Spectacle de la compagnie Scène en Vie, vu le Vendredi 5 Octobre 2012 à la P’tite Salle de Vizille (38). Conte-neige-noire.jpg

 

Lorsque nous le pouvons, nous essayons d’approcher la variété du travail des artistes et des compagnies. Selon les textes, les salles, les volumes et les traitements qui émergent, nos ressentis peuvent bien entendu varier.

Ce vendredi nous avons découvert une forme de la compagnie, le monologue, qui a trouvé espace propice à la P'tite Salle de Vizille.

    

- Public : à partir de 14 ans
- Durée : 40 mn

 

Distribution :
- Texte : Jean-Yves Picq
- Mise en scène : Benoit Kopniaeff
- Jeu : Michel Dibilio

 

vivant-3-toiles-4.jpg

 

Juste un homme, face à nous, et à lui-même. Un homme, Martin, travailleur, homme de peu qui a tout misé sur la réussite de son fils aimé, Thomas. Thomas qui au fil de ses études prend conscience que l’homme n’est rien, rien qu’un pion sur l’échiquier du profit et qu’il sera jeté dès qu’il ne sera plus nécessaire aux rouages de la machine économique. Thomas, que l’on ne verra pas mais qui dit que "le savoir fait pâlir de rire". Thomas, que le père fait (re)vivre par le biais d’un monologue qui dialogue avec l’absent. Thomas, que Martin envoie au diable, s’en tenant aux apparences auxquelles il croit dur comme fer... apparences qui, selon toute évidence, ne peuvent en aucun cas être trompeuses. Thomas, qui sera ce "possédé d’agitation" jusqu’au bout. Thomas pour qui, parce que "la vie seule est un poème, il faudra tuer l’argent".

Le texte avance par couches, comme l’acte de penser(panser ?) qui est rarement linéaire, comme un retour sur ce qui a été, sur ce qu’on a vu, vécu, compris, su, perdu. La langue, parfois, ôte ses artifices, comme des pelures qui cachent l’essentiel. Une langue pour réveiller, entre prose et poésie. Le comédien endosse parfaitement le rôle qui lui est imparti. Sobre. Crédible. On se rapproche ici de la lecture. Pour ce qui concerne la Cie, nous apprécions ce volet du travail, où le texte est premier, et dit pour être entendu. Sans emphase ni superflu.

Nous avons été surpris de la courte durée de la proposition. Il aurait pu être judicieux d’amener un autre texte, avec le point de vue du fils, ou encore qui se serait basé sur une situation approchante dans un autre pays, sur un autre continent. Un peu frustrant. Une petite forme qui sera probablement étoffée et qui prendra aisément place dans des espaces de proximité. Un thème, l’économie, sur lequel le metteur en scène planche en ce moment, et qu’il voudrait aborder de façon plus large et étoffée avec des compagnies européennes. A suivre donc.

 

Autre spectacle de la compagnie, commenté sur ce blog : http://vivantmag.over-blog.com/article-5919553.html

Voir des spectacles à Vizille : http://sortiravizille.com/

Retour à l'accueil