Arbatz de A à Z 2Spectacle de la compagnie Zigzags (34) vu le 29 Novembre 2013, 20h, à La Chapelle (Montpellier - 34).

 

Création : Michel Arbatz

Interprètes : Michel Arbatz (chant, musique) et Olivier-Roman Garcia (musique)

Régie : Laetitia Orsini

 

vivant-3-toiles-4Genre : chansons et musique façon music-hall

Public : tous

Durée : 1h20 environ

 

Création : 2011


Michel Arbatz, qui se désigne parfois comme un « glose-trotteur », glose ici en musique et chansons, la plupart poèmes de sa composition.


Une centaine de spectateurs sont installés en demi-cercle. Sur scène 3 guitares, un tambourin, et plein feux sur un balai… musical pour ce music-hall sans ballet emplumé mais qui commence avec humour ! Arbatz se lance dans un véritable tourbillon avec un répertoire poétique d’une vingtaine de textes, la plupart de sa composition. Accompagné par Olivier-Roman Garcia (guitare, mandoline, percussion) il joue aussi (souvent) lui-même de plusieurs instruments. Sur des rythmes rap, valse ou jazz, nous parcourons des mondes contrastés où se succèdent colère, drôlerie, tendresse et amour : ses parents quittent le ghetto, des ruminants pètent, une femme cause… et pendant ce temps les points cardinaux (dés)-organisent l’équilibre du monde. La vie défile, avec des coups de gueule contre les injustices et les brimades, de la nostalgie parfois, de l’humour beaucoup, des annotations comiques et toujours un grand amour des mots.


La mise en scène au rythme très soutenu, ainsi que le dynamisme et la complicité des deux artistes, donnent au spectacle un caractère festif. J’ai été emballée à la fois par le jeu magique d’un Olivier-Roman Garcia à la tranquillité amusée, et par le feu follet Arbatz qui chante, danse, joue, tantôt l’œil noir, dur et furieux, tantôt malicieux... ou le regard perdu. Le langage délié se plie à des rythmes infernaux et syncopés, ultra-rapides, où voisinent toccata, fugue et slam, signant une grande virtuosité. Les textes de qualité font ouvertement référence à Brassens, Brel ou Lapointe, en hommage à cette famille de poètes chantants dont Arbatz a hérité sans renoncer à son originalité. Jeux de mots, calembours, déconstructions poétiques, chutes surprenantes se succèdent pour notre bonheur. Le public participe beaucoup et, au beau milieu du spectacle, les artistes décident de faire une pause où « souffler n’est pas jouer »… c’est inattendu, original et très chaleureux ! Jeux de lumière et obscurité rythment très harmonieusement le spectacle. C’est une réussite.


« Arbatz de A à Z » chante la déglingue de la vie dans un foisonnement visuel et sonore, et une mise en scène soignée. Ce spectacle rend accessible la saveur des mots avec des textes profonds, beaucoup d’humour, et sur une musique à la fois magique et entraînante. Pour tous.


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