Compagnie Sur l'air de rien (34)Cabaret-chansons-oubliees.jpgVIVANT2-toiles-3

Vu le 19 Juillet 2013, Théâtre Pitchoun, 13h

Festival off d'Avignon

Chant et accordéon : Corentin Coko

Piano : Barbara Hammadi

Genre : Chanson, marathon chansonnier

Durée : 1h

Public : tous à partir de 8 ans

Création 2013, Domaine O

 

Corentin Coko, auteur-compositeur, s'intéresse depuis longtemps au patrimoine de la chanson française. Il présente ici une heure de chansons, version Avignon Off, dans un  spectacle musical attractif dont j'avais vu ce Printemps la générale au Domaine d'O (Montpellier).

La formule du "Cabaret des chansons oubliées" donne des représentations toujours différentes puisque la liste, la chronologie et le nombre des textes ne sont pas d'avance codifiés. Chaque spectateur choisit un titre en entrant dans la salle. Le récital de cabaret suit ensuite la chronologie d'un tirage au sort et peut s'arrêter à une heure définie, ou  se dérouler plus longuement. Coko nous raconte de manière vivante l'histoire de chacune en l’agrémentant  parfois de petites anecdotes.

Que de chansons anciennes (années 30-40), très surprenantes sont tombées dans l'oubli ! Je suis restée assez ébahie devant certains de ces textes qui pourraient être remis dans le circuit du show biz... ! Ce sont des chansons humoristiques, sentimentales, tragiques ou engagées.  Coko fait son miel de la chanson française et de son histoire et la fait vivre..

"Correqu' et réguyer", ainsi se présente un mac assez particulier, dans un incroyable texte comique (Marc-Hély/Piaf). Ailleurs c'est Georgius qui affuble une malheureuse femme de toutes les calamités du monde, mais ... heureusement ... "Elle aime beaucoup sa mère" !  Puis un valet de chambre rêve d'aventures, croit la toucher, mais manipulé par des auteurs de chansons sadiques (Desnos/Mireille), il retombe dans la même routine prosaïque : la chute est rigolote. Voilà que le beau-frère de Fernandel écrit pour l'acteur "T'aimer une demi-journée", un drôle de programme amoureux pour la femme concernée.  "Monsieur Papouille" c'est celui qui sait tout, au comptoir du coin. L'humour est bien noir dans "la ballade du cordonnier"... et la chute ... définitive.

Mais là où j'ai été le plus impressionnée c'est en entendant une des rares chansons sur Hitler "Il travaille du pinceau", sortie en 1938, encore Georgius... En tout une dizaine de chansons, resituées dans leur époque. Chacune nous embarque dans une histoire bien construite et, que ce soit une aventure, un amour déçu, une parodie, un pamphlet, il y a une montée en puissance et une chute.

Coko chante et raconte avec plaisir et humour, dans une petite mise en scène pour chaque texte. La pianiste Nathalie Fortin qui avait participé pendant 2 ans à la construction du spectacle a malheureusement dû interrompre ses activités. Barbara Hammadi a réussi le tour de force d'apprendre en un mois la presque centaine de chansons du répertoire total... magnifique !  Le duo fonctionne, mais la connivence n’est pas encore là. Il faut du temps pour faire partager au public une aisance que seuls les mois de travail en commun peuvent tisser...

Ce spectacle sympathique et plein de surprises est sans cesse renouvelé grâce à sa construction toujours en mouvement. Instructif sur l'histoire de la chanson française, il donne aussi des petits détails sociologiques ou historiques.  Aux plus jeunes, il fait découvrir l'humour et la poésie d'une époque, aux plus âgés il rappelle pas mal de souvenirs et de refrains chantés par les grands-parents !

 

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