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Théâtre des Syrtes (34)

 

D’après le roman de Kathrine  Kressmann Taylor

Mise en scène : Nadine Jadin Pouilly

Avec Gérard Sanchez et Benoit Roland

Tout public à partir de 14 ans

Durée : 1h

 

Vu le 25 novembre au Théâtre Pierre Tabard (34) en séance scolaire.

 

Deux amis, Max Eisenstein et Martin Schulse, échangent des propos légers en buvant un verre, tout en jouant un air de piano à quatre mains. Ce moment joyeux est un peu assombri par la perspective du retour en Allemagne de Martin. Les deux amis sont associés dans la gestion d’une galerie d’art à San Francisco, et Martin va continuer à  travailler pour leur entreprise en Europe. Ainsi, une correspondance épistolaire régulière, tant économique qu’amicale se met en place. De novembre 1932 à mars 1934, ils échangeront une vingtaine de lettres… 

 

Martin fait part à son ami de son désarroi face à l’état dans lequel il retrouve son pays. Il porte d’abord un regard perplexe, mais admiratif,  sur cet Hitler qui accède au pouvoir. Max lui est inquiet. Toutefois, il ne doute pas de l’intelligence de son ami et du fait qu’il ne saurait adhérer aux idées d’Hitler. Mais le ton chaleureux des premières lettres va devenir sec et distant,  au fur et à mesure que Max exprime ses doutes et son malaise et que  Martin se laisse gagner par la philosophie du nazisme, jusqu’à ce que ce dernier souhaite que cesse leur correspondance  qui met en danger sa carrière et sa vie. Le comble de l’horreur sera atteint lorsque Martin sera responsable de la mort de la jeune sœur de Max, avec laquelle pourtant il avait entretenu une relation amoureuse. La fracture sera alors totale entre les deux hommes et la vengeance de Max sera terrible.

 

Il n’est pas aisé de mettre en scène une correspondance, si l’on ne veut s’en tenir à une simple lecture. Nadine Jadin Pouilly a choisi la sobriété. Au début du spectacle, la musique jazzy, le verre partagé sont le signe des jours heureux. Le piano demeure ensuite en fond de scène le témoin de cette complicité passée. De chaque côté de la scène, une  table et une chaise,  marquent les territoires, éclairés alternativement, de chacun des protagonistes.  Le jeu épuré des acteurs rend palpable l’angoissante évolution de la situation,  l’éloignement grandissant entre les deux hommes du fait de leurs origines, éloignement marqué par les sorties de scène de Martin sur le dernier tiers du spectacle.

 

Rappelons que ce texte particulièrement visionnaire, qui s’inspire d’une correspondance réelle, a été publié en 1938 aux Etats Unis. Les protagonistes ne connaissaient pas la suite de l’Histoire,  mais nous aujourd’hui qui assistons à ce spectacle, la connaissons….

 

 

 

 

 

 

 

 

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