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Spectacle de la compagnie Zygomatic et Art et Evolution (79)vu le lundi 8 juillet 2013 à 13h45 à l'espace Alya, dans le cadre du festival d'Avignon OFF.

 

Comédien : Ludovic Pitorin

Auteurs : Patrick Belland, Ludovic Pitorin

Mise en scène : Patrick Belland

Son et lumière : Xavier PierreVIVANT2-toiles-3

 

Genre : Théâtre

Durée : 1h05

 

 

Un homme en costume jaune comme le soleil est sur scène, avec pour seule compagnie sa glacière et son chien de plage arrière de voiture. Visage lunaire, regard pétillant et cheveux ébouriffés, il part pour un voyage verbal... ébouriffant, justement. Absurdité et poésie sont au rendez-vous.

 

Ludovic Pitorin (formé au clown avec, entre autres, Norman Taylor, Paul André Sagel et Allan Boon) campe effectivement un beau clown naïf au sourire tendre, qui mêle la candeur et le désintéressement d'un Monsieur Hulot avec l'acuité et l'aisance verbale d'un Raymond Devos. Son physique-même en est un subtil mélange. Mais l'homme en jaune est aussi une voix, maîtrisée et utilisée à bon escient. Son spectacle s'apparente souvent à une comédie musicale. Ce comédien a visiblement de nombreuses cordes à son banjo...

On le suit au fil des mots et des jeux avec lesquels il nous convie. Homonymies, mots-valises, jeux de sons et lettres avalées surpennent et font soudain sens, dans toute leur belle absurdité. On côtoie souvent le surréalisme. Les situations les plus banales, telles que les petites annonces du journal ou l'envoi d'une lettre, acquièrent une dimension inattendue, font sourire ou rêver. Un chien se scinde soudain, et une tête fait micro. Une glacière fait corps. Une fausse sceptique cherche un vrai croyant et une lettre a des pieds pour arriver seule à destination. C'est cela prendre le bon côté des choses : toujours s'émerveiller, toujours s'étonner, toujours s'amuser et ne rester au premier degré que pour mieux l'élever.

 

Voilà une jolie recherche textuelle, prétexte à un jeu de ping-pong verbal souvent surprenant. Le texte a été coécrit par Ludovic Pitorin et Patrick Belland, initialement artiste de rue, ce qui a sans doute contribué à porter ce regard bohème sur la vie. Je suis sortie de ce spectacle avec le sourire. J'ai regretté juste une chose : le manque de lien entre chaque scène, et le manque de cohérence globale. Un fil directeur, ou le fil d'une histoire, m'aurait aidée à garder davantage de scènes en tête, deux jours plus tard. 

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