Catherine Wolff

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