gilgamesh_le-livre-de-damas-et-des-propheties.jpgSpectacle de la compagnie Gilgamesh (Avignon - 84) vu le jeudi 29 novembre 2012 à l’Heure Bleue (St Martin d’Hères - 38), dans le cadre du Festival International de Théâtre Action. 

 

Auteur : Saadallah Wannous
Metteur en scène : Fida Mohissen
Assistant : Gersende Michel
Musique originale : Michel Thouseau
Chorégraphie : Alain Louafi
Maquillage et accessoires : Colette Kramer
Avec : David Ayala, Ramzi Choukair, Khadija et Madhi, Malik Faraoun, Stéphane Godefroy, Corinne Jaber, Benoit Lahoz, Bruce Myers et Michel Touseau

 

Public adultes et adolescents

Durée : 2h30

Création 2012  vivant-3-toiles-4.jpg

 

Cette pièce, découpée en actes annoncés, décline les composantes de deux faces en miroir ; deux sociétés avec leurs différences, leurs refus, leurs carcans, leurs déviances, leurs violences, leurs revendications et leurs (troublantes) ressemblances... Deux histoires où se jouent le rapport à la mère, à la femme, et la place et le rôle de l’homme : décidé, assumé ou subi. Aujourd’hui, avec des incursions du passé. Forces et faiblesses croisées, inattendues, imposées, dégradantes ou destructurantes, difficiles à assumer ou faussement intégrées pour être rassurantes. Une pièce qui se déroule (toujours) sous les regards : les nôtres, en tant que spectateurs, et ceux des comédiens-témoins qu’on pourrait aisément imaginer être des délateurs, des espions... en somme, des faux-passants. Une pièce où, pour parvenir à "dépasser l'horizon", la mise sur le divan est placée au centre de l’indispensable et de l’incontournable, non seulement pour les individus, mais plus largement pour les sociétés en raison de leurs dysfonctionnements.

 

 Si rien n’est clairement dit des lieux où se trouvent les protagonistes et où se déroulent les actions, il s’agit de la Syrie (dixit le titre) et de l’état d’Israël. En ce qui concerne la Syrie, on pourrait aussi imaginer que ce soit dans un autre pays arabe, dans des périodes de bouleversements, de quête d’identité(s), de remaniement et d’exercice des pouvoirs, d’emprise religieuse... Une des forces du texte réside dans le fait qu’il ouvre des perspectives au spectateur et le laisse y projeter ses propres images, ses éléments géo-politiques et sociaux, pouvant parfois même s’élargir à d’autres régimes et contrées du monde.

 

La durée annoncée du spectacle pouvait nous faire craindre des longueurs, une perte de rythme sur le long cours, et un décrochage de notre part. Cependant, force est de constater qu’elle ne nous a pas pesé et que nous avons même accroché de bout en bout ! De même, le propos aurait pu verser dans le didactisme et le manichéisme... mais ce qui est dit, montré et décrit est bien loin de se limiter à n’être que d’une seule couleur ! La mise en scène se révèle assez efficace, avec un investissement et une recomposition du plateau, des comédien(nes) qui endossent des rôles à deux visages, un éclairage précis qui accompagne le propos. Un moment fort et intense, basé sur un travail exigeant, qui nous a fait découvrir un auteur et une compagnie à suivre.

 

L'Heure Bleue, c'est par ici : http://www.ville-st-martin-dheres.fr/heure_bleue.html

Retour à l'accueil