zapoi_dracula.jpgLa compagnie Zapoï venue de Valenciennes (59) et l'artiste Hippolyte ont offert un beau moment de spectacle à la salle du Jeu de Paume de Vizille (38), le vendredi 27 janvier 2012. Nous y étions.

 

- Genre : théâtre d’ombre
- Public : tout public à partir de 9-10 ans. Petits s’abstenir.
- Durée : 1h

 

Distribution :
- Mise en scène : Denis Bonnetier
- Adaptation visuelle et narrative : Denis Bonnetier et Hippolyte
- Conception graphique : Hippolyte
- Composition et interprétation musicale : Usmar
- Interprétation : Nicolas Cornille
- Marionnettistes : Cedric Vernet et Akli Menni
- Images vidéo : David Courtine, Edouard Blanc, Sébastien Druilhe, Maxime Hibon, Clémentine Robach et Tepat
- Collaboration artistique : Stanka Pavlova, Marja Nykanen
- Lumière et régie : Yann Hendrickx , Jean- François Métrier, Florent Machefer, Pierre Miné
- Costume : Marion Belot
- Assistante à la mise en scène : Anne Goulon

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Si l’histoire du Comte Dracula semble intégrée par les multiples traitements dont elle a été l’objet, notamment au cinéma, il s’avère qu’il n’était pas superflu d’en connaître les étapes pour ce spectacle, en ce sens que le spectateur pouvait se détacher de la compréhension du récit. Pour ce qui nous concerne, les "zones d’ombre" ont été infimes mais, visiblement, il n’en a pas été de même pour tous ceux qui étaient dans la salle. Devra-t-on raconter l’histoire de Jonathan Harker et de son aimée Mina... ?

 

L’entrée en matière se fait en éclairage lampe de poche. D’emblée, ce sont les ombres qui prennent fait(s) et corps pour l’histoire qui va être déroulée. Le jeu alterne entre l’avant et l’arrière du rideau. Il y a cet homme aux prises avec sa démence, cerné par des mains griffues à la "Nosferatu" de Murnau. Il y a ces fenêtres "cartes postales". Il y a le grand, le petit. Il y a le mouvement impulsé par les plissements du drap en son milieu, l’arrivée au château du Comte et les voiles de tissus araignées. On se croirait dans un livre d’images en papier découpé. Et ces escaliers, éclairés à la bougie, avec une bande son traitée à la manière des films d’horreur... Et ce train qui file droit vers son destin... Tout ça nous fait basculer et voyager dans un monde d’étrangeté, qui provoque attirance et répulsion. Il y a un côté lanternes magiques, lampes d’enfant qui tournent le soir pour aider à l’entrée en sommeil. La compagnie croise les genres, les apports, entre marionnettes et utilisation du numérique, ce qui nous rapproche d’un film d’animation, parce que les images évoluent, que le théâtre n’est pas plan et que l’imaginaire est convoqué.

 

Nous avons énormément aimé ce spectacle, qui propose un univers riche, minutieux et fragile, ainsi que des niveaux de regards étonnants, par le truchement de techniques exigeantes. Par les clins d’oeil d’une oeuvre vers une autre, il nous a donné envie de retourner chez Murnau, Coppola, Tim Burton ou encore les pastiches du genre "films de vampires". Nous reverrions bien volontiers ce spectacle, surtout lorsque la nuit tombe et que le vent s’insinue sous les portes plaintives. Nous ne devrions pas oublier le nom de cette compagnie qui nous a enchantés.

 

Web Vizille : http://www.sortiravizille.com/

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