theatre-en-action_ils-marchaient-vers-une-terre-dasile.jpgLa salle du Jeu de Paume de Vizille (38) a accueilli un spectacle de la Cie Théâtre en Action, mis en scène par Renata Scant. C’était le vendredi 9 mars 2012. Une écriture-création 2010.

 

- Public : plutôt adultes et ados
- Durée : 1h30

 

Distribution (certains de ces comédien(ne)s sont en formation à Théâtre en Action) :
- Françoise Germain
- Camille Guillon
- Kokki Youbouet
- Marc Stussy
- Jérôme Roussaud
- Patrick Seyer
- Pierre Simon-Chautemps
- Lazid Ketfi
- Lucas Meyer
- Erck Priano
- Eric Chambon
- Renata Scant
- Yann Girault

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Dans un coin, un monceau de valises sur la scène. Dans l’une d’elles, quelqu’un est caché. Un homme passe dans les rangs des spectateurs, armé d’une lampe de poche. Il cherche... quelqu’un. Ce quelqu’un, c’est un migrant, un sans papier, un homme en situation irrégulière, de ceux qui doivent obtempérer sur le champ sous peine d’avoir quelques démêlées avec la police. Parce que, forcément, on ne fuit que si on a quelque chose à se reprocher...

Désiré, poursuivi et paniqué, traverse malencontreusement la rue et c’est l’accident irréparable. A partir de cet "incident", dont est témoin une femme, nous suivrons les interrogations et chamboulements qui se produiront dans une famille qui ne se sent pas concernée de manière uniforme par les destinées de celles et ceux qui cherchent refuge hors de leurs frontières. Nous irons également faire un petit tour du côté des associatifs qui oeuvrent aux côtés de ceux qui voudraient juste être régularisés pour avoir un avenir meilleur et s’en sortir. "Partir, ce n’est pas un rêve de grandeur. Partir, c’est une nécessité". Par le truchement de lettres retrouvées dans la valise de Désiré, leur lecture, des scènes illustrées de ce qui a motivé ce jeune sourd-muet à quitter mère et village d’Afrique, nous approchons ce qui fait humanité.

 

Nous avons trouvé le traitement théâtral assez conventionnel et sans réel accrochage, parfois même maladroit, avec des personnages types, manichéens, sihouettes plutôt que sujets vraiment incarnés dont on aurait mieux saisi et ressenti les motivations. Comme si ce qui avait primé pour la metteure en scène et l’équipe de jeu était le sujet social et sociétal qu’elles avaient à coeur, avec une difficulté à décoller, à donner du relief, de l’ampleur et du rythme. Nous aurions tendance à dire que nous en sommes ressortis avec dans nos poches de bons sentiments enrobés de didactisme. Certains moments ont plus attiré notre intérêt : l’intégration sur le plateau d’un comédien sourd et muet, et la scène de référence à Antigone. C’est peut-être d’ailleurs vers des points d’achoppement de ce type qu’aurait pu davantage être creusé le sillon mais en tous cas, selon nous, ce n'est pas suffisant pour un faire un propos théâtral, avec force(s) et corps. Et pourtant, à l’origine, il y a un véritable regard citoyen et un engagement face à une actualité complexe.

 

Nos réserves nous amènent à penser que c’est un spectacle qui peut tout à fait convenir et s’adresser à des scolaires, et répondre aux attentes d’équipes enseignantes, comme support à une sensibilisation et à un questionnement auprès des jeunes à partir du collège.

 

Web culture Vizille : http://www.sortiravizille.com/  

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