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La compagnie Les Rémouleurs, lauréate du premier prix A.R.T.S. (Arts-Recherche-Technologie-Science) en 2009, propose là une approche où la technologie est mise au service de la poétique. Sur la scène de l’Hexagone de Meylan (38) le vendredi 1/10/2010 pour une représentation destinée aux scolaires.

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Distribution :
- Auteur : Jacques Jouet
- Mise en scène : Anne Bitran
- Assistante à la mise en scène : Elsa Dedieu
- Comédiens-marionnettistes : Olivier Vallet, Bénédicte Ober, Jehanne Carillon (en alternance)
- Pianiste : Jeanne Bleuse
- Conception des systèmes de projection et lumières : Olivier Vallet
- Décorateur-scénographe : Alain Juteau
- Costumes : Catherine Coustère
- Création-régie lumière : Benoit Aubry

 

- Tout public à partir de 7-8 ans
- Durée : 55 mn  

 

Blog_les-remouleurs_boucle-dor2.jpgL’Hexagone favorise et encourage les démarches liant création(s) et science(s). La gageure est que la technicité ne prenne pas le pas sur le Dit de la scène. Pour " Boucle d’Or... ", la compagnie Les Rémouleurs a d’abord mis sur pied une première version de ce spectacle et l’a fait tourner depuis février 2010. Après avoir pris ses marques, la proposition s’est modifiée, précisée et la résidence de trois semaines offerte par la salle meylanaise a permis de ciseler le travail entrepris avec grande minutie.

Côté décor, il sentirait presque l’encaustique : il y a un piano éclairé par deux lampes chapeautées ; il y a une table de bois ; il y a aussi un "miroir", véritable meuble qui occupe le plateau et offre des ouvertures dans le voyage. Côté héroïne, Boucle d’Or ressemble à un personnage de jeu de cartes avec habit en noir et rouge, et elle n’est pas sans évoquer une certaine Alice qui rencontra une Reine... de Coeur. Côté langage(s) des différentes versions choisies, nous apprécions les richesses du poème, la couleur du passé simple qui n’est pas ce temps passéiste auquel on ne peut croire, ou encore des mots argotiques avec lesquels nous basculons dans une autre dimension. Entrer dans l’histoire, c’est visiter des histoires. On croit connaître celle de la petite fille aux boucles blondes, mais force est de constater que nous nous ne sommes probablement guère intéressé(e)s, jusqu’à présent, à ce qu’en disaient les ours ou ce qu’aurait pu demander un commissaire de police soucieux de l’ordre des choses et ayant pour mission de faire rentrer les enfants dans le rang. C’est la même histoire, et en même temps c’est chaque fois une nouvelle histoire qui a faces cachées et tiroirs à mystères. Cette multiplicité-là est bénéfique à tous ceux qui imaginent de façon réductrice qu’il n’existerait qu’un seul récit, le vrai, le bon. Tout est relatif et se recompose à l’infini ! Cette recomposition-là de nos libertés à percevoir, la compagnie s’y attelle et nous suivons ses fils d’Ariane, savant(s) tissage(s) de jeu(x), manipulation de marionnettes, images, rêve(s) et aurores boréales en reflets de cheveux. Comme Boucle d’Or, nous tremperions bien notre doigt dans le pot de miel après avoir craché dans la soupe des ours. La petite fille de contes de fées défend l’art de la fugue brodé sur vêtement suranné à boutons de voyage(s).

Un spectacle dans les volutes duquel il est bon de se laisser prendre. Une production exigeante !

 

Web Hexagone : http://www.theatre-hexagone.eu/scene-nationale/index.php

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