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Concert écouté le 7 juin 2013 au Rex (salle des fêtes) de Montagnac (34).

 

Auteur, compositeur : Imbert Imbert

Chant, Contrebasse : Imbert Imbert

 

vivant-3-toiles-4Genre : Chanson française

Durée : 1h

Tout public qui sommeille

 

 Je me suis fait désembrumer l’esprit avec le concert d’Imbert Imbert organisé, toujours dans une grande fraternité, par les associations de Montagnac "El alba de un dia" et "Après dissipation des brumes matinales". Des bénévoles aux cuisines, quelques légumes et canards de saison, de la culture pour tous, une petite bouteille... et hop, elles ont toujours le goût de la fête et de la rencontre ces soirées proposées par François et Manu !


François le Maraîcher monte sur scène avec sa guitare pour une première première partie intermondiale (c’était prévu, rassurez-vous !). Le batteur en herbe Louis Gersant Poulain l’accompagne "avec le locavore, le locaphone, dit-on. Pour une première rencontre, c’est conduit, c’est retenu. Le maraîcher est un poète modeste connu à Montagnac comme le vieux loup, alors l’ambiance et le public s’installent.

Plus minimaliste et spontané, avec son air d’"emmène-moi si tu peux" croisé entre un caméléon, Nina Hagen et Rod Stewart, Imbert Imbert de retour au pays s’installe, distrait, arrange son cuir, son collier en pointes et ses bottes de 7 lieues, badine quelques secondes avec le public... Dès le départ c’est quand même lui qui mène : un battement de cœur puis deux, c’est deux enfants qui meurent, avec ça, console-le "si tu l’oses”. Collisions de notes graves et de silences, Imbert Imbert fait danser sa contrebasse et fait vibrer les mots. Poète sensuel, sexuel, sage ou rebelle, il est étonnant et bouleversant de tendresse, même à l’égard de ses révoltes, révolté parfois de ne pas l'être assez. Imbert Imbert revendique à la fois le mal de vivre, mais aussi la vie qu’il aime, et celle qui le rend con aussi. Quand il chante la tristesse ou l’amour il est perdu, mais "dans tes yeux dans ta bouche" parce qu’il paraît que ça fonctionne mieux ce genre de phrases avec les filles. Indifférent au péril, le poète de frappe n’est pas si compliqué. Il questionne et charme, à la grâce de sa poésie Darcquienne et Lantoinienne, et de sa dame contrebasse qu’il caresse et qu’il frappe.


Il n’aurait pas fallu qu’il rallume la lumière (la salle n’était prévue que pour une bonne sono et pas pour des néons à vous faire perdre un œil en rallumant en plein concert), mais il est vrai que sa corde et son sourire vibrent même sous les pleins feux ; et même s’ils restent aussi lourd à tenir que sa Dame Imbert (c’est ainsi qu’il appelle sa contrebasse), ils se rapprochent tous deux à merveille du cœur et de la chaleur du public.  

 

Pour tout public qui sommeille, sauf petits, cons et vieux. A voir sur scène.

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