la-fabrique-des-petites-utopies_kaina-marseille.jpgSpectacle de la compagnie "La fabrique des petites utopies" (Grenoble - 38), vu le dimanche 2 Décembre 2012 dans un square de la ville de St Martin d’Hères (38) et dans le cadre du festival Migrant’scène organisé par la Cimade.

 

- Adaptation du texte de Catherine Zambon
- Mise en scène : Bruno Thircuir
- Avec : Leila Anis, Alphonse Atacolodjou, Moussa Sanou, Isabelle Gourgues et Stavica Fayard

 

Public adultes et adolescents
Durée : 1h      

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D’abord il y a ce camion dans lequel on pénètre. Une sorte de cage grillagée est au centre, des gradins sont installés de part et d'autre. Un espace de jeu qui engage aussitôt une ambiance et ouvre sur un univers qui, à chaque spectacle, se modifie et se recompose pour nous conduire dans des environnements particuliers.

 

Au démarrage, nous n’avons pas saisi l’intérêt dramaturgique de voir les comédiens se préparer avec, en sus, des commentaires sur leurs actions : le faux sang, le faux ventre, etc... Nous avons même eu la sensation que cela ne propulsait pas le récit, presque "au contraire". Une interrogation nous est venue sur la pertinence d’une telle mise en situation, comme s’il s’agissait plus de préserver le spectateur que de l’accompagner. Aurait-on peur qu’il soit choqué, ou bousculé ? Du coup, comment le public aborde-t-il les personnages et les situations ?

Commence l’histoire, celle de Mamata partie de son village lointain qui, malgré les vicissitudes, les souffrances et les galères de la vie, est forte de la parole de sa grand-mère Kaïna qui avait espoir d’une belle vie pour sa petite fille et l’a aidée dans sa fuite d’un destin tout tracé. Mamata, confrontée aux violences du monde des hommes sur son continent mais aussi à son arrivée en France. Mamata, qui a gagné dans le sang des papiers pour une nouvelle identité : Isabelle Ternier. Mamata, enceinte et déterminée à vivre en prenant appui sur ce qu’elle a appris et sur ces compagnons de confiance : Douga, le clochard visionnaire, et Moha, le Français. Mamata, toujours potentiellement sujette à des agressions, comme celles de skinheads. Mamata-Isabelle, cherchant refuge dans une maison de tôle, aux prises avec deux mondes aux antipodes l’un de l’autre mais tellement ressemblants !

 

Un théâtre militant qui choisit d’oeuvrer pour l’éducation des publics et pour des prises de conscience de nos sociétés. C’est comme cela que nous avons (encore) perçu cette production. Si les comédiens tiennent bien leur rôle, la force du propos nous est parvenue comme atténuée, comme si la prise de risque était mesurée, contenue. Comme s’il y avait une intention d’éveiller les consciences mais en prenant des précautions, notamment au niveau de la mise en scène. De fait, nous restons un peu (et à chaque fois) en bordure de l’histoire : ni vraiment secoués, ni vraiment percutés ou émus. Nous aurions tendance à penser que ce type de spectacle se veut délibérément à destination des scolaires. Une vocation louable mais qui, d’une certaine manière, resserre le champ pour le spectateur. 

 

Autres spectacles de la compagnie, commentés sur ce blog : 

http://vivantmag.over-blog.com/article-les-enfants-d-icare-70976099.html

http://vivantmag.over-blog.com/article-17700007.html 

 

L’Heure Bleue, c’est par ici : http://www.ville-st-martin-dheres.fr/heure_bleue.html

Le festival Migrant'scène, c'est par ici : http://www.migrantscene.org/minisites/migrantscene

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